Essaouira

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Essaouira
ⵎⵓⴳⴰⴷⵉⵔ موگادیر
الصويرة
Blason de Essaouira
Héraldique
Médina fortifiée d'Essaouira inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, au bord de l'Atlantique.
Médina fortifiée d'Essaouira inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, au bord de l'Atlantique.
Noms
Nom arabe الصويرة
Nom tifinagh ⵎⵓⴳⴰⴷⵉⵔ
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Marrakech-Safi
Province Essaouira
Maire
Mandat
Allal Jrari (FDD)
(2009-2015)
Gouverneur Jamal Makhtatar
(2014-)
Code postal 44000
Démographie
Gentilé Souiri (fém. Souiriya)
Population 69 493 hab. (2004)
Densité 772 hab./km2
Population de l'agglomération 3 102 652 hab. (2004)
Densité 100 hab./km2
Population de la préfecture 452 979 hab. (2004)
Densité 72 hab./km2
Géographie
Coordonnées 31° 30′ 47″ N 9° 46′ 11″ O / 31.51306, -9.7697231° 30′ 47″ Nord 9° 46′ 11″ Ouest / 31.51306, -9.76972  
Superficie 90 km2
Superficie de l'agglomération 31 160 km2
Superficie de la préfecture 6 335 km2
Fuseau horaire GMT (UTC+0)
Localisation

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Essaouira

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Essaouira
Liens
Site web www.auessaouira.ma/

Essaouira (en amazighe : ⵎⵓⴳⴰⴷⵉⵔ موگادیر Mugadir (Mu-Agadir) « celle du fort », en arabe : الصويرة, transcription : Al-Suwayra) est une ville portuaire et commune du Maroc, sur la côte atlantique, comptant environ 70 000 habitants, et le chef-lieu de la province d'Essaouira, dotée d'environ 500 000 habitants. Elle est aussi appelée Tassourt ou Amegdul (« la bien gardée ») en amazighe, Mogdura en portugais, Mogadur en espagnol et « Mogador » en français.

Sa médina est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Essaouira a connu plusieurs appellations dans le temps mais la plupart restent incertaines et leurs étymologies, spéculatives. Il est possible que le comptoir phénicien des Îles Purpuraires soit l'« Arambys » citée vers le Ve siècle av. J.-C. par l'explorateur Hannon, tirant son nom d'une racine phénicienne Har Anbin signifiant « mont de raisins »[1] mais certains auteurs ont pensé qu'il pourrait s'agir plutôt de « Cerné » (ou Kerne), l'île dont la découverte clôture le premier voyage de l’explorateur, hypothèse toutefois largement contestée tant sont nombreux les sites candidats[2].

Au IIe siècle, l'historien antique Ptolémée mentionne l'existence d'une localité sur la côte atlantique de la Maurétanie tingitane appelée « Tamusiga » par les romains et située entre le « promontoire d'Hercule » et celui d'« Ursinum », sans qu'on en connaisse la localisation précise mais que certains commentateurs rapportent au site d'Essaouira tandis que des recherches plus récentes penchent plutôt pour un site plus méridionnal appelé « Suriga » par l'historien romain[3].

Au XIe siècle, l'historien et géographe andalou d'origine égyptienne, Abou Obeid el-Bekri fait état d'un certain « Amogdoul ». Ce nom a peut-être une origine sémitique, issu du phénicien « Migdol » ou « Mogdoul » (MGDL) qui signifie « lieu fortifié » ou « tour de surveillance », à l'instar de sites antiques de la côte syro-libanaise[4].

Au début du XVIe siècle, avec l'arrivée des Portugais qui y construisent un « mauvais château »[5], le site d'Essaouira connaît un nouveau souffle. Le diplomate et chroniqueur Louis de Chénier note, à la fin du XVIIIe siècle, que la ville est appelée « indifféremment Suera ou Mogodor », nom formé d'après un Sidi Mogodour, saint régional dont le tombeau est alors encore visible au sud de la ville[5]. C'est sur le nom de ce dernier que les portugais auraient formé le nom de « Mogadouro », ensuite hispanisé en Mogadur et francisé en Mogador. Lors du protectorat français du Maroc, Mogador devient la dénomination officielle de la ville entre 1912 et 1956[6].

À l'indépendance en 1957, le nom d'Essaouira est définitivement adopté. Deux interprétations sur l'étymologie de ce mot arabe se confrontent. La première suit la toponymie phénicienne qui considère que Souira désigne une petite forteresse entourée de murailles, Souira étant le diminutif de Sour qui veut dire en arabe roche. La deuxième serait le fait qu'Essaouira serait dérivé de Tasaouira et ses variantes (Atassouira, At'souira, Sawira, Saouira) qui signifie tableau, image, la dessinée rappelant la disposition de la ville : la bien dessinée, la bien tracée, la bien conçue[6].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Vue satellite d'Essaouira.

Située sur le littoral Atlantique, la ville d'Essaouira se trouve à 173 km au nord d'Agadir[7], à 174 km à l'ouest de Marrakech[8], et à 406 km au sud de Casablanca[9]. Essaouira est le chef-lieu de la province éponyme, au sein de la région de Marrakech-Safi. La ville est délimitée au sud et à l'est par la commune de Sidi Kaouki, au nord par la commune de Lagdadra, à l'est par la commune de Aït Saïd et à l'ouest par l'océan Atlantique[10].

