Salé

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Salé
سلا
Blason de Salé
Héraldique
Vues de Salé.
Vues de Salé.
Noms
Nom arabe سلا
Nom tifinagh ⵙⵍⴰ
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Rabat-Salé-
Zemmour-Zaër
Préfecture Salé
Maire
Mandat
Noureddine Lazrek (RNI)
(2009-2015)
Gouverneur Mustapha Khedri
(2014-)
Code postal 11000
Démographie
Gentilé Salétin (fém. Salétine)
Population 760 186 hab. (2004)
Densité 8 738 hab./km2
Population de l'agglomération 1 613 615 hab. (2004)
Densité 1 266 hab./km2
Population de la préfecture 823 485 hab. (2004)
Densité 1 225 hab./km2
Géographie
Coordonnées 34° 01′ 46″ N 6° 50′ 09″ O / 34.0295, -6.83595 ()34° 01′ 46″ Nord 6° 50′ 09″ Ouest / 34.0295, -6.83595 ()  
Altitude 11 m (min. : 03 m) (max. : 60 m)
Superficie 87 km2
Superficie de l'agglomération 1 275 km2
Superficie de la préfecture 672 km2
Fuseau horaire GMT (UTC+0)
Divers
Saint patron Sidi Abdellah ben Hassoun
Surnom(s) La mal-aimée du Bouregreg
Localisation
Carte de la ville de Salé
Carte de la ville de Salé

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Salé

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Salé
Liens
Site web www.villedesale.ma/fr/

Salé (en arabe : سلا ; en tifinagh : ⵙⵍⴰ) est une ville et commune du Maroc, chef-lieu de la préfecture de Salé, au sein de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër. Elle est située au bord de l'océan Atlantique, sur la rive droite (nord) de l'embouchure du Bouregreg, en face de la capitale nationale Rabat. Ceci explique que les deux villes soient parfois qualifiées de « villes jumelles », mais chacune dispose de ses traditions et de son histoire propres.

Salé connait un important développement à l'époque des Almohades (XIIe siècle) et des Mérinides (XIVe siècle), du fait de sa position stratégique sur la voie terrestre qui relie Fès à Marrakech et grâce à son port, centre d’échanges entre l’Europe et le Maroc.

Au XVIIe siècle, l’arrivée des réfugiés musulmans d’Espagne donne un nouveau souffle à la cité et crée une rivalité avec la ville toute voisine de Rabat. Les Morisques andalous, animés d'un esprit de vengeance contre les chrétiens, se lancent dans une guerre de course et constituent une puissante entité politique du nom de République du Bouregreg menant des expéditions des plus osées jusqu'en Cornouailles. Renommés pour leur audace et leur ruse, les corsaires de Salé laissent l'image des Sallee Rovers dans la mémoire des Anglais. Jusqu'au XVIIIe siècle, l’activité commerciale permet à Salé d’étendre son influence dans le pays et jusque dans des régions très éloignées telles que l'Islande et Terre-Neuve par exemple.

Avec le XIXe siècle s’amorce la fin du rôle commercial prépondérant dont jouit la ville et Salé se renferme sur elle-même. Elle demeure au cours du XIXe siècle et pendant l’époque des protectorats français et espagnol un haut lieu de culture, de résistance et de vie religieuse. La médina de la ville est un véritable musée à ciel ouvert offrant nombre de monuments, de riads d'inspiration hispano-morisque, de zaouïas, de marabouts et de bibliothèques privées. Depuis la fin du XXe siècle, elle connaît une forte croissance de sa population et, conséquemment, une dégradation de son image, à cause, notamment, d'un urbanisme devenu anarchique.

Sommaire

Toponymie[modifier | modifier le code]

La ville de Salé tire son nom de l'arabe oued Sala, « rivière salée », appellation du fleuve Bouregreg jusqu'au XIIIe siècle. Le nom « Bouregreg » pourrait avoir une origine berbère, puisque regrag signifie « gravier » en berbère ; mais les historiens ne privilégient pas cette étymologie[1]. Selon l'historienne Leila Maziane, le nom de la ville vient du mot phénicien sala qui signifie « rocher »[2].

D'autres hypothèses proposent comme origine le mot Chellah, nom d'un ancien comptoir phénicien. Plusieurs établissements néo-puniques ont été trouvés le long de la côte lors de fouilles archéologiques. L'ancienne cité romaine de Sala Colonia, citée dans l'Itinéraire d'Antonin, se situe au niveau de l'actuelle nécropole de Chellah. Sala et Chellah pourraient être le même nom. En effet, en prononçant le mot en punique, on peut dire Sala ou Shala. Selon l'islamologue Évariste Lévi-Provençal, Sala est une simple latinisation du mot Shala. Après avoir été employés indifféremment, les deux termes ont été progressivement utilisés pour distinguer le site romain de la ville musulmane.

D’autres étymologies légendaires, reprises par les historiens arabes, rattachent le nom de la ville à Sala, fils de Ham, fils de Noé. Certaines légendes affirment même que Sala fut fondée par Alexandre le Grand ou bien par Afriqith le Himyarite. D'après l'historien marocain Ahmad ibn Khalid al-Nasiri, la fondation des vieilles villes du Maroc serait le fait des Européens ou de leur prédécesseurs carthaginois.

La ville de Salé est nommée Σαλα par Ptolémée, Sala par Pline l'Ancien et par Pomponius Mela, Sela par Léon l'Africain, Salé, Celé par Luis del Mármol Carvajal et Salée par Denis Dominique Cardonne et Lamprière[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Image satellite, de la côte atlantique du Maroc
Image satellite des villes de Rabat et Salé.

La ville de Salé est le chef-lieu de la préfecture de Salé, et fait partie de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër. Elle est située sur le littoral atlantique du Maroc et sur la rive droite de l'embouchure du fleuve Bouregreg, qui la sépare de Rabat. Elle est limitée à l’est par les communes de Tiflet et de Khémisset, au sud par la ville de Rabat, à l’ouest par l’océan Atlantique et au nord par les communes de Sidi Bouknadel et de Kénitra.

Rose des vents Sidi Bouknadel, Kénitra Rose des vents
Océan Atlantique N Tiflet, Khémisset
O    Salé    E
S
Rabat

Géographie administrative[modifier | modifier le code]

Arrondissements[modifier | modifier le code]

La ville de Salé, dont la superficie a augmenté au cours de la seconde moitié du XXe siècle, est divisée actuellement en cinq arrondissements municipaux : Bab Lamrissa, Bettana, Hssaine, Layayda et Tabriquet[4].

L'arrondissement de Tabriquet est le plus peuplé et celui de Bettana le moins peuplé. Entre 1994 et 2004 l'écart de population entre ces deux arrondissements a atteint 100 000 habitants. En 1994, Bettana était le troisième arrondissement le plus peuplé de Salé, mais sa population ayant peu augmenté en dix ans, depuis le recensement de 2004, il est l'arrondissement le moins peuplé[4].

L'arrondissement ayant le plus évolué démographiquement est celui de Hssaine qui, entre 1994 et 2004, a vu sa population pratiquement doubler, passant de 74 930 à 163 672 habitants. La population des arrondissements de Bab Lamrissa et de Layayda a également augmenté passant de 114 120 à 140 383 pour Bab Lamrissa et de 83 777 à 118 233 pour Layayda[4].

