Tifinagh

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Tifinagh
Image illustrative de l'article Tifinagh
Alphabet Tifinaɣ
Caractéristiques
Type Alphabet
Langue(s) Langues berbères
Direction Gauche à droite
Historique
Époque IIIe siècle av. J.-C. - IIIe siècle à nos jours
Système(s) parent(s) Protosinaïtique

 Phénicien
  Tifinagh

Système(s) dérivé(s) Tifinaɣ Touareg, Néotifinaɣ
Codage
Unicode U+2D30 à U+2D7F
ISO 15924 Tfng
Entrée à Kidal, ville touareg du Mali, au centre du massif de l'Adrar des Ifoghas. Sur le côté gauche du rocher, Kidal est écrit en caractères tifinaghs.
Panneau de signalisation trilingue incluant une version en tifinagh, à Tizi Ouzou en Kabylie (Algérie).

Le tifinagh (en berbère utilisant l'alphabet tifinagh : ⵜⵉⴼⵉⵏⴰⵖ) (aussi écrit tifinaghe, ou Tifinaɣ se prononce thifinar) ou libyco-berbère est un alphabet utilisé par les Berbères, essentiellement les Touaregs. C'était autrefois un abjad, un alphabet consonantique. Cet alphabet a subi des modifications et des variations depuis son origine jusqu'à nos jours, passant du libyque jusqu'aux néotifinaghs en passant par le tifinagh saharien et les tifinaghs Touaregs.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon l'ethnologue Jean Servier, le mot « tifinagh » renvoie à une racine FNQ, « rappelant l'origine phénicienne évidente, de cet alphabet. »[1]

Citant pages 106 et 107 J.-P. Maître (Contribution à la préhistoire de l'Ahaggar, Tefedest central, Mémoire du CRAPE, éd. Arts et Métiers, Paris ou Alger, 1971) : « Tifinagh est le pluriel de Tafineq qui signifie caractère d'écriture en touarègue. Par extension, tifinagh désigne toutes les gravures et les peintures aussi bien que les caractères alphabétiques. On peut même dire que c'est ce dernier sens qui prévaut en certains cas. »

Il existe une étymologie populaire, affirmant qu'il s'agit d'un mot composé de tifin qui signifie « trouvaille » ou « découverte » et de l'adjectif possessif nagh qui signifie « notre »[2]. Mais on peut dire que tafineq ,TA est un préfixe ou un adjectif qualificatif et FINEQ est par rapport a FENICIEN.(en arabe finequia).

Origine[modifier | modifier le code]

Dans la culture touareg, l'inventeur mythique du tifinagh est l'ancêtre Anigouran, personnage connu pour sa grande intelligence et auquel sont attribuées plusieurs autres inventions.

D'après Slaouti Taklit, enseignante de linguistique au département de français à l'université d'Alger et auteur de l'ouvrage L'alphabet latin serait-il d'origine berbère ? (éditions L'Harmattan, 2004), certains signes de l'alphabet libyque remonteraient au capsien (page 108). Ces signes auraient été tout d'abord des symboles religieux (page 106) qui permettaient de nommer des êtres ou des objets, car donner un nom revient à donner une réalité à ce que l'on nomme, autrement dit une seconde vie. Elle remarque que « l'écriture Libyque semble être une écriture basée sur des croyances religieuses où les divinités astrales jouent un rôle primordial » (page 106).

Libyque[modifier | modifier le code]

Libyque
Caractéristiques
Type Abjad
Langue(s) Vieux libyen
Historique
Époque IIIe siècle av. J.-C. - IIIe siècle
Système(s) parent(s) Protosinaïtique