Rose des vents Lagdadra Rose des vents
Océan Atlantique N Sidi Kaouki, Aït Saïd
O    Essaouira    E
S
Sidi Kaouki

Relief, géologie ou hydrographie[modifier | modifier le code]

Essaouira se trouve dans une baie de cinq kilomètres grâce à une incurvation au sud de la ville, tandis que le littoral nord de la ville est rectiligne formant un cap. La zone synclinale d'Essaouira qui fait partie du bassin d'Essaouira, est positionnée dans une zone avec faible altitude. Le relief d'Essaouira se compose d'une série de plateaux étagés où il faut s'enfoncer à 25 km pour pouvoir atteindre les 300 m. Ces plateaux sont orientés parallèlement au littoral suivant une direction méridienne. Le plateau d'Essaouira est limitée au nord par le plateau d'Akermoud, et au sud par le plateau des Ida Ou Groud. On trouve plusieurs collines couvertes d'arganiers à proximité de la ville[11].

Les îles Purpuraires au large d'Essaouira.

On trouve à l'est de la ville, un massif dunaire qui est accumulé entre la ville et le talus ouljien avec une très faible altitude allant de 25 à 45 m seulement. Le Moghrébien est la formation plio-pléistocène la plus développée qui se compose de cinq systèmes dunaires. Elles mettent en jeu le facteur éolien et sont issus de la dynamique marine. Les systèmes maarifien, ouljien et pléitocène supérieur ont été édifiés lors de phases climatiques tandis que les systèmes historique et actuel semblent consécutifs à l'anthropisation[11].

Pour l'alimentation en eau de la ville, les principales sources d'eaux souterraines viennent des nappes du Plio-Quaternaire et du Turonien qui se trouve dans le bassin d'Essaouira. La nappe du Turonien est difficilement exploitable en raison du coût élevée. Les eaux de l'Oued Ksob sont également utilisées pour l'alimentation de la population et des terres agricoles des alentours. L'Oued Ksob est un fleuve qui se situe à seulement quelques kilomètres au sud de la ville, un barrage y est construit dessus[12]. Lorsque des fortes pluies touchent les environs, ce fleuve provoque souvent des crues et inondations qui atteignent la ville d'Essaouira, et qui font donc beaucoup de dégâts[13], bien que des choses sont faites pour la construction de digues[14]. Les Îles Purpuraires, qui forment un archipel, se situent à seulement quelques centaines de mètres du rivage de la ville, et sont la principale protection de la baie contre les puissantes vagues de l'Océan Atlantique[15].

Faune et Flore[modifier | modifier le code]

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de la ville d'Essaouira est de type méditerranéen à influence océanique, du fait de son emplacement dans la côte atlantique. Il est de type Csb selon la classification de Köppen, très comparable à celui que l'on trouve à San Francisco. Contrairement aux autres villes côtières du Maroc, Essaouira profite d'un climat doux tout au long de l'année avec une température minimale moyenne entre 12 et 13 °C entre novembre et février, en raison du courant froid venant des Îles Canaries et du vent des alizés[16]. Les précipitations varient entre 300 et 400 mm/an alors que l'ensoleillement atteint environ les 3000 h/an. La saison pluvieuse s'étale d’octobre à avril et la saison sèche de mai à septembre. Les jours de pluies couvrent en moyenne 40 à 50 jours par an.

Données climatiques à Essaouira
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 12 13 13 14 15 17 18 18 18 17 15 13 15,25
Température moyenne (°C) 14,5 15 15 16 16,5 18,5 19 19,5 19,5 18,5 17 15,5 16,8
Température maximale moyenne (°C) 17 17 17 18 18 20 20 21 21 20 19 18 18,8
Ensoleillement (h) 209 205 247 264 289 291 302 291 252 234 197 198 2 979
Précipitations (mm) 52 38 40 35 9 2 0 1 3 25 73 65 343
Source : Planificateur à Contre-sens et Climatedata, statistiques sur la ville d'Essaouira[17],[18].
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
17
12
52
 
 
 
17
13
38
 
 
 
17
13
40
 
 
 
18
14
35
 
 
 
18
15
9
 
 
 
20
17
2
 
 
 
20
18
0
 
 
 
21
18
1
 
 
 
21
18
3
 
 
 
20
17
25
 
 
 
19
15
73
 
 
 
18
13
65
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Assiette phénicienne, VIIe siècle av. J.-C., retrouvée sur l'ile de Mogador, Essaouira. Musée Sidi Mohammed ben Abdallah

D'après la tradition, après la fondation de Carthage en 814 av. J.-C., des marchands puniques se dirigent vers l'extrême Occident, et passent les colonnes d'Hercule vers la côte atlantique méridionale pour y installer des échelles, des comptoirs. Ils y nouent des contacts commerciaux avec les populations indigènes, ainsi que le décrit Hérodote[19].

Plusieurs chercheurs[20] identifient l'île de Kernè (ou Cerné) décrite dans le Périple du général et navigateur carthaginois Hannon, probablement au VIe siècle av. J.-C., à l'îlot au large d'Essaouira[N 1]. Certains évoquent la fondation d'une colonie - ou le peuplement d'une colonie préexistante - par le général carthaginois, dès cette époque[20] : protégé des alizés et riche en eau potable, elle pourrait avoir servi de poste avancé sur la route du Cap-Vert et de l'Équateur.

L'archéologie atteste, en tout état de cause, d'une présence phénicienne remontant au milieu du VIIe siècle av. J.-C. sur l'îlot de Mogador, constituant la position la plus méridionale phénicienne actuellement trouvée[20]. C'est sur cet îlot distant d'un kilomètre de la ville actuelle qu'une campagne de fouilles sur la partie est a mis au jour différentes strates d'occupations, phénicienne, berbère puis romaine. La strate phénicienne, qui est composée d'un petit établissement d'un hectare, a livré parmi de nombreux fragments de vases et de tessons phénico-chypriotes et grecs[21], un vase portant des graffiti qui constituent la plus ancienne inscription phénicienne trouvée au Maroc[20] ; les fouilles révèlent un habitat sommaire qui pousse les chercheurs à envisager une occupation saisonnière et précaire du site dans ce « comptoir extrême »[22] ni base permanente, ni simple escale[21].