Population des arrondissements de la ville de Salé
Arrondissement Population en 1994 Population en 2004
Bab Lamrissa 114 120 140 383
Bettana 102 142 103 165
Hssaine 74 930 163 672
Layayda 83 777 118 233
Tabriquet 204 881 234 733

Quartiers[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc, montrant un vieux bâtiment, style arabe, sur les escaliers, on aperçoit la population locale
Oqbat l'mdarsa (la pente de la médersa)

Salé a toujours été considérée comme la sœur rivale de Rabat. Elle dispose d'une culture et d'une identité propres, elle est aussi plus ancienne que Rabat. De tous les quartiers qui la composent, les plus anciens sont la médina, le mellah ainsi que l'ancien quartier français appelé Rmel (« sable » en arabe) qui comprend une église ancienne [5].

La médina a été fondée au début du XIe siècle[6], elle s'enorgueillit de fontaines, de riads et de mosquées. La porte Bab el-Mrissa, près du centre-ville, permet de pénétrer dans la médina. Autrefois le faubourg de Salé se nommait Sibara.

Dans la médina se trouve le quartier Qçatla, déformation de Qashtala qui signifie « Castille » en arabe. Ce « quartier castillan » est l'ancien quartier andalou où se sont installées depuis l'ère mérinide plusieurs familles d'origine andalouse comme les Bensaid, Semmar, Zniber, Fennichetc.

Le mellah est l'ancien quartier juif où se réfugia une importante communauté bien avant la chute de Grenade [5].

Communes périphériques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Préfecture de Salé.

La ville de Salé est le chef-lieu de la préfecture du même nom, qui compte deux communes urbaines (Salé, Sidi Bouknadel) et deux communes rurales (Ameur et Shoul)[7]. La population totale de la préfecture est estimée en 2004 selon le dernier recensement national à 823 485 habitants[4].

Agglomération[modifier | modifier le code]

Salé forme, avec les villes de Rabat (incluant les municipalités de Rabat et de Touarga) et de Témara, une agglomération qui, entre les recensements de 1994 et 2004, a connu une hausse de population de 1 334 090 à 1 613 615 habitants[4].

Agglomération de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër
Municipalité Population en 1994 Population en 2004
Salé 579 850 760 186
Rabat 615 401 621 480
Touarga 8 056 6 452
Témara 130 793 225 497
Total 1 334 090 1 613 615
Cimetière musulman, derrière on aperçoit une citadelle du XIIe siècle
Cimetière musulman de Salé, Vue sur Rabat

Les quatre municipalités qui forment l'agglomération sont situées dans trois préfectures différentes, celles de Rabat, de Salé et de Skhirate-Témara[4], qui forment avec la province de Khémisset la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër.

Rabat est la capitale politique et administrative du Maroc, chef-lieu de la préfecture de Rabat, et, d'après le recensement national de 2004, sixième ville marocaine la plus peuplée, alors que Salé est classée quatrième en termes de population. Mais lors du recensement national de 1994, la ville de Rabat était plus peuplée que celle de Salé, ce qui montre l'explosion démographique qu'a connue Salé en regard de la relative stabilité de Rabat dont la population a augmenté de moins de 10 000 habitants en dix ans. Alors qu'elle comptait 35 551 habitants de plus que Salé en 1994, en 2004 c'est Salé qui a 138 706 habitants de plus[4]. Touarga, la « cité royale » de Rabat, située en plein cœur de la capitale, qui fait partie des quatre communes du Maroc au statut spécial, a même connu de 1994 à 2004 une baisse anormale de population, passant de 8 080 à 6 452 habitants soit une baisse d'environ 20 %[4]. Témara, chef-lieu de la préfecture de Skhirate-Témara, a également connu une explosion démographique en doublant sa population qui est passée de 1994 à 2004, de 130 793 à 225 497 habitants[4].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Salé est de type méditerranéen à influence océanique, du fait de son emplacement sur la côte atlantique. Le territoire de la ville appartient au domaine bioclimatique sub-humide avec des variations semi-arides et humides. Il est soumis à une double influence continentale et océanique, la précipitation moyenne variant entre 500 et 600 mm/an[8]. La saison pluvieuse s’étale d’octobre à mars et la saison sèche d’avril à septembre. La pluviosité couvre en moyenne 70 à 90 jours par an.

L’influence tempérante de la masse océanique se traduit par des températures moyennes de l’ordre de °C pour les mois les plus froids et de 38 °C pour les mois les plus chauds. Le gel est plutôt rare. La température la plus basse jamais atteinte est de −3,2 °C alors que la plus haute dépasse les 48 °C[9].

Du fait de la proximité géographique de Salé et de Rabat, les données climatiques recensées sont celles de cette dernière[8].

Données climatiques à Rabat-Salé
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 8 9 9 10 13 15 18 18 17 14 11 9 14,2
Température moyenne (°C) 12,5 13,3 14,7 16,4 18 20,5 22,5 23 21,9 19,7 16,4 13,6 17,7
Température maximale moyenne (°C) 17 18 19 20 22 24 27 27 26 24 21 18 25
Ensoleillement (h) 180 182 232 255 291 288 315 307 261 235 191 181 3 234
Précipitations (mm) 76 70 62 65 21 6 1 1 5 46 90 108 551
Source : Le Voyageur et Climatedata, statistiques sur les villes de Rabat et Salé[8],[10].


Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de Salé.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Stèle datant de l'époque romaine avec des écritures capitales romaine
Stèle romaine visible au Chellah

Les premières traces d'une présence humaine à Salé et aux alentours datent de l'Antiquité. On sait qu'un comptoir phénicien fut fondé vraisemblablement au VIIe siècle av. J.-C., à l'opposée du Bouregreg en amont[L 1]. Sous la domination Carthaginoise, le comptoir continua de prospérer[11]. À l'arrivée des Romains, un port fut fondé[11], ainsi qu'une cité antique Sala Colonia sur la rive de Rabat. Elle fut fondée à l'emplacement de l'ancien comptoir phénicien au Ve siècle av. J.-C.[L 1]. Tout d'abord cité pérégrine, puis municipe, Sala Colonia fut progressivement une colonie à part entière[L 2]. La Nécropole Mérinide du Chellah fut construite à l'emplacement de la cité antique puisque de nombreux vestiges y ont été découverts[L 3].

Au Ier siècle av. J.-C., Pline l'Ancien décrivit Sala comme infestée d'éléphants et de barbares. L'influence romaine de ce site fut sans doute éteinte au Ve siècle.

Fondation[modifier | modifier le code]

La ville de Salé, fondée par la tribu zénète des Ifrenides au Xe siècle en 1030[L 1], fut proclamée capitale[12]. Favorables au sunnisme, les Ifrenides guerroyèrent auprès des Meghraoua contre les Berghouata qui s'opposaient aux conquêtes islamiques arabes. Sous leur règne, de nombreuses familles andalouses s'installèrent à Salé, comme les Beni Khayoun et les Beni Achara. Selon Ibn Khaldoun, les Beni Achara construisirent leur palais dans la médina, palais qui servit ensuite de résidence au sultan almohade Abdel Moumin quand il se rendait à Salé ; cependant il n'existe plus aucune trace de ce palais aujourd'hui. Plusieurs savants venus d'Al-Andalus s'installèrent aussi à l'abri des murailles de la ville[13]. Le noyau aristocrate de la ville était ainsi constitué principalement d'Andalous.

