Michel Broué

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Michel Broué

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Naissance 28 octobre 1946 (67 ans)
Champs Mathématiques

Michel Broué, né le 28 octobre 1946 à Privas (Ardèche), est un mathématicien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Fils de Simone Charras, institutrice, et de Pierre Broué, historien, il est élevé par ses grands-parents et a passé son enfance à Privas.

Après une terminale au lycée de Montereau-Fault-Yonne (Seine-et-Marne) et des classes préparatoires au lycée Saint-Louis, il devient en 1966 élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, d'où il sort en 1970 agrégé de mathématiques, et docteur de troisième cycle sous la direction de Claude Chevalley.

Chercheur au CNRS de 1970 à 1980, docteur d'État en 1975 (sous la direction de Claude Chevalley, et partiellement de Jean-Pierre Serre), il est nommé professeur à l'université Paris 7 en 1980, directeur du service de mathématiques de l'École normale supérieure de jeunes filles (Sèvres) en 1983, puis directeur du département de mathématiques et d'informatique de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm en 1986, fonctions qu'il exerce jusqu'en 1993. Il y fonde le magistère de mathématiques pures et appliquées et d'informatique. Parallèlement, il est maître de conférences à l'École polytechnique (1985-1997). Nommé membre senior de l'Institut universitaire de France en 1994, il rejoint son université d'origine, pour la quitter à nouveau en 1999 comme directeur de l'Institut Henri-Poincaré, fonctions qu'il exerce jusqu'en juin 2009. En septembre 2009, il réintègre l'Institut universitaire de France et l'université Paris Diderot.

Invité de nombreuses universités étrangères : Chicago, Yale, Berkeley (Chancelor's Professor en 2008), Minnesota (Ordway Professor en 1999), Virginia (USA), Sydney (Australie), Cambridge (Fellow de Caius College en 1997, de Churchill College en 2008), Oxford, Birmingham (UK), Heidelberg (Allemagne), Aarhus (Danemark), Beijing (Chine), ETH Zurich et EPFL, il est orateur au Congrès international des mathématiciens à Berkeley en 1986, conférencier de la série "Current Developments in Mathematics" (Harvard-MIT 2000), titulaire des "Albert Lectures" (Chicago 2003), Abel Lecturer (Oslo 2008). Il est prix de l'Académie des sciences en 1986, docteur honoris causa de l'université de Birmingham et Fellow de l'American Mathematical Society[1]. Il est élu en 2014 Honorary Foreign Member de l'American Academy of Arts and Sciences.

Influencé par les travaux de Claude Chevalley et de Jean-Pierre Serre, il est spécialiste d'algèbre, et plus particulièrement de la théorie des groupes (groupes finis d'abord, puis groupes algébriques, groupes de réflexions (en), groupe de tresses) et de leurs représentations, auteur de nombreux articles dans les revues spécialisées, et de très nombreuses communications dans les conférences et séminaires internationaux. Il a énoncé en 1988 une conjecture [2] qui a depuis stimulé et suscité de nombreuses recherches.

Parmi ses élèves : Serge Bouc, Marc Cabanes (chercheurs au CNRS), David Bessis (chercheur au CNRS et chef d'entreprise), Raphaël Rouquier (en) (professeur à Oxford, puis à UCLA). Organisateur de nombreuses rencontres internationales (MSRI Berkeley 1990 et 2008, Newton Institute (en) Cambridge 1997, Mathematisches Forschungsinstitut Oberwolfach, CIRM Luminy), il est éditeur de plusieurs revues scientifiques internationales (Algebra Colloquium, Journal of Group Theory, Journal of Pure and Applied Algebra), et Éditeur en Chef du Journal of Algebra.

Tout au long de sa carrière, il a défendu la coopération scientifique internationale et s'est insurgé par voie de presse contre les entraves qui y sont périodiquement mises. Lors de la mise en place de la "Circulaire Guéant", il a écrit une lettre ouverte au Premier ministre à propos de l'expulsion de France d'un jeune scientifique biélorusse [3].

Il collabore régulièrement à la vulgarisation et à la réflexion publique sur les mathématiques, par divers exposés grands public (comme la série "Un texte, un mathématicien" [4] à la BNF), et en participant à diverses émissions de radio.

Activités politiques[modifier | modifier le code]

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Parallèlement à ses activités scientifiques, il a eu des activités politiques variées. Il est d'abord membre de l'Organisation communiste internationaliste (OCI) (trotskiste) où il est recruté par Lionel Jospin en 1971. Il quitte l'OCI en 1984, soit (contrairement à ce qui est souvent affirmé) deux ans avant les membres du secteur étudiant qui rejoignent le Parti Socialiste en 1986. De 1986 à 1988, il participe activement au groupe "Convergences Socialistes" créé par ce groupe; durant la même période, il est membre du Parti Socialiste. Il s'éloigne de Convergence Socialistes et du PS, à la suite de divergences concernant le Front National, dès 1988.

Durant toutes ces années militantes trotskistes il se consacre essentiellement à la défense des droits de l'homme, une des activités importantes de l'OCI [5].

C'est d'abord, dans le cadre du Comité des Mathématiciens, qu'il a fondé et animé avec Henri Cartan et Laurent Schwartz, dont le succès le plus spectaculaire fut la libération en 1976 du mathématicien ukrainien Léonide Pliouchtch à la suite d'une campagne internationale qui ébranla le lien entre le PCF et la direction soviétique [6]. Le Comité des Mathématiciens a aussi obtenu la libération de nombreux autres mathématiciens persécutés pour leur opinions politiques (dont Anatoly Shcharansky en URSS, Sion Assidon au Maroc, José Luis Massera (en) en Uruguay)[7].

