Médina

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Une des portes d'entrée de la médina de Fès

Une médina (en arabe : المدينة العتيقة), désigne la partie ancienne d'une ville par opposition aux quartiers modernes de type européen. Ce terme est surtout employé dans les pays du Maghreb, en Afrique de l'Ouest et en Afrique de l'Est. La médina de Fès, la plus grande du monde[1], est placée sous la protection de l'Unesco[2] depuis 1981.

Présentation[modifier | modifier le code]

Au départ, la médina n’est rien d’autre que le mot arabe pour dire « la ville ». Puis la colonisation en a pervertit le sens en restreignant sa signification à la notion de « ville historique », « ville traditionnelle » ou même « ville indigène ». La colonisation s’est traduite par la création de « villes nouvelles » qui sont venues se juxtaposer aux anciennes médinas[3].

Une médina se caractérise par ses échanges avec les zones rurales environnantes qui la nourrissent et par les activités marchandes qui la soutiennent, malgré les remparts qui la ferment et la protègent de la menace des envahisseurs. Une grande partie d'une médina est occupée par les souks.

Les médinas se caractérisent par une grande mixité d'activités humaines. Elles forment un espace où viennent se juxtaposer les fonctions résidentielles, économiques, sociales et culturelles[4].

Aujourd'hui, la mondialisation ou le simple développement des pays anciennement colonisés remet en question les modes de production traditionnels des biens et des services et, en conséquence, le tissu traditionnel des médinas. Les médinas se définissent dès lors par rapport et dans une relation socioéconomique avec les villes modernes qui ont grandi à leur côté. La prise de conscience de la nécessité de les sauvegarder est récente. Ainsi, la médina de Tunis est classée au patrimoine mondial de l'Unesco en 1979. En effet, les médinas peuvent jouer un rôle très important dans la revitalisation des arts et des traditions qui ont modelé un artisanat de grande qualité, en cours de disparition ou uniquement tourné vers le tourisme.

Le modèle médinal[modifier | modifier le code]

L’urbanisme médinal, inventé au moyen-âge, porte en lui les concepts les plus actuels en matière d’environnement (architecture bio-climatique, ville piétonne, densité élevée, compacité, faible impact environnemental, etc.).

Comme le dit l'architecte et urbaniste Marc Gossé, "les grands principes du développement durable y sont présents – bien avant l’adoption de ce concept à Rio – à savoir : un écosystème subtil et abouti entre nature et urbanisation, une capacité d’adaptation étonnante de la morphologie et des typologies architecturales, une économie d’énergie par la limitation de la mobilité polluante des automobiles et la densité du bâti, un processus participatif et une gestion conviviale des espaces urbains, des systèmes de solidarité et une pratique de l’égalité de statut entre personnes et représentations symboliques spatiales, qui tous ne demandent qu’à être encouragés, réactivés ou réinterprétés, contre un modèle urbain « générique » porté par l’ultralibéralisme moderniste mondialisé, qui génère la destruction de l’environnement, du lien social et de la diversité culturelle."[5]


Liste des médinas[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Algérie Algérie[modifier | modifier le code]

En Algérie, la médina est le centre historique des villes anciennes, elle n’occupe que 1/5 ou 1/10 de la superficie de la ville, alors que la ville européenne représente le centre économique. Elles sont créées généralement pendant la grande période islamique, mais elles peuvent reprendre des éléments des cités romaines. Ces villes commandent des espaces intérieurs et sont entourées de vergers et de jardins qui sont devenus des espaces d'urbanisation. Mais d’autres villes portuaires ont un noyau ancien[6].

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Drapeau de l'Égypte Égypte[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Espagne Espagne[modifier | modifier le code]

Drapeau du Maroc Maroc[modifier | modifier le code]

Les 31 médinas recensées du Maroc (population en 2004)[8] :

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Drapeau du Portugal Portugal[modifier | modifier le code]

Tunisie Tunisie[modifier | modifier le code]

Panorama de la médina de Kairouan, depuis la droite : la Grande Mosquée de Kairouan, la place qui s'étend devant le minaret et les anciens remparts.
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Autres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Bastié et Bernard Dézert, L'Espace urbain, Paris, Masson,‎ 1980 (lire en ligne), p. 19
  2. a, b et c http://whc.unesco.org/fr/list/170
  3. Marcel Robert, « La Médina, ville du futur ? »,‎ 2011
  4. Bachir Hajjaj, « La médina, une cité nouvelle ? »,‎ 2003
  5. Marc Gossé, « La médina, modèle urbain pour le XXIe siècle ? »,‎ 2011
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Marc Côte, L'Algérie espace et société, Masson,‎ 1999 (ISBN 2-225-85146-8), p. 95, 96
  7. L'origine de la médina Elvira remonte à l'époque antique. Elle a été utilisée par les évêques par la suite comme centre religieux. Puis, elle fut prise par les arabes au moment de conquête de l'Espagne en 711. La ville reste en mains musulmanes jusqu'à l'avènement des Aghlabides en 1010. Aujourd'hui, on y trouve du mobilier, des ruines de la mosquée et des objets décoratifs.
  8. Banque Européenne d’Investissement, étude pour sa conférence du 30 octobre 2008 à Venise (lire en ligne)
  9. http://whc.unesco.org/fr/list/331
  10. http://whc.unesco.org/fr/list/837
  11. http://whc.unesco.org/fr/list/753
  12. http://whc.unesco.org/fr/list/1058
  13. http://whc.unesco.org/fr/list/498
  14. http://whc.unesco.org/fr/list/36

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcello Balbo (dir.), Médinas 2030 : Scénarios et stratégies, Paris, L'Harmattan, coll. « Itinéraires géographiques »,‎ 2010, 283 p. (ISBN 2296113095 et 9782296113091) [aperçu en ligne]
  • Anne-Claire Kurzac-Souali, « Les médinas marocaines : une requalification sélective », Les Cahiers d’EMAM, no 17,‎ 2009, p. 117-120