Âge d'or islamique[modifier | modifier le code]

En 1068, Salé fut prise par les Almoravides mais elle resta moins de 90 ans entre leurs mains. Ils y construisirent la mosquée Achabae qui compte parmi les plus anciennes de la ville. À partir du XIe siècle, la ville connut un premier développement important, en particulier au XIIe siècle, à l'époque des Almohades, du fait de sa position stratégique sur la voie terrestre Fès-Marrakech, et grâce à son port, important centre d’échanges entre l’Europe et le Maroc. Le sultan Abu Yusuf Yaqub al-Mansur restaura les remparts de Salé, qui sont parmi les plus anciens et les plus imposants du Maroc, et fit de la Grande Mosquée l'une des plus belles du Maroc, bien qu'elle ait perdu ses décors initiaux.

Carte géographique de l'empire mérinide au XIVe siècle
Royaume mérinide et ses extensions territoriales.

Mais Salé connut son véritable essor sous les Mérinides. Ils firent de la ville l'un des principaux pôles culturels du royaume en l'équipant de médersas, d'une école de médecine (maristane), de mosquées, de bibliothèques, de fontaines et de belles demeures.

Le port, qui est l’un des plus importants de l’époque, servit également d'arsenal et de base aux navires armés en partance pour Al-Andalus[14]. Selon Luis del Mármol Carvajal, au XIIe siècle, Salé était déjà le port le plus prospère du Maroc. Les marchands génois, pisans et vénitiens venaient acheter à Salé des peaux, des tapis, des tissus, des laines, de l'ivoire, du miel de Meknès, de la cire, etc. Salé vendait aussi des draps et des objets manufacturés[15].

La Grande Mosquée, construite entre 1028 et 1029, et la Médersa mérinide (centre d'études islamiques) firent de la ville le deuxième centre religieux après Fès.

En 1260[N 1] eut lieu la prise de Salé. La cité fut attaquée par les troupes d'Alphonse X de Castille. Ce fut le plus grand massacre commis dans toute l'histoire de la ville, qui resta pendant deux semaines aux mains des Castillans avant que le sultan mérinide Abu Yusuf Yaqub ben Abd al-Haqq ne vînt la délivrer[16].

C'est de cette époque que date la construction de l'une des plus grandes portes fortifiées du Maroc, Bab el-Mrissa, construite par l'architecte sévillan Mohamed Ben Ali ; cette porte maritime, à moitié enterrée aujourd'hui, barrait un canal et laissait passer entre ses piliers des navires pour les abriter à l'intérieur des remparts. Ce sultan « libérateur » participa personnellement au chantier[17]. Le port poursuivit assez maigrement son activité, longtemps après, à l'époque des corsaires salétins, avant d’être définitivement condamné par l'ensablement de la vallée.

Le poète andalou Lissane Eddine ibn al-Khatib, qui vécut à Salé sous le règne d'Abou al-Hassan pendant son exil entre 1360 et 1363[18], dépeignit la cité, dans Maqamat al-Bouldame, comme « une ville impressionnante par sa beauté et sa splendeur, une ville mariant avec harmonie les traits de l'urbanité et de la vie de campagne »[L 4]. Il écrivit aussi Moufaharat Malaga wa-Salà (« Comparaison entre Malaga et Salé »)[19].

République du Bouregreg[modifier | modifier le code]

Article détaillé : République du Bouregreg.
Homme vu de face en contre plongé tenant un arc
Jan Janszoon (alias Murat Reis), renégat hollandais servant la course salétine, 1650, peinture de Pier Francesco Mola.

Au début du XVIIe siècle, Salé-le-Vieux, soumise à l'autorité des marabouts, notamment Sidi al-Ayachi, vivait en totale indépendance à l'égard du Sultan. Al-Ayachi y menait une lutte patriotique marquée d'expéditions contre les Espagnols auxquels il finit par reprendre le port de la Mamora[20],[21]. « C'est ici, dit Mouette, que résidaient les plus riches marchands juifs et andalous ».

Trois drapeaux du XVIIe siècle, deux en rouge et un en vert
Les pavillons salétins, selon la liste de Carington Bowles[22].

À partir de 1610, la ville de Salé, et, de l'autre côté du Bouregreg, la ville de Rabat, appelée à l'époque « Salé-le-Neuf », accueillirent l’arrivée massive de musulmans et de juifs chassés d’Espagne. Cet évènement donna un nouveau souffle à Salé l'ancienne, augmentant sa population et créant une rivalité avec la ville toute voisine de Rabat. Les Morisques établis à l'embouchure du Bouregreg y arrivèrent en deux vagues. La première comprenait les habitants de Hornachos qui s'installèrent à Rabat car ils étaient vus par les conservateurs salétins comme des « européanisés » [23], des colons qui bénéficiaient de quelques privilèges en quittant la péninsule ibérique : ils pouvaient emporter certains de leurs biens s'ils partaient volontairement. La deuxième vague regroupait les autres Morisques andalous, expulsés sans leurs biens ni leur honneur, installés sur les deux rives. Ils cherchèrent donc à se venger à travers la piraterie[24]. À cette époque Salé (Rabat principalement) était surtout célèbre pour son intense activité maritime et les Andalous en firent la capitale des corsaires. Tandis que les Hornacheros s'occupaient de l'armement des navires, les autres Morisques formaient leurs premiers équipages. Avant même la proclamation de la République, à l'aube du XVIIe siècle, le marabout Sidi M'hamed el-Ayachi, considéré comme le plus illustre saint de Salé-le-Vieux, mena une lutte patriotique marquée par l'expulsion des Espagnols de la Mamora[20], et l'attaque de Mogador qui porta un coup dur aux Espagnols[L 5].

Le développement économique venu avec les Hornacheros et les Andalous fut tel que Salé et Rabat décidèrent de s'unir et d'instituer, entre 1627 et 1666, une thalassocratie sous le nom de République du Bouregreg ou République de Salé. L'actuelle Kasbah des Oudayas leur tint lieu de capitale. Cette république était dirigée par des corsaires venus principalement de Rabat. Leur objectif principal était de capturer des navires pour vendre leurs équipages comme esclaves en Afrique du Nord et de monter des expéditions pour enlever des habitants des côtes européennes. À cette époque, seule la République de Salé avait un port indépendant. Tous les autres ports du Maroc étaient occupés par l'Espagne ou le Portugal. Pendant ces temps glorieux, Salé-le-Neuf était surnommée « La Rochelle de l'Afrique ». L'occupation espagnole de Mehdia en 1614 fut également l'une des conditions de la réussite de Salé puisque la plupart des pirates de La Mamora auraient rejoint les ports de Salé ou d'Alger pour continuer la piraterie. D'après Jan Lievens, 250 marchands ainsi que plusieurs corsaires rejoignirent Salé[L 6].

gravure en noir et blanc d'une bataille navale
Les corsaires faisant couler des vaisseaux chrétiens au large de Salé (gravure du XVIIe siècle).

