École normale supérieure de Cachan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cachan (homonymie).
École normale supérieure de Cachan
Logo de l'École normale supérieure de Cachan
Logo de l'École normale supérieure de Cachan
Informations
Fondation 1912
Type École normale supérieure (EPSCP)
Localisation
Coordonnées 48° 47′ 19″ N 2° 19′ 36″ E / 48.7887, 2.3266348° 47′ 19″ Nord 2° 19′ 36″ Est / 48.7887, 2.32663  
Ville Cachan
Pays Drapeau de la France France
Campus Cachan
Direction
Président Pierre-Paul Zalio[1]
Chiffres clés
Enseignants 249 (194 titulaires & 55 non titulaires)
Étudiants 1 337
Divers
Affiliation Université Paris-Saclay, UniverSud Paris, CGE, ASTech
Site web www.ens-cachan.fr

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
École normale supérieure de Cachan

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
École normale supérieure de Cachan

L'École normale supérieure de Cachan (aussi appelée ENS Cachan ou Normale Sup' Cachan, autrefois École normale supérieure de l'enseignement technique (ENSET)[2], est une grande école française, faisant partie du réseau des Écoles normales supérieures.

Ses élèves et anciens élèves sont surnommés « Cachanais » ou « normaliens de Cachan »[3] et « archicubes ».

L'ENS Cachan est un des acteurs majeurs à l'origine du cluster technologique Paris-Saclay, futur plus grand campus pluridisciplinaire d'Europe. Le déménagement de ses bâtiments sur le plateau de Saclay est prévu pour 2018.

Histoire[modifier | modifier le code]

ENS Cachan, bâtiment d'Alembert

En 1891, les premières « sections normales » voient le jour. Elles sont annexées à différentes grandes écoles et ont pour but de former les maîtres de l’enseignement technique, notamment à l'École pratique du Havre, pour préparer au professorat dans les écoles pratiques de commerce et d'industrie de jeunes filles (décret du 11 juin 1891); à l'École des Hautes Études Commerciales (HEC), pour la formation des professeurs de commerce et de langues étrangères des écoles pratiques de commerce (décret 21 juillet 1894); à l'École des Arts et Métiers de Châlons-sur-Marne pour les écoles pratiques d'industrie (décret du 15 juin 1899)[4],[5],[6]

En 1912, un décret du 26 octobre regroupe à Paris les quatre sections normales (Châlons-sur-Marne, Paris, Lyon et Le Havre) sous le nom d’École normale de l'enseignement technique. Cette nouvelle école s’installe dans les locaux de l’École nationale supérieure d'arts et métiers. Vingt ans plus tard, elle prend le nom d’École normale supérieure de l’enseignement technique (ENSET) avec la création des sections d’Art, de Lettres et de Langues en plus des domaines techniques. En 1956, l’ENSET s’installe sur le campus de Cachan au sud de Paris, construit par les architectes Roger-Henri Expert puis André Remondet qu’elle ne quitte plus (construction commencée en 1937 mais achevée uniquement en 1955). En 1960, un décret du 21 novembre énonce que l’ENSET prépare à l’agrégation ; la durée de la scolarité passe à quatre années. Certaines sections littéraires sont déplacées à l’ENS de Fontenay-Saint-Cloud en 1976, alors que sont instaurées des formations en sciences pures (mathématiques, physique, chimie, biochimie), en sciences sociales (histoire, économie, sociologie) et de gestion. En 1985, l’ENS de Cachan remplace l’ENSET et acquiert un statut identique aux autres Écoles normales supérieures. En 1987, un décret du 26 août redéfinit le statut de l’École en confirmant sa vocation à former des enseignants-chercheurs. En 1992, un arrêté du 3 avril habilite les ENS à délivrer des doctorats et des DEA. L’antenne de Bretagne de l'École normale supérieure de Cachan est créée en 1994.

À ce jour, l’ENS de Cachan est la plus importante des ENS en termes d'effectif avec 1 300 élèves. Elle couvre un vaste spectre de disciplines.

