Démographie du Maroc

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La démographie du Maroc est l'ensemble des données et études concernant la population du Maroc à toutes les époques. Ces données sont gérées par le Haut Commissariat au Plan (HCP). Le dernier recensement officiel évalue la population du Maroc à 33,8 millions d'habitants auxquels il faut ajouter la diaspora estimée à 4,5 millions de personnes[1].

Démographie du Maroc
Pyramide des âges du Maroc en 2005
Pyramide des âges du Maroc en 2005
Dynamique
Population (2014) 33 848 242 hab.
Accroissement naturel 1,054 %
Indice de fécondité 2,19 enfants par
Taux de natalité 18,97 ‰
Taux de mortalité 4,76 ‰
Taux de mortalité infantile 26,49 ‰
Espérance de vie à la naissance 71,9 ans
Âge médian
Homme 26,3 ans
Femme 27,4 ans
Structure par âge
0-14 ans 27,8 %
15-64 ans 66,1 %
65 ans et plus 13 689,1 %
Rapport de masculinité
À la naissance 105 /100
Moins de 15 ans 103 /100
15-64 ans 096 /100
65 ans et plus 083 /100
Migration
Solde migratoire -3,67 ‰
Composition linguistique
Arabe (officielle)  
Berbère (officielle)  
Français  
Espagnol  
Composition ethnique
Berbère[2] 60 %
Arabe 25 %
Européen et Africain 15 %
Composition religieuse
Islam 99,7 %
Judaïsme 0,2 %
Christianisme 0,1 %

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

La population du Maroc était d'environ 6 millions en 1900. Elle a connu une croissance très rapide au cours du XXe siècle, le taux de croissance démographique dépassant les 3 % par an dans les années 1950. Le pic de croissance maximale a atteint 3,3 % par an entre 1952 et 1960. Il a ensuite diminué, revenant à 1,38 % entre 1994 et 2004 puis 1,25 % entre 2004 et 2014, un taux de croissance équivalent à la moyenne mondiale.

En 1981, le Maroc compte officiellement 20 millions d'habitants [3].

En 2004, le Maroc compte officiellement 29,6 millions d'habitants [4]

En 2014, le Maroc compte officiellement 33,8 millions d'habitants [1].

Transition démographique[modifier | modifier le code]

Le Maroc connait une transition démographique extrêmement rapide, il passe entre 1982 et 2004 de 5,5 à 2,5 enfants par femme [5]. Ainsi, le Maroc a réalisé en 22 ans ce que la France avait mis 160 ans à achever [5] [6].

Cette baisse de la fécondité se manifeste de manière distincte selon le milieu de résidence et la classe sociale.

Entre 1962 et 2004 en milieu urbain l’indice de fécondité baisse de 5,5 enfants par femme en passant de 7,6 à 2,1 . En milieu rural, cet indice a baissé de 3,8 enfants en passant de 6,9 enfants par femme à 3,1 enfants par femme.

En 2009 l’indice de fécondité a atteint 2,2 enfants par femme au niveau national. Il est de 2,7 enfants pour les femmes n’ayant pas été scolarisées, de 2 enfants pour les femmes dont le niveau scolaire ne dépasse pas le primaire et de 1,4 enfants seulement pour les femmes qui ont le niveau secondaire et plus [7].

Nombre d’étrangers[modifier | modifier le code]

Le Maroc connait un nombre croissant de ressortissants étrangers, en particulier subsahariens depuis le début des années 2000. Selon le HCP, le Maroc compte en 2014 environ 80 000 étrangers sur son territoire.

Répartition géographique de la population[modifier | modifier le code]

La population urbaine a fortement progressé au Maroc depuis 1950. Le taux de population urbaine au Maroc est passé de 10 % en 1926 à 55 % en 1998. Selon les chiffres du HCP, le Maroc compte 55,1% d'urbains en 2004. En 2014 ce chiffre atteint 60% [8]. En 2014, plus d'un tiers de la population marocaine habite désormais sur l'axe Casablanca-Kénitra.

