Bréhand

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Bréhand
Bréhand
Mairie.
Blason de Bréhand
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Saint-Brieuc
Canton Plénée-Jugon
Intercommunalité Communauté de communes Lamballe Terre et Mer
Maire
Mandat
Yves Ruffet
2014-2020
Code postal 22510
Code commune 22015
Démographie
Gentilé Bréhandais, Bréhandaise
Population
municipale
1 624 hab. (2016 en augmentation de 10,25 % par rapport à 2011)
Densité 65 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 24′ 13″ nord, 2° 34′ 23″ ouest
Altitude 82 m
Min. 57 m
Max. 146 m
Superficie 24,95 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de Bréhand

Bréhand [bʁeɑ̃] est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne. La commune est connu au Moyen-Age pour sa production commerciale de vin, de chanvre et de lin.

Géographie[modifier | modifier le code]

Bréhand est située dans le canton de Moncontour, à 8 km au sud de Lamballe sur l’axe Lamballe-Loudéac[1].

Elle est limitée :

  • à l’ouest par la rivière l’Evron qui reçoit le Boucoy et se jette dans la baie de Morieux,
  • à l’est par la rivière la Truite qui reçoit les eaux de la Touche et se jette dans le Gouëssant.

La superficie de Bréhand est de 2 495 hectares dont 2 066 hectares de surface agricole utilisée.

La commune est traversée par les routes départementales :

  • R.D. 768 Lamballe-Loudéac,
  • R.D. 80 Saint-Brieuc-Jugon,
  • R.D. 35 Hénon-Bréhand,
  • R.D. 44 Moncontour-Jugon.

Elle a en outre 57 km de voies communales.

Le point le plus haut de la commune (146 m) se trouve tout près de la Ville-ès-Renault à la limite de Trébry, et le point le plus bas (57 m) est près du Refus à la limite de Quessoy.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté sous la forme Brehant en 1132[2]. L'un des premiers textes à évoquer le nom de village de Bréhand est une charte accordée par l'évêque de Saint-Brieuc, Guillaume Pichon, le 3 septembre 1220.

Le nom de la commune est Berhaund-Moncontór en gallo et Brehant-Monkoutour en breton[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au début de l'âge du bronze, une communauté active s'implante sur le territoire de Bréhand. Au IIe millénaire avant notre ère, cette communauté élève un cairn dominant la plaine de Saint-Malo. L'exploitation de ces terres est lucrative, et la communauté produit de nombreux outils et objets en métal[4].

Au Ve siècle, des Bretons insulaires ont traversé la Manche pour venir s'installer en Armorique. Parmi ces immigrés figure le clan d'un prince nommé Brec'han qui occupait un vaste territoire de l'actuelle Grande-Bretagne nommé la Bréhannie.

En arrivant en Armorique, ce clan se serait dirigé vers l'intérieur des terres pour ensuite se scinder en deux : une partie serait restée sur le territoire de Bréhand Moncontour et l'autre aurait continué sa route jusqu'au territoire constituant aujourd'hui la commune de Bréhan, près de Loudéac.

Les territoires de Bréhan Loudéac et de Bréhand Moncontour ont indéniablement appartenu au même clan. La branche aînée des Bréhant serait venue sur les terres de Bréhand Moncontour après l'acquisition de ses fiefs de Bréhan Loudéac par la famille des Rohan. La branche cadette, dite les Bréhant Glécoët, serait restée à Bréhan Loudéac et son dernier représentant s'est éteint sur cette commune il y a seulement quelques années.

Au Moyen Âge centrale, cette paroisse appartient encore aux Bréhant. Elle est alors intégrée au regaire de l'évêché de Saint-Brieuc, constitué par Nominoë.

Le 3 Septembre 1220, une charte de évêque de Saint-Brieuc , Saint Guillaume III Pinchon révèle la variété et la qualité des productions agricoles de Bréhand : cultures traditionnelles, mais aussi lin et chanvre, qu'utilise l'industrie textile, et même vignobles. Les nombreux propriétaires terriens de Bréhand s'investissent alors dans l'administration de la châtellenie dont Moncontour est le chef-lieu, et interviennent parfois dans les conflits entre la France et l'Angleterre.

Dès 1337, Guillaume de Launay défend, aux côtés de Du Guesclin, la cause de Jeanne de Penthièvre.

En 1607, le regaire de Bréhand est acheté par Olivier Du Gouray.