En mars 2005, un projet de fusion entre les ENS de la rue d'Ulm et de Cachan est rendu public par les directions de ces deux écoles ; il suscite une polémique, d’abord au sein même des ENS, puis, à l’occasion de la campagne de renouvellement des directions, dans la presse nationale. Les partisans de la fusion mettent en avant la nécessité d’augmenter la visibilité internationale des établissements et de réaliser des économies d’échelle. Certains détracteurs accusent la direction de vouloir transformer l’ENS en une « super-université » sans tenir compte de ses spécificités ; d’autres mettent en avant des difficultés pratiques insurmontables ou la diminution de la part des Humanités.

En janvier 2007, l’ENS de Cachan décide de participer à un Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES), de nature académique, créé dans le Sud de l’Île-de-France : UniverSud Paris, avec pour objectif à long terme la construction d’une grande université à visibilité internationale renforcée. Ce PRES réunit d’ores et déjà environ 50 000 étudiants, 155 laboratoires de recherche dont 130 associés à des organismes de recherche, notamment les CNRS et INSERM. Les membres fondateurs de UniverSud Paris sont les universités d'Évry-Val d'Essonne, Paris-Sud 11, Versailles Saint-Quentin en Yvelines (UVSQ), l'École Centrale, Supélec et l’ENS de Cachan. Parmi les grandes écoles du territoire sud francilien associées à UniverSud Paris, on peut citer HEC Paris, l'École polytechnique, AgroParisTech, et SupOptique. En novembre 2008, le secrétaire d’État chargé du développement de la région capitale a présenté une communication relative au développement du plateau de Saclay, qui fera l'objet d'une Opération d'intérêt national (OIN). Dans ce cadre, le déplacement d'une partie de l'ENS Cachan sur le plateau de Saclay a été décidé à moyen terme, le déménagement définitif de l'ensemble des départements du campus de Cachan étant envisagé à l'horizon 2018[7]. Les départements d'enseignement et les laboratoires de recherche implantés à l'antenne de Bretagne restent sur le campus de Ker Lann à la suite de la création de l'École normale supérieure de Rennes en 2013[8].

Directeurs de l'école[modifier | modifier le code]

  • M. Renaudeau : 1945-1956 (ENSET).
  • M. René Basquin : 1957-1969 (ENSET).
  • M. Pierre Thureau : 1970-1980 (ENSET).
  • M. Gérard Montel : 1981-1985 (ENSET).
  • M. Marcel Bonvalet : 1986-1987.
  • M. Yves Malier : 1988-1994.
  • M. Bernard Decomps : 1994-2000.
  • Mme Claire Dupas : 2000 - 2008.
  • M. Jean-Yves Mérindol : administrateur provisoire le 1er janvier 2009, directeur le 1er août 2009 [9],[10], président du 1er janvier 2011 [11],[10] au 22 mai 2012[12].
  • M. Pierre-Paul Zalio : administrateur provisoire le 29 mai 2012, président depuis le 4 octobre 2012[1].

Enseignement-formation[modifier | modifier le code]

L'école a pour missions de former les enseignants, les chercheurs, tant dans la recherche publique que privée ainsi que des cadres de la fonction publique ou d'EPIC.

La singularité de l’École normale supérieure de Cachan est de rassembler des disciplines qu’aucun autre établissement d’enseignement supérieur ne rassemble de cette manière et à ce niveau : des sciences fondamentales (mathématiques, informatique, physique, chimie, biologie), des sciences humaines et sociales (économie, gestion, sociologie,histoire, langues, didactique), des sciences pour l’ingénieur (génie civil,génie mécanique, productique, électrotechnique et automatisme), le design.

La formation est organisée dans le cadre de masters fonctionnant par conventions avec les universités partenaires parisiennes. Chaque année, plus de 300 agrégés sont formés dans 21 préparations à une agrégation ou à une option d'agrégation.

L'École compte 670 chercheurs (incluant les doctorants et les chercheurs en post-doc) évoluant au sein de 13 laboratoires et 3 instituts de recherche[13]. Elle est habilitée à délivrer le diplôme de docteur ; plus de 250 doctorants, normaliens ou étudiants, français et étrangers, participent activement à la vie et au rayonnement scientifique de sa recherche[13].

