Élections générales sud-africaines de 1953

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Précédent 1948 Drapeau de l'Afrique du Sud 1958 Suivant
Élections générales sud-africaines de 1953
15 avril 1953
Postes à élire  156 sièges de la chambre de l'assemblée
Démographie électorale
Inscrits  1 385 591
Votants 1 218 631
Votes valables 1 209 922
Votes nuls 8 709
DFMalanPortret.jpg
Parti national - Daniel François Malan
Voix 598 718
  
49,48 %
Sièges obtenus 94 Green Arrow Up.svg 24
KoosStrauss.jpg
Parti uni - Koos Strauss (en)
Voix 576 474
  
47,65 %
Sièges obtenus 57 Red Arrow Down.svg 8
Silver - replace this image male.svg
Parti travailliste - John Christie
Voix 34 730
  
2,87 %
Sièges obtenus 5 Red Arrow Down.svg 1
Premier ministre
Sortant
Élu
Daniel François Malan
Parti national
Daniel François Malan
Parti national

Les élections générales sud-africaines du 15 avril 1953 ont été marquées par la victoire du parti national et la réélection de Daniel François Malan au poste de premier ministre de l'Union de l'Afrique du Sud. Le pays est alors en pleine élaboration des lois de l'Apartheid par le parlement sud-africain.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

En application du South Africa Act de 1910, le suffrage électoral est réservé aux blancs et, dans la province du Cap, sous certaines conditions, aux personnes de couleurs (coloured). Les populations noires de cette province élisent sur des listes séparées, et sous certaines conditions, 3 représentants blancs chargés de défendre leurs intérêt au parlement (Representation of Natives Act 1936).

Le mode de scrutin appliqué depuis la formation de l'Union de l'Afrique du Sud en 1910 est celui du scrutin uninominal majoritaire à un tour. La délimitation des circonscriptions électorales favorise par ailleurs l'électorat rural.

Le parlement comprend 156 élus dont 6 sièges représentant le sud-ouest africain.

Répartition des sièges par province
Provinces province du Cap Natal Etat libre d'Orange Transvaal Sud-Ouest africain Total
Nombre de sièges 54 15 13 68 6 156

Forces politiques en présence à la fin de la 10e législature de l'Union Sud-africaine[modifier | modifier le code]

Le Parti national et Daniel Malan sont au pouvoir depuis les élections de 1948. Il a fusionné avec le petit parti afrikaner de Nicolaas Havenga.

Sa principale opposition parlementaire est le parti uni (UP) dirigé par Koos Strauss.

Suite à l'interdiction du parti communiste sud-africain, le député Sam Kahn, représentant les populations noires de la circonscription autochtone du Cap-Occidental, fut démis de son mandat et exclu du parlement en 1952. Les deux élections partielles sur sa circonscription donnèrent la victoire à des candidats de sensibilité politique identique qui furent à leur tour exclus du parlement. Le siège resta alors vacant.

Répartition des sièges par partis politiques et par province
Province parti national
(dont l'ex-parti afrikaner)
parti uni parti travailliste Indépendant Total
Province du Cap 28 27 - - 55
Province du Cap (circonscription autochtone) - - - 3 3
Natal 3 11 2 - 16
Etat libre d'Orange 12 1 - - 13
Sud-Ouest africain 6 - - - 6
Transvaal 37 25 4 - 66
Total 86 64 6 3 159

Campagne électorale[modifier | modifier le code]

J.G. Strijdom, D.F. Malan et Paul Sauer à Pretoria en 1953 après l'annonce de la deuxième victoire électorale du parti national

En 1953, l'Afrique du Sud est en pleine mise en œuvre des lois de l'Apartheid. Le pays a notamment été marqué l'année précédente par la campagne de défiance lancée par le congrès national africain et ses alliés pour protester contre cette politique.

Le premier ministre Daniel François Malan s'est pour sa part imposé face aux plus radicaux de son parti et a tempéré leurs ardeurs républicaines et anti-britanniques. La campagne électorale du parti national s'axe autour des mêmes thèmes que ceux utilisés lors des élections précédentes : l'apartheid et l'anti-communisme[1].

Le Parti uni, qui a perdu Jan Smuts, sa figure tutélaire, a signé un pacte électoral avec le Parti travailliste. Ils se présentent ensemble pour la troisième fois successive à une élection générale. La campagne électorale est également marquée par la mort de John Christie, le chef de file des travaillistes.

Résultats[modifier | modifier le code]

Au soir des élections, le Parti National obtient 94 sièges contre 57 sièges au Parti Uni et 5 aux travaillistes. Dans certaines circonscriptions, des candidats ont cependant été automatiquement élus faute d'opposants. En termes de forces politiques, le parti national l'emporte pour la première fois sur le parti uni (49,48% contre 47,65%) mais n'obtient pas de majorité absolue. Il est même supplanté de justesse en termes électoraux par la coalition du front démocratique uni regroupant le parti uni, les travaillistes et plusieurs groupuscules blancs anti-apartheid. Le taux de participation est de 88% des électeurs inscrits.

Nouvelle répartition des sièges par partis politiques et par province (1953)
Province parti national parti uni parti travailliste Indépendant Total
Province du Cap 30 24 - - 54
Province du Cap (circonscription autochtone) - - - 3 3
Natal 2 11 2 - 15
Etat libre d'Orange 13 - - - 13
Sud-Ouest africain 6 - - - 6
Transvaal 43 22 3 - 68
Total 94 57 5 3 159

Les 3 sièges autochtones ne sont pas soumis à réélection le 15 avril 1953, le terme des mandats arrivant au 30 juin 1954. Les élections les concernant ont lieu le 1er décembre 1954. Deux sièges sont alors remportés par des membres du parti libéral (A.W.P. Stanford pour la circonscription autochtone du Transkei et Margaret Ballinger pour celle du Cap-oriental). Le troisième siège représentant la circonscription autochtone du Cap-occidental est remporté par un candidat indépendant, L.B. Lee-Warden. Il s'agit alors de la dernière élection spécifique concernant ces 3 sièges lesquels sont supprimés en 1960 dans le cadre de la loi d'autonomie des bantoustans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Coquerel, infra, p 201

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, Bruxelles, Éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle »,‎ 1992, 303 p. (ISBN 9782870274521)

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]