Livonie

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La Livonie, sur une carte du XVe siècle.
La confédération de Livonie en 1260

Livonie (en latin : Livonia, en allemand et en suédois : Livland, en russe : Liflandia, Лифляндия) est le nom historique donné par les Allemands aux régions de la côte de la mer Baltique où vivaient les Lives, au nord de la Lithuanie. La Livonie a été un territoire correspondant à la quasi-totalité du territoire actuel des États baltes pour n'être plus maintenant que le nom d'une péninsule de l'actuelle Lettonie. En plus des Lives, d'autres populations se partageaient ces territoires, comme les Estes, les Curoniens, les Sémigaliens et à partir du XIIIe siècle les Allemands et enfin des minorités slaves et juives. Jusqu'en 1919, la région était dominée par une aristocratie terrienne germanophone appelée par les historiens d'aujourd'hui germano-baltes.

Histoire[modifier | modifier le code]

D'abord habitée par le peuple fennique des Lives, la Livonie fut soumise à l'influence slave avec la fondation de Iouriev par Iaroslav le Sage en 1030.

Au début du XIIe siècle, la Livonie était une contrée d'expansion territoriale et politique pour les Danois et les Allemands, et plus particulièrement pour la Ligue hanséatique et l'Ordre cistercien. Elle resta ignorée de l'Europe occidentale jusqu'en 1158, date à laquelle des marchands de Lübeck établirent des comptoirs à l'embouchure de la Dvina. Un chanoine allemand, Ménard de Holstein, fonde un établissement sur la Dvina qu'il nomme Uexküll. En 1160, les marchands hanséatiques y fondent un comptoir.

La Livonie est alors donnée en fief à Albert de Buxhoeveden, neveu de l’archevêque de Brême, par Philippe de Souabe, roi de Germanie, qui fonde Riga. Albert de Buxhoeveden envoie un convoi de soldats pendant les Croisades baltes pour convertir cette région au catholicisme et fonde officiellement Riga en 1201. Il y fait construire une cathédrale, et devient le premier prince-évêque de Livonie. La Livonie devient un territoire de colonisation baptisée Terra Mariana qui comprend les terres actuelles de la Lettonie et de l'Estonie. Ses frontières vont du golfe de Riga et du golfe de Finlande, jusqu'au lac Peïpous et la Russie à l'est, ainsi qu'à la Lituanie au sud.

Les chevaliers Porte-Glaive 1204-1237[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chevaliers Porte-Glaive.

Albert de Buxhoeveden fonde en 1202 les Fratres militiæ Christi Livoniæ ou chevaliers Porte-Glaive, ordre religieux militaire, afin de convertir les païens de ces contrées. Ils quadrillent leur territoire de fortins et de châteaux forts et fondent villes et villages pour fixer la population plutôt pastorale. Le pape Innocent III donne son accord en 1204. Après la bataille du Soleil en 1236, ils intègrent l'ordre Teutonique en 1237 et deviennent une branche autonome de l'ordre, dont le nom officiel est Ordre de Livonie.

La Livonie teutonique[modifier | modifier le code]

La Livonie fait partie de l'État monastique des chevaliers teutoniques à partir de 1237. Elle comprend les terres livoniennes gouvernées par les chevaliers de l'ordre Livonien, l'évêché de Riga (archevêché à partir de 1255, comprenant 18 000 km2), les évêchés de Courlande (4 500 km2), d'Ösel-Wiek et de Dorpat, terres gouvernées par le frère d'Albert de Buxhoevden, Hermann, sous le nom de Terra Mariana (Territoire de Marie). Les chevaliers, en conséquence de leur défaite à la bataille du Soleil, rendent le duché d'Estonie au royaume du Danemark en 1238 qui avait été conquis en 1227. Cependant, un siècle plus tard, Christophe II de Danemark le revend finalement à l'Ordre Teutonique en 1346.

La confédération livonienne 1418-1561[modifier | modifier le code]

Dames de qualité en Livonie, par Dürer, musée du Louvre

Les cinq États ecclésiastiques de la Livonie médiévale s'organisent en une confédération livonienne en 1418. Une diète, ou Landtag, se forme à Walk en 1419. L'acte de naissance de la confédération livonienne est signé le 4 décembre 1435 à Walk par l'ordre de Livonie, l'archevêque de Livonie siégeant à Riga, les seigneurs vassaux et les représentants des villes.