 Phénicien
  Libyque

Système(s) dérivé(s) Tifinagh, néotifinagh
  • Il y a deux formes du libyque, l'orientale et l'occidentale ;
  • La forme occidentale a été utilisée le long de la côte méditerranéenne de la Kabylie jusqu'au Maroc et aux Îles Canaries. La forme orientale a été utilisée dans la région constantinoise, dans les Aurès (Algérie) en Tunisie et en Libye ;
  • Seule la forme orientale a été déchiffrée grâce notamment à l'existence d'importantes inscriptions bilingues punico-libyques. Ce déchiffrement a permis de déterminer la valeur de 22 signes sur 24 ;
  • Selon Février (1964-65), la forme occidentale serait plus primitive, la forme orientale étant influencée par l'écriture punique ;
  • L'alphabet libyque est strictement consonantique
  • La gémination n'était pas notée ;
  • La forme occidentale comporte 13 lettres supplémentaires ;
  • Les inscriptions sont souvent des dédicaces ou épitaphes. La plupart sont brèves ;
  • Le sens de l'écriture n'est pas fixé, mais c'est plus souvent verticalement de bas en haut et de droite à gauche[3]. Chaque ligne constitue un mot phonétique ou un sens complet ;
  • Une minorité de lettres permettaient de déterminer le début de la ligne. Ces lettres sont appelées lettres directrices ou signes directeurs ;
  • Une hypothèse a été avancée que certaines lettres seraient secondaires par rapport à d'autres.

Tifinagh saharien[modifier | modifier le code]

Écritures tifinaghs anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

Le tifinagh saharien est un alphabet touareg ancien. Il contient des signes supplémentaires, comme le trait vertical pour noter la voyelle finale /a/.

L'âge des inscriptions les plus récentes est peut-être de quelque 200 ans. Les modalités du passage entre le libyque et le tifinagh saharien sont inconnues. On ne sait pas si cet alphabet était contemporain des formes libyques, ni même s'il est comparable à la forme occidentale ou orientale du libyque. La période d'utilisation de cet alphabet, si elle n'est pas établie avec précision, est largement antérieure aux conquêtes musulmanes. La seule certitude nous vient d'une inscription qui porte une date : celle du temple du roi berbère Massinissa qui attribue la construction du temple à l'an 10 du règne de ce roi ; c.-à-d. 193 ans avant notre ère.

La valeur des signes nous est transmise par le missionnaire Charles de Foucauld.

Tifinagh touareg[modifier | modifier le code]

Tifinagh touareg
Caractéristiques
Type Abjad[4]
Langue(s) Touareg
Historique
Époque ? - actuellement
Système(s) parent(s) Protosinaïtique

 Libyque
  Tifinagh touareg

Système(s) dérivé(s) Néo-tifinagh

Il existe au sein du tifinagh touareg quelques divergences des valeurs des signes qui correspondent aux variations dialectales touarègues. Si d'une région à une autre, la forme et le nombre des signes peuvent changer, les textes restent en général mutuellement intelligibles car la plupart des différences graphiques suivent la logique des variations phonétiques dialectales.

Particularités[modifier | modifier le code]

L'innovation la plus frappante est la ligature à dernière consonne /t/ ou à première consonne /n/.

Comme pour le saharien, le tifinagh touarègue dispose d'un signe ⴰ /ʔ/ pour noter les voyelles finales appelées tighratin (masc. tighrit).

  • Dans les régions du Hoggar, du Ghat et de l'Adrar, ce signe ne s'emploie que pour la voyelle /a/ (parfois aussi le schwa /ə/ souvent indifférenciable phonologiquement du /a/ en position finale où la voyelle est écourtée) qui peut être prononcée suivie d'un coup de glotte final (plus ou moins marqué phonétiquement).
  • Les voyelles /i/ et /u/ (ou /o/) sont notées par les signes correspondant aux /y/ et /w/ (de façon comparable aux lettres yod et waw de l'hébreu ou de l'arabe).
  • Les autres dialectes l'emploient pour toutes les voyelles finales et, selon le père de Foucauld, pour toutes les voyelles initiales sans distinction (le signe a alors la valeur de consonne glottale, mais phonétiquement peu ou pas marquée; en cas de besoin, des diacritiques arabes peuvent compléter le signe pour expliciter la voyelle initiale représentée).

Les lettres sont épelées de différentes façons suivant les régions :

  • dans le Ghat, la prononciation suit le modèle « ya-valeur consonantique ». Par exemple, /b/ se lit « yab », /d/ « yad », etc. ;
  • dans l'Ayer et chez les Iwelmaden, ce sera plutôt « e-valeur consonantique redoublée » : /b/ « ebba » ; /d/ : « edda », etc. ;
  • une légère variation dans le sud colore « ebba » en « abba ».

