Frederik de Klerk

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Frederik de Klerk
Frederik de Klerk, en 2012.
Frederik de Klerk, en 2012.
Fonctions
7e Président d'État de la République d'Afrique du Sud

(&&&&&&&&&&&017294 ans, 8 mois et 25 jours)
Élection
Prédécesseur Pieter Willem Botha
Successeur Nelson Mandela
(président de la République)
1er co-vice-président de la
République d'Afrique du Sud

(&&&&&&&&&&&&07822 ans, 1 mois et 20 jours)
En tandem avec Thabo Mbeki
Président Nelson Mandela
Prédécesseur Poste créé
Successeur Thabo Mbeki
(seul vice-président)
Biographie
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Johannesburg (Afrique du Sud)
Nationalité sud-africaine
Parti politique Parti national
Conjoint Marike Willemse
(de 1959 à 1998)
(divorcés)
Elita Georgiades
depuis 1998
Enfant(s) Jan, Willem et Susan
Diplômé de Université de Potchefstroom
Profession Avocat
Résidence Pretoria

Frederik de Klerk
Président de la République d'Afrique du Sud
Prix Nobel de la paix 1993

Frederik Willem de Klerk (né le à Johannesburg[1]), est un avocat, un homme politique et un ancien chef d'État sud-africain, membre du Parti national, député de la ville de Vereeniging de 1972 à 1978, plusieurs fois ministre dans les gouvernements de Pieter Willem Botha de 1978 à 1989, président du Parti national de 1989 à 1997 et président de la République d'Afrique du Sud de 1989 à 1994.

Dernier président blanc de l'Afrique du Sud, il mena les réformes qui mirent fin à la politique d'apartheid en 1991 et les négociations constitutionnelles avec le Congrès national africain de Nelson Mandela qui aboutirent au premier gouvernement multiracial du pays.

En 1993, il reçoit le prix Nobel de la paix conjointement avec Nelson Mandela. De 1994 à 1996, il est l'un des deux vice-présidents de la République d'Afrique du Sud sous la présidence de Nelson Mandela.

Origine et études[modifier | modifier le code]

F. W. de Klerk est né à Johannesburg en 1936. Sa famille, dont le nom dérive du patronyme français « Le Clerc », « Le Clercq » ou « de Clercq » est d'origine huguenote. Celle-ci s'est installée dans le pays en 1686, soit quelques mois après la révocation de l’édit de Nantes, et a participé à plusieurs évènements de l'histoire afrikaner[2]. Ses ancêtres ont notamment pris part au grand Trek dans le convoi mené par Piet Retief afin d'échapper à la domination britannique. En 1838, trois membres de la famille de Klerk furent aussi tués avec Retief dans le Kraal du roi zoulou Dingane. Plus tard, durant la seconde guerre des Boers (1899-1902), le grand-père de F. W. de Klerk fut fait prisonnier à deux reprises par les Britanniques avant d'être l'un des membres fondateurs du parti national en 1914 au côté de James Barry Hertzog.

Membre de l’Église réformée hollandaise, F. W. de Klerk est le fils cadet de Jan de Klerk, directeur d'école puis ministre avec divers portefeuilles (1954-1969) et président du Sénat (1969-1976), ainsi que le neveu de JG Strijdom, chef du gouvernement sud-africain de 1954 à 1958. Son frère aîné, Wimpie de Klerk, sera analyste politique et cofondateur du parti démocratique en 1989.

Lycéen à Krugersdorp, dans la banlieue de Johannesburg, FW de Klerk est diplômé en droit avec mention de l’université de Potchefstroom en 1958. En 1959, il épouse Marike Willemse (1937-2001) avec qui il élevera 3 enfants (adoptés). Le couple FW et Marike de Klerk divorcera en 1998.

C'est durant ses études universitaires qu'il adhère au Parti national et devient membre du Broederbond.