À cause de ses activités de course en Méditerranée, la République de Salé, c'est-à-dire les deux rives, était fréquemment attaquée par les puissances européennes. Les Français, en particulier, lancèrent, sans grand succès, plusieurs expéditions punitives ; aussi, depuis Louis XIV, les canons sont-ils toujours en batterie. Ainsi, le 20 juillet 1629, la ville fut bombardée par l'amiral français Isaac de Razilly dirigeant une flotte composée de sept vaisseaux : La Licorne, Le Saint-Louis, Le Griffon, La Catherine, Le Hambourg, La Sainte-Anne et Le Saint-Jean. Il détruisit trois navires salétins. L'amiral connaissait bien la ville, ayant été en 1624 ambassadeur de France à la République de Salé[25].

En 1643, le renégat Al Qaïd Said Djanoui fut nommé par les Dilaïtes à la tête de la ville. Les relations d’Al Ayyachi avec les Anglais et les Hollandais étaient bonnes. Des ressortissants juifs de Salé, dont Aaron Querido, Josef Blache et les frères Cohen, furent à diverses reprises en relation étroite avec leurs coreligionnaires de Hollande pour l’achat d’armes au profit de la ville. Ces échanges profitables avec les Hollandais continuèrent sous les Dilaïtes après 1643. C'est en 1659 qu'Ibrahim Maâninou et Mohamed Fennich entrèrent, pour le compte de la principauté dilaïte, en pourparlers avec la Hollande afin de garantir la sécurité de ses marins et de ses commerçants. Cette année-là, Ibrahim Maâninou effectua un séjour de cinq mois à La Haye.

En 1663, la ville passa aux mains de Khadir Ghailane, ancien lieutenant d’Al Ayyachi[26]. Mais, en 1666, les Alaouites s'emparent des villes de Salé et de Rabat, mettant fin à la République du Bouregreg. Mohamed Fennich fut le dernier gouverneur de cette République avant la réunion du territoire au Maroc[27].

Les corsaires salétin, et principalement ceux de Rabat, laissèrent dans la mémoire des Européens l'image des Sallee Rovers (ou Salé Rovers), les « écumeurs de Salé » dont les plus célèbres furent Jan Janszoon (alias Murad Reis), fondateur de la République corsaire[28], le premier président Ibrahim Vargas (dont descend l'actuelle famille rbatie des Bargach), ou encore le renégat anglais Ahmed El Inglizi[29] « l'anglais », aussi appelé Ahmed Laalej (Ahmed le renégat), un ingénieur qui fortifia le mur des Andalous de l'autre rive.

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Prise du pouvoir par les Alaouites[modifier | modifier le code]

Ce fut en 1661, d'après Michael Dumper, que la dynastie alaouite prit le contrôle de la république du Bouregreg[L 8], et de tout le Maroc à partir de 1666. Le sultan Moulay Rachid mit fin à l'autonomie politique dont bénéficiait le Bouregreg en 1668 par la prise de la zaouïa de Dila, quoique Salé garda toujours son esprit d'autonomie et d'indépendance[L 9],[30],[31].

En 1681, Sidi Ahmed Hajji expulsa les Espagnols de Mehdia ; ce fut le dernier grand saint de Salé. Durant tout le XVIIIe siècle, Salé continua d’étendre son influence en pratiquant la guerre de course jusque dans des régions très éloignées. Cependant le déclin de la ville commença en 1755 avec le tremblement de terre de Lisbonne. En effet, ce dernier, dont l'épicentre se situait dans l'océan Atlantique à la même distance de Lisbonne que de Salé, provoqua un tsunami qui dévia définitivement le cours du Bouregreg, entraînant la désaffection du port, situé jusqu'alors à l'intérieur des murailles de la ville. Essaouira devint alors le port principal du royaume, bien que Salé gardât une certaine activité navale plus commerciale que corsaire jusqu'en 1818 lorsque Moulay Sliman déclara mettre un terme à la guerre sainte, ce qui mit fin à toute activité de piraterie[L 10].

Peinture montrant une barque sur la mer
Salé par Edwin Lord Weeks (1849-1903).

En 1765, Louis XV envoya une escadre de 13 navires (un vaisseau, 8 frégates, 2 chébecs, 2 galiotes à bombes), sous le commandement du lieutenant général des armées navales français Louis Charles du Chaffault de Besné, en représailles contre Salé, les pirates ayant profité de la guerre de Sept Ans pour attaquer les navires de commerce français. Le 31 mai, il mouilla devant la ville à bord de L'Utile, accompagné de six frégates[N 2], deux bombardes et une barque, L'Hirondelle[32]. Le 2 juin 1765, il bombarda lourdement la ville, mais l'état de la mer l'obligeant à repartir au large, il recommença le 8 et le 11, rejoint par les chebecs Le Caméléon et Le Singe (commandé par Suffren)[L 11]. Mais le 26 juin, après avoir bombardé Larache, une partie de sa flottille se fit capturer en remontant l'oued Loukkos, et 300 hommes furent tués ou faits prisonniers[L 12], parmi lesquels 30 ou 40 officiers dont le garde-marine Bidé de Maurville qui écrivit en 1775 Relation de l'affaire de Larache. Ce fut en 1767 seulement que le comte de Breugnon, vice-amiral et ambassadeur de France au Maroc, vint à la cour du Sultan Sidi Mohamed racheter les captifs et signer un traité de commerce[33], laissant un consul de France à Salé.

Mais Salé ne souffrit pas seulement des bombardements de la flotte française, elle connut aussi, au cours du XVIIIe siècle, des destructions importantes liées aux tremblements de terre : le 1er novembre 1755, le violent séisme qui frappa Lisbonne et détruisit de nombreuses autres villes de la côte marocaine ; dix-huit mois plus tard, le 15 avril 1757, un autre tremblement de terre qui la frappa violemment et le 12 avril 1773, celui de Tanger[34].

Gravure d'un bombardement naval
Bombardement de Salé le 26 novembre 1851 par le contre-amiral Dubourdieu[35] pendant le mandat du pacha Abdelhadi Zniber[L 13] (gravure de Louis Le Breton).

En 1851, à la suite du pillage par des Salétins d'un navire marchand qui s'était échoué dans l'estuaire du Bouregreg, la marine française lança une attaque navale sur la ville de Salé[N 3] [37]. D'après le pacha Abdelhadi Zniber, les marchandises perdues étaient évaluées à 11 391 francs-or[L 14],[L 15]. De ce fait, la France en demanda un remboursement, bien que ce pillage ne fût pas imputable au sultanat, puisque les assaillants n'étaient que des éléments incontrôlés. Après plusieurs mois d'attente sans réponse, la France décida de faire une démonstration de force et envoya une escadre sous les ordres de l'amiral Dubourdieu, avec le Henri IV commandé par Louis Henri de Gueydon, les frégates Sané[38] et Gomer[38], Le Narval et Le Caton, mais selon l'historien salétin Ahmad ibn Khalid Naciri, il y aurait eu un autre navire français du nom de Napios.