Parmi les tribus maraboutiques de la région de Tombouctou, on a relevé l'emploi des diacritiques arabes pour noter les voyelles brèves.

Usage[modifier | modifier le code]

À part quelques rares utilisations pour la notation de textes longs, les tifinaghs touaregs ont souvent été utilisés pour des inscriptions sur des objets (bijoux, armes, tapis, etc.), pour des déclarations amoureuses et pour des épitaphes. Toute transcription commence par la formule « awa nekk [Untel] innân  », c’est-à-dire « c'est moi [Untel] qui ai dit ».

Depuis peu, les tifinaghs sont utilisés comme support pédagogique pour la campagne contre l'analphabétisme.

Il n'y a pas d'ordre pour énoncer les lettres de l'alphabet. Mais une formule mnémotechnique, citée par Foucauld (1920), contient toutes les lettres ou presque : « awa näk, Fadîmata ult Ughnis, aghebbir-nnit ur itweddis, taggalt-nnit märaw iyesân d sedîs .» (« C'est moi, Fadimata, fille d'Oughnis : sa hanche ne se touche pas, sa dot est de seize chevaux. »)

Néotifinaghs[modifier | modifier le code]

Néotifinagh
Image illustrative de l'article Tifinagh
Exemple d'écriture néotifinagh
Caractéristiques
Type Alphabet
Langue(s) Langues berbères
Historique
Époque 1980 - actuellement
Système(s) parent(s) Protosinaïtique

 Phénicien
  Libyque
   Tifinagh
    Néotifinagh

Codage
Unicode U+2D30 à U+2D7F
ISO 15924 Tfng
L’alphabet tifinagh-IRCAM comprend trente-et-une lettres de base, ainsi que deux lettres composées chacune d'une lettre de base suivie du signe de labialisation.

À la fin des années 1960, une association culturelle, l'Académie berbère (AB), se forma à Paris en France, dans le but d'établir un alphabet standard sur la base des tifinaghs touarègues, afin de le faire revivre et de pouvoir transcrire l'ensemble des variantes locales de la langue berbère : Tamazight.

Salem Chaker, professeur à l'INALCO, proposa une révision de cet alphabet (v. Tafsut. 1990 n° 14.). D'autres systèmes basés sur les tifinagh des militants kabyles de l'Académie berbère[5] ont été proposés par l'association Afus Deg Wfus (Roubaix), la revue Tifinagh (éditée au Maroc), par le logiciel d'Arabia Ware Benelux Arabia Ware Benelux et l'IRCAM, et sont relativement similaires.


Normalisation internationale (Unicode)[modifier | modifier le code]

Avant la normalisation Unicode, le tifinagh n'était pris en charge que par un codage compatible Windows "ANSI" remplaçant dans d'anciennes polices de caractères (aujourd'hui obsolètes) les lettres de l’alphabet latin de base (dans cet ancien codage pris en charge par un utilitaire de conversion pour Windows fourni gratuitement par l'IRCAM, seule une partie du tifinagh de base était représenté, et aucune différence n'est faite entre les lettres latines majuscules et minuscules pour représenter les autres lettres tifinaghs manquantes) :

  • A=ⴰ, B=ⴱ, C=ⵛ, D=ⴷ, E=ⴻ, F=ⴼ, G=ⴳ, H=ⵀ, I=ⵉ, J=ⵊ, K=ⴽ, L=ⵍ, M=ⵎ, N=ⵏ, O=ⵄ, P=ⵃ, Q=ⵇ, R=ⵔ, S=ⵙ, T=ⵜ, U=ⵓ, V=ⵖ, W=ⵡ, X=ⵅ, Y=ⵢ, Z=ⵣ.
  • Le signe de labialisation n'était pas représenté explicitement mais pouvait être marqué par le guillemet double ASCII (") ou un autre signe similaire comme l'apostrophe ASCII ('), le symbole accent grave ASCII (`), le symbole accent circonflexe ASCII (^), ou encore par la mise en style exposant du W=ⵡ (dans les documents où ce style était possible).
  • Un tel codage peut encore être utilisé comme méthode de saisie sur un clavier latin standard mais il ne constitue pas une bonne translittération latine des lettres tifinaghs. En effet concernant l'alphabet de base de l'IRCAM, il y manque les 5 lettres géminées /ḍ/, /ṛ/, /ṣ/, /ṭ/, /ẓ/ (pour la méthode de saisie, il peut être nécessaire d'utiliser une touche supplémentaire) ; et la représentation P=ⵃ (par exemple) est trop éloignée de sa valeur phonétique du /ḥ/ géminé, de même que la représentation V=ⵖ du /ɣ/ (gh) dont la similitude de la lettre latine est seulement graphique avec la lettre tifinaghe (et le symbole gamma latin de l'API).

