Quintin

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Quintin
Le lac de Quintin, le château et au fond à droite le clocher de la basilique.
Le lac de Quintin, le château et au fond à droite le clocher de la basilique.
Blason de Quintin
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Saint-Brieuc
Canton Plélo
Intercommunalité Saint-Brieuc Armor Agglomération
Maire
Mandat
Mireille Airault (DVD)
2014-2020
Code postal 22800
Code commune 22262
Démographie
Gentilé Quintinais, Quintinaise
Population
municipale
2 803 hab. (2014)
Densité 898 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 24′ 16″ nord, 2° 54′ 29″ ouest
Altitude 174 m
Min. 154 m
Max. 220 m
Superficie 3,12 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de Quintin

Quintin [kɛ̃tɛ̃] est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Quintin doit son étymologie[1] à la commune actuelle du Vieux-Bourg appelée Kintin vers 1330, Quintin en 1368, Quintini in Burgo en 1516 et Vetus Burgus Quintini dans les registres mortuaires de Saint-Gilles-Pligeaux. Le Vieux-Bourg était situé à cinq milles romains du Vieux-Bourg, ce que suggère l’appellation Quintam (millarum), cinquième borne milliaire depuis le Vieux-Bourg. La fondation d'un nouveau bourg dans la seigneurie de Quintin, fief d'Henri d'Avaugour[2] et non un démembrement du comté de Goëlo vers 1227, comme on a longtemps cru, intervient après 1202, date où un castellum novum[3] de Quintin, associé à une unité de mesure spécifique de céréales[4] est attesté dans un acte en faveur de Beauport. La cession du fief de Quintin ( "le Quintinia", bien différencié du Goloia- Goëlo- dans une enquête de 1235), près de l'ancien carrefour gallo-romain se traduit alors par un report du nom Quintin, à une époque où on en avait perdu le sens[5].

L'étymologie qui proposait de faire de "Quintin", un dérivé de Kistin : "la châtaigne" serait une erreur. Le nom en fait n'est pas breton mais latin. La confusion repose en fait sur l'assimilation Kistin et Kintin. Seule la forme "Kintin" est attestée par des dénominations d'origine latine dans les chartes féodales[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Du point de vue géologique, la ville est située sur le début du massif granitique qui porte son nom et qui s'étend sur tout le centre Bretagne.

Stratégiquement, Quintin est au croisement des voies qui vont de Saint-Brieuc à Quimper en passant par Rostrenen d'une part et de Guingamp / Châtelaudren à Lorient en passant par Loudéac d'autre part. Pour garder ce nœud de communication, une forteresse y a été implantée, mais elle est restée en grande partie inachevée.

La relative forte pente de la rivière du Gouët à cet endroit a été mise à profit pour créer un étang qui servait de protection à la forteresse et de réservoir d'eau pour un moulin. Au XXe siècle, ce moulin s'est mué en une centrale électrique qui a fonctionné jusqu'un peu après la Seconde Guerre mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La présence de menhirs atteste que la région était occupée depuis le néolithique.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Quintin doit sa création dès l'époque romaine à sa position de carrefour des voies de communication.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au début Quintin était située à l'emplacement de l'actuelle commune du le Vieux-Bourg mais, par suite d'une épidémie de peste, la ville déménagea.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Une place forte protestante[modifier | modifier le code]

Amaury III de Goyon de La Moussaye (petit-fils de Charles Goyon qui avait construit en 1583 le château de la Houssaye en Quessoy), époux d'Henriette Catherine de La Tour-d'Auvergne, qui fut gouverneur de Rennes, commença en 1645 la construction du château de Quintin dont les soubassements et un grand pavillon d'angle dominent encore l'étang et la route de Saint-Brieuc. Le projet initial, connu par un dessin de l'époque, était un château à deux corps, reliés par des ailes assez courtes, mais l'intervention royale, sur plainte de l'évêque de Saint-Brieuc, arrêta le chantier considéré comme une place forte protestante, en contradiction avec des clauses de l'Édit de Nantes[7].

En 1666, Mme de Goyon de La Moussaye (Henriette Catherine de La Tour-d'Auvergne), ardente calviniste, tint des assemblées de réformés dans le château de Quintin et, après leur interdiction sur intervention de Mgr de La Barde, évêque de Saint-Brieuc, installa un lieu de prêche en forêt de Quintin, lequel fut à son tour interdit[8].