Le site semble avoir été abandonné à la fin du VIe siècle av. J.-C., puis à nouveau sporadiquement fréquenté au cours des IVe et IIIe siècle av. J.-C. avant de retrouver une occupation régulière à partir du règne de Juba II dans les dernières décennies du Ier siècle av. J.-C.[21].

Pièces de monnaie de l'Empire romain, datant du IIIe siècle, retrouvée sur l'ile de Mogador, Essaouira. Musée Sidi Mohammed ben Abdallah

Depuis le IIIe siècle av. J.-C., les Berbères se sont organisés en monarchie puis, en 146 av. J.-C., la région est passée sous influence romaine à la suite de la Troisième guerre punique. Rome fait un État client de ce royaume dont le souverain le plus illustre est Juba II. Ce dernier favorise l'installation de son équipage et le développement de l'industrie des salaisons et de la pourpre. C'est cette seconde activité - une production de teinture à partir d'une variété de Murex, le Bolinus brandaris, - qui explique la renommée des îles Purpuraires au large d'Essaouira durant certaines périodes de l'Empire romain. Cette couleur, chez les Anciens, était synonyme d'un rang social élevé. Déclinée en plusieurs variantes, c'était en fait la seule couleur teinte et symbolisait le pouvoir tandis que le blanc avait une symbolique religieuse[23].

En 42 ap. J.-C., Rome annexe le royaume berbère pour le transformer en province romaine de Maurétanie tingitane. Le comptoir des îles Purpuraires semble à nouveau abandonné vers cette époque avant de retrouver une activité significative vers le début du IVe siècle[21]. Les fouilles de l'îlot ont révélé une villa romaine et une nécropole datant du Bas-Empire, un semissis attestant d'une présence romaine vraisemblablement jusqu'à la fin du Ve siècle[21].

XVI-XVII siècle : Essaouira avant sa fondation[modifier | modifier le code]

Au XIe siècle, l'historien et géographe andalou d'origine égyptienne, Abou Obeid el-Bekri, mentionne Amogdul, comme étant un mouillage sûr et qui sert de port pour tout le Souss. Mais jusque-là, il n'y a aucune ville dans cet endroit, juste un port qui se trouvait dans les îles en face de la baie d'Essaouira[L 1].

Le Portugal qui contrôle plusieurs villes le long de la côte Atlantique, a rapidement des vues sur Mogador. Le Maroc qui est très affaibli à cette époque, et qui a à sa tête la dynastie des Wattassides, ne peut rejeter à la mer les puissances étrangères qui s'installent massivement sur son territoire. À partir de septembre 1506, le roi Manuel Ier de Portugal charge le portugais Duarté Pacheco Pereira d'édifier un « Castello Réal » (Château royal), ainsi qu'un port commercial[L 1]. Le but était tant économique que stratégique puisque à cette époque, des navires de cent tonneaux fréquentaient le port et l'île de Mogador. Pacheco signale dans sa lettre au souverain portugais, l'hostilité des indigènes arabo-berbères qui tentaient d'interrompre les constructions. Les remparts de Mogador étaient ornés de canons mais sa trop grande exposition la rendait vulnérable. Devant la résistance acharnée de l'organisation maraboutique des Regraga et les affrontements incessants, les Portugais évacuent Mogador le . Les pierres du Castello Réal serviront plus tard à la construction de la Sqala du port. Bien que très courte, la présence portugaise est toujours visible notamment grâce aux remparts[L 2].

Par la suite, les Saadiens établissent de nombreuses sucreries tant dans les alentours d'Essaouira que partout au Maroc[L 2]. Une importe sucrerie se trouvait près d'Essaouira et fonctionnait de 1578 à 1603 au bord de l'Oued Ksob. Le souverain Ahmed al-Mansour expédiait le sucre roux en Italie en échange de marbre de Toscane pour la construction du Palais El Badi[L 3]. Ce sont des esclaves noirs venus du Soudan qui travaillaient dans les sucreries[L 2]. Dès le début du XVIIe siècle, avec la mort du célèbre Ahmed al-Mansour, s'amorce une guerre civile entre les différents fils du souverain pour le trône. L'Espagne a des vues sur Mogador, et espère s'en emparer pour sécuriser la route des Indes, et éviter que des corsaires ne s'y installent. Les Anglais de leur coté veulent s'en emparer pour faire de Mogador une base contre l'Espagne. Vers la même époque, les sultans Zaidan el-Nasir et Abd al-Malik II projettent de fortifier le Castello Réal pour éviter que les étrangers ne s'en emparent[L 4].

Le «Castello Réal» d'après Adriaen Matham en 1641.

En 1629, l'amiral français Isaac de Razilly dirigeant une flotte composée de sept vaisseaux : La Licorne, Le Saint-Louis, Le Griffon, La Catherine, Le Hambourg, La Sainte-Anne et Le Saint-Jean, bombarde la ville de Salé et détruit trois navires. Razilly envoie ensuite Le Griffon sous les ordres du capitaine Treillebois qui commande 100 hommes encouragé par le Cardinal de Richelieu pour débarquer et occuper Mogador. L'amiral français avait déjà des vues sur Mogador et proposait une expédition sur cette zone dès 1626 après une mission de reconnaissance en 1619[L 5]. En 1628, Isaac écrit au Cardinal de Richelieu pour lui signaler la baie de Mogador[L 6]. L’expédition française est abandonnée lorsque les Français se sont aperçus que le Castello Réal était défendu par les Saadiens[L 4]. Le navire français rejoint plus tard la flotte à Salé et un traité est ensuite signé en 1631 avec Abd al-Malik II[L 5]. Les Français voulaient y organiser un comptoir et des pêcheries[L 4].

