Gilles Clément

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Gilles Clément lors d'une conférence à l'École nationale supérieure d'architecture et de paysage de Lille (Nord)

Gilles Clément, né le [1] à Argenton-sur-Creuse (Indre), est un jardinier, paysagiste, botaniste, entomologue, écologue et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après une formation comme ingénieur horticole (1967) et comme paysagiste (1969), il enseigne depuis 1979 à l'École nationale supérieure du paysage de Versailles, en parallèle de son activité de concepteur. Il a beaucoup voyagé à travers le monde, en particulier dans l’hémisphère austral, où il a particulièrement étudié la flore des milieux soumis à un climat méditerranéen[2].

En 1977, il s'installe à Crozant, dans la Creuse ; il a consacré en 1991 un livre (La Vallée) à sa petite propriété, cachée au fond d'un vallon.

Son intervention au parc André-Citroën à Paris, inauguré en 1992, l'exposition spectaculaire sur Le Jardin planétaire dont il a été commissaire en 1999 à la Grande halle de la Villette et ses nombreux écrits, qui constituent une œuvre à la fois théorique et littéraire, l’ont rendu célèbre auprès du grand public.

En 2011-2012, il est titulaire de la Chaire annuelle de Création artistique au Collège de France, avec une Leçon inaugurale prononcée le 1er décembre 2011 sous le titre Jardins, paysage et génie naturel[3].

Les grands traits de sa pensée[modifier | modifier le code]

Gilles Clément est l'auteur de plusieurs concepts qui ont marqué les acteurs du paysage de la fin du XXe siècle ou le début de ce XXIe siècle, dont notamment :

  • le « jardin en mouvement » « faire le plus possible avec, le moins possible contre » ;
  • le « jardin planétaire » ; nous vivons sur une planète qui est ou peut être une sorte de jardin sans mur mais néanmoins fini : l'enclos planétaire, qui n'est autre que la biosphère, dans un monde spatialement et volumétriquement fini et limité, occupé par des jardiniers plus ou moins bons et responsables (l'humanité), ;
  • le « Tiers paysage ».

Ces concepts découlent de l'observation qu'un paysage naturel n’est jamais figé, que les espèces et les gènes doivent circuler.

Au lieu de cantonner les plantes dans un lieu précis afin d'organiser une création, le jardinier peut et doit, selon Gilles Clément, faire plus confiance à la nature et accepter de lui laisser le "champ libre" ; les plantes pour partie suite au hasard des chutes de graines et pour partie selon les préférences pédologiques et phytosociologiques pourront ainsi trouver les lieux qui leur conviennent le mieux.

Ainsi voit-on les « plantations » des jardins devenus jardins naturels se « redessiner » au long de la succession des saisons et des années, comme dans le tiers-paysage, ces délaissés où la flore et la faune s'organisent selon des lois qui ne sont ni celles du jardinier, ni celles de l'agriculteur, du sylviculteur ou du paysagiste traditionnel.
Le jardin de G. Clément présente un aspect qui au même endroit changera imprévisiblement demain, à la prochaine floraison et saison.

Gilles Clément est aussi favorable au métissage des espèces, qu'il appelle plutôt « brassage », et qui s'est tissé au fil des âges. D'où cette idée de jardins et de forêts planétaires qu'il cultive en protecteur, considérant avec une même bienveillance les « herbes folles » qui tentent de pousser sur les pavés des villes et les essences les plus rares plantées dans les jardins de prestige.

Il intègre la globalisation du monde actuel par la « planétarisation » de la terre comme jardin, c'est-à-dire comme lieu de vie : « Je voudrais montrer la diversité extrême de ce qui existe sur la planète ».

Le jardinier engagé[modifier | modifier le code]

Déçu par l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence et estimant que ce choix ne permettrait pas le nécessaire sursaut écologique de la politique française, Gilles Clément a décidé alors d'annuler tous ses contrats avec l'État français et de se consacrer à des « projets de résistance »[4]. Il admet toutefois que cette position n'est pas irrémédiable.

  • Un premier projet, inauguré en juin 2007, répondait à une commande artistique pour la biennale d'art contemporain de Melle (Deux-Sèvres). Ce jardin, prévu pour être durable, se compose d'un jardin d'eau et d'un jardin d'orties avec un bassin où l'on peut réaliser le purin d'orties, utilisé en jardinage biologique pour renforcer l'immunité des végétaux, éviter les traitements et les pesticides de synthèse.
  • Un second projet, a été un jardin dans la nécropole de Tuvixeddu à Cagliari en Sardaigne, répondant à une demande de Renato Soru, président de la région.

Il est aussi engagé en politique. Pour les élections régionales françaises de 2010 en Limousin, il est en 9e position (non éligible) sur la liste départementale en Creuse d'Europe Écologie[5].

