Parti démocratique (Afrique du Sud)

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Le Parti démocratique (Democratic Party - DP) est un ancien parti libéral et progressiste d'Afrique du Sud créé en 1989 et qui s'est fondu en 2000 dans l'Alliance démocratique.

Son origine : le Parti progressiste[modifier | modifier le code]

Le caucus parlementaire du parti progressiste en 1960. Au premier rang : Walter Stanford, Harry Gordon Lawrence, Boris Wilson, Jan Steytler, Helen Suzman, Colin Eglin, Owen Williams. Au second rang : Ray Swart, Clive van Ryneveld, John Cope, Zach de Beer, Ronald Butcher

Les racines du DP remontent à 1959 avec la création du Parti progressiste (Progressive Party - PP), à la suite de la scission des plus libéraux du Parti uni (UP) fondé par Jan Smuts.

Les membres du PP trouvaient alors inefficace l'opposition de l'UP au Parti national (NP) au pouvoir et à sa politique d'apartheid.

Partisans d'une charte des droits, de réformes constitutionnels, d'une évolution fédérale de l'Afrique du Sud, adeptes de l'économie de marché, ils étaient de fermes opposants au système d'apartheid.

En 1961, le PP n'obtint qu'un seul représentant au parlement, Helen Suzman élue depuis 1953 dans la circonscription anglophone de Houghton, située dans la banlieue de Johannesburg.

Pendant 13 ans, Helen Suzman est la seule députée officiellement opposée au régime d'apartheid et à la discrimination raciale en général, se battant bec et ongle et dénonçant toutes les exactions commises, de la détention sans procès aux lois sur les déplacements intérieurs.

Un parti d'opposition en plein essor (1974-1987)[modifier | modifier le code]

En 1971, l'anglophone Colin Eglin devient le président du parti sans réussir à être élu au parlement bien qu'en 1974, le PP y obtint enfin 7 sièges dont ceux d'Helen Suzman et de l'afrikaner Frederik van Zyl Slabbert.

En 1975, le PP fusionne avec le petit Parti réformiste (Reform Party), un autre avatar du Parti uni pour devenir le Parti réformiste progressiste (Progressive Reform Party - PRP).

En 1977, d'autres dissidents de l'UP forment un comité pour une opposition unie rejoint par le PRP pour former finalement le Parti fédéral progressiste (Progressive Federal Party - PFP).

Lors des élections générales de l'année 1977, le PFP emporte 17 sièges (contre 134 au NP) et Slabbert accède au statut de chef de l'opposition parlementaire.

Le support populaire au PFP (comme à ses prédécesseurs) sera toujours principalement issu des couches anglophones blanches de la population. Et conformément aux lois d'apartheid, tous ses adhérents seront des blancs.

Le PFP sera vite caricaturé par l'extrême droite affublé du sobriquet « PFP as Packing for Perth » (PFP comme en route pour Perth) à la suite de l'émigration vers Perth, Australie, de plusieurs de ses adhérents.

En 1981, le PFP progresse encore en obtenant 26 sièges au parlement mais curieusement, alors que Slabbert l'afrikaner en est le chef, de plus en plus de blancs anglophones, séduits par le réformisme de Pieter Botha, rejoignent le Parti National.

Promouvant le principe « one man one vote » autant que l'économie de marché, le PFP apparait alors trop libéral pour les mouvements noirs anti-apartheid qui contestent son utilité au sein d'un parlement blanc. Frederick van Zyl Slabbert, chef du PFP depuis 1979, en prend acte et en février 1986, décide de démissionner de son mandat parlementaire pour ne plus être compromis avec un parlement dont il conteste la légitimité. Il part alors créer l'Institut pour une alternative démocratique en Afrique du Sud (IDASA).

Le 6 mai 1987, lors des élections générales, le PFP recule pour la 1re fois avec 19 sièges et perd son statut d'opposition officielle au profit du Parti conservateur laissant dubitatif les élus du PFP sur la valeur à accorder à ce parlement « whites only ». Pire encore, 56 % des anglophones (tout comme 56 % des afrikaners) ont choisi de voter pour le Parti national.

La recomposition de l'opposition libérale (1987-1989)[modifier | modifier le code]

Certains élus PFP décidèrent de se joindre au nouveau Mouvement national démocratique (National Democratic Movement - NDM) de Denis Worall, un anglophone rallié autrefois au Parti national. Durant cette même année 1987, le Parti indépendant (IP) est fondé par un autre ancien membre libéral du Parti national, Wynand Malan.

En 1988, Zach de Beer, le nouveau chef afrikaner et anglophile du PFP, député de la banlieue chic de Parktown près de Johannesburg, décide de conclure une alliance avec ces leaders charismatiques de l'IP et du NDM, pour finalement fusionner dans un nouveau Parti démocratique (Democratic Party - DP) le . Une direction collégiale est alors formée entre de Beer, Worall et Malan.

Le parti démocratique et la transition démocratique (1989-1994)[modifier | modifier le code]

emblème et couleurs du parti démocratique en 1990

Aux élections de septembre 1989, le DP obtint 33 sièges raflant 42 % des voix anglophones et 9 % des voix afrikaners. Il joue un rôle vital lors des négociations constitutionnelles et sut mobiliser sa base électorale pour faire l'appoint au NP lors du référendum de mars 1992 sur la poursuite des réformes constitutionnelles.

Aux 1res élections post apartheid d'avril 1994, le DP s'effondre à 1,7 % des suffrages et ne retrouve que 10 sièges au parlement.

La transformation du parti démocratique (1994-1999)[modifier | modifier le code]

Tony Leon, le nouveau chef du parti, entreprend alors un recentrage vers la droite pour attirer l'ancien électorat afrikaner du NP, déboussolé par les concessions de ce dernier à l'ANC désormais au pouvoir.

Aux élections d'avril 1999, le succès est au rendez-vous pour le DP qui emporte 9,6 % des suffrages et 44 sièges. Il prend au NP moribond le statut d'opposition officielle et forme avec lui une alliance pour gouverner la province du Cap-Occidental.

Devenu un parti toujours libéral mais plus conservateur, le DP est un opposant sans concession au gouvernement de l'ANC. Sa base électorale est cependant encore principalement blanche et majoritairement... afrikaner.

La fusion des oppositions dans l'Alliance démocratique (2000)[modifier | modifier le code]

En 2000, le DP fusionne avec le Nouveau Parti national dans l'Alliance démocratique dont la présidence est confiée à Tony Leon.

Liens internes des autres partis politiques[modifier | modifier le code]