Sous la Révolution, face aux brimades infligées par les Républicains, les Bréhandais défendent leur foi et les institutions traditionnelles. L'un deux, Boishardy, devient le chef des chouans de la région, et contribue à isoler Moncontour et sa garnison. Au terme de cette période, la population abandonne la production de toiles et se consacre à l'agriculture, qu'elle perfectionne et diversifie afin de mieux vendre ses produits, en particulier le cidre et le beurre.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2014 En cours Yves Ruffet DVD Professeur
2001 2014 Michel Hervé DVD Comptable
1993 2001 Gérard Langlais PS Commerçant
1965 1993 René de Foucaud CNI Agriculteur
1935 1965 François Cherdel CNI Agriculteur
1830   René de Foucaud de Launay    

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 8581 7581 8891 7861 8111 9752 0032 0542 135
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 0782 0672 0941 9832 0072 0211 9401 9381 840
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 8531 8301 8301 5681 4981 5661 4791 4011 352
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 3241 3071 2471 3691 2871 2711 3871 4041 421
2013 2016 - - - - - - -
1 5421 624-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune contient plusieurs lieux et monuments[7] :

L'église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame de Bréhand

L'église Notre-Dame de Bréhand, de style néo-gothique, date pour l'essentiel de 1890. 29 mois ont été nécessaires à sa construction sur l'emplacement de l'ancienne église, l'église Saint-Pierre qui a appartenu dès 1124 aux moines de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes et qui avait l'objet d'un projet de restauration avortée en 1867.

En 1895, les quatre nouvelles cloches furent baptisées :

  • Julienne, Angélique, Jeanne, Marie-Françoise pour celle de 2 160 livres,
  • Pierre, François, Joseph pour celle de 1 600 livres,
  • Olive, Marie-Louise, Françoise, Marie-Ange pour celle de 1 100 livres,
  • Caroline, Marie-Françoise, Jeanne, Guillemette pour celle de 890 livres.

Le château de Launay[modifier | modifier le code]

XIVe siècle et XIXe siècle.

Le domaine de Launay fut fondé au début du XIVe siècle par Typhaine, épouse du seigneur de Bréhand. Il est divisé en 1319 en Launay-Gouray (l'actuel domaine de Launay) et Launay-Madeuc à la suite du mariage de Jeanne de Bréhand avec Robin Du Gouray (Day). Cette seigneurie est érigée en bannière au milieu du XVe siècle. L'état civil, dès le 17e siècle, fait apparaître Vorhg-urvoy Joseph et François à Brehand. Ils organisent Le Gouray de son nom avec Robin et Jeanne Urvoy de Brehand. Joseph a sa descendance Guillaume surnommé "Conquis" puis avec union Raffray-Urvoy, pour l'enfant Jeanne qui épousera Domrault.[Quoi ?]

Le château est acquis par la famille de Foucaud en 1779. À partir de 1848, Ludovic de Foucaud fait édifier un nouveau château, de style classique, à l'emplacement de l'ancien. Jeanne y appréciera la cuisine jusqu'à sa retraite en retrouvant sa fille Marie-Françoise unie à J.-Ange Marie.

Le domaine abrite un pigeonnier et une chapelle intérieure. Dans cette dernière repose le gisant de Charles Madeuc, chevalier et chambellan de Jean V, capitaine de Moncontour en 1422 et seigneur de Launay-Madeuc en 1436.

Le manoir de Quimby[modifier | modifier le code]

XVIe siècle et XVIIIe siècle.

Propriété de Raoul Le Champion en 1514, du sieur de Kermené en 1536 puis de la famille Carmené. Ce petit manoir possède une porte, dont l'arc brisé repose sur deux larmiers (saillies empêchant l'eau de couler le long du mur), une tour qui protège la porte par une meurtrière, et une chapelle privative abandonnée à la Révolution.

Le manoir de Boishardy[modifier | modifier le code]

XVIe siècle.

Ce manoir, mentionné en 1587, a donné son nom à la famille du chef chouan Boishardy auquel il a appartenu. Sa forme est beaucoup plus moderne à la suite des restaurations menées au XIXe siècle et au XXe siècle.

La chapelle Saint-Malo[modifier | modifier le code]

XVIe siècle et XXe siècle.

L'édifice actuel, construit sur un tumulus, date en partie du XVIe siècle. Il était autrefois entouré d'un cimetière.

