Maurice Godelier

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Maurice Godelier

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Maurice Godelier en 1977.

Biographie
Naissance 28 février 1934 (80 ans)
Cambrai, (Nord)
Nationalité Drapeau de la France France
Thématique
Formation École normale supérieure de Saint-Cloud

Maurice Godelier, né le 28 février 1934 à Cambrai (Nord), est un anthropologue français.

Parcours[modifier | modifier le code]

Entré premier à l'École normale supérieure de Saint-Cloud, il est agrégé de philosophie, licencié en psychologie et licencié en lettres modernes. Il entre à l'École pratique des hautes études (VIe section) en qualité de chef de travaux auprès de Fernand Braudel, puis devient maître-assistant de Claude Lévi-Strauss, alors titulaire de la chaire d'anthropologie au Collège de France. En 1975, il est nommé directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales et, en 1995, il crée à Marseille le CREDO (Centre de Recherche et Documentation sur l'Océanie), laboratoire de recherche et centre de documentation dédié aux sociétés du Pacifique.

Le terrain sur lequel il réalise ses recherches en anthropologie est l'actuelle Papouasie-Nouvelle-Guinée. Il y étudie au cours de plusieurs voyages un peuple qu'il caractérise comme étant sans classe et sans État, les Baruyas. Dans la parenté, il éclaircit le lien entre la conception envisagée et le système de transmission lignagère.

De Lévi-Strauss, il a retenu l'emploi de la méthode structurale, qu'il a tenté de combiner avec une approche marxiste. Sur cette base en particulier, il est parvenu à une critique des approches « formalistes » et « substantivistes » des économies primitives. Il a distingué les concepts de « fonctions » et d'« institutions ».

Contributions à l'organisation de la recherche[modifier | modifier le code]

En 1981, Jean-Pierre Chevènement, alors ministre de la Recherche, l'appelle pour contribuer à la réforme de la recherche en sciences humaines et sociales au Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Maurice Godelier organise des réunions mobilisant l'ensemble des disciplines (l'histoire, l'anthropologie, la sociologie, la psychologie, la linguistique et l'économie, pour les principales) afin de réaliser un bilan. Cette réflexion aboutit à un volumineux rapport en deux volumes, Les sciences de l’homme et de la société en France : analyses et propositions pour une politique nouvelle. Il y envisage la création au CNRS d’un département « Sciences de l’Homme et de la Société » et de deux nouvelles commissions (linguistique et sciences politiques), propositions acceptées et aussitôt mises en œuvre.

En revanche, ses tentatives pour créer une commission pour la psychanalyse n'ont pu déboucher sur des réformes durables.

Afin de concrétiser ce rapport, Jean-Pierre Chevènement le nomme en 1982 directeur scientifique du premier département des Sciences de l’Homme et de la Société du au CNRS, poste qu'il occupe jusqu'en 1986.

Ensuite, après être retourné animer de multiples recherches à l'EHESS, il est nommé de 1997 à 2000, directeur scientifique du Musée de l'Homme.

En 2001, il reçoit la Médaille d'or du CNRS pour l'ensemble de son œuvre[1].

La production des grands hommes : pouvoir et domination masculine chez les Baruyas de Nouvelle Guinée[modifier | modifier le code]

Article connexe : Baruyas.
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Les Baruyas sont un peuple de Papouasie-Nouvelle Guinée qui a conservé une société traditionnelle jusqu'aux années 1960. Cette société vit au cœur des montagnes de Papouasie et cultive majoritairement des cannes à sel et des patates douces. Il existe une forte domination masculine au sein de cette société. Les femmes n'ont aucun droit, n'accèdent à aucun statut valorisé comme celui de Grand Homme (sauf quelques cas très rares de Grandes Femmes Chamanes). C'est une société guerrière, la guerre y est une activité noble pratiquée par les hommes. Le système de classe se différencie en 4 grosses classes sociales : tout d'abord les Grands Hommes (chamanes, guerriers, chasseurs de casoars et producteurs de sel), puis les hommes "normaux", puis les Grandes Femmes (chamanes) et enfin les femmes "normales". Les femmes ne sont que des cultivatrices et des mères (elles élèvent leur cochons et leur[s] enfant[s] et cultivent les patates douces) mais n'ont pas le droit de fabriquer les outils nécessaires à ces tâches (comme le bâton utilisé pour déterrer les patates) et ne peuvent pas toucher d'autres outils que celui-ci (comme les haches et machettes pour défricher les forêts ou toute arme).

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Ouvrages

  • La notion de « mode de production asiatique » et les schémas marxistes d'évolution des sociétés, Paris, Centre d'études et de recherches marxistes, 1964
  • Rationalité et irrationalité en économie, Paris, Maspero, 1966 (réédité en 2 volumes en 1969)
  • Horizon, trajets marxistes en anthropologie, Paris, Maspero, 1973 (recueil d'articles publiés de 1966 à 1972 ; 2e édition revue et augmentée en 1977)
  • Un domaine contesté : l'anthropologie économique : recueil de textes, La Haye, Mouton, 1974
  • Perspectives in Marxist anthropology (trad. par Robert Brain), Cambridge, Cambridge University Press, 1977
  • « Les rapports hommes-femmes : le problème de la domination masculine », in CERM, La condition féminine, Paris, Éditions sociales, 1978
  • La production des grands hommes : pouvoir et domination masculine chez les Baruya de Nouvelle-Guinée, Paris, Fayard, 1982
  • L'idéel et le matériel : pensée, économies, sociétés, Paris, Fayard, 1984
  • (dir.) Transitions et subordinations au capitalisme, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 1991
  • L'énigme du don, Paris, Fayard, 1997
  • Métamorphoses de la parenté, Paris, Fayard, 2004 (ISBN 2-213-61490-3)
  • Au fondement des sociétés humaines : ce que nous apprend l'anthropologie, Paris, Albin Michel, 2007
  • Horizons anthropologiques, Paris, CNRS Éditions, 2009
  • Communauté, société, culture : trois clefs pour comprendre les identités en conflits, Paris, CNRS Éditions, 2009
  • In and out of the west : reconstructing anthropology (trad. par Nora Scott), London, Verso, 2009
  • Les tribus dans l'histoire et face aux États, Paris, CNRS Éditions, 2010
  • Sciences sociales et anthropologie, Paris, CNRS Éditions, 2011

Un Dialogue avec Maurice Godelier apparaît en 2012 dans la réédition de l'ouvrage de Sophie Caratini Les non-dits de l'anthropologie (éd. Thierry Marchaisse, Paris).

Conférences en ligne[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Communiqué du CNRS du 20 septembre 2001 [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Dhoquois (dir.), « Maurice Godelier », in Comment je suis devenu ethnologue, Le Cavalier Bleu, Paris, 2008 (ISBN 9782846701945)

Liens externes[modifier | modifier le code]