L'essor de l'activité toilière[modifier | modifier le code]

Quintin s'est essentiellement développée, aux XVIIe et XVIIIe siècles, par le tissage et le commerce des toiles de lin, enrichissant des familles de négociants. Les toiles servaient à la confection des bonnets et des cols : aux XVIIe et XVIIIe siècles, cette industrie s'étendit aux toiles dites « de Bretagne » exportées jusqu'en Amérique, mais le déclin vint avec la Révolution française le coton prenant peu à peu la place du lin. La ville comptait alors 300 tisserands. Quintin a aussi été un centre monastique. Mais malgré ses monuments et hôtels particuliers que l'on peut encore voir, la ville n'a plus aujourd'hui l'importance qu'elle avait jadis. Sous l'ordre d'un ministre qui faisait détruire tous châteaux et forteresses pouvant porter ombre sur l'autorité du roi, surtout s'ils renforçaient le pouvoir protestant, le château de la ville n'a pas été terminé.

L'essor au XVIe siècle des fabricants et marchands de toiles de lin dans la région de Pontivy, Moncontour, Uzel, Quintin permit la construction de nombeuses églises paroissiales dans la région, mais peu sont restées, la plupart ayant été reconstruites au XVIIIe siècle[7].

Histoire linguistique[modifier | modifier le code]

En 1843, dans son Dictionnaire géographique et historique de la province de Bretagne, Jean Ogée explique qu'on parle français et breton[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Hôtel de ville

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1929 1945 Alfred Duault PDP Député
1945 1947 Ambroise Chatelain    
1947 1983 Jean Frottier de Bagneux   Conseiller général / Sénateur
1983 1995 François Kergoat    
mars 1995 2001 Claude Morin DVD  
mars 2001 2008 Claude Morin DVD  
mars 2008 mars 2014 Yves Briens PS[10]  
mars 2014 en cours Mireille Airault DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[12],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 2 803 habitants, en diminution de -1,06 % par rapport à 2009 (Côtes-d'Armor : 1,65 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 336 4 073 3 864 4 252 4 293 4 454 4 112 4 021 3 763
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 617 3 710 3 690 3 411 3 331 3 281 3 319 3 186 3 194
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 198 2 948 2 823 2 451 2 300 2 190 2 574 2 768 2 643
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
2 593 2 727 2 857 2 814 2 602 2 611 2 797 2 834 2 803
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Basilique N.D. de Délivrance de Quintin.
Patrimoine religieux

La Basilique Notre-Dame de Délivrance, élevée au rang de basilique mineure par le pape Pie XI le 28 juillet 1934, renferme un tableau du peintre Raphaël Donguy : Le Bon Pasteur daté de 1845.

Ancien Couvent des Ursulines, rue Saint-Yves. Construit en 1711 et fermé en 1904, il devint bien national en 1905. L'église du Saint Esprit, nommée aujourd'hui Chapelle des Ursulines a été mise aux enchères et vendue à un propriétaire privé, en 2011, l'écrivain Camille Aubaude [15],[16].

Patrimoine civil

La première chose que l'on remarque en arrivant à Quintin, c'est son étang et sa rivière dominée sur sa rive gauche par la forteresse et la ville et sur sa rive droite par une pente boisée parsemée de chaos granitiques au sommet de laquelle, dans une prairie, trône le menhir dénommé affectueusement « la roche longue » par les habitants. Dans la ville-même la forteresse inachevée du XVIIe siècle complétée d'une aile d'habitation plus récente constitue le château de Quintin[17].On peut voir aussi le centre Jean XXIII qui domine la ville de Quintin, cet ancien séminaire, qui a été occupé par les allemands lors de la seconde guerre mondiale, est maintenant un collège-lycée.