La guerre de Livonie 1558-1582[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Livonie.

Le royaume de Livonie 1570-1578[modifier | modifier le code]

Le royaume de Livonie a été déclaré tel par Ivan IV pendant la Guerre de Livonie, mais n'a jamais été formellement établi. C'est le 10 juin 1570 que le duc Magnus de Holstein se fait couronner roi de Livonie à Moscou reconnaissant son allégeance à la Moscovie. Il retourne en Livonie avec vingt mille soldats pour prendre Reval aux Suédois, mais il abandonne le siège en mars 1571. Son frère, le roi du Danemark, lui refusant son soutien, Magnus se tourne vers la noblesse allemande de Livonie, mais il est finalement capturé par les Russes et doit renoncer à son titre royal. Il termine ses jours au château de Pilten en Courlande et meurt en 1583.

Le duché de Livonie 1561-1621[modifier | modifier le code]

La Livonie tombe aux mains du grand-duché de Lithuanie en 1561, dont elle devient la vassale. Elle est directement administrée par le roi de Pologne et le grand-duc de Lithuanie à partir de 1569, après l'Union de Lublin.

La Livonie suédoise 1629-1721[modifier | modifier le code]

La Livonie devient possession suédoise en 1629 en conséquence de la guerre polono-suédoise de 1626-1629. Elle recoupe presque les mêmes limites que l'ancien duché de Livonie. La Livonie suédoise devient un lieu de colonisation important et de vastes domaines sont formés, administrés par la noblesse allemande locale ou la noblesse suédoise. La Suède perd ces territoires en 1710 au profit de la Russie, ce qui est reconnu par le traité de Nystad en 1721.

La voïvodie de Livonie 1620-1772[modifier | modifier le code]

La voïvodie de Livonie est l'unité administrative héritée du duché de Livonie, formée à partir de la voïvodie de Wenden. Elle entre dans l'Empire russe au premier partage de la Pologne en 1772.

Le gouvernement de Riga 1721-1796[modifier | modifier le code]

Le gouvernement de Riga est le nom de la province balte formée à partir des territoires de la Livonie autour de Riga qui entre dans l'Empire russe au début du XVIIIe siècle. Sa langue administrative demeure l'allemand, jusqu'en 1919. Le gouvernement d'Estland est formé des terres plus au nord, autour de Reval.

Le gouvernement de Livonie 1796-1918[modifier | modifier le code]

Carte du gouvernement de Livonie et du gouvernement d'Estland, au début du XXe siècle
Article détaillé : Gouvernement de Livonie.

Le gouvernement (goubernia en russe) de Riga prend le nom de gouvernement de Livonie à partir de 1796 (en russe: Лифляндская губерни, en allemand Gouvernement Livland). Il reste nominalemant en Russie, jusqu'en 1918, mais c'est un territoire occupé par l'Allemagne à partir de 1915, jusqu'en 1918, puis de 1918 à 1920 par des corps francs allemands qui appuient l'indépendance des pays baltes contre les troupes bolchéviques, à l'époque de la guerre civile.

Le duché balte uni[modifier | modifier le code]

Le duché balte uni est une tentative des Allemands dans les pays baltes occupés de créer une entité autonome à la fin de la Première Guerre mondiale, contre l'influence des Alliés et contre l'influence de la Russie bolchévique, en pleine guerre civile.

Les Lives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Live (langue).

Les Lives ne sont pas Baltes comme les Lettons et les Lituaniens, ni des Slaves comme les Russes ou les Biélorusses, mais de langue fennique comme les Estoniens ou les Finnois. La population live n'est plus estimée qu'à 500 personnes en 2000. Un recensement letton de 1925 dénombrait 1 238 Lives. La première ville live est Ventspils en Lettonie.

La population live est la seule minorité nationale de Lettonie n'ayant pas son propre pays (les autres minorités nationales étant russe, biélorusse, lituanienne et polonaise).

Le dernier locuteur natif parlant le live, Viktors Bertholds, est mort le [1].

En 2011, il y avait moins de 250 Lives en Lettonie, et la dernière personne qui parlait le live comme langue maternelle, Grizelda Kristina, est décédée le 2 juin 2013 au Canada, à l’âge de 103 ans. Le live est donc considéré comme une langue éteinte[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]