Helen Suzman

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Helen Suzman
Helen Suzman en 1959
Helen Suzman en 1959
Fonctions
Membre du parlement pour la circonscription de Houghton
1953 – 1989
Biographie
Nom de naissance Helen Gavronsky
Date de naissance 7 novembre 1917
Lieu de naissance Germiston, Province du Transvaal
Red Ensign of South Africa 1912-1928.svg Union Sud-Africaine
Date de décès 1er janvier 2009 (à 91 ans)
Lieu de décès Johannesburg, Gauteng
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
Nationalité Sud-africaine
Parti politique Parti uni (1953-1959)
Parti progressiste (1959-1975)
Parti progressiste réformiste (1975-1977)
Parti progressiste fédéral (1977-1989)
Diplômé de Université du Witwatersrand
Profession économiste
Religion judaisme

Helen Suzman DBE, née Helen Gavronsky le 7 novembre 1917 à Germiston en Afrique du Sud et morte le 1er janvier 2009 à Johannesburg, est une femme politique sud-africaine, députée de l'opposition progressiste de 1953 à 1989 d'abord comme membre du Parti uni (1953-1959) puis du parti progressiste. Elle fut un symbole de la lutte des Blancs progressistes contre l'apartheid.

Origines, études et famille[modifier | modifier le code]

Fille d'émigrés juifs de Lituanie, née à Germiston (Transvaal) dans la banlieue de Johannesburg, Helen Suzman étudia à l'université du Witwatersrand où elle fut plus tard assistante en économie. Elle épouse Moses Suzman avec qui elle aura deux enfants, Patricia et Frances.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le caucus du parti progressiste en 1960. Au premier rang : Walter Stanford, Harry Gordon Lawrence, Boris Wilson, Jan Steytler, Helen Suzman, Colin Eglin, Owen Williams. Au second rang : Ray Swart, Clive van Ryneveld, John Cope, Zach de Beer, Ronald Butcher

Elle entre en politique en se faisant élire en 1953 députée d'Houghton, dans la banlieue de Johannesburg, sous les couleurs du Parti uni de J.G.N. Strauss, qui fut autrefois celui de l'ancien premier ministre Jan Smuts.

Beaucoup plus radicale que ses collègues du parti qu'elle juge trop timorés dans leurs critiques de l'apartheid, elle quitte le Parti uni avec d'autres dissidents pour former en 1959 le Parti progressiste (Progressive Party - PP) dont elle est la seule élue au parlement entre 1961 et 1974.

Durant cette période, elle intervient sans relâche pour défendre la liberté d'expression de tous les Sud-africains et combattre les textes législatifs organisant la séparation des races.

Alors qu'elle avait déclaré que Hendrik Verwoerd (premier ministre de 1958 à 1966) avait quelque chose de presque diabolique, elle considéra par contre que le successeur de ce dernier John Vorster avait de la chair et du sang[1].

En 1974, elle est rejointe par 6 nouveaux élus du PP.

En 1989, Suzman renonce à se représenter mais apporte son soutien au nouveau Parti démocratique et demeure très active dans la politique sud-africaine.

Carrière post-politique[modifier | modifier le code]

Les universités d'Oxford, de Cambridge et d'Harvard l'ont faite docteur honoris causa et son combat contre l'apartheid lui a valu, en 1978, la médaille des droits de l'homme aux Nations unies et, en 1980, la médaille de l'héroïsme.

Aujourd'hui, la fondation Helen Suzman participe à la promotion de la démocratie libérale en Afrique du Sud.

Veuve depuis 1994, Helen Suzman, continue de critiquer les politiciens actuels d'Afrique du Sud, notamment le président Thabo Mbeki pour ses positions sur le SIDA et le Zimbabwe, et apporte son soutien à Tony Leon lors de la crise en 2001 au sein de l'Alliance démocratique. En 2005, elle dénonce la pauvreté du débat politique au sein du parlement et s'étonne de voir l'opposition disposer de moins de pouvoirs qu'à l'époque où elle était parlementaire.

Lors de son 90ème anniversaire en 2007, elle en appelle « au renforcement de l'opposition dans une démocratie encore en construction », estimant que ce qui a remplacé l'apartheid n'est pas très satisfaisant. Si elle s'en prend une nouvelle fois au président Thabo Mbeki dont elle fustige « les errements dans la lutte contre le sida » et « sa diplomatie silencieuse envers le Zimbabwe, dont l'économie est en ruine et les droits de l'homme en berne », c'est surtout au fonctionnement du Parlement qu'elle s'en prend. Elle déclare ainsi qu'au moment où elle était la seule députée progressiste, entre 1961 et 1974, elle avait « toujours eu la possibilité d'exprimer ses opinions » mais qu'en 2007, « c'est beaucoup plus difficile, le rôle de l'opposition n'est pas reconnu. Les questions restent sans réponse, elles sont déclarées invalides ».

Ses propos sont ainsi perçus comme une trahison par certains anciens militants de la lutte contre l'apartheid mais selon Helen Suzman, ces critiques émanent de ceux qui « minimisent volontairement le rôle des libéraux blancs peu à peu effacé des livres d'Histoire ». C'est dans ce contexte qu'elle reçoit le soutien de Mangosuthu Buthelezi qui estima qu'elle n'avait pas « reçu la reconnaissance qu'elle mérite » et qu'elle avait manifesté « un grand courage pour amoindrir certains des pires excès du gouvernement d'apartheid. Ce serait travestir l'histoire que de ne pas reconnaître son rôle dans le récit de notre combat ».

En 2004, Helen Suzman s'est vue attribuer par le public la 24e place sur la liste des 100 plus grands Sud-Africains de tous les temps.

Elle meurt paisiblement, à 91 ans, à son domicile, en 2009[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.time.com/time/magazine/article/0,9171,941074,00.html : South Africa Touch of Sweet Reasonableness, 31 mars 1967
  2. Helen Suzman dies, 1er janvier 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]