Koceila

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Koceila
Titre
Chef des Awraba
660686
Prédécesseur Yabdas
Successeur Kahena
Biographie
Nom de naissance Aksil
Date de naissance 640?
Lieu de naissance Aurès
Date de décès 686
Lieu de décès Mems près de Kairouan (Tunisie)
Résidence Aurès

Koceila (ou Kusayla),nomé aussi Caecilius,chef de la tribu berbère Awraba et de la confédération des Sanhadja au VIIe siècle. Les Amazighs (berbères) l'appellent Aksil. Chrétien, Koceila fut chef de la résistance à la conquête musulmane du Maghreb. Ensuite, il se convertit à l'islam, puis il s'oppose radicalement à Oqba Ibn Nafi Al Fihri, le chef Amazigh prend Kairouan des mains omeyyades. Il sera tué en 686 lors d'une bataille contre les Omeyyades. Une femme, Dihya, surnommée la Kahena (ou la Kahina) reprendra la lutte contre les omeyades.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Son nom est orthographié de différentes façons par les auteurs musulmans : KWSYLT (Kûsîla(h)), Kosayla, Qosayla, Uksayl, Kusila. On l'a rapproché du nom latin Caecilius (cognomen très répandu en Afrique Romaine et à Volubilis), prononcé Kaïkilyus en latin classique et évolution du ci (ki) en ci (si) en latin tardif et dans les langues romanes (cf. en français Caecilia : Cécile. et entendu par les Arabes « Kacilia »). C'est une hypothèse vraisemblable si on admet que Koceila était chrétien; mais son nom peut aussi provenir du tamazight (berbère). Les différents dialectes amazighs de l'Aurès, dont serait issu Kusila, connaissent de nos jours une racine KSL dont dériverait aksel, le nom du guépard. Un autre nom amazigh du guépard, aghilas / ghilas, est aussi employé comme nom propre au mont Chenoua, à l'ouest d'Alger et dans le grand Sud signifiant « lionceau ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Koceila, s'opposant à la progression des omeyades, est décrit comme le chef de la puissante tribu des Awraba des Aurès en Algérie.

À la suite de la défaite à la bataille d'Al Alurit, aux sources de Tlemcen, Koceila s'est converti à l'islam (675). Il aurait réussi à gagner la confiance du chef musulman Abû al Muhadjîr Dinâr et serait devenu même l'un de ses proches collaborateurs.

En 681, Uqba Ibn Nafi'ê, ce conquérant de l'Afrique du Nord, rappelé quelques années plus tôt en Orient, revint au Maghreb. Il se serait vengé de son successeur Abû Dinâr et aurait traité avec dureté Koceila[1]. Il l'aurait fait couvrir de chaînes et l'aurait traîné comme un trophée vivant tout au long de sa chevauchée à travers le Maghreb.

« Parmi les traits insultants qu'il se serait permis envers lui, on raconte le récit suivant : il venait de recevoir des moutons et, voulant en faire égorger un, il ordonna à Koceila de l'écorcher"
« Que Dieu dirige l'émir vers le bien ! dit le chef Amazigh, j'ai ici mes jeunes gens et mes serviteurs qui pourront m'éviter cette peine »
Uqba lui répondit par des paroles offensantes et lui ordonna de sortir : Koceila se retira avec colère et ayant égorgé le mouton, il essuya sa main encore sanglante sur sa barbe.
Quelques Arabes s'approchèrent alors et lui dirent : « Que fais-tu Amazigh ? »
À quoi il répondit: « Cela est bon pour les poils »
Mais un vieillard d'entre les Arabes passa et s'écria : « Ce n'est pas la raison, c'est une menace que cet Amazigh vous lance ! »
Alors, Abu Muhadjir Dinar s'adressa à Uqba et lui dit : « Que viens-tu de faire ! Voilà un homme des plus distingués parmi son peuple, un homme qui était encore polythéiste il y a peu de temps et tu prends à tâche de faire naître la rancune dans son cœur ! Je te conseille maintenant de lui faire lier les mains derrière le dos, autrement tu seras victime de sa perfidie. »» (D'après Al-Nowaïri.)[2]

Koceila aurait réussi, en effet, à s'enfuir et à rejoindre ses hommes. Il aurait abjuré l'islam et, s'alliant aux Byzantins, il aurait repris, à la tête d'une importante armée, la guerre contre les omeyyades.

Il aurait surpris Uqba près de Tehuda, non loin de Biskra et, après une terrible bataille, il l'aurait tué ainsi que la plupart de ses hommes (683)[2].

Suite à sa marche et à sa prise de Kairouan, la place forte des omeyades, il aurait berbérisé son nom en « Taqirwant » [2],[3] et fit de Kairouan sa capitale. Il se fit couronné et aurait régné pendant trois ans, de 683 à 686, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, à la bataille de Mems, près de Kairouan. Son autorité aurait été reconnue selon l'avis même de certains auteurs musulmans ; il aurait traité avec justice ses sujets Amazighs et musulmans et aurait laissé ces derniers pratiquer librement leur religion[2],[3].

Cependant, Koceila n'aura réussi à regrouper les Amazighs et à créer un état à Kairouan que de 683 à 686. En 686, le calife Abd al Malek envoya des renforts avec pour mission de reprendre Kairouan. Le chef Amazigh, devant l'importance des forces ennemies, se replia, appelant à l'aide diverses tribus chaouis des Aurès et les Byzantins, mais il ne reçut pas les renforts attendus. Les musulmans, plus nombreux, remportèrent finalement la victoire. Koceila fut tué et les Amazighs furent dispersés.

Quelques années plus tard, la région s'enflamme de nouveau, avec cette fois-ci, une femme à la tête de la résistance, la Kahina. Selon Ibn Khaldoun, Dihya, (la Kahina) a vengé la mort de Koceila en ordonnant de tuer Oqba Ibn Nafi Al Fihri après la victoire de Oued Nini[4],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire des Berbères, Ibn Khaldoun, p. 211 Livre en ligne
  2. a, b, c et d http://matoub.kabylie.free.fr/histoire-kabyle.htm
  3. a et b http://membres.lycos.fr/cercleauressiens/IMG/_article_PDF/article_4.pdf
  4. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères , partie des Zénètes, traduit par Slane, édition Berti, Alger 2003
  5. [PDF]http://membres.lycos.fr/cercleauressiens/IMG/_article_PDF/article_4.pdf[réf. incomplète]