Siège du pouvoir féodal, le château de Quintin a subi une succession de guerres lors des XVe et XVIe siècles. Seules sont conservées de la cité médiévale, les enceintes et la Porte-Neuve, composée en partie par l'ancienne tour des Archives du château de Quintin. Un des derniers bastions protestants au XVIIe siècle, le château réédifié au milieu du XVIIe siècle reste inachevé. Au XVIIIe siècle, ses communs et écuries sont réaménagés et agrandis pour constituer l'actuel château de Quintin. Chargée d’histoire, la Seigneurie de Quintin, puis son château, a depuis son origine toujours été conservée au sein d'une même lignée. Rohan, Laval, Coligny, la Trémoille, Gouyon de la Moussaye, Durfort de Lorges ou Choiseul sont parmi les plus prestigieuses familles ayant hérité de ce domaine à travers les siècles. L’ouverture au public du château en 1986 permet peu à peu d’en restaurer ses jardins et ses intérieurs.

Accolée au parc du château se trouve la basilique, assez austère, du XIXe siècle. Des défenses de la ville ne restent que la porte neuve avec la tour dite « des archives » et l'étang. Le passé prospère du commerce des toiles de lin a laissé de beaux hôtels particuliers au centre ville.

Dans les environs immédiats de Quintin on peut voir quatre autres châteaux et Quintin peut être le départ d'une randonnée le long de sa rivière, le Gouet, dont la vallée encaissée et pittoresque comporte de nombreux chaos de rochers.

Quintin possède un terrain de camping bien équipé près de l'étang et sa qualité de centre de production de camping-cars (autostar) lui fait particulièrement bien accueillir ce mode de tourisme.

Art[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France Perros-Guirec (France)

Festivités[modifier | modifier le code]

  • Fouée de la Saint-Jean : spectacle son et lumière pour le solstice d'été
  • Festival du chant choral : 15 jours à la mi-juillet
  • Cantillies
  • Fête des tisserands : début août
  • Festival des chanteurs de rue et foire Saint-Martin : à la Saint-Martin, début novembre
  • Noëls en Bretagne : exposition de crèches, festival de contes, marché aux santons, illuminations et visite aux chandelles au château de Quintin au mois de décembre
  • Festival de la Gastronomie

Sports[modifier | modifier le code]

  • Junior Association de Quintin, club de kin-ball
  • Quintin Roller Club, patin artistique, hockey sur patin à roulette, roller de vitesse
  • rugby
  • basketball
  • football

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mickael Gendry, Quintin. Genèse et développement d'un bourg castral, éd. Edilivre, 2012, 185 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. La partie "étymologie" de cet article et les relevés sont empruntés à l'article de Mickael Gendry. Cf références à la suite.
  2. Henri d'Avaugour était toujours détenteur du fief en 1235.
  3. G. DE BOURGOGNE et A. DE BARTHELEMY, Anciens évêchés de Bretagne. Diocèses de saint-Brieuc, Paris-Rennes, 1864, t.IV, p. 51, Charte de 1202.
  4. "duas justas siliginis ad mensuram Castri Novi de Quintin", mesure du Châteauneuf de Quintin, G. DE BOURGOGNE et A. DE BARTHELEMY, Anciens évêchés de Bretagne. Diocèses de saint-Brieuc, Paris-Rennes, 1864, t.IV, p. 51, Charte de 1202. Cette mesure implique une activité économique naissante autour du château de Quintin.
  5. GENDRY Mickael, "Quintin, une cité dès l’origine (Quintin, châtaigne ou borne milliaire ?)", Quintinais, n°spécial 2010.
  6. GENDRY Mickaël, Quintin, "ville close. Genèse et développement d'un bourg castral", Quintinais 2011, p. 7-22. Proposition de restitution des plans de la ville à l'époque féodale, au XVe siècle et sous l'Ancien Régime, plans p. 63-65
  7. a et b André Mussat, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Editions Ouest-France, , 380 p. (ISBN 978-2-737-31932-7, OCLC 34611255)
  8. « Femmes de Bretagne : LA TOUR D'AUVERGNE (de) Henriette-Catherine. », sur www.skoluhelarvro.net (consulté le 13 mars 2017)
  9. Jean Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, dédié à la nation bretonne: M-Z, Mollieux, (lire en ligne)
  10. http://www.ps22.fr/?p=124
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  15. « Une chapelle à Quintin vendue... 22 000 €. », sur www.saint-brieuc.maville.com (consulté le 13 mars 2017)
  16. « Chapelle des Ursulines. Sauvée par une association  » Le Télégramme.
  17. Site du château de Quintin
  18. http://www.placepublique-rennes.com/2010/05/les-belles-annees-rennaises-de-celine-1918-1924/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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