Avocat à Vereeniging dans le sud du Transvaal, il refuse en 1972 la chaire de droit public à l'université de Potchefstroom pour se présenter aux élections générales.

Ascension politique (1972-1989)[modifier | modifier le code]

Élu député de Vereeniging en novembre 1972, Frederik Willem de Klerk entre au gouvernement dès 1978 pour ne plus le quitter. Il y est successivement :

  • ministre de l'Assurance Maladie et des Pensions (1978) ;
  • ministre des Postes et des Télécommunications (1978-1979) ;
  • ministre des Sports et des Loisirs (1978-1979) ;
  • ministre des Mines et de l'Environnement (1979-1980) ;
  • ministre des Mines et de l'Énergie (1980-1982) ;
  • ministre des Affaire Internes (1982-1985) ;
  • ministre de l'Éducation Nationale et de la Planification (1984-1989).

Parallèlement, en mars 1982, il est élu président de la fédération du parti national dans le Transvaal à la suite de la scission menée par l'ancien président, Andries Treurnicht.

Le 1er juillet 1985, il devient le président du Conseil des ministres au Parlement et chef de la Chambre blanche du Parlement le 1er décembre 1986.

En 1989, Frederik Willem de Klerk est ministre de l'Éducation Nationale dans le gouvernement de Pieter Botha. Chef du parti national au Transvaal, il se présente le 2 février 1989 pour exécuter la même fonction partisane mais cette fois au niveau national. Opposé à Chris Heunis, Barend du Plessis et Pik Botha, il est élu chef du parti national le au troisième tour de scrutin par 69 voix contre 61 à Barend du Plessis. Il succède alors à Pieter Botha qui se maintient encore à la tête de l'état.

Soutenu par le parti et le cabinet, il entre pour plusieurs mois en crise ouverte avec le président Pieter Willem Botha, qui finalement, démissionne de la présidence le .

Président d'État (1989-1994)[modifier | modifier le code]

Frederik Willem de Klerk assure l'intérim de la présidence à partir du et organise des élections générales anticipées le . Le Parti national remporte ces élections sur un programme réformiste mais est sérieusement accroché sur sa droite par le Parti conservateur d'Andries Treurnicht.

Connu pour son goût de la négociation, « la rigidité est mauvaise ... je crois à la persuasion », il va assurer en douceur la fin du régime de l'apartheid. Dès le , il se rend en Zambie pour discuter avec le président Kenneth Kaunda, dont le pays abritait l'état-major et plusieurs camps de l'ANC (Congrès national africain). Il y rencontre en secret les représentants de l'ANC, mais aussi des diplomates soviétiques.

Après de multiples négociations confidentielles, et l'intervention des représentants des pays africains dits, de la « ligne de front », il annonce en février 1990, la légalisation du Congrès national africain (African National Congress, ANC) ainsi que la libération de son chef historique, Nelson Mandela.

Il entame également une tournée internationale qui le conduit, entre autres, en France où il rencontre le président François Mitterrand, lequel n'avait pas reçu en 1986 le président Pieter Botha qui était venu commémorer les soldats sud-africains morts pendant la Première Guerre mondiale en France[3].

Ses négociations suivies avec Nelson Mandela leur valent conjointement, en 1993, l'obtention du Prix Nobel de la Paix.

Il met en place, en 1991, la Commission Goldstone, officiellement d'enquête concernant la prévention des violences publiques et de l'intimidation, afin d'examiner d'éventuels cas de violences émanant de groupes opposés aux négociations sur le démantèlement de l'apartheid et, si possible, à les prévenir.

En mars 1992, à la suite des coups de boutoir de l'extrême-droite et à une succession de défaites lors d'élections partielles, il fait entériner par référendum la poursuite des négociations constitutionnelles par la population blanche (68 % d'approbation).

Les négociations aboutissent à l'établissement d'une constitution provisoire et aux premières élections multiraciales en avril 1994, à la suite desquelles le nouveau Parlement élit Nelson Mandela à la présidence de la République.

