Félix Pécaut

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Félix Pécaut (3 juin 1828 - 31 juillet 1898) est un pédagogue français, inspecteur général de l'Instruction publique. Il fut chargé par Ferdinand Buisson de fonder l'École normale supérieure de jeunes filles de Fontenay-aux-Roses, en 1880.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Félix Pécaut, avant 1870

Jean Pécaut, dit Félix, est né à Salies-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques) le 3 juin 1828. Il est mort à Orthez le 31 juillet 1898, et enterré dans un village voisin à Salles-Mongiscard.

Il était le fils de Pierre Pécaut, part-prenant (portionnaire), puis administrateur de la Fontaine Salée (les salines de Salies).

Il est d'origine protestante et fit ses études pour devenir pasteur à la Faculté de théologie protestante de Montauban, puis aux université de Berlin et de Bonn. il affirme son orientation théologique libérale, ce qui le conduit à renoncer à exercer ses fonctions pastorales à Salies-de-Béarn ; il fonde une institution à Neuchâtel (Suisse). . Lors du synode des Églises réformées de 1872, il s'élève contre l'idée d'une Église liée à l'État et démissionne, sans avoir jamais été pasteur[1]. Il se consacre alors aux questions éducatives, Son amitié avec Ferdinand Buisson, alors professeur à l'Académie de Neuchâtel lui offre la possibilité de mettre en œuvre une orientation laïque en ce qui concerne l'enseignement public primaire en France.

Après la guerre de 70, Jules Ferry l'envoie en mission en Italie pour enquêter sur la mise en place de l'instruction publique dans l'Italie réunifiée, puis il le prendra comme délégué à l'Éducation nationale dont il était le ministre.

Il contribue à la fondation, en 1880, de l'École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses, destinée à former des enseignantes d'écoles normales d'institutrices, et dont le principe a été décidé par Ferdinand Buisson, en accord avec Jules Ferry. Il en sera le premier directeur, et ceci pendant seize ans, avant de se retirer en Béarn dans ses dernières années de vie.

Le collège de Salies-de-Béarn, sa ville natale, porte son nom : le collège Félix-Pécaut.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Son engagement en faveur du libéralisme religieux dans l'Église réformée[modifier | modifier le code]

En tant que théologien il fut un partisan du libéralisme religieux ou christianisme libéral et partisan de la laïcité dans l'enseignement.

Son engagement en faveur de l'éducation et de la laïcité[modifier | modifier le code]

Comme éducateur après la guerre de 70, il s'agissait pour lui « d’instruire la démocratie naissante qui, pour la première fois, était appelée à se gouverner elle-même, et de lui donner une règle morale intérieure, un fond de raison pratique, une réserve d’énergie morale, une tenue de caractère, tout ce sans quoi il n’est ni d’hommes ni de peuples libres. » (Le Temps, 2 août 1898). Cette citation dispense de détailler longuement son œuvre. L'Association des Anciennes Élèves de Fontenay lui rendit de vibrants hommages en plusieurs occasions.

Son engagement républicain au moment de l'Affaire Dreyfus[modifier | modifier le code]

Il fut un des premiers dreyfusards. Alors qu'il était malade et rentré à Orthez, il prit le soin de démissionner de son titre d'inspecteur de l'Instruction publique pour manifester son désaccord avec ce qu'il estimait être une frilosité du gouvernement à cet égard. Ferdinand Buisson rendit public son dreyfusisme sur la tombe même de Pécaut le jour de son enterrement en août 1898[2].

Hommage[modifier | modifier le code]

La rue Félix-Pécaut dans le 17e arrondissement de Paris porte son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Écrits de Félix Pécaut[modifier | modifier le code]

  • Le Christ et la Conscience. Lettres à un pasteur sur l'autorité de la Bible et l'autorité de Jésus-Christ. Plusieurs éditions. Livre de scandale. Cherbuliez Paris et Genève, 1859. Réédité par Théolib en 2008. [1]
  • De l’avenir du Théisme chrétien considéré comme religion (1864). Cherbuliez. Réédition Théolib 2005.
  • De l’avenir du Protestantisme en France (1865). Cherbuliez.
  • Le Christianisme libéral et le Miracle (1869). Cherbuliez. Réédité par Théolib dans un ouvrage intitulé "Le christianisme libéral", comprenant également des conférences de Ferdinand Buisson.
  • De l’argument de l’Utilité morale en matière de Religion (1879). Paris. Fischbacher.
  • Discours de MM. F.Pécaut, A.Coquerel fils et T.Colani sur une confession de foi proposée par M. Bois. Réédition Théolib 2008, avec les lettres au Synode de de Gaufrès, sous le titre "Discours et lettres au Synode".
  • Les Lettres de Province, ou Études au jour le jour sur l’Éducation nationale. Journal Le Temps. 1871 à 1879.
  • Deux mois d’enquête en Italie. Hachette 1880.
  • L’Éducation publique et la Vie nationale (1897).
  • Quinze ans d’Éducation (1902).
  • Pages choisies et fragments inédits (1906).
  • Félix Pécaut, « Exercices scolaires (oraux et écrits) », Le Télémaque 1/ 2014 (n° 45), p. 9-14, Article en ligne, accès réservé ou sur le site de l'INRP Dictionnaire de Ferdinand Buisson en ligne.

Sources actuelles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice de Félix Pécaut, Musée virtuel du protestantisme, repéré en ligne le 8 juillet 2014
  2. F. Buisson devient ensuite un des premiers présidents de la Ligue des droits de l'homme et reçoit le prix Nobel de la Paix en 1927.