La bataille débuta le 26 novembre 1851 ; après plusieurs heures de combats, les navires français, victoire acquise, se retirèrent. Les pertes furent assez lourdes puisque plusieurs bâtiments furent détruits et que la grande mosquée de Salé fut elle-même gravement endommagée[L 7]. Côté français, les navires Henri IV et Sané furent également endommagés et, d'après le rapport du contre-amiral Dubourdieu[N 4], les Français ayant perdu quatre des leurs. Selon Abdelhadi Zniber, le bilan humain des Salétins fut de six à sept tabjiyas[N 5] ainsi que douze à quinze civils tués[L 16]. Louis Le Breton et Théodore Gudin, peintres officiels de la Marine à bord de l'un des navires, immortalisèrent le moment à travers des gravures.

Protectorat français et résistance[modifier | modifier le code]

Article général Pour des articles plus généraux, voir Protectorat français au Maroc et Mouvement national marocain.
Photographie en couleur d'un bâtiment et des gens alignés devant pour poser pour la photo
La maison de convalescence de Salé.

Suite à la fuite de Moulay Hafid Fès en juin 1912 après des émeutes provoquées par la signature du traité franco-marocain ayant instauré, fin mars 1912, le Protectorat français dans l'Empire chérifien, Rabat devint le siège du makhzen, tandis que Salé perdit de l'importance[39]. Reléguée au second plan, elle demeura cependant un centre religieux et culturel face à sa voisine, qui devint une grande ville administrative européanisée[N 6]. De nos jours, le port de Salé a perdu son importance commerciale et reste seulement un port de pêche à la barque.

Le 14 novembre 1913, une Maison de convalescence (pour légionnaires et soldats) fut fondée par Inès de Bourgoing, épouse du maréchal Lyautey[40] ; quelques années plus tard la Maison des gardes forestiers fut construite pour protéger les gardes-forestiers de la forêt de la Mamora.

L’année 1927 vit la création du « Club littéraire islamique de Salé » (Annadi Al Adabi Al Islami) qui regroupa les élèves de l’école des fils de notables et ceux des écoles religieuses de la ville. Il constitua une bibliothèque ouverte aux jeunes, organisa des conférences-débats et des voyages dans différentes régions du Maroc.

L’année suivante, sous l’égide d’Abdellatif Sbihi, une troupe théâtrale d’amateurs fut créée regroupant des jeunes du Annadi Al Adabi. Elle donna des représentations à Salé et Rabat, des pièces de théâtre à résonance patriotique aux sujets puisés dans des épisodes illustres du monde arabo-musulman.

3 photographies de visages en noir et blanc d'hommes en habit traditionnel marocain
Les principaux acteurs contre le dahir berbère. De gauche à droite : Ahmed Hajji, Ahmed El Jariri et Abu Bakr Zniber.

L’appel au « latif » [N 7] fut lancé à Salé le 27 juin 1930 par Abdellatif Sbihi, Ahmed Maâninou, Haj Abdelkrim Hajji[41], relayé par la suite dans les principales mosquées du Maroc ; et une pétition contre le dahir berbère du 16 mai 1930, rédigée par le mufti Abu Bakr Zniber, fut remise le 28 août au Sultan Mohammed ben Youssef par le biais du grand vizir Al-Moqri[N 8] ainsi qu'au Résident général. Le mouvement de contestation conduisit finalement la France, en 1934, au retrait de ce dahir, perçu par les intellectuels de l’époque comme une tentative de division du peuple marocain[42].

Ce texte entraîna la première réaction nationaliste des élites marocaines contre l'occupant et consacré leur volonté de résistance[43]. Plusieurs historiens s’accordent aujourd’hui à reconnaître dans cet épisode l’acte fondateur de la prise de conscience politique qui conduira, quatorze ans plus tard, à la signature du Manifeste de l'indépendance du 11 janvier 1944 par de nombreux Salétins[N 9],[44].

Photographie en noir et blanc de la vue aérienne de la médina de Salé, Le minaret de la Grande Mosquée domine le paysage
Vue aérienne de Salé (vers 1930).

Le 29 janvier 1944, les autorités coloniales procédèrent à l'arrestation du secrétaire général du Parti de l'Istiqlal, Ahmed Balafrej, et de son adjoint, Mohamed Lyazidi. Un soulèvement se déclencha à Rabat et Salé, se propageant ensuite dans d'autres villes[45]. Abderrahim Bouabid conduisit la manifestation populaire de Salé, qui est réprimée dans le sang. Arrêté et transféré à la prison de Laâlou à Rabat, il fut relâché un an plus tard.

Photographie en noir et blanc de 4 étudiants posant en habit formel européen, l'un est assis au centre, deux autres sont vers ses cotés et le dernier apparait derrière celui est assis
Photo des frères Hajji (dont Saïd Hajji au premier rang) et Abdelhadi Zniber à l'université de Damas

Salé vit alors une partie de son élite emprisonnée ou condamnée à l'exil[43], partir se former à l'étranger, en particulier Saïd Hajji étudiant en Syrie puis en Palestine, ou Hajj Ali Zniber qui proposa au Sultan un brillant projet de constitution après avoir passé 23 ans en Égypte[43], [46].

Mohamed ben Driss Alaoui, alors cadi de la ville de Salé, eut l'idée de commémorer l'intronisation du sultan Sidi Mohammed Ben Youssef le 18 novembre 1933, à l'instar de la Grande-Bretagne, en réunissant un groupe de six adoul de la ville auxquels il donna le nom de « Comité des Fêtes », lequel se composait, entre autres, de Mohamed ben Taïb Alaoui, Moulay Driss Maâninou, Boubker Aouad et Mohamed Gharbi. Les habitants reçurent une lettre de remerciements de la part du sultan. Associant la manifestation de loyalisme au Sultan à la cause nationaliste, la fête fut officialisée par le dahir du 26 octobre 1934[47].

Salé fut aussi réputée avoir été le fief de la gauche marocaine pendant de nombreuses décennies, de nombreux leaders y ont résidé, comme Abdessalam Yassine, fondateur du mouvement islamiste Al Adl Wal Ihsane [48]. Plusieurs Salétins tels Tahar Zniber et Saïd Hajji furent membres de la cellule nationaliste clandestine Attaifa.

Après-Indépendance : Salé, Ombre de Rabat[modifier | modifier le code]

Un drapeau disposé en un rectangle rouge en haut ou sont croisées deux petites épées sous un diadème, la partie inférieure et dominante est un rectangle vert ou apparaît une grande épée à lame fourchue
Drapeau de la municipalité de Salé dans les années 1960.

Après l'indépendance du Maroc en 1956, alors que pendant le Protectorat, Salé fut reléguée au second plan par l'administration française, elle le fut de nouveau après le départ des Français. Rabat devenu la capitale du Royaume, réoccupa la première place. Salé fut au fil des années peu à peu abandonnée et marginalisée par l'administration au point qu'elle est toujours aujourd'hui apparentée à une « ville-dortoir »[49]. Lors de la première organisation territoriale du Maroc en 1955, Salé était donc intégrée à la région, puis à la province de Rabat en 1956 tandis que Rabat, devenait chef-lieu de la préfecture du même nom. Salé était souvent apparentée à « banlieue de Rabat ». En 1960, Salé comptait 77 000 habitants alors que Rabat en comptait 231 000[50].