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « La friche apprivoisée », Urbanisme, n° 209, septembre 1985, p. 91-95.
  • Le Jardin en mouvement, Paris, Pandora, 1991
  • La Vallée, Paris, Pandora, 1991
  • Le Jardin en mouvement, de la Vallée au parc André-Citroën, Paris, Sens & Tonka, 1994 (rééd. augmentées en septembre 1999, 2001, mars 2007)
  • Éloge de la friche (avec François Béalu, graveur), éd. Lacourière-Frélaut, 1994
  • Le Jardin romantique de George Sand (avec Christiane Sand), Albin Michel, 1995
  • Contributions à l'étude du jardin planétaire. À propos du feu (avec Michel Blazy), école régionale des beaux-arts de Valence, 1995
  • Re-Cueille : L'enclos et la mesure (avec Jean-Paul Ruiz), éd. Jean-Paul Ruiz, 1996
  • Thomas et le Voyageur, Albin Michel, janvier 1997 (ISBN 2-226-08770-2) (rééd. mars 2011)
  • Traité succinct de l'art involontaire, Sens et Tonka, 1997
  • Les Libres Jardins de Gilles Clément, Le Chêne, 1997
  • Une école buissonnière, Hazan, septembre 1997
  • Le Jardin planétaire (avec Claude Éveno), L'Aube/Château-Vallon, 1997 (rééd. 1999)
  • Les Portes, Sens et Tonka, 1998
  • La Dernière Pierre, Albin Michel, août 1999
  • Terres fertiles (avec Stéphane Spach), éd. de l'Imprimeur, septembre 1999
  • Les Jardins planétaires (avec Guy Tortosa), éd. Jean-Michel Place, septembre 1999
  • Les Jardins du Rayol, Actes Sud, juillet 1999 (rééd. mai 2005)
  • Voyage au Jardin planétaire, carnet de croquis (avec Raymond Sarti), éd. Spiralinthe, novembre 1999
  • Eloge des vagabondes, Nil Édition, mai 2002
  • Herbes ou ces plantes qu'on dit mauvaises (avec Jean-Paul Ruiz), éd. Jean-Paul Ruiz, 2003
  • La Dernière Pierre (en chinois), Taïwan, Crown Publishing, coll. Choice 69, 2003
  • La Sagesse du Jardinier éd. L'Œil Neuf, mars 2004
  • Manifeste du Tiers-paysage, éd. Sujet Objet, mai 2004
  • Jardins de lettres (avec Claude Delias), Jane Otmezguine, 2004
  • Euroland (avec Edith Roux et Guy Tortosa), Jean-Michel Place Éditeur, 2005
  • Le Dindon et le Dodo, Éditions Bayard Culture, février 2005
  • Les Nuages, Éditions Bayard Culture, février 2005
  • Manifesto del Terzo paesaggio, postface de Filippo De Pieri, Macerata, Quodlibet, octobre 2005
  • Gilles Clément, une écologie humaniste (avec Louisa Jones), Éditions Aubanel, septembre 2006
  • Où en est l'herbe ? Réflexions sur le jardin planétaire (avec Louisa Jones), Actes Sud, oct. 2006
  • Environ(ne)ment. Manières d'agir pour demain (avec Philippe Rahm), Skira Editore, novembre 2006 (édition bilingue)
  • Le Belvédère des lichens (en collaboration avec Le Sentier des Lauzes), coédition Jean-Pierre Huguet Éditeur, Parc naturel des monts d’Ardèche, Saint Julien Molin Molette, octobre 2007
  • Nove Giardini Planetari, (avec Alessandro Rocca), Milan, 22 Publishing, octobre 2007
  • Toujours la vie invente, collection L'Aube Poche Essai, La Tour d'Aigues, Éditions de l'Aube, février 2008
  • Il Giardino in movimento. Dalla vallata al giardino planetario, Macerata, Godlibet, mai 2008 (+ rééd. en 2010)
  • Neuf jardins. Approche du jardin planétaire (avec Alessandro Rocca), Arles, Actes Sud, coll. Nature, septembre 2008
  • Planetary Gardens. The Landscape Architecture of Gilles Clement, (avec Alessandro Rocca), Birkhauser Verlag AG, septembre 2008
  • Il giardiniere planetario, Milan, 22 Publishing, 2008
  • Sur la marge (avec François Béalu), Paris, Michèle Broutta, 2008
  • Le Salon des berces, Paris, Nil Éditions, 2009
  • Dans la vallée. Biodiversité, art, paysage (entretiens avec Gilles A. Tiberghien), Paris, Bayard Centurion, coll. "Essai", 2009
  • Elogio delle vagabonde. Erbe, arbusti e fiori alla conquista del mondo, Derive Approdi, 2010
  • Une brève histoire du jardin, Paris, L'Œil Neuf, coll. "Brèves Histoires", 2011
  • Breve storia del giardino, Macerata, Quodlibet, 2012
  • Jardins, paysage et génie naturel, Paris, Collège de France/Fayard, coll. "Leçons Inaugurales du Collège de France", 2012
  • Belvédère. Points de vue sur le paysage, Saint Benoît du Sault, Tarabuste, 2013
  • Les imprévisibles, Paris, L'Une et l'Autre, 2013
  • Manifeste du Tiers-paysage, Paris, Sens & Tonka, 2014 (édition augmentée)
  • Traité succinct de l'art involontaire, Paris, Sens & Tonka, 2014 (édition augmentée)
  • L'alternative ambiante, Paris, Sens & Tonka, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF
  2. Hervé Brunon et Monique Mosser, Le Jardin contemporain. Renouveau, expériences et enjeux, Paris, Nouvelle éditions Scala, 2011, p. 104 et p. 119.
  3. Présentation sur le site du Collège de France
  4. « Gilles Clément annule tous ses contrats avec l'État », article de Libération
  5. Liste Europe Écologie aux élections régionales 2010 en Limousin

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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