À la suite de l'arrestation de deux jeunes Français en Tchécoslovaquie en 1980 [8] et des arrestations massives (dont celle de Václav Havel) opérées en conséquence dans les milieux dissidents, Michel Broué a mené une campagne très active en faveur des membres de la Charte 77 (voir photo ci-dessus), en particulier en collaboration avec l'association AIDA fondée et animée par Ariane Mnouchkine. Après la prise du pouvoir en Pologne de Jaruzelski, il a également animé, entre autres en compagnie de Jacques Le Goff et Simone Signoret, des actions de solidarité avec les Polonais emprisonnés ou poursuivis.

En 1986, membre de Convergences Socialistes, il a animé la mobilisation contre le projet de code de nationalité porté par le Premier ministre Jacques Chirac, dont le point culminant fut un meeting qu'il a présidé dans la grande salle de la Mutualité. En 1988, après le score important réalisé par Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle, il a lancé en compagnie de Jacques Le Goff et Laurent Schwartz un Appel intitulé "La bête immonde" qui a réuni un grand nombre de signatures d'intellectuels (et abouti à sa rupture avec la direction de Convergences Socialistes). Puis en 1990, en compagnie de François Jacob, Jacques Le Goff, Madeleine Rebérioux, Laurent Schwartz, Pierre Vidal-Naquet, il a appelé à la mobilisation contre les négationnistes dans l'université[9]. En 2001, il a fondé, en compagnie de ses amis le journaliste Edwy Plenel et l'historien Benjamin Stora, le Club Mémoire et Politique, qu'il a présidé jusqu'à sa dissolution en 2005. En 2005, dans Le Monde, il a pris fermement position en faveur d'Edwy Plenel, accusé par Roland Dumas d'être un agent de la CIA lors du procès de écoutes de l'Élysée.

Il a participé activement aux deux campagnes présidentielles menées par Lionel Jospin (1995 et 2002). En opposition constante et ouverte à la personnalité et aux méthodes de Claude Allègre depuis 1988, il a été chargé par Lionel Jospin, dans la campagne de 2002, des secteurs de la recherche et de l'université. Trois jours avant le 21 avril 2002, il a publié, en collaboration avec le metteur en scène Bernard Murat, un article dans Le Monde intitulé "À nos amis de gauche qui deviennent fous" attirant l'attention sur le danger imminent du vote Le Pen. En 2007, il a mené campagne publique et active pour Ségolène Royal, dans les médias, et en prenant la parole lors du meeting de la candidate au gymnase Japy.

Il a étroitement participé en 2008, en compagnie d'Edwy Plenel, à la fondation du site d'information Mediapart, dont il est le président de la Société des amis. Il tient un blog sur Mediapart.

Il est le père d'Isabelle Broué (née en 1968, cinéaste) et Caroline Broué (née en 1972, journaliste et productrice à France Culture).

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Conférencier au Congrès international des mathématiciens de Berkeley en 1986.
  • Prix de l'Académie des sciences [10] en 1986.
  • Élu membre Senior de l'Institut Universitaire de France[11] en 1993.
  • G.C. Stewart Fellow at Caius College[12], Cambridge (UK) en 1997.
  • Conférencier du Summer Institute de l'American Mathematical Society[13] en 1997.
  • Ordway Professor[14] à l'Université de Minneapolis en 1998.
  • Conférencier de la série "Current Developments in Mathematics" [15](Harvard-MIT) en 2000.
  • Conférencier de la série "Albert Lectures" [16] à l'Université de Chicago en 2003.
  • Docteur Honoris Causa de l'Université de Birmingham[17] en 2005.
  • Chancelor Professor à l'Université de Berkeley[18] en 2008.
  • Abel Lecturer à l'Université d'Oslo pour la cérémonie de remise du Prix Abel[19] à John Griggs Thompson et Jacques Tits en 2008.
  • Fellow de l'American Mathematical Society[20] en 2012.
  • Élu Honorary Foreign Member de l'American Academy of Arts and Sciences en 2014.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]Fellowships de l'AMS
  2. [2] Broué's Conjecture
  3. [3] Article dans Libération
  4. « site de la série "Un texte, un mathématicien" »
  5. Jean Birnbaum
  6. "L'affaire Pliouchtch", par Tania Mathon et Jean-Jacques Marie, Préface de Michel Broué, Henri Cartan et Laurent Schwartz (1976), Éditions du Seuil
  7. Laurent Schwartz, Un mathématicien aux prises avec le siècle, Paris, O. Jacob,‎ 1997 (ISBN 9782738104625, présentation en ligne)[réf. insuffisante]
  8. [4] L'affaire Anis-Thonon
  9. L'histoire contre l'extrême droite. Les grands textes d'un combat français [Poche], Collectif (Auteur), Vincent Duclert (Auteur)
  10. « site de l’académie des sciences française »
  11. « site de l’IUF »
  12. « site de Caius College »
  13. « site de l’AMS »
  14. « Ordway Visitors, Minneapolis »
  15. « site de Current Developments in Mathematics »
  16. « site des Albert Lectures »
  17. « site de L'Université de Birmingham »
  18. « site du Département de Mathématiques de l'Université de Berkeley »
  19. « site du Prix Abel »
  20. « site des Fellowships de l'AMS »

Liens externes[modifier | modifier le code]