Gerland

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Gerland
Vue aérienne de Lyon, Gerland au premier plan
Vue aérienne de Lyon, Gerland au premier plan
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Ville Lyon
Arrondissement municipal 7e
Géographie
Coordonnées 45° 43′ 35″ N 4° 49′ 50″ E / 45.726389, 4.83055645° 43′ 35″ Nord 4° 49′ 50″ Est / 45.726389, 4.830556  
Transport
Métro Métro de Lyon Ligne B
Tramway Tramway de Lyon Ligne T1
Localisation

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Gerland

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Gerland
L'avenue Jean-Jaurès vers le Nord, dans le quartier de Gerland

Gerland est un quartier de Lyon, situé le long du Rhône, dans le sud-ouest de la ville, dans le 7e arrondissement. Le quartier, délimité au nord et à l'est par les voies de chemins de fer, était aussi appelé La Mouche, mais cette expression est peu utilisée de nos jours, sauf pour le dépôt SNCF et le cimetière israélite. Le quartier est marqué tout au long de son histoire par de fortes mutations urbaines, ces bouleversements, sensibles au XXe siècle et encore aujourd'hui, font la spécificité remarquable de ce site. Le quartier couvre les deux tiers de la superficie du 7e arrondissement.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le XIXe siècle : les prémisses du développement[modifier | modifier le code]

Gerland devient officiellement un quartier de Lyon en 1852 avec l'intégration de la ville Guillotière-les Brotteaux à Lyon. La construction du Fort de la Vitriolerie s'étale de 1840 à 1844, celui-ci disparaîtra en 1912. La position de Gerland est triplement intéressante pour les investisseurs de la deuxième révolution industrielle :

  • premièrement, ce site offre d'immenses terrains quasiment vierges aux portes de Lyon.
  • deuxièmement, le quartier est idéalement situé entre le Rhône et la ligne de chemin de fer Paris-Marseille, tant on connaît l'importance des transports dans le développement de l'industrie.
  • la faiblesse du foncier due à un territoire régulièrement frappé par les inondations.

Pourtant on note, dès 1803, la présence de l'usine de vitriol de Jalabert.

À partir de 1860 y seront construits les bateaux-mouche.

Le début du XXe siècle : l'industrialisation[modifier | modifier le code]

Gerland a longtemps été un quartier industriel, peu densément peuplé. Au XIXe siècle, une fabrique de vitriol a été implantée le long du Rhône, dans un quartier appelé depuis La Vitriolerie, aujourd'hui occupé par l'armée (le quartier Général-Frère). L'urbanisation s'est faite par périodes successives, au XXe siècle. Au début du siècle, on doit à Tony Garnier la réalisation des abattoirs, d'abord destinés à l'exposition universelle de 1914, devenus aujourd'hui la Halle Tony-Garnier, puis du stade de Gerland, stade attitré de l'Olympique lyonnais. Le pont Pasteur, qui depuis 1914 n'était qu'une passerelle, est inauguré le 14 juillet 1923, et l'avenue Jean-Jaurès est percée en 1908. Quelques HLM, dont la cité-jardin (1923) conçue par les architectes Robert et Cholat, ont été créées dans les années 1920. L'endiguement progressif a permis de libérer d'immenses terrains, autrefois occupés par des marais et par une multitude de ruisseaux (mouches), qui laissent peu à peu place aux activités industrielles. Cependant une grande inondation touche Gerland en 1918. On construisit de 1935 à 1938, la première phase du Port Édouard Herriot sur 140 hectares, et en 1938, les dernières usines de produits chimiques quittent le quartier.

L'après-guerre : la modernisation[modifier | modifier le code]

Jusque dans les années 1950, le sud de Gerland fut occupé par des bidonvilles, démolis sous l'autorité du maire Louis Pradel. Il faut attendre la fin de la seconde guerre mondiale pour voir la construction complète d'une digue le long du Rhône, sous l'autorité du maire Édouard Herriot, elle permit de stopper définitivement les nombreuses inondations qui participèrent pendant longtemps à l'insalubrité du quartier. Le palais des sports de Gerland est construit en 1962 et la piscine de Gerland dans les années 1960, inaugurée par l'adjoint aux sports Tony Bertrand. Le début des années 1970 voit la création de nombreux ensembles résidentiels notamment entre le pont Pasteur et le quartier Général Frère près des berges du Rhône.