Le transfert de compétences scientifiques issues de la recherche dans les milieux industriels et économiques est une caractéristique de l'ENS de Cachan.

Les départements d'enseignement :

Cursus universitaire[modifier | modifier le code]

Le cursus comprend communément la préparation de la licence, puis, en deux ans, du master et/ou une préparation à l'agrégation pendant les 48 mois rémunérés de scolarité à l'ENS de Cachan. Les cours sont généralement d'un niveau bien supérieur à ceux d'un cursus universitaire classique[réf. nécessaire] quoique les diplômes délivrés soient de même nature. La poursuite des études par un doctorat est fortement encouragée par l'école.

Passerelle de l'ENS Cachan à Sciences Po Paris 

Une convention entre l’Institut d'études politiques de Paris et l’ENS de Cachan dispense les élèves normaliens candidats des épreuves écrites d'admission en quatrième année à Sciences Po.

Passerelle de l'ENS Cachan à l'ENSAE ParisTech

Les normaliens peuvent être admis sur titre en première, deuxième, ou troisième année de l'École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE ParisTech), en fonction de leur cursus au sein de l'École.

Passerelle de l'ENS Cachan vers les Grands corps de l'État 

Les normaliens peuvent être admis à intégrer les corps d'ingénieur du corps des mines, d'ingénieur des ponts et chaussées, de contrôleur des assurances ainsi que les fonctions d'administrateur de l'Insee, d'ingénieur des ponts, des eaux et des forêts ou d'ingénieur de l'armement.

Passerelle de l'ENS Cachan vers les Études de médecine 

À la suite d'un arrêté de 1993, les normaliens ayant effectué au moins deux ans d'études dans une ENS peuvent prétendre à intégrer directement la première année du Deuxième Cycle des Études Médicales (DCEM1), des Études Dentaires (DCEO1) ou des Études de Pharmacie (DECP1). La sélection se fait par dossier (avant le 15 avril) puis par entretien devant un jury composé de médecins et pharmaciens.

Classes préparatoires ENS Cachan[modifier | modifier le code]

Deux classes préparatoires aux grandes écoles sont spécifiques à l'ENS Cachan et préparent à deux de ses concours :

Ce type de classe préparatoire conduit les étudiants à suivre une partie du cursus à l'Université, dans le cadre de leur licence — les deux premières années correspondant à l'ancien DEUG — en droit pour la voie D1, et en sciences économiques ou en mathématiques appliquées et sciences sociales (MASS) pour la voie D2. Outre leur vocation de préparation à ces deux concours d'entrée à l’École normale supérieure de Cachan, elles préparent aussi aux concours de Télécom École de Management, l’ENSAE, l’ENSAI, des IEP, de l'ENAss, et plus généralement aux écoles de commerce.

L’admissibilité à l’ENS de Cachan en D2 et en D1 donne accès aux épreuves d'admission de certaines écoles de commerce.

Recrutement[modifier | modifier le code]

Les élèves de l'ENS Cachan sont en majorité recrutés à l’issue de concours de niveau Bac+2, passés généralement en fin de classes préparatoires aux grandes écoles. Ces élèves sont dits normaliens, ils acquièrent le statut de fonctionnaire stagiaire, sont donc rémunérés et s’engagent à travailler au service de l’État pour une durée minimale de dix années à partir de l'entrée à l’École. Le premier salaire en tant que fonctionnaire stagiaire est de l'ordre de 1 300 euros net.

Les concours sont généralement organisés dans le cadre de banques d’épreuves communes aux trois Écoles normales supérieures. Le concours des élèves de la classe préparatoire Physique et sciences de l'ingénieur est organisé par l’ENS de Cachan dans le cadre d’une banque d’épreuves communes avec l’École polytechnique.

Certains étudiants sont recrutés sur dossier dans le cadre d'un magistère ou d'un master selon les départements (par exemple un certain nombre d'étudiants du Magistère de Biologie et Biotechnologie d'Orsay intègrent l'ENS en M2) ; ils ont le statut d'élève de l'École Normale supérieure mais n'acquièrent pas celui de fonctionnaire stagiaire (ils ne doivent en conséquence aucune année d'engagement à l'État mais ne perçoivent pas de salaire en contrepartie). Ces élèves suivent les mêmes cours que les normaliens, et sont titulaires des mêmes diplômes (Licence, Master, Diplôme de l'ENS…).