Santé[modifier | modifier le code]

Mortalité infantile[modifier | modifier le code]

Le taux de mortalité maternelle dans le pays a chuté de 67 % entre 1990 et 2010 et le taux de mortalité des moins de cinq ans chuté de 60 % entre 1990 et 2011 [9]

Espérance de vie[modifier | modifier le code]

En 2012, l’espérance de vie moyenne au Maroc est de 75 ans contre 65 ans en 1987.

Ce chiffre cache cependant de très fortes disparités géographiques et sociales.

Les marocains habitant dans les grandes villes vivent, en moyenne, cinq ans de plus que les ruraux. L’espérance de vie à la naissance en milieu urbain est ainsi de 77 ans contre 72 ans en milieu rural. De plus, les marocains ayant un niveau d’éducation modeste ont tendance à fumer, consommer des quantités élevés de sucre, et avoir des conditions de travail difficiles ce qui diminue leur espérance de vie.

Les 2 premières causes de mortalité au Maroc sont désormais les maladies cardio-vasculaires [10] suivies des cancers.

Projections[modifier | modifier le code]

Conséquences politiques[modifier | modifier le code]

En 2006, le gouvernement marocain demande au démographe Youssef Courbage de l'INED et à l'historien Emmanuel Todd de réaliser une étude sur l'évolution de la société marocaine. L'étude affirme que en matière de démographie, le Maroc est un pays exceptionnel car il est l’un des premiers à avoir amorcé sa transition démographique dès 1975. L’étude souligne que la chute de la natalité des femmes marocaines bouscule le conservatisme social traditionnel et aura des conséquences politiques :

  • "Avant la baisse de la tension démographique, doit être envisagée une période de tension sociale, durant laquelle la hausse du niveau éducatif et celle du niveau d’aspiration sociale de la population jeune, n’impliquent aucune amélioration de sa situation économique. Le problème est que le Maroc allie deux éléments de structure sociale contradictoires et générateurs de tension : un régime démographique de plus en plus occidentalisé avec un système de relations entre les sexes largement traditionnel (insistance sur la virginité de la femme, réprobation des relations sexuelles avant le mariage, prohibition du concubinage). Les implications psychologiques et politiques sont sérieuses dans un pays qui compte dans ses villes, 1,3 million de jeunes célibataires? La transition de la fécondité et l’entrée dans la modernité comportent quelques « déstabilisations », telles que l’érosion du modèle familial patriarcal, l’émergence des femmes dans la sphère publique avec les progrès de leur scolarisation et, enfin, la contradiction entre une liberté individuelle accrue offerte par la contraception et la croissance vertigineuse du nombre des célibataires, hommes et femmes. C’est au regard de ces évolutions que doivent s’analyser les phénomènes d’anxiété religieuse ou idéologique conjoncturels que l’on observe au Maroc"
  • "En 1991, lors de la poussée islamiste, l’Algérie vivait une chute de fécondité d’une extrême brutalité. Tous les éléments de désorientation psychologique jouaient donc en même temps. Au Maroc, la maîtrise de la fécondité qui date de 1975 est irréversible. On ne peut envisager une tension du niveau de celle qui a déstabilisé l’Algérie"
  • "La scolarisation de masse transforme les relations verticales, entre aînés et jeunes, et horizontales, entre hommes et femmes. On doit imaginer, au-delà de la phase transitoire de déstabilisation et de désorientation des comportements, l’émergence d’une société plus égalitaire et plus ouverte. Les nouveaux modes d’union permettront de brasser les populations en rapprochant des conjoints venus d’horizons divers. Ces changements favoriseront l’avènement d’une classe moyenne plus consistante et d’une société plus égalitaire. En fait, la mutation démographique annonce, à moyen terme, l’avènement d’une société plus mûre pour la démocratie"

Répartition spatiale[modifier | modifier le code]

Selon le ministre marocain de l'Habitat Mohamed Nabil Benadbdallah (PPS) le Maroc devrait atteindre en 2022 environ 75% d'habitants urbains [8].

Selon une étude du HCP, le Maroc atteindrait les 60% d'habitants urbains en 2030[11].

Taux de fécondité[modifier | modifier le code]

Selon un rapport du Conseil d'Analyse Économique français destiné au premier ministre français : "Au rythme actuel, il semble vraisemblable que la France et le Maghreb verront leurs niveaux de fécondité converger dans un avenir proche [12]" .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]