À compter de la version 4.1.0 de la norme Unicode, les caractères tifinaghs sont codés dans la plage U+2D30 à U+2D7F. Il y a 55 caractères définis dans la norme, mais il existe un nombre beaucoup plus grand de caractères qui ne font pas partie de la norme Unicode[6].

Représentation Unicode des glyphes (de gauche à droite)
Code +0 +1 +2 +3 +4 +5 +6 +7 +8 +9 +A +B +C +D +E +F
U+2D30 Tifinagh Letter Ya.svg Tifinagh Letter Yab.svg Tifinagh Letter Yabh.svg Tifinagh Letter Yag.svg Tifinagh Letter Yaghh.svg Tifinagh Letter Berber Academy Yaj.svg Tifinagh Letter Yaj.svg Tifinagh Letter Yad.svg Tifinagh Letter Yadh.svg Tifinagh Letter Yadd.svg Tifinagh Letter Yaddh.svg Tifinagh Letter Yey.svg Tifinagh Letter Yaf.svg Tifinagh Letter Yak.svg Tifinagh Letter Tuareg Yak.svg Tifinagh Letter Yakhh.svg
U+2D40 Tifinagh Letter Yah.svg Tifinagh Letter Berber Academy Yah.svg Tifinagh Letter Tuareg Yah.svg Tifinagh Letter Yahh.svg Tifinagh Letter Yaa.svg Tifinagh Letter Yakh.svg Tifinagh Letter Tuareg Yakh.svg Tifinagh Letter Yaq.svg Tifinagh Letter Tuareg Yaq.svg Tifinagh Letter Yi.svg Tifinagh Letter Yazh.svg Tifinagh Letter Ahaggar Yazh.svg Tifinagh Letter Tuareg Yazh.svg Tifinagh Letter Yal.svg Tifinagh Letter Yam.svg Tifinagh Letter Yan.svg
U+2D50 Tifinagh Letter Tuareg Yagn.svg Tifinagh Letter Tuareg Yang.svg Tifinagh Letter Yap.svg Tifinagh Letter Yu.svg Tifinagh Letter Yar.svg Tifinagh Letter Yarr.svg Tifinagh Letter Yagh.svg Tifinagh Letter Tuareg Yagh.svg Tifinagh Letter Ayer Yagh.svg Tifinagh Letter Yas.svg Tifinagh Letter Yass.svg Tifinagh Letter Yash.svg Tifinagh Letter Yat.svg Tifinagh Letter Yath.svg Tifinagh Letter Yach.svg Tifinagh Letter Yatt.svg
U+2D60 Tifinagh Letter Yav.svg Tifinagh Letter Yaw.svg Tifinagh Letter Yay.svg Tifinagh Letter Yaz.svg Tifinagh Letter Tawellemet Yaz.svg Tifinagh Letter Yazz.svg Tifinagh Letter Ye.svg Tifinagh Letter Yo.svg               Tifinagh Modifier Letter Labialization Mark.svg
U+2D70 Tifinagh Separator Mark.svg                             Tifinagh Consonant Joiner.svg