Le stade de Gerland reçoit dans cette seconde partie du XXe siècle, des rencontres importantes de football grâce à l'Olympique Lyonnais. Dans les années 1950 s'organise une rencontre entre l'équipe de Hongrie emmenée par Puskas, et une entente des clubs de Lyon et Saint Etienne avec cinq membres de l'équipe de France dont Bonvin, Alberto, ou Lerond, ... donc des meilleurs,mais celle ci s'incline 10-1 devant les hongrois. Les championnats interégions d'athlétisme, organisés par Paul Messner, entraîneur national, et Guy Manfredi sont des succès évidents, sur une piste cendrée d'athlétisme très bonne à 7 couloirs. Des rencontres avec des athlètes internationaux se font. L'appui de la Mairie avec l'adjoint Tony Bertrand ancien champion,  est primordial. Les clubs universitaires ASUL, etc. jouent le jeu et forment des sections clubs civils. Guy Manfredi deviendra membre du pôle directeur de la F.F. d'Athlétisme par la suite à Paris. C'est à cette époque que des athlètes régionaux finissent aux championnats de France à Paris aux stades Jean Boin ou au Parc des Princes. Le Grand Prix des Jeunes est gagné trois fois par Paul Gerbet (du C.A.M.N. Villeurbanne) avec les championnats du Lyonnais. Paul Genevay (du L.O.U athlétisme)sera dans le 4x100 mètres national et J. Verzier en deviendra longtemps l'entraîneur national. Louis Fouletier (frère du champion d'Europe d' haltérophilie, club La Française), de même J. Manfredi, C.Ponson, E.Toubas, C. Petit, E. Nallet, et beaucoup d'autres, sont des athlètes aux chonos et performances rares, d'autant que les pistes à venir en tartan donneront des temps de moins 50 centièmes... Entre ces manifestations d' athlétisme,avec des féminines devenues championnes d'Europe (deux à Villeurbanne), et quand le football le permet, des rencontres de rugby se programment. Le stade de Gerland sera ensuite restauré (années 1970 et 80, ainsi qu'en 1998 pour accueillir la Coupe du Monde de football) et aura sans doute un stade remplaçant pour le football, vers 2015 à Décines. Gerland devrait alors être utilisé uniquement pour le rugby.

À la suite d'une mobilisation internationale, la Grande Halle est sauvée de la destruction et est inscrite d'office sur la liste des monuments historiques. Il ne subsiste des abattoirs que deux petits pavillons, dont l'un est occupé par la bibliothèque de Gerland, et une arche. Cependant la Grande Halle, renommée Halle Tony-Garnier, fut laissée à l'abandon de 1975 à 1988. Dans les années 1990 et au XXIe siècle, elle va se transformer et recevoir des gros spectacles, tournées, ou salons (Joe Cocker, Beyoncé, Holiday On Ice…), remplaçant le Palais d'Hiver de Lyon (Villeurbanne) démoli..

Les années 1980-1990 : un nouveau souffle[modifier | modifier le code]

L'urbanisation a repris de façon intense dans les années 1980, avec la construction d'un pôle d'enseignement et de recherche, dont l'École normale supérieure de Lyon (déménagement de l'ENS Saint-Cloud en 1987). C'est en 1985 que naît la première phase du parc des berges du Rhône, organisé autour de la ZAC du même nom, et la ZAC du Quartier Central (place des Pavillons) bâti à la place des abattoirs (démolis en 1975 et transférés à Corbas). Le siège social de Mérieux, ainsi que 2 hôtels de 350 chambres sont construits en 1984. La même année, la capacité du stade de Gerland est portée à 44 000 places par René Gagès. La cité scolaire internationale, fondée en 1992, fait partie de l'ambitieux projet du « Boulevard Scientifique », elle accueille 2000 élèves de la primaire au baccalauréat dont la moitié est d'origine étrangère et permet également d'agrandir la superficie du parc des berges du Rhône. Peu à peu les classes moyennes remplacent les classes populaires, et les logements les usines et entrepôts.

Gerland aujourd'hui : un quartier en plein développement[modifier | modifier le code]

Le début du XXIe siècle voit l'arrivée de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (qui a pris l'appellation publique ENS lettres et sciences humaines en 2000), ainsi que de nombreux logements et commerces et un grand parc urbain. Gerland est reliée à La Part-Dieu par la ligne B du métro depuis 2000 avec les stations Jean Macé, Place Jean Jaurès, Debourg et Stade de Gerland. Le quartier est par ailleurs devenu un centre de la prostitution lyonnaise depuis que préfecture et municipalité ont tenté d'interdire celle-ci dans le centre-ville[1],[2].