Enfin, un concours est ouvert aux titulaires d'une première année de Master pour une entrée en troisième année.

Recherche[modifier | modifier le code]

L’ENS de Cachan, à l'instar des autres Écoles normales supérieures, tisse de nombreux liens avec la recherche. Treize laboratoires liés au CNRS sont présents au sein de l’école et couvrent l’ensemble des disciplines enseignées à l'école. L’ENS de Cachan accueille ainsi un nombre important d'enseignants-chercheurs et de doctorants (respectivement 345 et 256 en 2012[13]).

Ces laboratoires comprennent entre autres :

Les laboratoires en sciences fondamentales 
  • Laboratoire de Photonique Quantique et Moléculaire (LPQM)
  • Photophysique et Photochimie Supramoléculaires et Macromoléculaires (PPSM)
  • Laboratoire Spécification et Vérification (LSV)
  • Laboratoire de Biologie et Pharmacologie Appliquée (LBPA)
  • Centre de Mathématiques et de Leurs Applications (CMLA)
  • Laboratoire Aimé Cotton (LAC)
Les laboratoires en sciences pour l'ingénieur 
  • Systèmes et Applications des Technologies de l'Information et de l'Énergie (SATIE)
  • Laboratoire de Mécanique et Technologie (LMT-Cachan)
  • Laboratoire Universitaire de Recherche en Production Automatisée (LURPA)
Les laboratoires en sciences de l'homme et de la société 
  • Centre d'Économie de la Sorbonne - groupe des chercheurs en économie publique (CES)
  • Institut des Sciences sociales du Politique (ISP-Cachan)
  • Institutions et Dynamiques Historiques de l'Économie et de la Société (IDHES)
  • Sciences Techniques Éducation Formation (STEF)

Quelques anciens élèves de l'ENSET et de l'ENS Cachan[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Décret du 4 octobre 2012 portant nomination du président de l'Ecole normale supérieure de Cachan
  2. Prononcer comme lancette et non l'ènsèt
  3. Le terme « normalien » désigne dans le langage courant uniquement les « élèves » et « anciens élèves » d'une école normale supérieure désignés comme tel dans les statuts des écoles ; ils sont sélectionnés sur épreuves écrites et orales (arrêté). Il existe également des « auditeurs libres » : sélectionnés sur dossiers (arrêté), ils ne sont pas surnommés « normaliens ».
  4. Gérard Bodé, "Chronologie de l'enseignement technique (des origines à 2000)" - Site des Ressources numériques en histoire de l'éducation [PDF]
  5. Actes de l'Académie des Sciences, Belles-lettres et Arts de Bordeaux, 3e série, 64e année, p. 113, 1902
  6. Yves Deforge, Le graphisme technique: son histoire et son enseignement, p. 246, 1981
  7. Site du Campus du plateau de Saclay
  8. Annonce de la création de l'ENS Rennes
  9. L'école a son directeur - Site de l'association des anciens élèves et élèves de l'ENSET et de l'ENS de Cachan
  10. a et b Jean-Yves Mérindol est nommé directeur de l’ENS Cachan - Site de l'ENS Cachan, 1er août 2009
  11. Nouveaux statuts de l'ENS Cachan - Site de l'association des anciens élèves et élèves de l'ENSET et de l'ENS de Cachan
  12. Arrêté du 22 mai 2012 portant nomination à la présidence de la République - Legifrance
  13. a, b et c L'ENS Cachan en chiffres - Site de l'ENS Cachan, 25 septembre 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florent Le Bot, Virginie Albe, Gérard Bodé, Guy Brucy, Élisabeth Chatel (dir.), L'ENS Cachan. Le siècle d'une grande école pour les sciences, les techniques et la société, coll. Carnot, PUR, 2013, 432 p. ISBN 978-2-7535-2862-8 [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]