Voici un tableau comparatif entre les glyphes des lettres tifinaghes (ici dans leurs variantes non calligraphiques, dites « capitales carrées » telles que présentées sur les anciennes inscriptions lithographiées et dans les tables de caractères des normes Unicode et ISO 10646) et les translittérations en caractères latins et arabes. De nombreux autres styles existent pour ces lettres (de façon similaire aux styles des lettres latines) y compris des versions grasses, italiques (« cursives », jointives ou non), « minuscules » (avec jambages), avec ou sans empattement (serif), avec fûts fixes (imitant l'écriture avec un crayon à tête ronde) ou en pleins et déliés (imitant le tracé à la plume ou au pinceau), des formes artistiques et décoratives (inspirées des styles calligraphiques arabes ou latins); ainsi que des formes didactiques (à usage scolaire pour l'apprentissage de l'écriture manuscrite et la reconnaissance des formes et de l'ordre de dessin des traits). Il existe également divers autres œils traditionnels (actuellement encore non normalisés) des mêmes lettres, propres à certains dialectes amazighes ou régions linguistiques (par exemple tournées, ou en miroir pour une écriture de droite à gauche). Les formes ci-dessous sont présentées dans une direction d'écriture de gauche à droite.

Codes couleur
Couleur Signification
  Tifinagh de base selon l'IRCAM[7]
  Tifinagh étendu (IRCAM)
  Autres lettres tifinaghs
  Lettres Touareg modernes
Lettres simples (et lettres modifiées)
Code Glyphe Codage Translittération Nom
Unicode
(recommandé)
« ANSI »
(déprécié)
latine API arabe
U+2D30 Tifinagh Letter Ya.svg A a a ا ya
U+2D31 Tifinagh Letter Yab.svg B b b ب yab
U+2D32 Tifinagh Letter Yabh.svg bh ٻ yabh
U+2D33 Tifinagh Letter Yag.svg G g ɡ گ yag
U+2D34 Tifinagh Letter Yaghh.svg ghh ڲ yaghh
U+2D35 Tifinagh Letter Berber Academy Yaj.svg dj ʤ ج yadj (Académie berbère)
U+2D36 Tifinagh Letter Yaj.svg yadj
U+2D37 Tifinagh Letter Yad.svg D d d د yad
U+2D38 Tifinagh Letter Yadh.svg dh ذ yadh
U+2D39 Tifinagh Letter Yadd.svg dd ض yadd
U+2D3A Tifinagh Letter Yaddh.svg ddh ḏ̣ ظ yaddh
U+2D3B Tifinagh Letter Yey.svg E è, ey ɛ yè, yey
U+2D3C Tifinagh Letter Yaf.svg F f f ف yaf
U+2D3D Tifinagh Letter Yak.svg K k k ك yak
U+2D3E Tifinagh Letter Tuareg Yak.svg yak touareg
U+2D3F Tifinagh Letter Yakhh.svg ⴿ khh ڪ yakhh
U+2D40 Tifinagh Letter Yah.svg H h
b
h
b
ه
ب
yah
= yab touareg
U+2D41 Tifinagh Letter Berber Academy Yah.svg h h ه yah (Académie berbère)
U+2D42 Tifinagh Letter Tuareg Yah.svg yah touareg
U+2D43 Tifinagh Letter Yahh.svg P hh ح yahh
U+2D44 Tifinagh Letter Yaa.svg O ʿ ʕ ع yaʿ
U+2D45 Tifinagh Letter Yakh.svg X kh x خ yakh
U+2D46 Tifinagh Letter Tuareg Yakh.svg yakh touareg