Toutefois, l'île et le rivage d'Essaouira restent cependant à peu près déserts malgré les tentatives d'invasions étrangères bien qu'en 1641, le peintre Adrien Matham, à bord d'un navire hollandais, signale l'existence d'une Kasbah abritée derrière les rochers où vivent les corsaires des Beni Antar[L 6]. Mogador reste surtout un mouillage fréquenté seulement par des navires. Sous Ismaïl ben Chérif, Mogador devient un port de refuge et une base de repli pour les corsaires qui y viennent pour réparer leurs navires[L 4].

Fondation de la ville nouvelle d'Essaouira[modifier | modifier le code]

Theodore Cornut, Essaouira, 1767.

En 1751, Sidi Mohammed ben Abdellah, alors khalifa de la Vice-royauté de Marrakech, propose à une compagnie danoise de s'installer dans l'îlot de Mogador, dans le but de développer les relations commerciales avec l'Europe. Il devient quelques années plus tard sultan du Maroc en 1757, après la mort de son père Abdallah Ben Ismaïl. Choisissant Marrakech comme capitale[L 4], il décide de fonder Essaouira puisque le Sultan voulait disposer d'un port accessible toute l'année et bien défendu contrairement aux ports du nord qui, à cause de leur ensablement, étaient inabordables en dehors de la saison des pluies. De plus, la distance entre Safi et Agadir était trop grande, laissant un grand vide et une côte non protégée aux puissances étrangères comme l'avait déjà montré l'établissement portugais en 1506. C'est pour parer à cette éventualité que le Sultan décide d'installer des fortifications dans la baie de Mogador et que grâce à un environnement favorable, des batteries de canons à feux croisés sont installées[L 7].

L'entrée du port d'Essaouira édifiée en 1770 par Ahmed El Inglizi comme il est décrit dans la sculpture ornant la façade de la porte de la marine[N 2] (photo de droite).

Les premiers travaux pour la construction de la ville commencent en 1760. En 1764, le sultan Mohammed ben Abdellah fait appel à Théodore Cornut[L 4], un architecte français à la solde des Britanniques de Gibraltar. Le sultan le reçoit avec tous les honneurs dus à un grand artiste et lui confie la réalisation de la nouvelle ville « au milieu du sable et du vent, là où il n'y avait rien ». Cornut l'Avignonnais, disciple de Vauban, et qui avait été employé par Louis XV à la construction des fortifications du Roussillon, travaille pendant plusieurs années à édifier la Kasbah et ses remparts, dont le plan original établi en 1769, est conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Cornut termine son travail par l'édification de la Kasbah, mais est congédié pour la construction des fortifications par le Sultan à la suite de ses échecs[L 8],[L 9]. Le souverain marocain construit un chantier naval et en 1768, 12 navires différents armés de 241 canons étaient présents au port[L 7]. Après un premier plan établi par le renégat anglais Ahmed El Inglizi en 1767 concernant le port et les fortifications de la Sqala[L 8], l'entrée du port et le Bab El Marsa sont édifiés par le même renégat entre 1769 et 1770[L 10]. La ville continue de s'agrandir avec le temps et plusieurs bastions et fortifications sont édifiés par plusieurs architecte dont un Gênois pour la Sqala de la Kasbah[L 9]. Le Sultan joue sur la distance entre les îles et la terre ferme de la baie pour pouvoir protéger chaque entrée de la baie que ce soit celle du nord grâce aux Borj El Âssa et Borj El Baroude, ou celle du sud à l'aide du Borj Moulay Ben Nasser et du Borj El Barmil grâce à des batteries faisant feux croisés[L 7].

La défense d'Essaouira se fait en deux styles et types de remparts : tout d'abord le style chérifien qui protège le côté terrestre de la ville rappelant les fortifications de Marrakech, puis le côté maritime de la ville par l'intermédiaire du style européen tels que le style Vauban et Manuélien par exemple[L 8].

Âge d'or et développement[modifier | modifier le code]

Pour encourager le développement d'Essaouira et pour concentrer le commerce du sud vers cette ville, le port d'Agadir est fermé en 1767. Le souverain Mohammed ben Abdellah lève ensuite en 1773, une armée en provenance de Marrakech pour mater la rébellion de la population d'Agadir hostile au Sultan. Les fortifications de la ville sont détruites, le Sultan oblige la population dont l'on compte plusieurs marchands juifs et chrétiens à rejoindre Essaouira. Le quartier de Derb Ahl Agadir voit ainsi le jour. Mohammed ben Abdellah fait ensuite venir des marqueteurs et tanneurs de Marrakech ainsi que des potiers de Safi[L 11]. Le Sultan crée ensuite un tribunal de commerce, puis en 1775, un atelier pour la frape des monnaies chérifiennes dans la Kasbah d'Essaouira[L 12].

La ville est touchée en 1799 par une violente épidémie de peste causant la mort d'environ 4 500 personnes faisant partir les chrétiens de la ville[L 13], à majorité protestants[L 14]. Alors qu'en 1779, Essaouira n'était limitée qu'à la Kasbah où vivaient l'administration royale ainsi que les consuls des pays européens. À la fin du siècle, la ville s'étend en dehors des remparts de la Kasbah dépassant la géométrie de la conception de la ville[L 15]. Plusieurs tentes et casemates donnent ainsi un visage militaire à la ville. Le Sultan renforce rapidement la ville notamment par l'envoi d'une garnison de la garde noire des Abid Al Boukhari et d'une cinquantaine de canonniers en provenance de Fès, puis de fantassins et tirailleurs qui sont recrutés au sein des tribus soumises et dans les villes[L 16]. En 1785, 2 500 hommes était présents à Essaouira devenant une « ville caserne ». La garnison de la ville était composée à cette époque de canonniers venant de Fès, de renégats assurant l'artillerie, d'anciens corsaires des Beni Antar assurant la Marine mais aussi de combattants de la tribu arabe des Chabane et de soldats de la garde noire des Abid Al Boukhari[L 11].

Vue sur la ville de Mogador en 1809.