Vue sur les hauteurs de Salé (quartier Bettana) depuis Rabat, terrains vagues et palmiers au premier planc
Vue sur la ville de Salé en 2005

Dans les années 1970, Salé connut les premières vagues d'un flux incontrôlé de l'exode rural et d'une expansion urbaine anarchique[51]. L'explosion démographique de la ville provoqua donc d'importants impacts néfastes. L'apparition d'habitations anarchiques, d'un important taux de chômage auprès des jeunes et d'une criminalité grandissante en est le résultat[49]. Ainsi entre 1971 et 1994, la ville connut un « boom démographique » passant donc le nombre d'habitants de 159 000 à 580 000 avec un taux d'accroissement d'environ 265%[50]. Toutefois, depuis les années 1990, l'État exprime sa volonté de réaménagement de Salé ainsi que de son intégration dans une perspective d’union avec Rabat[49],[51]. L'agence pour l'aménagement de la vallée du Bouregreg est l'une des créations de ce projet[49].

Salé compte cinq arrondissements depuis le retour au principe de l'unité de la ville en 2003, où les 5 arrondissements étaient des municipalités différentes. La ville est peuplée depuis le dernier recensement général de la population et de l'habitat en 2004, de 760 186 habitants[4]. Salé devrait atteindre une population d'un million d'habitants vers 2020 en grande partie due à l'exode rural[50],[L 17].

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique de la population[50]
Année Municipalité Agglomération
1912 (est.) 19 000 46 000
1936 32 000 115 000
1952 47 000 203 000
1960 77 000 311 000
1971 159 000 545 000
1982 328 000 918 000
1994 580 000 1 337 000
2004 761 000 1 624 000
2005 (est.) 780 000 1 655 000
2010 (est.) 870 000 1 800 000
Chiffres : Abdellatif Fadloullah, Université de Rabat, Maroc[50]
Photographie en noir et blanc de 5 hommes vus de face en habit salétin traditionnel
Des Salétins à l'époque du Protectorat au début du XXe siècle

Salé forme avec Rabat et Témara une conurbation de 1,66 million d'habitants (2005). La croissance de la population est due en grande partie à l'exode rural. Selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2004, la population de la seule Salé avoisinait 800 000 personnes[4]. Avec 12 000 urbains qui s'ajoutent chaque année, Salé devrait atteindre une population d'un million d'habitants vers 2020 [L 17],[50].

En 1912, date de l'instauration du Protectorat Français, la ville de Salé comptait selon une estimation environ 19 000 habitants. La colonisation française a donné à la ville de Salé et au Maroc tout entier avec l'Espagne, un élan d'urbanisation remarquable avec la création d'un ensemble de villes nouvelles à côté des médinas anciennes. C'est cela qui a contribué à l'évolution démographique de la population de Salé qui a explosé de 1912 à 1952 avec un taux d'accroissement de 147 %. Après l'indépendance, l'exode rural continuait et Salé comptait en 1960 près de 77 000 habitants. La ville connait ensuite deux grandes explosions démographiques entre 1982 et 1994 (environ 77 % d'accroissement avec 252 000 habitants en plus), puis entre 1994 et 2004 (31 % d'accroissement mais plus de 181 000 habitants supplémentaires). À partir de 2004, Rabat qui comptait en 1994 environ 6 % d'habitants en plus, a été rattrapée par Salé qui compte désormais 22 % d'habitants supplémentaires[50].

Répartition[modifier | modifier le code]

Vue sur une etroite ruelle de la médina, les murs sont peints de différentes couleurs où sont accrochés des pots de fleurs, un homme en djellaba est assis au loin
Rue de de la Médina de Salé

Après l'indépendance du Maroc, la ville connait une forte croissance démographique qui touche la totalité des zones qui entourent la médina. La population est passée d’un chiffre estimé de 75 000 habitants en 1960 à plus de 750 000 habitants en 2004, selon la projection des statistiques, soit un chiffre multiplié par 10 en 40 ans. Le taux d’accroissement annuel moyen que connaît aujourd’hui Salé dépasse les 6,5 %, soit environ 11 000 habitants par an[52]. Ce mouvement est le résultat d’un exode rural motivé notamment par la recherche de meilleures conditions de vie en ville.

L’espace urbain de Salé peut être divisé en trois types d’agglomération distincts :

  • La médina correspond à l'espace citadin, la ville historique avec ses vieux remparts et ses anciennes portes. Elle constitue, en général, le lieu d’habitation de Salétins qui appartiennent aux Chorfas (aristocratie religieuse), aux Oulémas (savants), aux familles présentes depuis des générations à Salé. Ce site entre dans la catégorie des villes qualifiées par l'historien Ahmed Naciri de hadaria c’est-à-dire la « citadinité »[52].
  • L'espace urbain est constitué par les « quartiers autorisés ». Ils sont généralement habités par une population ayant une certaine ancienneté à Salé et faisant partie des catégories socio-économiques aisées (fonctionnaires de l’État, commerçants, etc.) [52].
  • La banlieue est formée par des quartiers construits clandestinement. Sous-équipés, ils ne sont pas conformes aux règles urbanistiques. Ils regroupent une population installée récemment à Salé et dont le niveau de vie est généralement en dessous de la moyenne[52].

Anciennes familles de Salé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Anciennes familles de Salé.
Vue en contre-plongée d'une porte d'entrée d'une demeure traditionnelle salétine, l'arcade est en pierre jaune sculptée, elle bordée de zelliges
La porte d'entrée d'une maison Naciri dans le Derb Qçatla (Quartier Castillan), l'ancien quartier andalou de Salé.

Les « anciennes familles », communément appelées Ahl Sala (Les gens de Salé), sont considérées comme salétines de souche. Elles se caractérisent par des spécificités culturelles et historiques qui les différencient des nouveaux habitants de Salé, dits « néo-citadins » ou « urbains », installés dans la ville à la suite des mouvements d'exode rural du XXe siècle[53].

Salé a longtemps été une ville conservatrice, elle compte ainsi plusieurs familles cherifa (de chorfas) affiliées au prophète ou aux marabouts de la ville. Salé est aussi constituée de familles d'origine andalouses qui ont longtemps formé l'aristocratie des deux rives. La « noblesse » de ces familles provient soit d'un élitisme religieux (chorfas) ou des accomplissements de la famille et leur participation significative à l'histoire du pays. Parmi les grandes familles établies à Salé depuis des générations, on peut citer les Hajji, Sbihi, Mrini, Amar, Benkhadra, Zouaoui, Chemaou, Alaoui, Kadiri, Laâlou, Maâninou, Zniber, Fennich, Hassouni, Aouad, Sedrati, Hassar, Semmar et Naciri[54].

Économie[modifier | modifier le code]

En mars 1987, le roi Hassan II inaugure Dar Assikah (l'Hôtel des monnaies), symbole de souveraineté nationale puisqu'il permet au Maroc de produire sa monnaie.

La ville de Salé est la première ville marocaine, méditerranéenne, africaine et arabe à signer la Convention des Maires, projet financé par l’Union européenne dont l'objectif principal est de contribuer au développement durable de l’énergie. Dans le cadre du projet SURE[55], la ville a abrité les 10 et 11 septembre 2012 les Journées de l'énergie sur le thème Œuvrons ensemble à faire de Salé une ville verte et a été l'hôte de la conférence internationale sur l’énergie des 12 et 13 septembre 2012 sur le thème « Les Énergies renouvelables au service du développement urbain durable : l’expérience de la Ville de Salé »[56].