Sous la révolution, les mariages et baptêmes célébrés par les prêtres constitutionnels étaient rectifiés dans cette chapelle par les prêtres insermentés. En 1793, dans les premiers jours de la chouannerie, elle constitue le point de ralliement des jeunes gens des communes environnant Moncontour, qui vont marcher sur Bréhand pour s'opposer à la levée des 300 000 hommes. On la tient pour un repaire de Boishardy. C'est en effet à proximité que le chef chouan est surpris et abattu par les Bleus.

L'édifice fut érigé en chapelle de secours le 23 août 1804 et une sacristie y fut construite en 1851. La chapelle a été presque entièrement reconstruite de 1872 à 1874.

C'est dans cette chapelle que l'on trouve la planche à trous qui permettait de connaître le nombre de paroissiens désirant communier.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Louis Bascher de la Villéon[1]

Connu sous le nom de Père Aimé de Lamballe, Louis Bascher de la Villéon est un religieux capucin né au château du Chêne. Il devient Ministre Général de son ordre en 1768 et il fut le premier général français de l’ordre des Capucins. Il obtint du pape, en 1761, le don de reliques extraites des catacombes, reliques considérées comme celles d’un martyr inconnu nommé Amateur. Elles furent installées à l’église Saint-Jean à Lamballe.

Il mourut au couvent de Saint-Honoré à Paris en 1773.

Amateur Jérôme Sylvestre de Bras de Forge de Boishardy est né le 15 octobre 1762 et est élevé par sa mère, Anne du Bosq de Quimby, et ses sœurs Émilie et Marie-Anne. Il est admis à l’école royale militaire de Pontlevoy près de Blois. Il en sort le 28 septembre 1778 et entre comme cadet gentilhomme au régiment de Royal Marine. Sa carrière militaire va durer 12 ans. En 1792, il regagne le manoir de Boishardy. Il a alors 30 ans. Il répond à l’appel des Chouans et pendant 3 ans, il va mener des actions de guérilla contre les Bleus. Le 17 juin 1795, surpris par les soldats de la Révolution, il se dirige vers la chapelle Saint-Malo. Il est rejoint par les Bleus et s’écroule, abattu par trois coups de feu. Un soldat lui coupe la tête et, à six heures du matin, le macabre trophée était promené dans les rues de Moncontour.

Il est né à Bréhand le 26 août 1817. Il fut maire de Bréhand, représentant des Côtes du Nord à l’Assemblée Nationale et conseiller général. Il mourut à Versailles le 8 janvier 1872.

  • René de Foucaud[1]

Né le 1er mai 1921 au château de Launay, il est orphelin de père à deux ans. En 1965, lorsque François Cherdel désire mettre un terme à son mandat de maire, les conseillers élisent M. de Foucaud à la tête de la commune. Il la dirigera pendant 38 ans, jusqu'à sa mort survenue en franchissant le seuil de sa mairie en 1993.

Très impliqué dans la vie économique, sociale et politique, aussi bien locale que régionale, il a assumé de nombreux mandats. Parmi les plus importants : cofondateur de la SBAFER (SAFER Bretagne) dans les années 60, président de la coopérative des agriculteurs de Bretagne (maintenant Coopagri Bretagne), conseiller du Commerce Extérieur, président du directoire du journal « Le Paysan Breton », président de la Confédération des Coopératives Agricoles de l’Ouest de la France, président du Comité Économique et Social de Bretagne.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules au léopard d'argent.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Collectif, Histoire de Bréhand, En compte propre, , 326 p.

Cartulaire de Saint-Melaine, édité par J. Geslin de Bourgogne.

A. Barthelémy, Anciens évêques de Bretagne. Histoire et monuments. Diocèse de Saint-Brieuc, Tome 3, Paris, Saint-Brieuc, 1864.

B. Merdridnac, La vie religieuse en France au Moyen-Age, Paris, 1994.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Source : site internet de la commune
  2. Hervé Abalain, « Noms de lieux bretons - Page 59, Editions Jean-paul Gisserot, ISBN 2877474828 » (consulté le 27 juin 2015)
  3. « Bréhand », Geobreizh (consulté le 27 juin 2015)
  4. Selon le site officiel de la commune et le site fr.topic-topos.com
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  7. Selon le site officiel de la commune, le site infobretagne.com et le site fr.topic-topos.com