En 1807, Moulay Slimane ordonne la création d'un Mellah car la Kasbah d'Essaouira était surpeuplée ne pouvant plus accueillir les principaux marchands que sont les juifs. La plupart des juifs sont donc déplacés dans le Mellah d'Essaouira. Le nombre de juifs était tellement important au point qu'il dépassait celui des musulmans jusqu'au début du XIXe siècle[L 11]. Deux années plus tard, James Grey Jackson déclare que la ville s'étend jusqu'à Bab Doukkala et Bab Marrakech[L 15].

Assaut sur la Mosquée de l'îlot de Mogador, .

Le , la France lance après la bataille d'Isly et le bombardement de Tanger, un assaut sous les ordres du Prince de Joinville, sur l'îlot de Mogador ainsi que la ville située à seulement 1,5 km. 500 hommes débarquent tout d'abord sur l'île où se trouvent seulement quelques forts, une prison et une mosquée[L 17],[L 18]. Toutes les batteries de l'île sont neutralisées et plus de 400 Marocains sous les ordres du Caïd El Haj Larbi Torrés sont capturés dans la mosquée de l'île[L 19], après une farouche résistance causant 14 tués et 64 blessés parmi les assaillants français[L 18]. La ville de Mogador va être bombardée quant à elle pendant 26 heures détruisant un nombre important d'habitations, avant un assaut terrestre sur le port de la ville le par environ 600 Français. Les batteries de la ville en grande partie détruites, les Français en profitent et capturent le port détruisant les dernières résistances de la ville et coulant plusieurs navires[L 20],[L 18]. La ville évacuée de ses habitants va être pillée et incendiée pendant 40 jours par des campagnards venant des tribus Chiadma et Haha[L 20],[L 21]. Le Prince de Joinville décrit l'opération au Ministère de la Marine le  :

« Le 15, nous avons attaqué Mogador. Après avoir détruit la ville et ses batteries, nous avons pris possession de l'île et du port. Soixante-dix-huit hommes, dont sept officiers, ont été tués et blessés. Je me suis occupé à placer une garnison sur l'île, et j'ai ordonné le blocus du port[L 18]. »

Attaque du port de Mogador, le

Le même jour, le consul anglais et sa famille sont évacués en échange des prisonniers marocains blessés tandis que le consul français avait déjà quitté la ville un mois auparavant[L 18]. Un an plus tard, la paix est conclue entre les deux pays, et l'échange des prisonniers a lieu le où 123 prisonniers marocains rejoignent la ville dont le Caïd El Haj Larbi Torrés[L 22]. Le Maroc stoppe son soutien à l'Émir Abdel Kader et doit reconnaître l'autorité française sur l'Algérie à la suite des traités de Tanger et de Lalla Maghnia. Les forces françaises n'évacuent Mogador que le [L 23].

En 1863, le sultan Mohammed Ben Abderrahmane donne l'ordre aux administrations de la douane de l'agrandissement de la Kasbah. Une nouvelle Kasbah voit le jour au prolongement de l'ancienne devant loger vingt-quatre maisons de commerce. Deux ans plus tard, on compte dans la ville plus de cinquante-deux maisons de commerce[L 11]. L'importance du port d'Essaouira n'a cessé d'augmenter entre le XVIIIe et XIXe siècle. Contrairement à Tanger, les navires qui fréquentaient Essaouira était de grands bâtiments pour l'époque pouvant charger près de 125 tonneaux. Le sultan Mohammed ben Abdellah a tout fait à cette époque pour mettre en sommeil les autres ports de l'Empire permettant à celui d'Essaouira, le contrôle de 50% du tonnage et de 60% du commerce maritime du Maroc. Ainsi, entre 1765 et 1865, sur les 29 000 navires ayant accosté sur les côtes marocaines, 12 000 sont allés à Essaouira[L 24].

Déclin, Protectorat, puis Après-Indépendance[modifier | modifier le code]

Suite au bombardement de Mogador, la ville entre durant la deuxième phase du XIXe siècle dans une phase de déclin, notamment parce qu'elle a été en grande partie pillée et incendiée[L 21], mais aussi parce que les négociants juifs de la ville se mettait sous la protection des consulats étrangers, prenant des distances vis-à-vis de l'Empire Chérifien, et employait en toute sécurité une technique abusive à travers le système de crédit abusif et l'échange inégal, qui pompait les ressources des campagnes alentours au profit de la France, provoquant l'hostilité des caïds de la région[L 25].

Petit à petit, les principaux établissements européens veulent de plus en plus déplacer leurs consulats hors de la ville d'Essaouira. Dès 1857, la France exprime son envie de déplacer ses principaux établissements à Casablanca. En 1896, avec l'occupation de Tindouf par la France, les caravanes venues d'Afrique subsaharienne se font de plus en plus rare, et depuis l'invention de la propulsion à vapeur, les navires européens n'étaient plus obligés de faire escale sur les côtes marocaines lors de certains voyages. Dès la fin du règne de Hassan Ben Mohammed dit Hassan 1er, Essaouira perd son rôle de port commercial international[L 25].

Avec le début du protectorat français du Maroc, la ville devient officiellement Mogador, et s'amorce le déclin du port d'Essaouira au profit des ports en eau plus profonde de Casablanca, Tanger, et Agadir, étant donné que le port d'Essaouira ne peut pas recevoir les gros bateaux modernes à fort tirant d'eau[24]. En 1926, Mogador qui est le siège d'un contrôle civile, est peuplée de 18 401 habitants dont 7 730 juifs[L 21].

Drapeau de la province d'Essaouira, créée en 1975.