Le parc d'attraction « Magic Park Bouregreg » est créé en 2002 sur la rive droite du Bouregreg[57] par la société Découvertes & Loisirs sur l'impulsion de Brahim Zniber, pour un montant de 120 millions de dirhams[58].

Aménagement de la vallée du Bouregreg[modifier | modifier le code]

La nouvelle marina de Salé vue depuis Rabat.

En 2006 est lancé un projet majeur d'aménagement et de développement de la vallée du Bouregreg, qui doit concerner à terme 6 000 hectares pour un montant de 28 milliards de dirhams[59]. Il a pour objectif de remodeler significativement les deux rives du fleuve et devrait permettre à la ville de Salé de connaître à terme un important développement économique[60]. Les travaux ont débuté à partir du 7 janvier 2006[61].

L'Agence Bouregreg s'est jointe à Al-Mâabar d'Abou Dhabi, afin de créer une cité de 35 ha comprenant des résidences, hôtels, commerces et musées, en plus d'une cité des arts et métiers : Bab Al-Bahr. Elle doit accueillir le 1er hôtel Rotana du Maroc, hôtel 5 étoiles de deux cent cinquante chambres avec salle de sports, piscine, restaurants et espaces « business »[59].

Le Bouregreg Marina, inauguré en 2007, offre un plan d'eau de quatre hectares et peut accueillir 240 yachts allant de 6 à 30 m ; sa construction a duré sept mois et coûté près de 190 millions de dirhams. Une tour de quatorze étages « Sport Eco City » est prévue[62].

Parmi les autres projets réalisés par l'Agence, le nouveau tramway, qui relie depuis mai 2011 les deux rives, avec deux lignes d'une longueur totale de 22 km : la ligne 1 (de Madinat Al Irfane à Hay Karima), et la ligne 2 (de l'Hôpital My Youssef à la gare routière de Salé). Les lignes desservent Salé et Rabat selon un axe nord-sud avec un tronc commun de 3 km du centre-ville de Rabat jusqu'à l'entrée de Salé, après le franchissement du Bouregreg via le pont Hassan-II. Les quarante-et-une stations sont desservies par des rames doubles Alstom Citadis d'une longueur totale de 60 mètres[62].

Transport[modifier | modifier le code]

Le Bac à vapeur reliant Salé à Rabat

Pour ce qui est du transport, il est diversifié puisque la ville est dotée de transports terrestres et aériens.

Un transport fluvial sur le Bouregreg a existé avec des gabares et des barques ainsi qu'un bac à vapeur qui a assuré le transport des véhicules et des personnes pendant une quarantaine d'années. Ce type de transport est supprimé depuis 2006 pour faciliter le travail de l'aménagement de la vallée du Bouregreg.

En 1957 a été inauguré le pont Moulay-al-Hassan[63], le premier pont routier à relier Rabat et Salé. Actuellement, on compte quatre ponts entre les deux villes, dont un ferroviaire, et le projet d'aménagement de la vallée du Bouregreg prévoit d'en construire quelques-uns de plus.

La ville de Salé est aussi desservie par l’aéroport international de Rabat-Salé, situé à 5 kilomètres au nord-est du centre-ville, qui dispose de deux pistes (une militaire et une civile) ; l’aérogare actuelle est dotée d’une capacité d’accueil de 3,5 millions de passagers par an.

Le transport terrestre est le principal. La ville est dotée d'une voie express de 30 km qui fait partie de la Route nationale 1 reliant la ville à Kénitra, ainsi que d'une autoroute de contournement (périphérie de la rocade de Rabat) d'une longueur de 24 km qui donne naissance à l'autoroute A1 reliant Tanger à Rabat.

Pour décongestionner le trafic sur l'axe reliant Salé à Rabat un nouveau pont de 2×3 voies a remplacé l'ancien pont Moulay-al-Hassan (2×2 voies), permettant ainsi un trafic plus fluide sur la traversée du fleuve. De plus, les deux lignes de tramway traversent le Bouregreg en site propre sur un tracé commun, permettant d'assurer le transport collectif des Rbatis et des Salétins mais également de réduire le nombre de bus traversant le pont, principale source de bouchons.

Le réseau de bus de l'agglomération, réaménagé depuis début 2011, comprend une soixantaine de lignes reliant les villes de Rabat, Salé et Témara.

Salé est également desservie par le rail : le Bouregreg Express, un RER ferroviaire comprenant six stations dont les deux gares de la ville (Salé-Ville et Salé-Tabriquet). Une gare TGV est prévue en périphérie près de Technopolis. La construction en cours du LGV permettra à l'horizon 2020 de mettre Salé et Rabat à une heure de Tanger et à une demi-heure de Casablanca.

Tourisme[modifier | modifier le code]

PlanetSolar à la marina

Grâce à ses monuments historiques et son patrimoine culturel, Salé attire de nombreux touristes qui séjournent dans des riads ou des hôtels. La ville abrite une dizaine de lieux d'hébergements[64].

Salé reçoit 244 000 touristes par an (dont 58% d'étrangers)[65].

D'après le recensement national de 2004, il y a 814 résidents étrangers permanents à Salé (ce chiffre exclut les touristes présents seulement durant leurs vacances)[4].

Culture[modifier | modifier le code]

Artisanat[modifier | modifier le code]

Artisans sculpteurs sur bois de la médina de Salé en 2013
La fabrication des nattes est une spécialité de Salé, musée Bab rl-Khemiss

Le travail du bois et la poterie font partie des métiers les plus anciens pratiqués sur le site[L 18],[L 19].

L'art du zellige, ce carrelage émaillé à l'aspect de mosaïque, est très courant dans le style architectural de Salé. Très coloré et décoratif, il est très apprécié depuis les Mérinides et a connu son heure de gloire après l'arrivée des expulsés andalous qui ramènent leur savoir-faire non seulement à Salé mais aussi à Rabat et à Fès. Il est toujours pratiqué. Salé a aussi comme spécialité la fabrication de tapis traditionnels, les hanbels, et les métiers du bâtiment sont un secteur artisanal important.

Selon l'historien Mohamed ibn Ali Doukkali, Salé et Rabat, sa voisine, ont toujours été à la pointe en matière de tannerie et de traitement du cuir, mais « aucun document historique ou indice matériel » ne vient l'attester[L 20]. En revanche, les deux villes ont, avec certitude, été connues pour leur fabrication de sandales et autres chaussons ; au XIXe siècle, leur exportation concernait l'Angleterre et l'Égypte grâce à l'existence de plus de trois cents fabriques[L 20]. La fabrication de nattes y fut aussi florissante jusqu'aux années 1960, le jonc poussant alors à foison au bord du Bouregreg[L 21].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La pastilla, plat maghrébin transmis par l’arrivée des maures andalous en Afrique du Nord[66]. Ce plat est présent au Maroc ainsi qu'en Algérie.