Vice-président de la République (1994-1996)[modifier | modifier le code]

En 1994, à la suite des élections générales remportées par l'ANC, Frederik Willem de Klerk assure avec Thabo Mbeki l'un des deux nouveaux postes de vice-président.

Lors de ces élections, le Parti national de De Klerk recueille 20 % des suffrages au niveau national, la majorité des voix et la direction de la nouvelle province du Cap-Occidental.

En 1996, de Klerk démissionne de la vice-présidence et met fin à la participation du Parti national aux fonctions gouvernementales.

Retraite active de la vie politique (depuis 1997)[modifier | modifier le code]

Le , Frederik Willem de Klerk quitte la direction du Parti national (National Party) et se retire définitivement de la vie politique. L'ancien parti de l'apartheid, rebaptisé Nouveau Parti national (New National Party - NNP), s'effondre aux élections de 1999, concurrencé par un parti d'opposition plus pugnace, le Parti démocratique.

Frederik Willem de Klerk s'est, entre-temps, retiré dans sa ferme près de Paarl avec sa nouvelle femme Elita qu'il épousa en 1998.

En 2000, la fondation FW de Klerk est créée par l'ancien président avec pour objectif la promotion de la paix dans les États multi-communautaires, que ce soit en Afrique du Sud ou dans le monde entier.

Le , Marike de Klerk, l'ancienne épouse de Frederik Willem de Klerk, est assassinée à son domicile au Cap. Elle devient l'un des symboles de la criminalité galopante dans le pays.

En 2004, de Klerk participe à la Global Leadership Foundation dont l'objectif est de venir en aide aux chefs d'états et de gouvernement afin de promouvoir la paix, la démocratie et le développement. En politique intérieure sud-africaine, il dénonce le sabordage du New National Party résiduel et sa fusion dans l'ANC.

En 2005, il dénonce l'activisme révisionniste et la trahison de ses promesses par l'ANC concernant le respect des minorités. Pour lui, la procédure visant à débaptiser Pretoria pour l'appeler Tshwane, sans consultation préalable des habitants de la ville, est un abus de majorité d'autant plus que ses habitants, majoritairement blancs, y sont hostiles.

En mars 2006, à l'occasion de ses 70 ans, Nelson Mandela lui rendit hommage pour avoir évité un bain de sang à l'Afrique du Sud en acceptant la négociation et le principe d'une Afrique du Sud multiraciale.

Le , de Klerk fait sensation dans un article du Sunday Independant en réponse à Desmond Tutu qui regrettait que la « communauté blanche sud-africaine n'était pas assez reconnaissante envers les Noirs sud-africains pour la générosité que ceux-ci ont eue à leur égard ». Pour Fréderik Willem de Klerk, « les citoyens noirs devraient être reconnaissants envers les Blancs pour leur avoir laissé le pouvoir et avoir ainsi surmonté leurs peurs »[4]. Il répéta que le système d'apartheid était moralement indéfendable mais refusa de qualifier le régime blanc de « criminel ». Les Blancs eux aussi avaient fait des sacrifices : « Ne serait-il pas aussi judicieux pour les Sud-Africains noirs de reconnaître la contribution que les Blancs ont apporté à l'Afrique du Sud nouvelle (...) Car ça demande du courage de surmonter ses peurs et mettre sa confiance dans les mains de ses ex-ennemis ». Il invoqua particulièrement l'histoire mouvementée des Afrikaners qui ont, à ses yeux, sacrifié plusieurs siècles de révoltes et de quêtes de liberté pour construire une Afrique du Sud non raciale.

En juin 2006, de Klerk était opéré, dans une clinique du Cap, de deux métastases cancéreuses malignes situées dans son dos. À la suite de bulletins de santé évasifs ou contradictoires, des rumeurs sur son décès circulèrent provoquant cependant l'hospitalisation de sa jeune épouse.