À l'indépendance du pays, la ville désormais officiellement dénommée Essaouira, devient chef-lieu du cercle éponyme relevant de la province de Marrakech[25]. En 1960, dans le cadre du 1er recensement de la population du Maroc d'après-indépendance, Essaouira est peuplée de 26 392 habitants[26]. En 1965, elle est intégrée à la nouvelle province de Safi, cette fois-ci au sein du cercle des Ahmar[27]. En 1967, suite à la guerre des Six jours, la ville connait un départ massif des juifs de la ville qui s'en vont pour la majorité vivre en Israël, provoquant une importante baisse de population[28]. En 1971, Essaouira est peuplée de 30 061 habitants, connaissant une très faible hausse, due au départ massif des juifs de la ville. Elle devient à partir de cette date une municipalité à part entière[29]. La municipalité devient depuis avril 1975, chef-lieu de la toute nouvelle province d'Essaouira[30].

La ville connaît cependant une renaissance spectaculaire depuis le début des années 1990, renaissance due essentiellement au tourisme mais aussi à sa vocation culturelle. Sa médina est classée depuis 2001 au patrimoine mondial de l'UNESCO[24].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la population
Année Municipalité Ménages
1926 18 401 -
1960 26 392 -
1971 30 061 -
1982 42 035 8 873
1994 56 074 11 988
2004 69 493 16 129
2014 77 966 20 290
Chiffres : Recensement général de la population et de l'habitat, Maroc

Économie[modifier | modifier le code]

Pêche de sardines[modifier | modifier le code]

Vieux site portuaire, Essaouira (port d'Essaouira), l'ancienne Mogador des Portugais puis des Français, de proportions modestes, se voit de plus en plus concurrencée par des ports plus grands pour la pêche de la sardine sur la côte atlantique (Safi).

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est de plus en plus important à Essaouira, avec de jolis hôtels installés dans des riads marocains traditionnels dans la vieille ville. Il y a aussi des hôtels modernes le long de la plage. Essaouira est également renommée pour la pratique du windsurf et du kitesurf, grâce aux vents puissants qui soufflent presque constamment dans la baie ainsi que l'organisation annuelle d'une étape de la Coupe du Monde de Kitesurf. La corniche d'Essaouira est d'une beauté exquise, juste devant la Dzira et en face du petit port, la détente est assurée avec des écoles dédiées au surf de même que des activités liées au vent. À quelques kilomètres au sud, vers la route d'Agadir, on peut apprécier des îlots et des Riads, de même qu'une plage unique en son genre[réf. nécessaire] car encore vierge ; c'est la plage de Sidi Kaouki, situé à 25 km environ de la ville.

Tout autour on dénombre de nombreux champs d'arganier. C'est l'occasion pour les touristes de voir et d'apprécier l'huile d'argan, unique dans cette région[réf. nécessaire] et nulle part ailleurs. les remparts autour de la ville et surtout à côté du port témoignent de la période des marins portugais, la Sqala est un site unique[réf. nécessaire] que le touriste découvre à quelques minutes de la place qui abrite des cafés authentiques pour les amoureux de la musique Gnaoua. C'est d'ailleurs sur cette même place qu'on organise tous les ans le festival des Gnaouas. À partir de cette place on peut sillonner les rues de la médina et apprécier l'artisanat Souiri. On y découvre aussi, entre autres, le marché aux poissons et des épices qui valent toujours le détour, ainsi qu'une jolie petite place que l'on appelle la place aux grains et qui abrite aujourd'hui encore quelques boutiques d'artisans et des cafés aux terrasses agréables. La ville est connue pour son artisanat multiple (le travail du bois de thuya - marqueterie -, du cuir, du cuivre...etc.) mais aussi pour ses peintures aux couleurs de la mer.

Transport[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Festival et Musique[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, Essaouira était un oasis pour les hippies du monde entier. Les musiciens comme Jimi Hendrix et Cat Stevens étaient attirés par les sonorités musicales de la confrérie gnawa. Essaouira accueille, chaque été, le Festival des Gnaouas

Peintures[modifier | modifier le code]

Les artistes singuliers d'Essaouira participent au mouvement artistique de la ville.

Aujourd'hui, Essaouira se distingue dans le domaine pictural. La galerie Frédéric Damgaard notamment est devenu un lieu incontournable, créée par un spécialiste danois d'art islamique, qui encouragea dès 1969 les peintres locaux. Mohammed Tabal est le premier de ces artistes locaux à acquérir une célébrité à la fin des années 80 : ancien musicien gnaoui, il a été influencé par le mysticisme de sa confrérie. Beaucoup d'artistes locaux sont reconnus sur le plan international : Saïd Ouarzaz, Rachid Amarhouch, Abdelhaq Belhak et Regragui Bouslai... Michel Thévoz, conservateur du musée d'art brut de Lausanne, décrit ces toiles comme « échappant à toute orthodoxie » et se distinguent par la richesse des couleurs , des symboles et l'onirisme.[réf. nécessaire]

Artisanat[modifier | modifier le code]

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tajine Souiri.

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Grâce à son riche patrimoine historique, plusieurs séquences cinématographiques renommées ont été tournées à Essaouira. Orson Welles y a tourné son film Othello qui a connu un énorme succès en 1952[31]. En 2004, Ridley Scott y reconstitue la Jérusalem médiévale pour le film Kingdom of Heaven.

Dans la série Game of Thrones, la scène de la promenade des punis dans la ville d'Astapor (Saison 3) est filmée sur les remparts de la Kasbah.

Architecture et urbanisme[modifier | modifier le code]

Port[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Port d'Essaouira.

Le port de l'Antique Mogador a été l'objet de toutes les convoitises : la pourpre, extraite d'un mollusque, le murex qui était pêché au large de la ville y était activement recherchée. Les premiers à exploiter la pourpre sont les Phéniciens. D'après la légende, Cléopâtre adorait tellement la pourpre qu'elle en teignait les voiles de son navire. Les empereurs romains s'en réservaient l'usage exclusif. Aucun procédé ne permet de restituer la couleur pourpre. On dit même que les secrets d'extraction ont été perdus à jamais au Moyen Âge. Il est toujours possible à Essaouira d'acquérir de la pourpre.

