Natoufien

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Le Natoufien est le nom donné à une culture de l'Épipaléolithique final, attestée au Levant entre 12 500 et 10 000 av. J.-C[1]. et caractérisée par les premières expériences de sédentarisation.

Aire géographique[modifier | modifier le code]

Le Natoufien est une culture du Proche-Orient dont les sites ont été découverts dans les régions bordant la côte méditerranéenne de l'Asie (notamment près du Mont Carmel et dans le Néguev). Plus précisément dans la région s'étendant au sud du Taurus jusqu'au Sinaï.

Le site éponyme est Ouadi en Natouf en Cisjordanie. Les premiers témoignages de la culture natoufienne y ont été découverts par l'archéologue britannique Dorothy Garrod, en 1928.

Chronologie[modifier | modifier le code]

Dans l'aire géographique qui est la sienne, le Natoufien marque la transition entre la fin de l'Épipaléolithique et le début du Néolithique. La culture natoufienne y succède au Kébarien et précède le Khiamien.

Les datations par le carbone 14 donnent des résultats compris entre 14 500 et 11 500 ans BP[2].

Cette période est divisée en 2 sous-périodes :

  • Natoufien ancien (14 500 à 12 800 BP)
  • Natoufien récent (12 800 à 11 500 BP)

L'industrie natoufienne[modifier | modifier le code]

Les sites natoufiens ont notamment permis de trouver des lames de faucille en silex et des outils de broyage (meules, molettes, pilons et mortiers).

La technique du polissage de la pierre apparaît à cette époque et est d'abord réservée aux objets de parures avant d’être parfois utilisée pour l'outillage.

Par rapport à la période précédente, le Natoufien se caractérise aussi par un usage plus important de l’os, notamment dans l'outillage et comme support éventuel de représentations figurées, humaines ou animales.

Les villages natoufiens et les débuts de la sédentarisation[modifier | modifier le code]

Mur de maison natoufienne à El Wad, sur le flanc ouest du Mont Carmel

Les Natoufiens semblent avoir été à l'origine des premiers villages occupés de manière permanente. On y trouvait de petites maisons de plan circulaire ou ovale (de 3 à 4 mètres de diamètre), plus ou moins creusées dans le sol et généralement construites en bois et en terre, parfois ce sont des grottes aménagées ou des villages de plein air. Le périmètre des fondations pouvant atteindre 30m. Chacun disposait d'un foyer et souvent d'un billot de pierre servant probablement à la préparation de certains aliments. Un village pouvait comporter en moyenne une cinquantaine d'habitations, ce qui laisse estimer la population à environ 200 ou 300 habitants[3]

Cet habitat édifié en dur paraît témoigner d'une volonté de continuité dans l’installation incompatible avec le nomadisme permanent, mais pas forcément avec le semi-nomadisme : ces populations reviennent régulièrement.

Les villages natoufiens connurent des temps difficiles à partir de 10 800 av. J.-C.. Les températures de la région chutèrent soudain de 7 °C. Une miniglaciation dura 1 200 ans. Elle imposa des conditions climatiques plus sèches dans tout le Croissant fertile. Les habitats des animaux et les terres cultivables se rétrécirent. Certains villages devinrent tout à coup trop peuplés au regard de la nourriture disponible localement. Nombre de villageois redevinrent des chasseurs-cueilleurs semi-nomades, parcourant de nouveau la région à la recherche de nourriture.

À proximité des grands sites, on en a découvert de plus petits, éloignés d’une trentaine de kilomètres, ressemblant à ceux du Kébarien et au niveau desquels aucun matériel lourd n'a été retrouvé.

Chasseurs-cueilleurs ou premiers agriculteurs?[modifier | modifier le code]

La présence de lames de faucilles en assez grand nombre montre que les Natoufiens avaient coutume de couper des plantes. On pense qu'ils ont participé aux prémices de laNéolithisation du Proche Orient.

On perçoit plutôt aujourd'hui les Natoufiens comme des chasseurs-cueilleurs pratiquant abondamment la récolte de céréales sauvages comme l'amidonnier (ou blé emmer). Outre ces céréales, les Natoufiens se nourrissaient aussi des produits de la chasse (gazelles, bœufs, sangliers) et de la pêche (les villages étaient souvent proche de plans d'eau).

Les sépultures natoufiennes[modifier | modifier le code]

Sépulture natoufienne à El Wad, sur le flanc ouest du Mont Carmel

Les Natoufiens avaient pour coutume d’ensevelir séparément les crânes, à côté ou à l'intérieur de silos.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ces dates proviennent de  : Préhistoire, Jean-Marc Perino 2013, p. 192
  2. Munro, Natalie D. (2003). "Small game, the Younger Dryas, and the transition to agriculture in the southern Levant", Mitteilungen der Gesellschaft für Urgeschichte 12: 47-71, p. 48.
  3. Préhistoire, Jean-Marc Perino 2013, p. 192

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Cauvin, Naissance des divinités, naissance de l'agriculture: la révolution des symboles au Néolithique, 1994 (réédité par Flammarion, collection "Champs", 1998, (ISBN 2-08-081406-0))
  • Laure Dubreuil, Étude fonctionnelle des outils de broyage natoufiens, 2002 (thèse de doctorat disponible en ligne)
  • Fanny Bocquentin, Pratiques funéraires, paramètres biologiques et identités culturelles au Natoufien, 2003 (thèse de doctorat disponible en ligne)
  • Jean-Marc Perino (dir.), Préhistoire : de Toumaï et Lucy à Ötzi et Homère, MSM,‎ 2013, 200 p. (ISBN 978-2205-06297-7) et ISBN 978-2-35080-126-1, Ouvrage de synthèse couvrant une longue période et l'espace global, clair et pratique, avec les participations des meilleurs spécialistes.
  • Laurent Sacco, « Une chamane de 12.000 ans découverte en Israël ! », sur Futura-Sciences,‎ 27 novembre 2008