Parti Inkatha de la liberté

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Inkatha Freedom Party (IFP - Parti de la liberté) est un parti politique conservateur à dominante zouloue d'Afrique du Sud fondé en 1975 par le prince Mangosuthu Buthelezi. Inkatha est un terme zoulou désignant le bandeau que l'on ajuste sur sa tête afin de pouvoir transporter des chargements divers. L'Inkatha est né dans la province du Natal puis se déploya dans les trois autres provinces. Lors des années 1980, il devint un adversaire résolu de l'African National Congress (ANC), prônant un séparatisme territorial.

Création[modifier | modifier le code]

L'Inkatha fut fondé en 1975 par Mangosuthu Buthelezi, un ancien membre de la Ligue de jeunesse de l'African National Congress (ANC) et chef de l'autorité territoriale du KwaZulu. Issu de l'Inkatha National Cultural Liberation Movement, le parti plonge ses racines dans l'organisation culturelle Inkatha fondée en 1920 par le roi Solomon kaDinizulu afin de résister à la dilution de la culture zouloue et de parer à l'impérialisme britannique et à la domination afrikaner.

À ses débuts, l'Inkatha est proche de l'ANC, alors interdite par le régime d'apartheid. Les deux organisations combattent la discrimination raciale.

Mais les gouvernements blancs surent utiliser les rivalités personnelles entre les chefs noirs. À partir de 1976, Buthelezi est nommé premier ministre du bantoustan autonome du KwaZulu. À ce titre, il fait désormais figure de collaborateur du régime d'apartheid pour les plus radicaux proches de la Conscience noire et l'Inkatha est alors accusé d'être une armée de supplétifs dans la répression des habitants des ghettos en révolte.

À partir de 1980, les liens entre Buthelezi et l'ANC sont rompus et l'Inkatha devient un rival potentiel, soutenu en sous-main par le gouvernement. Il recevait notamment des armes du Vlakplaas, un escadron de la mort lié aux services de sécurité de la police sud-africaine [1].

À la fin des années 80, l'Inkatha bénéficie de l'appui plus ou moins direct des forces de sécurité et de groupes para-militaires blancs leur garantissant une certaine impunité alors qu'une guerre civile fait rage au Natal entre Zoulous de l'ANC et ceux de l'Inkatha (plus de 10 000 morts[réf. nécessaire]).

La transition démocratique[modifier | modifier le code]

Au début des années 90, lors des négociations constitutionnelles, l'Inkatha rejoint le Parti conservateur d'Afrique du Sud dans l'Alliance des Libertés destinée à faire échec aux négociations et à renforcer l'idée d'une Afrique du Sud ethniquement et territorialement divisée.

C'est de justesse que l'Inkatha rejoint en mars 1994 le processus électoral en cours après avoir obtenu des garanties quant au maintien de la spécificité zouloue de la nouvelle province du KwaZulu-Natal : institutionnalisation du rôle du roi Goodwil Zwelithini et statut de capitale maintenu à Ulundi (la capitale du bantoustan) au côté de Pietermaritzburg, capitale parlementaire.

À la proclamation des résultats, l'Inkatha obtient 10,5 % des voix au niveau national et 43 députés. Buthelezi est nommé ministre de l'Intérieur dans le gouvernement d'union nationale de Nelson Mandela. Il sera maintenu dans tous les gouvernements qui suivront en dépit de nombreuses critiques quant à son action et sa probité.

La province du KwaZulu-Natal est remportée par l'Inkhata avec 50 % des suffrages — la fraude électorale semble avoir aidé l'IFP à devancer son rival de l'ANC.

De l'élection de Mandela (1994) à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

De 1994 à 2004, la province est ainsi dirigée par une coalition IFP-ANC sous la direction d'un premier ministre issu de l'Inkatha.

En 1999, l'IFP recule au niveau national (8,9 % des suffrages et 37 députés) et ne recueille plus que 41,9 % des voix dans sa province.

En 2004, la coalition ANC-IFP prend fin quand l'Inkatha rejoint comme partenaire l'Alliance démocratique afin de concurrencer l'ANC.

En avril 2004, l'ANC s'empare malgré tout du KwaZulu-Natal et transfère la capitale exécutive d'Ulundi à Pietermaritzburg. Néanmoins, l'IFP rejoint le gouvernement provincial dirigé désormais par l'ANC. Au niveau national, l'IFP n'émerge plus qu'à 7 % des suffrages pour un total de 28 sièges. Il n'en demeure pas moins le troisième plus grand parti d'Afrique du Sud.

Son programme politique, bien que flou, semble rester la défense de la culture zouloue mais aussi d'une rhétorique conservatrice, populiste qui conserve bien des points communs avec les partis radicaux blancs. Cependant, elle semble avoir marqué le pas ces dernières années au bénéfice de la défense des intérêts particuliers des élus de l'IFP.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Volker Nehrlich (2006), « Lessons for the International Criminal Court: The Impact of Criminal Prosecutions on the South African Amnesty Process », in Gerhard Werle (ed.), Justice in Transition – Prosecution and Amnesty in Germany and South Africa, Berliner Wissenschafts-Verlag, Berlin, 2006, 277 pp., p. 55-83

Liens externes[modifier | modifier le code]