Le Port d'Essaouira surnommé longtemps « port de Tombouctou » du fait qu'il était un point d’échange entre les longues pistes de commerce transsaharien et les grandes routes maritimes et qu'il servait à relier l'Afrique Noire à l'Europe et à l'Amérique, était le principal port de commerce international du Maroc entre la fin du XVIIIe siècle et la fin du XIXe siècle, mais son déclin a commencé à partir de la construction du port de Casablanca, de Tanger et d'Agadir (possédant des eaux profondes contrairement à Essaouira). Située à l'ouest de la ville, le port est aujourd'hui le troisième port de pêche sardinier du Royaume, mais aussi un important chantier naval où l'on y construit et répare des bateaux traditionnel tels que des chalutiers, des boutres, des senneurs et des palangriers par exemple.

Construit en 1770 sous le règne du Sultan Sidi Mohamed Ben Abdellah, il est protégé par la Sqala du Port reliée par le Bab El Marsa (« porte de la Marine »).

Kasbah[modifier | modifier le code]

La Kasbah est le plus ancien quartier de la ville, un quartier fortifié où étaient logés les dignitaires avant que soit construit le Mellah. Surnommé le « Quartier du Roy » par Cornut, on y accède à l'Est par la Bab Sebâa (Porte du Lion) frappée d'une inscription rappelant la fondation de la ville ordonnée par Mohammed Ben Abdellah[L 9]. À l'Ouest, on trouve le rempart qui longe l'océan, dont une partie s'est effondrée du côté nord, remplacé par une rue qui mène vers le musée[L 9]. Au nord se trouve un bâtiment nommé El Minzah, autrefois appelé l'« alcôve du café de l’Empereur »[L 9], dont la triple porte ouvre sur l'axe principal qui traverse la ville de part en part, marquant la séparation entre, à l'ouest, l'ancienne kasbah, et, à l'est, la nouvelle.

C'est dans le Nord de la Kasbah que le Sultan avait enjoint aux consuls européens et américains de bâtir - à leur frais - des maisons consulaires dont il reste encore notamment celle du Danemark dans la rue El Fettouaki et celle du consulat de France au coin de la rue Mohammed Diouri[L 14]. Enfin, au Sud se trouvait Dar Makhzen ou résidaient les douaniers du port, les commissaires priseurs (Mouhtassib) ainsi que les négociants musulmans. L'ancien entrepôt des droits de douanes - situé à la place de l'actuelle salle de basketball - a servi, au début du XXe siècle, de caserne à un régiment de tirailleurs sénégalais dont certains Gnaouas de la ville[L 26] sont encore les descendants.

Remparts et portes[modifier | modifier le code]

Vue panoramique des remparts portugais d'Essaouira.

Portes[modifier | modifier le code]

Édifice Époque Style Localisation Descriptions Remarques Image
Bab Doukkala Alaouite
Bab Marrakech Alaouite
Bab Al Bahar
Bab Al Jihad
Bab Laachour
Bab Sbaa Alaouite
Bab Sbaa
Bab El Menzeh
Bab El Menzeh
Bab El Marsa (Porte de la Marine) 1769-1770 Vauban Près du Port d'Essaouira. Construite entièrement à partir de pierre taillée[32]. Porte permettant l'accès au Port d'Essaouira sous le règne de Sidi Mohamed Ben Abdallah. Le renégat Ahmed El Inglizi en est l'auteur.
Bab El Marsa

Borjs et édifices militaires[modifier | modifier le code]

Édifice Époque Style Localisation Descriptions Remarques Image
Sqala de la Kasbah 1765 Vauban Située à l'ouest de la Médina d'Essaouira. Servant de dépôt d'armes. Un nombre important de canons espagnols des XVIIIe et XIXe siècle font face à l’océan. Des canons portugais et allemands sont également présents. Elle a été construite par Théodore Cornut, ou bien par un Gênois[32].
Sqala de la Kasbah
Sqala du Port 1806 Manuélin Située dans le port d'Essaouira. Plateforme d’artillerie destinée à protéger la ville et son port. Les pierres de l'ancien Château royal portugais ont été utilisés pour la construction de la Sqala. Le Borj El Barmil se trouve dans cette Sqala[32].
Sqala du Port
Borj El Âssa (Bastion de Surveillance) Situé au sud de l'îlot de Mogador. Ce Bastion permettait la défense de l'accès sud de la baie avec le Borj El Baroude.
Borj El Baroude (Bastion de la Poudre) Situé près de la ville d'Essaouira. Il n'y a plus de traces concernant ce Bastion qui a totalement disparu. Isolée, il servait de magasin de poudre d'où son nom. Il permettait avec le Borj El Âssa, la défense de l'accès sud de la baie.
Borj Moulay Ben Nasser (Bastion Moulay Ben Nasser) Situé au nord de l'îlot de Mogador. Bastion permettant la défense de l'accès nord de la baie avec le Borj El Barmil.
Borj El Barmil (Bastion Circulaire) Vauban Situé dans le port d'Essaouira. Tour d'angle carrée permettant de voir l'horizon de tous les côtés grâce à ses échauguettes aux 4 points cardinaux. Le Bastion se situe dans la Sqala du Port. Le Borj Moulay Ben Nasser est juste en face de l'autre coté de la baie et avec le Bastion Circulaire permettait la défense de l'accès nord de la baie.
Borj El Barmil
Borj Bab Marrakech (Bastion de la Porte de Marrakech) Situé au sud-est de la Médina d'Essaouira. La défense de l'accès sud-est de la Médina se faisait par ce Bastion.
Borj Moulay Mhamed (Bastion Moulay Mhamed) Situé au sud-est de la Médina d'Essaouira. Le Borj Moulay Mhamed défendait l'est de la Médina.
Borj Mellah (Bastion du Mellah) Situé au nord-est de la Médina d'Essaouira. Le Borj Mellah défendait l'accès à la côte nord-est de la Médina.
Borj El Oued (Bastion de la Rivière) XVIIIe siècle Situé près de l'Oued Ksob. Initialement construit à l'époque des phéniciens et carthaginois, la forteresse finit par tomber. C'est qu'au XVIIIe siècle, que le sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah décide d'y reconstruire un bastion. Le Borj disparaît à la suite d'une désastreuse inondation de l'Oued Ksob le .

