Parti sud-africain

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Le parti sud-africain (South African Party - SAP) était un parti politique de l'Union d'Afrique du Sud fondé en 1911 et dissous en 1934 lors de sa fusion avec le Parti national dans le Parti uni.

Le parti sud-africain fut fondé moins de 10 ans après la fin de la Seconde Guerre des Boers, dans un esprit de réconciliation entre Afrikaners et anglophones.

Il était issu de la fusion entre plusieurs partis politiques des quatre anciennes colonies britanniques d'Afrique australe formant le nouveau dominion sud-africain :

Le parti sud-africain était le parti majoritaire détenant 67 des 130 sièges du parlement et Louis Botha, le fondateur du SAP, était le premier ministre de l'Union.

A la conférence du SAP au Cap en 1913, James Barry Hertzog et Christiaan de Wet tentèrent de faire mettre en minorité Louis Botha et son vice-premier ministre Jan Smuts à qui ils reprochaient leur loyalisme envers la couronne britannique et de ne pas défendre les intérêts des Afrikaners. En dépit des discours passionnés de de Wet et d’Hertzog sur l’influence britannique sur les affaires intérieures sud-africaine, leurs motions furent rejetés à une grande majorité les amenant à quitter bruyamment la conférence et le parti. Ils formèrent alors en 1914 le Parti national.

Le parti sud-africain afficha dès lors plus nettement une orientation économique libérale, un nationalisme modéré et un loyalisme total à la couronne britannique. Il devint le parti représentatif des anglophones, des anglo-Afrikaners et des Afrikaners centristes.

Lors des élections d'octobre 1915, le Parti sud-africain remporta 54 sièges contre 40 aux unionistes britanniques et 27 sièges au Parti National.

La crise économique qui suivit la fin de la Première Guerre mondiale et le remplacement en 1919 de Louis Botha par l'anglophile et libéral Jan Smuts mirent fin à la domination politique absolue au parlement du parti sud-africain.

Lors des élections du 20 mars 1920, le Parti National devint la première force politique du parlement avec 44 députés contre 41 au Parti Sud-Africain, 25 aux unionistes et 20 aux travaillistes. Le SAP est contraint de s'allier avec les unionistes et les travaillistes pour sauver sa majorité et former un nouveau gouvernement sous l'égide de Jan Smuts. Quelques mois plus tard, les Unionistes acceptent de rallier le SAP et des élections anticipées sont organisées donnant une majorité de 79 députés au SAP contre 45 au Parti National et 6 aux travaillistes.

Les grèves des mineurs afrikaners du Witwatersrand en janvier - mars 1922 tournèrent à l'insurrection contre le gouvernement de Jan Smuts. la répression dans le sang des insurgés aboutit au retrait des travaillistes de la coalition.

Lors des élections du 19 juin 1924, avec 53 sièges, le parti sud-africain fut battu par la coalition du national (63 sièges) de James Barry Hertzog, du parti travailliste de Frederic Creswell (18 sièges), soutenus par le petit parti communiste sud-africain. James Barry Hertzog devint le nouveau premier ministre.

Lors des élections de 1929, le Parti sud-africain est majoritaire en voix avec 47 % des suffrages mais minoritaire en siège (61 élus) face au parti national qui remporte 41 % des suffrages et 78 sièges soit la majorité absolue le dégageant de toute alliance politique.

La crise économique des années 1930 et les déclarations contradictoires sur l'opportunité d'abandonner l'étalon or font plonger la popularité du parti national.

Une union nationale est alors négociée entre le parti national et le Parti sud-africain. Les vieux adversaires d'hier sont prêts à des compromis.

Aux élections de mai 1933, l'union nationale entre les deux partis leur apporte une victoire écrasante de 136 députés sur un total de 150. Les 14 autres élus se répartissent entre deux députés du "Parti du Centre" de Tielman Roos, des Travaillistes, quelques nationalistes et des conservateurs.

L'Union nationale donne alors naissance au Parti uni d'Afrique du Sud le 5 décembre 1934 sous la direction bicéphale du premier ministre James Barry Hertzog et de Jan Smuts.