Winnie Mandela

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Winnie Mandela

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Winnie Madikizela-Mandela en 2008.

Nom de naissance Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela
Alias
Winnie
Naissance 26 septembre 1936 (77 ans)
Bizana (Afrique du Sud)
Activité principale Vice-ministre des arts, de la culture, de la science et des technologies de 1994 à 1995
Autres activités
Présidente la ligue des femmes de l'ANC de 1993 à 1997
Formation
Travailleur social
Conjoint
Descendants
Zenani Mandela
Zindzi Mandeela-Hlongwan
Famille
2 enfants

Winnie Madikizela-Mandela, plus connue sous le nom de Winnie Mandela, est une femme politique sud-africaine, membre de l'ANC, née le 26 septembre 1936. Elle a été la deuxième épouse de Nelson Mandela, ancien Président d'Afrique du Sud (remarié en 1998 avec Graça Machel, veuve de l'ancien président du Mozambique).

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

De son vrai nom Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela, Winnie Mandela est née dans le village de Bizana (en), dans la région du Pondoland (en) (est de la Province du Cap, futur Transkei puis Cap-Oriental).

Elle travaille d'abord dans l'administration du bantoustan du Transkei, puis s'établit à Johannesburg dans le Transvaal.

Elle passe un diplôme de travailleur social à l'école Jan Hofmeyer de Johannesburg, et plusieurs années plus tard obtiendra une licence de relations internationales de l'Université du Witwatersrand.

Épouse de Nelson Mandela[modifier | modifier le code]

Elle rencontre Nelson Mandela, leader de l'ANC, devient sa femme et émerge rapidement comme une icône de la lutte anti-apartheid durant les longues années de prison de son mari (août 1962-février 1990). Durant cette période, elle est assignée à résidence dans la ville de Brandfort (en) (État libre d'Orange) et n'est autorisée à rencontrer son mari que deux fois par an, tous les 6 mois, à la prison de Robben Island, près du Cap.

Surnommée la mère de la nation, le discours de Winnie Mandela évolue vers le radicalisme. Sa réputation est endommagée quand elle endosse le slogan « un boer, une balle » mais surtout quand, dans un discours le 13 avril 1985 à Munsieville (en), elle justifie le supplice du pneu enflammé autour du cou des « traitres » noirs. « Avec nos boîtes d'allumettes et nos pneus enflammés, nous libérerons ce pays ».

Sa réputation est encore plus ternie quand son garde du corps et ancien amant, Jerry Richardson, l'accuse de lui avoir ordonné de tuer un jeune activiste de 14 ans, membre de l'ANC, Stompie Seipei Moketsi, en janvier 1989, qu'elle accuse d'espionnage au profit du gouvernement blanc. En 1990, c'est au bras de son mari enfin libre qu'elle semble regagner sa légitimité, mais celui-ci prend assez rapidement ses distances avec son épouse. En 1991, il la soutient encore quand la justice sud-africaine la condamne pour enlèvement et complicité dans le meurtre de Moketsi. Sa sentence de six ans de prison pour enlèvement est réduite à une amende en appel[1]. Plus tard, devant la Commission de la vérité et de la réconciliation, ses anciens complices affirment qu'elle avait été l'organisatrice de l'enlèvement et avait aussi participé directement au meurtre de Moketsi, battu à mort[1].

Durant la période de transition vers une démocratie multiraciale, son discours est nettement moins conciliant que celui de son mari envers la minorité blanche. En avril 1992, Nelson Mandela annonce sa séparation d'avec sa femme et met fin à leurs 38 ans de mariage. Le divorce est prononcé en mars 1996.

Après son divorce[modifier | modifier le code]

Winnie Mandela prend alors le nom de Madikizela-Mandela. De 1993 à 1997, elle préside la ligue des femmes de l'ANC.

En mai 1994, elle prend part au premier gouvernement post-apartheid de son mari en tant que vice-ministre des arts, de la culture, de la science et des technologies. Elle doit démissionner 11 mois plus tard, à la suite d'accusations de corruption. Elle reste populaire auprès de la base radicale de l'ANC, celle qui refuse la collaboration du gouvernement noir avec les colons blancs.

En décembre 1997, elle renonce à sa candidature à la vice-présidence de l'ANC après de nouvelles révélations sur son implication dans le meurtre de Stompie Seipei Moketsi devant la commission Vérité et Réconciliation présidée par l'archevêque Desmond Tutu.

Femme complexe, en dépit de son discours radical contre les blancs, elle montre une réelle tristesse lors de l'assassinat de Marike de Klerk, l'ancienne épouse du dernier président blanc Frederik de Klerk, qu'elle qualifia de grande amie. Le 24 avril 2003, elle est reconnue coupable par la justice sud-africaine de 43 accusations de fraudes, de 25 accusations de vols et son frère, Addy Moolman, est lui aussi condamné. Elle est condamnée à 4 ans de prison.

En mars 2010, Winnie Madikizela-Mandela fustige la politique menée par son ancien mari lors de sa présidence. Elle lui reproche d'avoir accepté de partager le prix Nobel de la paix avec Frederik de Klerk et l'accuse d'avoir donné son accord à un mauvais arrangement et ainsi « d'avoir laissé tomber les Noirs et d'avoir favorisé l'économie blanche ». Elle accuse son ancien mari pendant la période post-présidence d'être devenu « une fondation privée » et « une figure de proue pour sauver les apparences », prenant comme symbole l'édification d'une grande statue de Nelson Mandela au beau milieu du quartier blanc de Sandton, le plus riche de Johannesburg et non à Soweto, lieu symbolique de la lutte contre l'apartheid. Elle critique également la Commission de la vérité et de la réconciliation qu'il avait autorisée et qui avait estimé en 1997 qu'elle avait « commis des violations grossières des droits de l'homme »[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Courrier international, Nadira Naipaul, Cape Times, L'amertume de Winnie Mandela, (entretien accordé à l'Evening Standard) 11 mars 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • Stephen Smith et Sabine Cessou, Winnie Mandela, l'âme noire de l'Afrique du Sud, Paris, Calmann-Lévy, 2007 (ISBN 978-2-702-13559-4)
  • Winnie Mandela, Anne Benjamin et Mary Benson, Une part de mon âme, Paris, Seuil, 1986, (ISBN 978-2-020-09128-2)

En anglais[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]