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

La ville compte plusieurs édifices religieux :

- La mosquée Sidi Ben youssef qui fait la liaison entre la médina et la Kasbah

- L'église Notre Dame de L'Assomption, construite en 1936 par des pères Espagnols, dans une petite rue en parallèle de la plage.

Établissements culturels[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Essaouira est une ville sportive. Elle est dotée d'un club de Basket réputé, l'Amal Sportive d'Essaouira. Ce club fondé en 1920, se trouve en première division nationale[33]. Pour ce qui est du football, sport le plus populaire du pays, Essaouira ne possède pas de clubs en 1er et 2e division. L'ASS Essaouira et le FC Mogador Essaouira sont les principaux clubs de la ville.

Mais, la particularité climatique d'Essaouira est le vent, fort l'été, adapté à la pratique du windsurf et du kitesurf[34], et sa position géographique au centre du triangle d'or du surf marocain, est un point fort pour ces pratiques[35].

De nombreux clubs se trouvent dans la ville pour la pratique du surf, du windsurf et du kitesurf dont parmi-eux :

Éducation[modifier | modifier le code]

La ville d'Essaouira comporte un établissement d'enseignement supérieur technologique public, c'est L'École Supérieure de Technologie d'Essaouira qui fait partie du réseau des écoles supérieures de technologie et relève de l'Université Caddi Ayyad.

Personnalités liées à Essaouira[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Essaouira.

Personnalités littéraires, culturelles et artistiques[modifier | modifier le code]

Personnalités sportives[modifier | modifier le code]

Personnalités politiques[modifier | modifier le code]

Jumelages et partenariats[modifier | modifier le code]

Villes jumelées
Pays Ville Date de jumelage Héraldique Site web de la ville Image de la ville
Drapeau de la France France La Rochelle 1999 Blason ville fr LaRochelle 17.svg Ville La Rochelle (en français) La Rochelle Vieux-Port.JPG
Drapeau de la Belgique Belgique Etterbeek 2003 Blason ville be Etterbeek.svg Administration communale d'Etterbeek (en français) EtterbeekRueDesBoers.jpg
Drapeau : Sénégal Sénégal Île de Gorée 2005 Mairie de Gorée (en français) Ile gorée.jpg
Drapeau de la République populaire de Chine Chine Changshu 2012 Changshu City (en chinois)
Drapeau de la France France Saint-Malo Blason ville fr Saint-Malo.svg Ville Saint-Malo (en français) Saint-Malo depuis la rade - juin 2010-2.jpg

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Certains auteurs identifient pour leur part Kernè sur une île de l'oued Sebou
  2. L'inscription en arabe ornant la façade de la Porte Marne d'Essaouira dit: "Louange à Dieu. Cette porte, ordonnée par le glorieux des rois, Sidi Mohammed ben Abdallah, a été construite par son serviteur Ahmed Laâlaj en l'an 1184H/1770.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

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  2. a, b et c Mana 2005, p. 22
  3. Mana 2005, p. 23
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  5. a et b Houtsma 1987, p. 549
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  7. a, b et c Mana 2005, p. 30
  8. a, b et c Mana 2005, p. 31
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  10. Dorothy 1971, p. 35
  11. a, b, c et d Mana 2005, p. 44
  12. Mana 2005, p. 41
  13. Mana 2005, p. 40
  14. a et b Mana 2005, p. 34
  15. a et b Mana 2005, p. 42
  16. Mana 2005, p. 43
  17. Mana 2005, p. 50
  18. a, b, c, d et e Paterson 1844, p. 520
  19. Richardson 2007, p. 83
  20. a et b Houtsma 1987, p. 550
  21. a, b et c Robinet 2015, p. 17
  22. Mana 2005, p. 51
  23. Timothyor 2009, p. 422
  24. Mana 2005, p. 47
  25. a et b Mana 2005, p. 53
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Références[modifier | modifier le code]

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  13. « Essaouira renforce son réseau d’eau potable », sur L'Economiste.com (consulté le 1 septembre 2014)
  14. « La ville bientôt protégée des crues du Ksob Construction de quatre digues Montant de l'investissement: 12,5 millions de DH 10 mois pour la première phase des travaux », sur Maghress.com (consulté le 1 septembre 2014)
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  20. a, b, c et d Véronique Krings, La civilisation phénicienne et punique, éd. Brill, 1995, p. 779 et suiv., extrait en ligne
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  22. Fernando Lopez Pardo, Mogador, « factoria extrema », y la cuestion del comercio fenicio en la costa atlàntica africana, in V Congrès International d'Histoire et d'Archéologie de l'Afrique du Nord, Avignon, 1990, p. 277-296
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  31. Didier Péron, « Orson Welles dans les ruelles d'Essaouira », Libération,‎
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Francophone[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

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  • (en) Haydn Joseph Timothyor, Dictionary of Dates, and Universal Reference, Relating to All Ages and Nations; Comprehending Every Remarkable Occurrence, BiblioBazaar,‎ , 734 p. (ISBN 978-1-110-28960-8) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) James Richardson, Travels in Morocco (Complete), Echo Library,‎ , 208 p. (ISBN 978-1-4068-3889-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • (en) Martijn Theodor Houtsma, E.J. Brill's First Encyclopaedia of Islam 1913-1936, BRILL,‎ , 605 p. (ISBN 978-90-04-08265-6, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
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Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]