Robert Castel (sociologue)

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Robert Castel

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Biographie
Naissance 27 mars 1933
Saint-Pierre-Quilbignon aujourd'hui quartier de Brest
Décès 12 mars 2013 (à 79 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France Français
Thématique
Formation Université de Paris (La Sorbonne)
Titres Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales
Approche études des transformations de l'emploi, de l'intervention sociale et des politiques sociales
Travaux * 'Le psychanalysme : l'ordre psychanalytique et le pouvoir (1973)
  • L'ordre psychiatrique (1977)
  • Les métamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat (1985)
  • L'insécurité sociale : qu'est-ce qu'être protégé ? (2003)

Robert Castel est un sociologue français, né le 27 mars 1933[1] à Saint-Pierre-Quilbignon, aujourd'hui quartier de la ville de Brest et mort le 12 mars 2013[2],[3], à Paris. Il était spécialisé en sociologie du travail et travaillait notamment sur des thèmes relatifs à l'exclusion sociale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Robert Castel est le père de Philippe Castel et d'Hélène Castel[4].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Robert Castel passe l'agrégation de philosophie en 1959. Il est ensuite maître-assistant de philosophie à la Faculté des lettres de Lille jusqu'en 1967, année où Raymond Aron lui propose de le rejoindre à la Sorbonne. C'est dans ces années là qu'il rencontre Pierre Bourdieu, avec qui il commence à travailler, abandonnant la philosophie pour la sociologie.

Après mai 68, il enseigne au département de sociologie de l'Université de Vincennes, qui deviendra plus tard l'Université Paris 8.

Sociologie critique de la psychiatrie et de la prise en charge des malades mentaux[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970 et au début des années 1980, il s'intéresse à la psychanalyse et à la psychiatrie, ainsi qu'au traitement et à la prise en charge des malades mentaux, en établissant une sociologie critique de ces questions et en se rapprochant de Michel Foucault, dont il reprendra l'approche généalogique. Ces recherches aboutiront à une thèse d'État ès lettres et sciences humaines, soutenue en 1980. Il est à l'origine de la constitution du Groupe d'analyse du social et de la sociabilité (GRASS).

Apport à la sociologie et à l'histoire du travail[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980 et 1990, il s'intéresse au travail, en relation avec les transformations de l'emploi, l'intervention sociale et les politiques sociales. Directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) depuis 1990, ses œuvres, depuis Les métamorphoses de la question sociale, analysent la constitution de la société salariale, puis son effritement à partir du milieu des années 1970 et ses conséquences : l'exclusion (ou plutôt ce qu'il appelle la désaffiliation), la vulnérabilité et la fragilisation qui frappent les individus « par défaut ». Il veut ainsi comprendre comment le salariat, qui fut d'abord une position méprisée, s'est petit à petit imposé comme modèle de référence et s'est progressivement associé à des protections sociales, et à la notion de propriété sociale, créant un statut constitutif d'une identité sociale qui sera ensuite mise en question par les transformations sociales qui auront lieu après la crise de années 1970.

Il dirige le Centre d'étude des mouvements sociaux (EHESS-CNRS) jusqu’en 1999.

Ses œuvres les plus récentes constatent la montée croissante des incertitudes et des risques dans les sociétés contemporaines, conséquence du passage à un "nouveau régime du capitalisme" auquel la précarité croissante serait consubstantielle.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le psychanalysme : l'ordre psychanalytique et le pouvoir, Éditions Maspero, Paris, 1973 (rééditions 10-18, 1976 et Champ-Flammarion, Paris, 1981).
  • L'ordre psychiatrique, Éditions de Minuit, Paris, 1977.
  • La gestion des risques, Éditions de Minuit, Paris, 1981.
    • La gestion des risques : de l'antipsychiatrie à l'après psychanalyse., Éditions de Minuit, Paris, 2011.
  • La société psychiatrique avancée : le modèle américain, (avec F. Castel et A. Lovell) Grasset, Paris, 1979.
  • Les métamorphoses de la question sociale : une chronique du salariat, Fayard, Paris, 1995, réédition Folio-Gallimard, Paris, 2000.
  • Propriété privée, propriété sociale, propriété de soi (avec Claudine Haroche), Paris, Fayard, 2001.
  • L'insécurité sociale : qu'est-ce qu'être protégé ?, Éditions du Seuil, 2003.
  • La discrimination négative, Paris, La République des idées/Seuil, 2007.
  • Présentation du livre Asiles : études sur la condition sociale des malades mentaux de Erving Goffman, Les éditions de Minuit, 2007.
  • La montée des incertitudes : travail, protections, statut de l'individu, Paris, Éd. du Seuil, 2009.
  • Nous avons quelque chose à vous dire... Paroles des jeunes des quartiers, Paris, l'Harmattan, 2010 (avec J.-L. Reiffers, et avec la participation de S. Menu).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Robert Castel », sur leseditionsdeminuit.com (consulté le 12 avril 2011).
  2. « Décès du sociologue Robert Castel, spécialiste du monde du travail », sur la-croix.com, La Croix,‎ 13 mars 2013.
  3. Jean-François Laé, « Robert Castel, cinquante ans de pugnacité sociologique », sur mediapart.fr.
  4. Pascale Robert-Diard, « Je me sentais beaucoup plus en exil qu'en cavale. Mais l'exil, c'est douloureux avec le temps. », Le Monde, 20 janvier 2006, consulté le 6 février 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]