En mai 2012, dans un entretien à CNN durant laquelle il évoque sa jeunesse, ses motivations de l'époque et son évolution sur la politique d'apartheid, il refuse de condamner d'emblée le principe de séparation entre les Noirs et les Blancs mais récuse toute nostalgie. Regrettant les injustices et les atteintes envers les droits de l'homme commises durant l'apartheid tout en revendiquant la paternité de son abolition au nom du parti national, Frédérik De Klerk compare le principe des bantoustans avec la formation des états tchèques et slovaques, qu'il définit comme un concept visant à créer un État marqué par une unité ethnique avec une culture et une langue, où chacun peut être heureux et combler ses aspirations démocratiques. Pour Frederik de Klerk, les habitants de ces bantoustans (ou homelands) n'étaient pas privés du droit de vote au sein de leur propre État, il soutient qu'ils étaient justifiés du point de vue historique et compare le montant des sommes dépensées en Afrique par le monde développé pour lutter contre la pauvreté avec celles dépensées dans ces bantoustans par les anciens gouvernements blancs. Ses propos provoquent de nombreuses polémiques et des réactions indignées en Afrique du Sud, alimentant les discussions sur Twitter, Internet et sur les ondes radio-télévisées[5],[6],[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Décoration sud-africaine de l'ordre du mérite (1981) ;
  • Prix du Courage International (1992) ;
  • Prix Houphouët-Boigny (1992) ;
  • Prix Prince des Asturies (1992) ;
  • Prix de la paix remis par la ville de Philadelphie (1993) ;
  • Prix Nobel de la paix (1993) avec Nelson Mandela ;
  • Place en Or dans l'Ordre de Mapungubwe remis par le président Thabo Mbeki.

Frederik Willem de Klerk est également président d'honneur de la société praguoise pour la coopération internationale, membre de l'assemblée des parlements de la culture d'Istanbul et membre de Forum 2000, un think tank fondé par le président tchèque Václav Havel et le prix nobel Elie Wiesel.

Il est membre du conseil du centre Peres pour la paix en Israël.

Il est membre honoraire du Club de Rome[8].

Mémoires[modifier | modifier le code]

  • The Last Trek - a New Beginning, Macmillan, janvier 1999

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]


Précédé par Frederik de Klerk Suivi par
Ferdinand Hartzenberg
Coat of arms of the Parliament of South Africa 1932-2000.jpg Chef de l'opposition parlementaire Transparent.gif
1996-1997
Marthinus van Schalkwyk
Gerrit Viljoen
Flag of South Africa 1928-1994.svg Ministre de l'éducation nationale Transparent.gif
1984-1989
Gerrit Viljoen
Andries Treurnicht
NP.gif Chef du parti national
pour le Transvaal
Transparent.gif
1982-1989
Barend du Plessis
Chris Heunis
Flag of South Africa 1928-1994.svg Ministre de l'intérieur Transparent.gif
1982-1985
Stoffel Botha
Fanie Botha (mines)
Chris Heunis (énergie)
Flag of South Africa 1928-1994.svg Ministre des mines et de l'énergie Transparent.gif
1979-1982
Pietie du Plessis
Chris Heunis
Flag of South Africa 1928-1994.svg Ministre de l'environnement Transparent.gif
1979-1980
Abraham Raubenheimer
(forêt, eau et environnement)
Piet Koornhof
Flag of South Africa 1928-1994.svg Ministre des sports et des loisirs Transparent.gif
1978-1979
Punt Janson
Johannes Petrus van der Spuy
Flag of South Africa 1928-1994.svg Ministre des postes et des télécommunications Transparent.gif
1978-1979
Hennie Smit
Johannes Petrus van der Spuy
Flag of South Africa 1928-1994.svg Ministre des affaires sociales et des pensions Transparent.gif
1978
Schalk van der Merwe