Jean-François Kervégan

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Jean-François Kervégan, né le 5 décembre 1950 à Alger, ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, est professeur à l’Institut universitaire de France (chaire de philosophie de la normativité) et à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne. Il a travaillé comme professeur invité aux universités de Porto Alegre, Berlin (Humboldt), Vienne et Naples (Istituto italiano per gli Studi filosofici).

Il est membre du Directoire de la Internationale Hegel-Vereinigung (Association Internationale sur Hegel), membre titulaire de la Société Française de Philosophie et membre du Comité éditorial de CNRS-Éditions et du Comité de lecture de la collection « Penser le droit » depuis 2007. Kervégan a été président de la Société française pour la philosophie et la théorie juridiques et politiques (SFPJ) de 2002 à 2006.

Membre des instances scientifique des revues Archives de philosophie (responsable du Bulletin de littérature hégélienne depuis décembre 2002), Les Études philosophiques, Filosofia politica (Milan) et Diritto e Cultura.

Pensée[modifier | modifier le code]

Les travaux de Jean-François Kervégan se situent à l'intersection de trois domaines: La philosophie classique allemande (avec Hegel et Kant comme objets privilégiés), la philosophie politique (théorie de l’État et de la souveraineté, politique et conflictualité) et la philosophie du droit (théorie de la normativité, rapports entre normativité juridique et éthique).

Après des premiers travaux universitaires consacrés à Husserl et à la Logique de Hegel, il s’est dédié, durant plus de vingt ans, à l’étude de la philosophie juridique, sociale et politique de l’idéalisme allemand, en s’intéressant tout particulièrement à Hegel, mais aussi, ces dernières années, à Kant.

Dans le domaine de la philosophie politique, Kervégan s’est intéressé au destin de concepts comme ceux d’État, de souveraineté, de démocratie ou de droits de l’homme. Au-delà des aspects historiques de cette interrogation, il s’agit de réfléchir aux figures non étatiques du politique qui se sont développées dans le monde contemporain, comme par exemple le terrorisme, et à ce qu’elles peuvent signifier pour une pensée du politique qui reste attachée aux acquis de la modernité, sans être aveugle à ce qui peut en infléchir ou en saper le projet émancipateur.

Dans le champ de la philosophie du droit, il s’intéresse au statut de la normativité juridique. Il réfléchit actuellement à la manière dont la réflexion de Kant et de Hegel sur la normativité (la « raison pratique ») peut alimenter le débat contemporain (post-kelsenien, analytique) en matière de théorie du droit et aider à résoudre certaines de ses difficultés, notamment en ce qui concerne le rapport entre droit et éthique.

C’est à cette question que sera consacré son prochain livre, qui proposera une manière de défense paradoxale (car d’inspiration « idéaliste ») du positivisme juridique. À plus long terme, Kervégan souhaite réfléchir sur le statut actuel de la rationalité pratique, en développant l’hypothèse qu’une lecture ouverte et créative des philosophes de « l’idéalisme allemand » peut permettre un renouvellement fécond du questionnement contemporain en matière de philosophie de la normativité.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Trois livres récapitulent ses travaux hégéliens:

  • Hegel, Carl Schmitt. Le politique entre spéculation et positivité, PUF, « Léviathan »,1992 ; rééd. PUF, « Quadrige », 2005.
  • Hegel et l’hégélianisme, PUF, « Que sais-je ? », 2005.
  • L’Effectif et le rationnel. Hegel et l’esprit objectif, Vrin, « Bibliothèque d’histoire de la philosophie », 2008.

Dans ces travaux, Kervégan propose une lecture non métaphysique de la philosophie hégélienne; il insiste sur l’autonomie de la doctrine de « l’esprit objectif » et sur le dialogue constant qu’elle entretient avec les savoirs positifs (droit, économie...).

Voir aussi :

  • Crise et pensée de la crise en droit. Weimar, sa république et ses juristes, Paris, ENS éditions, 2002.
  • Que faire de Carl Schmitt ?, Gallimard, coll. Tel, 2011.

Outre de très nombreuses préfaces, il est aussi coauteur des ouvrages :

  • Introduction à la lecture de la Science de la Logique de Hegel, Aubier, 1981-1987.
  • Hegel, penseur du droit, avec Gilles Marmasse, CNRS éditions, 2004.
  • Lectures de Hegel, Le Livre de poche, coll. Références, 2005.
  • Modernité et sécularisation : Hans Blumenberg, Karl Löwith, Carl Schmitt, Leo Strauss, CNRS éditions, 2007.
  • Adolf Reinach, entre droit et phénoménologie, avec Jocelyn Benoist, CNRS éditions, 2008.
  • Raison pratique et normativité chez Kant : Droit, politique et cosmopolitique, ENS éditions, 2010.
  • Lectures de Hegel,

Et il a été le traducteur et le commentateur des Principes de la Philosophie du Droit de Hegel (Présentation, traduction et annotations de J.-F. Kervégan), PUF, coll. « Fondements de la politique », 1998. Nouvelle édition revue et augmentée, PUF, coll. « Quadrige », 2003.