Projets urbains[modifier | modifier le code]

Le grand projet urbain de la ZAC Bon Lait, ex-situation des usines SLM-Bon-Lait, est l'un des symboles de la vitalité actuelle de ce quartier qui connaît aujourd'hui de plus en plus un phénomène de gentrification, malgré le risque de paupérisation d'une partie de Gerland. Dans les années 1960, la situation de l'usine rue des Channées de la Société Laitière Moderne (Le Bon Lait) a dynamisé le quartier, et son siège se situait 73 cours Albert Thomas proche du Château dit des Frères Lumière. Les laboratoires de biologie y étaient supervisés aux deux endroits (double contrôle) par André Tapernoux, professeur à l' Ecole Vétérinaire et Adjoint au Maire de Lyon. La redynamisation du quartier, via l'implantation de nombreuses industries, a conduit à l'édification de nombreux programmes immobiliers neufs dans le quartier, à l'instar de la ZAC des Girondins, qui, outre les 75 000 m2 de bureaux devrait accueillir 175 000 m2 de logements[3]. Le Grand Lyon prévoit également le prolongement de l'Allée de Fontenay vers le sud, pour irriguer la place des Pavillons, centre du quartier de Gerland[4].

Un pôle des sciences de la vie[modifier | modifier le code]

Gerland est un pôle de recherche important dans les sciences de la vie, et le centre du pôle de compétitivité mondial en infectiologie Lyonbiopôle, ainsi que du réseau thématique de recherche avancée Finovi (Innovation en Infectiologie).

Il est de ce fait un des cinq pôles tertiaires d’envergure du Grand Lyon, avec ceux de La Part-Dieu, Confluence, Vaise et Carré de soie. Le parc d’immobilier tertiaire de Gerland est en constante expansion, via la ZAC des Girondins, mais aussi le Parc d’affaires Lyon Techsud (100 000 m2 disponibles)[5], et la ZAC du Bon Lait. Il attire de nombreuses entreprises du secteur de la biotechnologie et des Sciences de la Vie, à l’image de Sanofi Pasteur, Biomérieux, Genzyme, Merial, Aguettant, Polyclonals ainsi qu’un des centres de recherche de L'Oréal.

En 2001, une annexe de l'université Claude-Bernard Lyon 1 s'installe le long de l'avenue Tony-Garnier, avenue sur laquelle poussent, depuis une dizaine d'années, bureaux et laboratoires. Le quartier constitue l’épicentre du campus Charles Mérieux, dispersé sur 3 sites (Lyon Sud et les quais du Rhône étant les deux autres sites) et abrite également le Centre d’Infectiologie de Lyonbiopôle intégrant l’Institut de Virologie et d’Immunologie des Pathologies Infectieuses (IVIPI) et l’Institut de Génomique Fonctionnelle de Lyon (IGFL). En avril 2007, l'Institut supérieur d'Agriculture et d'Agroalimentaire Rhône-Alpes (ISARA-Lyon), quittant la place Bellecour, s'installe avec les organisations professionnelles agricoles et agroalimentaires régionales sur le site du château de Gerland, pour créer AGRAPOLE. En outre, le projet d’Institut de recherche technologique (IRT) émanant de Lyonbiopôle, a été retenu dans le cadre du grand emprunt. Il devrait s’implanter dans un premier temps dans des locaux connexes au pôle de compétitivité Lyonbiopôle[6].

Un nœud de transports[modifier | modifier le code]

Gerland est également amené à devenir un nœud de transport. Le quartier est en effet relié depuis février 2014 à Confluence, suite à la construction du pont Raymond-Barre et au prolongement de la ligne T1 du tramway jusqu'à la station Debourg. Il est relié depuis décembre 2013 à Oullins, suite au prolongement de la ligne B du métro. Un nouvel atelier de 21 000 m2 pour l'entretien de TGV Duplex de la ligne Paris-Lyon et du TGV Rhin-Rhône a ouvert en 2009.

Services[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église Notre-Dame des Anges, construite à la fin du XIXe siècle, est de style néogothique ;
  • L'église Saint-Antoine de Gerland, construite en 1934 ;
  • Couvent de l'Adoration Réparatrice, édifié en 1996.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le maire de Lyon étend la zone d’exclusion des prostituées », sur lyoncapitale.fr, 5 janvier 2010, consulté le 12 février 2010.
  2. « Les prostituées lyonnaises s’accrochent à leur trottoir », sur lyoncapitale.fr, 5 janvier 2010, consulté le 12 février 2010.
  3. « Gerland, « un des quartiers d’avenir de Lyon » », sur lyonpoleimmo.com, 13 mai 2011, consulté le 19 mai 2010.
  4. « Comment la Place des pavillons va rejoindre la trame verte », sur lyonpoleimmo.com, 24 mai 2012, consulté le 29 mai 2012.
  5. « Biopôle de Lyon Gerland », site économique du Grand Lyon, consulté le 19 mai 2011.
  6. « LyonBio Tech prévoit la création de 10 000 emplois d’ici 10 ans », Le Progrès, 10 mai 2011, consulté le 19 mai 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vincent Lemire (dir.) et Stéphanie Samson (dir.), Baraques, ENS éditions
  • Émile Vasquez, Gerland que j'aime

Documentaires audiovisuels[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]