U+2D47 Tifinagh Letter Yaq.svg Q q q ق yaq
U+2D48 Tifinagh Letter Tuareg Yaq.svg yaq touareg
U+2D49 Tifinagh Letter Yi.svg I i i ئ yi
U+2D4A Tifinagh Letter Yazh.svg J j ʒ ج yaj
U+2D4B Tifinagh Letter Ahaggar Yazh.svg yaj de l'Ahaggar
U+2D4C Tifinagh Letter Tuareg Yazh.svg yaj touareg
U+2D4D Tifinagh Letter Yal.svg L l l ل yal
U+2D4E Tifinagh Letter Yam.svg M m m م yam
U+2D4F Tifinagh Letter Yan.svg N n n ن yan
Code Glyphe Codage Translittération Nom
Unicode
(recommandé)
« ANSI »
(déprécié)
latine API arabe
U+2D50 Tifinagh Letter Tuareg Yagn.svg ny ɲ ني yagn touareg
U+2D51 Tifinagh Letter Tuareg Yang.svg ng ŋ نڭ yang touareg
U+2D52 Tifinagh Letter Yap.svg p p پ yap
U+2D53 Tifinagh Letter Yu.svg U u
w
u
w
و
ۉ
you
= yaw touareg
U+2D54 Tifinagh Letter Yar.svg R r r ر yar
U+2D55 Tifinagh Letter Yarr.svg rr ڕ yarr
U+2D56 Tifinagh Letter Yagh.svg V gh ɣ غ yagh
U+2D57 Tifinagh Letter Tuareg Yagh.svg yagh touareg
U+2D58 Tifinagh Letter Ayer Yagh.svg gh
dj
ɣ
ʤ
غ
ج
yagh de l'Aïr
= yadj de l'Adrar
U+2D59 Tifinagh Letter Yas.svg S s s س yas
U+2D5A Tifinagh Letter Yass.svg ss ص yass
U+2D5B Tifinagh Letter Yash.svg C sh ʃ ش yach
U+2D5C Tifinagh Letter Yat.svg T t t ت yat
U+2D5D Tifinagh Letter Yath.svg th ث yath
U+2D5E Tifinagh Letter Yach.svg ch ʧ تش yatch
U+2D5F Tifinagh Letter Yatt.svg tt ط yatt
U+2D60 Tifinagh Letter Yav.svg v v ڤ yav
U+2D61 Tifinagh Letter Yaw.svg W w w و yaw
U+2D62 Tifinagh Letter Yay.svg Y y j ي yay
U+2D63 Tifinagh Letter Yaz.svg Z z z ز yaz
U+2D64 Tifinagh Letter Tawellemet Yaz.svg yaz (Tawellemet)
= yaz harpon
U+2D65 Tifinagh Letter Yazz.svg zz ‍ﮊ yazz
U+2D66 Tifinagh Letter Ye.svg é e yé (APT, Niger)
U+2D67 Tifinagh Letter Yo.svg o o yo (APT)
U+2D6F Tifinagh Modifier Letter Labialization Mark.svg  ⵯ º ʷ ʷ ‍ ۥ lettre modificative de labialisation
= tamatart
≈ <exp> 2D61 ⵡ[8]
U+2D70 Tifinagh Separator Mark.svg séparateur
= tazarast
U+2D7F Tifinagh Consonant Joiner.svg ⵿ liant de consonnes[9]
Digrammes (ligatures possibles)
Code Glyphe Codage Translittération Nom
Unicode
(recommandé)
« ANSI »
(déprécié)
latine API arabe
U+2D33 U+2D63 Tifinagh Letter Yag.svgTifinagh Modifier Letter Labialization Mark.svg ⴳⵯ gw گۥ yagw
U+2D37 U+2D63 Tifinagh Digraph Yadz.svg ⴷⵣ DZ dz ʣ دز yadz
U+2D5C U+2D59 Tifinagh Digraph Yats.svg ⵜⵙ TS ts ʦ تس yats
Code Glyphe Codage Translittération Nom
Unicode
(recommandé)
« ANSI »
(déprécié)
latine API arabe
U+2D3D U+2D6F Tifinagh Letter Yak.svgTifinagh Modifier Letter Labialization Mark.svg ⴽⵯ kw كۥ yakw
U+2D37 U+2D4A Tifinagh Digraph Yadzh.svg ⴷⵊ DJ dj ʤ دج yadj
U+2D5C U+2D5B Tifinagh Digraph Yatsh.svg ⵜⵛ TC tch ʧ تش yatch


Exemples de textes en tifinagh[modifier | modifier le code]

