Filon

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Bloc diagramme schématique, modélisant les différents types d'intrusions.
Plutons allochtones :
1. Intrusion respectant les lignes de forces de l'encaissant mais en déformant la couche supérieure : laccolite.
2. et 4. Intrusion traversant les couches géologiques : filon de type dyke.
5. Intrusion respectant les lignes de forces de l'encaissant sans déformation : sill.
7. Intrusion respectant les lignes de forces de l'encaissant mais en déformant la couche inférieure : lopolite.

Plutons autochtones :
3. Domaine des anatexites (anatexie crustale avec piégeage du liquide in situ) conduisant à une morphologie de batholite

Volcanisme :
6. Cheminée volcanique.

Un filon est une lame de roche, épaisse de quelques centimètres à quelques mètres, recoupant l'encaissant (ce qui le distingue du sill, du laccolite ou du lopolite) et correspondant le plus souvent au remplissage d'une fracture (faille, diaclase)[1]. Les roches présentes sont d'origine, soit magmatique (pegmatite dont les failles de retrait dues à son refroidissement sont remplies par un magma tardif), soit métamorphique après remaniement de l'encaissant lui-même. Quand il s'agit de roches magmatiques (basaltes, notamment) qui se sont elles-mêmes frayé un chemin à travers l'encaissant, on utilise plutôt le mot anglais dyke (ou son équivalent américain, dike)[2].

Le remplissage d'un filon à la texture microgrenue contient le plus souvent des substances utiles (métaux, minéraux).

L'appellation roche filonienne est un peu un abus de langage, il s'agit juste de roches présentes dans un filon. L'appellation roche hypovolcanique est plus juste. Elle fait référence à une roche magmatique qui monte à proximité (quelques dizaines ou centaines de mètres) de la surface, sous forme de filon ou de sill, mais ne l'atteint pas. Cette roche, à structure microgrenue le plus souvent, est aussi nommée roche de semi-profondeur[3].

Types de filons[modifier | modifier le code]

Le complexe filonien regroupe plusieurs filons hydrothermaux qui communiquent plus ou moins entre eux.

Il existe deux types de filons : filon consistant en un banc rocheux et filon métallifère dont les métaux sont généralement dispersés dans les épontes, sous forme de géode (filon géodé lorsqu'un espace vide s'est développé dans la gangue), de tapis, de veines, de mouches, de concrétions. Les filons sont parfois isolés (par exemple roche filonienne remplissant une cheminée volcanique), mais le plus souvent réunis en un champ filonien. Lorsque ce champ est associé à une minéralisation se présentant sous la forme d'un réseau très densifié de petits filons, le géologue parle de stockwerk[2].

Le filon sédimentaire résulte en général du remplissage du haut vers le bas de fractures. Le filon hydrothermal résulte d'un remplissage du bas vers le haut par des circulations aqueuses chauds liées à des intrusions de roches magmatiques qui incorporent, lors de la fusion partielle, des métaux extraits de la croûte terrestre. Ce dernier représente généralement la phase pegmatitique (entre 800° et 600°), pneumatolytique (en) (entre 600° et 400°) ou hydrothermale (entre 400° et 100°) des ensembles granitiques[4]. Les minéralisations des phases pneumatolytique et hydrothermale reflètent la différenciation extrême des magmas, elles sont donc tardi-magmatiques voire post-magmatiques[5]. Le géologue Waldemar Lindgren (en) a classé les filons hydrothermaux suivant la profondeur à laquelle leur minéralisation a pu s'effectuer, ou plutôt suivant la température et la pression, fonctions elles-mêmes de la profondeur[6] : les filons hypothermaux (500-300°, profondeur supérieure à 3,6 km) dont la gangue contient des minéraux de haute température (pyroxène, grenat, tourmaline, magnétite, pyrrhotite) et peut envelopper des minerais de valeur (cuivre, uranium, thorium, lithium, béryllium, bore) ; les filons mésothermaux (300-200°, entre 1,2 et 3,6 km de profondeur) avec une gangue, quartzeuse ou carbonatée, et des minerais de plomb, de zinc, d'argent ou d'or ; les filons épithermaux (200-50°, gisements les plus superficiels de 0 à 1,6 km) avec une gangue qui se rapproche des minéralisations des sources thermales (calcite, silice, fluorine, barytine) et des minerais d'or, d'antimoine, de plomb[7],[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Foucault, Jean-François Raoult, Dictionnaire de Géologie, Dunod, , p. 138.
  2. a et b Alain Foucault, Jean-François Raoult,, Dictionnaire de Géologie, Dunod, , p. 114.
  3. Alain Foucault, Jean-François Raoult, Dictionnaire de Géologie, Dunod, (lire en ligne), p. 181.
  4. Jean Aubouin, Robert Brousse, Jean Pierre Lehman, Précis de géologie, Dunod, , p. 537.
  5. « Filons hydrothermaux », sur dossier.univ-st-etienne.fr (consulté le 7 mars 2019).
  6. W. Lindgren, Poulsen KH (1933) Lode-gold. Mineral Deposits 1 G: 930
  7. Eugène Raguin, Géologie des gîtes mínéraux, Masson, , p. 116.
  8. Pierre Bellair, Charles Pomerol, Éléments de géologie, Armand Colin, , p. 483.

Voir aussi[modifier | modifier le code]