Marceau Pivert

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Marceau Pivert en 1932

Marceau Pivert, né à Montmachoux (Seine-et-Marne) le et mort le , est un instituteur, syndicaliste et militant socialiste français. Il fut le principal dirigeant du courant révolutionnaire au sein de la SFIO des années 1930, puis le fondateur du Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) en 1938.

Syndicalisme et socialisme[modifier | modifier le code]

Militant du Syndicat national des instituteurs (SNI), élu membre de son bureau national en 1931, militant laïque, il adhère à la SFIO au cours des années 1920 après un passage au parti socialiste français (PSF), scission de droite de la SFIO. Il rejoint la tendance « Bataille socialiste », courant marxiste dans la tradition du guesdisme. Après les émeutes du 6 février 1934 et le Congrès de Mulhouse de la SFIO (1935), Pivert est mis en minorité par Jean Zyromski, qui fait voter la tendance pivertiste avec la majorité socialiste, considérant que l'heure n'est plus à la révolution mais à l'antifascisme. Pivert crée alors la tendance de la « Gauche révolutionnaire » au sein de la SFIO.

À la SFIO[modifier | modifier le code]

Plaque funéraire de Marceau Pivert

En 1935, il crée la tendance « Gauche révolutionnaire » (GR), regroupant les militants les plus à gauche de la SFIO. Il est élu dirigeant de la fédération socialiste de la Seine de la SFIO.

Au congrès des 1er février et 2 février 1936, la GR obtient 11 % des mandats. Marceau Pivert dénonce la stratégie électorale du Front Populaire : il critique une mésalliance sur le plan parlementaire et électoraliste du radicalisme bourgeois et du stalinisme, mésalliance à laquelle la SFIO s'est trop aisément prêtée, en appelle à un Front populaire fondé sur le combat social et les organisations ouvrières, le premier risquant d'obérer la possibilité du second. Au conseil national du 10 mai, la GR renouvelle sa proposition de gouvernement d'unité prolétarienne avec le PCF, ne concédant aux Radicaux qu'une participation minoritaire et propose un programme plus audacieux que l'accord de Front populaire : réduction du temps de travail à 40 heures, vote des femmes… Mais après débat, la GR vote la résolution majoritaire du CN[1].

En 1936, à la suite de la victoire du Front Populaire et aux grèves spontanées qui en découlent, il exhorte Léon Blum à rompre avec le capitalisme. Mais Blum, méfiant face à cette puissante grève générale, refuse. Pivert écrit alors le célèbre article intitulé « Tout est possible ! » - y compris une « révolution sociale ». Cet article, publié le 27 mai, a un grand retentissement. Mais le Parti communiste répond dans l'Humanité avec un article de Marcel Gitton (à l'époque numéro 3 du parti, et futur vichyste) : «  Tout n'est pas possible  ».

Déçu par la politique, qu'il juge trop modérée, de Blum, Pivert rompt avec lui en mars 1937, dans une lettre où il écrit : « Je n'accepte pas de capituler devant le capitalisme et les banques ».

Le PSOP[modifier | modifier le code]

La tendance qu'il dirige est exclue de la SFIO en juin 1938, et les militants de la « Gauche révolutionnaire » fondent le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP). Mais ce nouveau parti a du mal à trouver sa place entre la SFIO réformiste et le Parti communiste-SFIC stalinien. De fait, sa ligne est assez floue : entre marxisme anti-autoritaire et réformisme radical. Marceau Pivert s'affirme munichois par pacifisme. En 1940, le parti est dissout par le gouvernement de Pétain.

Marceau Pivert s'exile au Mexique dès 1940 et appelle à la Résistance. Il milite notamment avec Victor Serge et Julián Gorkin. Il est en lien avec le mouvement de Résistance intérieure L'Insurgé, créé en 1940 à Lyon par des militants du PSOP.

Marceau Pivert et Georges Dardel défilent.

Il revient en France à la Libération ; le PSOP se divise alors entre ceux qui retournent à la SFIO (comme Pivert et la majorité des ex-PSOP), et ceux qui rejoignent le PCF, sorti grandi de son rôle dans la Résistance.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Au sein de la SFIO, ses positions sont alors plus modérées, et son audience s'est réduite. Il est régulièrement élu au comité directeur.

En 1947, Marceau Pivert participe à la création du « Mouvement pour les États-Unis Socialistes d'Europe ». Il crée en 1950 la revue Correspondance Socialiste Internationale, qu'il dirige jusqu'à sa mort.

Il prend parti peu avant sa mort pour l'indépendance de l'Algérie, contre l'avis de la majorité de la SFIO. Selon certains témoignages[réf. nécessaire], il serait vraisemblablement passé au nouveau Parti socialiste autonome de Depreux, Savary et Verdier s'il n'était pas décédé peu avant sa création.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'Église et l'école, perspectives prolétariennes, 1932, Ed. Figuière - réédition 2010, Demopolis
  • Action directe contre la guerre et le fascisme, 1937, Éditions Spartacus
  • La Révolution avant la guerre, 1938, Éditions Nouveau Prométhée
  • Rupture nécessaire, 1938, Ed. du PSOP (avec Lucien Hérard et Madeleine Hérard)
  • La G.P.U. prepara un nuevo crimen, 1942, Edición de Analisis (avec Victor Serge, Julián Gorkin et Gustavo Regler)
  • Signification internationale de la bataille laïque, 1955

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Joubert, Révolutionnaires de la SFIO : Marceau Pivert et le pivertisme, Presses de Sciences Po, 1977.
  • Jacques Kergoat, Marceau Pivert, « socialiste de gauche », Éditions de l'Atelier, La part des hommes, 1994.
  • Jean-Michel Gaillard, « "Tout est possible !" Le cas Marceau Pivert », in L'Histoire, no 236, mars 2002, p. 42-43.

Sources[modifier | modifier le code]

  1. L'hebdo des Socialistes nº 405, 29 avril 2006, page 10

Liens externes[modifier | modifier le code]