  • Azul, fllawn !, soit « Bonjour ! » en s'adressant à un groupe : « ⴰⵣⵓⵍ, ⴼⵍⵍⴰⵡⵏ ! » (dans le style par défaut), « ⴰⵣⵓⵍ, ⴼⵍⵍⴰⵡⵏ ! » (dans un rendu de style touareg : bien que le codage Unicode soit identique, il faut installer la police Hapax Touareg pour le visualiser ici correctement).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Servier, Les Berbères, Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », nº 718, Paris, 2003, 4e édition, ISBN 2 13 053170 9, p. 31.
  2. MondeBerbere.com - Tifinagh : l'alphabet berbère de A à Yaz, « Origine de cet alphabet ».
  3. Ancient Scripts: Berber
  4. E. Buckley (UPenn), "Tifinagh and consonantal writing systems", LSA Meeting Extended Abstracts 2010
  5. Salem Chaker, « Écriture berbère : libyque et tifinagh », sur Centre de recherche berbère de l'Inalco (consulté le 21 février 2014) : « Il est d’ailleurs amusant de constater que plus de 30 années après leur mise en circulation par des militants radicaux kabyles, l’institution marocaine adopte ces "néo-tifinagh" comme alphabet officiel du berbère (décision de l’Institut [r]oyal pour la [c]ulture [a]mazig[he]) : les précurseurs de l’"Académie berbère" de Paris n’espéraient certainement pas un tel succès[ !] »
  6. « Inventaire des œils de la police pan-berbère Hapax Berbère (hapaxber.ttf) », sur hapax.qc.ca,‎ 2005 (consulté le 13 septembre 2012)
  7. « Polices et Claviers Unicode », sur Institut royal de la culture amazighe (consulté le 20 août 2012)
  8. Certaines lettres de base de l’alphabet IRCAM sont représentées en Unicode par une consonne de base suivie du signe de labialisation. Bien que le signe soit représenté en Unicode comme une « lettre modificative » qui s’inscrit dans son propre espacement entre deux autres caractères, il peut être rendu dans certains styles modernisés ou calligraphiques comme un signe diacritique au dessus de leur approche normale, voire uniquement au dessus de la lettre modifiée à la manière d'un accent latin, sans augmenter l’approche entre les deux caractères de base encadrant le signe.
  9. Le liant de consonne est en Unicode un caractère de « contrôle de format » indique la suppression d’une voyelle inhérente, un peu à la manière du signe diacritique virama des alphasyllabaires dérivés de l’écriture brahmique (comme la devanagari). Il fonctionne alors pour indiquer que les caractères précédent et suivant font partie d'un groupe de plusieurs consonnes ; la forme représentée dans la table (ici un signe plus souscrit) est arbitraire et n'est habituellement pas rendue visiblement (mais un signe peut être rendu si la variante linguistique utilisée peut être déterminée, et le caractère de contrôle permet de savoir quand et comment faire le rendu de signes diacritiques optionnels, non explicitement codés dans le texte, pour lire correctement les voyelles).
    Cependant, le tifinagh est un abjad sémitique et non un alphasyllabaire brahmique (qui dispose d'un système complet et explicite de notation des voyelles) : il utilise dans certaines orthographes des consonnes comme s’il s'agissait de voyelles, là où c’est la consonne phonétique qui est implicitement supprimée pour n'en garder que la valeur phonétique de la voyelle associée (comme dans les autres abjads sémitiques, par exemple le waw et le yod de l'hébreu). Le caractère de contrôle du liant de consonne peut alors aider à lever l’ambiguïté entre les deux lectures possibles de ces lettres : quand il est absent après ces semi-voyelles, la lettre a valeur de voyelle seule ; quand il est présent après ces semi-voyelles, la lettre modifiée par ce caractère de contrôle ne peut avoir que la valeur de consonne seule (ce qui peut aider également à lever des ambiguïtés pour des recherches phonétiques dans un texte codé ou pour affiner un tri alphabétique).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'Adrar Ahnet, Théodore Monod, 1932, pp. 135-139
  • Contribution à l'étude des gravures rupestres et inscriptions tifinagh du Sahara central, Cinquantenaire Faculté Lettres Alger, Maurice Reygasse, 1932, pp. 437-534 (cités dans Prasse 72)
  • Écriture libyco-berbère, L'aventure des écritures, in Anne Zali et Annie Berthier, 2002, Bibliothèque nationale de France & Réunion des musées nationaux

Liens externes[modifier | modifier le code]