La gastronomie occupe une bonne place dans la tradition salétine. Plusieurs plats ont été introduits par les expulsés d'Espagne comme la pastilla, d'origine andalouse, composée d'une fine pâte feuilletée farcie de pigeon et d'amandes ; c'est le fameux salé-sucré à la marocaine. Comme partout au Maroc le couscous reste emblématique, parfois accompagné de tfaya : oignons et raisins secs caramélisés agrémenté d'œufs et d'amandes. Pendant le mois de ramadan le couscous est dit des « sept légumes » car il est traditionnellement agrémenté de sept légumes différents voire plus. Durant ce même mois, le zamita (gâteau sucré d'apparence chocolaté, très épicé parfois préparé à l'aide de plantes médicinales) est très apprécié, sans oublier le sfouf mangé avec un verre de lait frais. Toujours dans le cadre du sucré, on trouve les leqli ou chebakias (gâteaux frits dans l'huile et enrobés de miel) ou encore le fameux baghrir (petite crêpe en nid d'abeille servie avec du beurre fondu et du miel) qui tapisse les tables du jour de l'Aïd al-Fitr, tous délices appréciables seulement avec un bon verre de thé à la menthe comme l'exige la coutume. Pour le salé, lamqila (viande d'agneau cuite avec de la graisse et de la coriandre sèche) reste très prisée. Le tajine de poulet avec du citron et des olives est aussi très savoureux.

L'autre spécialité culinaire de la ville est le Makroud [67].

Musique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Musique arabo-andalouse et Musique marocaine.
Le rabâb, un instrument de musique souvent utilisé dans la musique andalouse à Salé.
Le qanûn très utilisé dans la musique gharnati à Salé comme à Rabat et Fès.

La musique dominante à Salé est la musique arabo-andalouse (arabe : الطرب الأندلسي), aussi appelée al-ala, al-andaloussi ou encore gharnati. Elle est l'héritière de la musique chrétienne pratiquée en Espagne et au Portugal avant la Reconquista et de la musique maure musulmane transmise à Cordoue et Grenade depuis le califat abbasside. À la suite de la chute de Grenade, les expulsés morisques et les Juifs sépharades la ramènent à Salé comme à Rabat, à Fès et à Tétouan. Elle est composée de formes poétiques telles que le muwashshah ou le zadjal (l'une des sources des Cantigas de Santa Maria du roi Alphonse X de Castille, du flamenco et des chansons de troubadours)[68]. Ces productions poétiques et musicales sont en rupture avec la poésie bédouine, première source d’inspiration du Melhoun qui en fut profondément et définitivement transformé[N 10].

Plusieurs instruments traditionnels sont pratiqués dans la ville de Salé : le riqq, le naqarat, la darbouka, le qanûn, l'oud, le violon (tenu sur la jambe à la manière traditionnelle marocaine) et le nay. Parmi les instrumentalistes illustres de Salé figurent Salah Cherkaoui dit Cherki le virtuose du Qanûn, Houcine Slaoui qui se démarque en s'attaquant à la musique populaire, Hajj Ahmed Zniber, talentueux musicien du gharnati et précurseur de l'utilisation du qanûn dans la musique moderne, Mohammed Baroudi, un expert de Al-Ala. On peut aussi citer des spécialistes du Malhoun : Cheikh al-Barri, Mohammed Chlih, Larbi Maâninou, Hassan Yacoubi, Cheikh Mohammed ben Ghanem, Cheikh ben Aissa et Cheikh Haj Mohammed Bensaid.

Une particularité de Salé depuis l'époque ancienne, c'est d'être un berceau de l'art du samae[N 11] (louanges et panégyriques chantés en chœur)[70],[71].

Salé fut aussi le berceau de nombreux poètes depuis les Mérinides. Mohammed ben Siwar al-Ichbouni, qui a écrit (en hommage à Aboul Abbas Ahmed ibn Kassim ibn Achra) : « J'aime Salé parce que tu es de Salé. Car tout ce qui est de Salé m'est cher »[71] est l'un d'eux. Il y a aussi Ibn Bakki, qui résidait à Salé chez le cadi Aboul Abbas Ahmed ibn al-Kasim ibn Achara, ou encore Aboul Hassan ben Abi al-Homara[71].

Traditions et coutumes[modifier | modifier le code]

Procession des cierges[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Procession des cierges de Salé.

Cette tradition salétine remonte au règne d'Ahmed al-Mansour Addahbi[L 19],[72] (sultan de 1578 à 1603) qui a été très impressionné durant son exil en pays ottoman (de 1557 à 1576) par la procession des cierges organisée à l’occasion de l'Aïd al-Mawlid, qui célèbre la naissance du Prophète. Aussi décide-t-il d'introduire au Maroc cette cérémonie, qui est organisée la première fois dans la ville de Marrakech puis à Salé en 1569. La tradition s'est ensuite répandue dans tout le Maroc.

Ramadan[modifier | modifier le code]

Durant le mois sacré de ramadan, les Salétins prennent le temps de se recueillir, de lire le Coran et de réciter les invocations recommandées par le prophète Mahomet, un chapelet à la main. Pour l’accueillir, le 29 chaabane, un groupe de neffara[N 12], scrute le couchant depuis le minaret de la grande mosquée. Dès l'apparition du premier croissant de lune, ils courent annoncer le début du mois de ramadan en disant : Naâm Allah m’sakoum Ramdan ha houa jakoum !

Ce groupe réveille les dormeurs avant l'aube pour le sahur (le repas de l'aube), certaines personnes se retirent alors dans les mosquées ou dans d’autres lieux saints (les zaouïats) au cours de ce mois sacré, plus particulièrement vers les dix derniers jours, pour consacrer leur temps à la prière, c’est le Iεtikāf.

Le moment du moughroub ou de l’iftar (la rupture du jeûne) est marqué par un enchaînement de coups de canons tirés depuis les forteresses de Sidi Benacher. Après l’iftar, des soirées de musique andalouse, de madih ou de malhoune sont organisées pour le plaisir de tous[74].

Lexique salétin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arabe salétin.

L'arrivée à Salé de certains Andalous puis des Morisques expulsés d'Espagne a beaucoup influencé le parler de l'époque. On trouve ainsi des emprunts à l'espagnol ou au turc (expliqué par la venue de certains corsaires ottomans). Les tournures issues de l'arabe andalou y sont particulières ; elles ont tendance à féminiser, enjoliver ou utiliser des diminutifs pour les mots : on a ainsi chjira pour chajara (« arbre »), tfifha pour touffaha (« pomme »). Ce parler s'est façonné au fil du temps jusqu'à créer un dialecte propre à la ville que l'on entend toujours au bout de la langue des « purs Salétins »[L 22],[L 23].

Festivals et évènements[modifier | modifier le code]

Édition 2009 du Festival Mawazine.
Festival Karacena à la Kasbah des Gnaouas devant le Cirque Shems'y.

Salé est une grande ville abritant plusieurs festivals et évènements, quelquefois au côté de la ville-sœur Rabat. Ainsi, le Festival Mawazine, créé en 2001, se déroule conjointement dans les deux villes. Il est présidé par un proche du roi, Mounir El Majidi, et accueille plusieurs cultures musicales du monde, devenant de ce fait un festival international.

Le Festival international du film de femmes de Salé, autre grand festival organisé depuis 2004 par l'Association Bouregreg, connait depuis 2009 un rythme annuel. La sixième édition s'est déroulée du 17 au 22 septembre 2012[75].

Le Festival Karacena, festival artistique qui a lieu tous les deux ans dans la ville de Salé depuis 2006, est organisé sous le haut patronage du roi Mohamed VI par l'Association marocaine d’aide aux Enfants en situation précaire.

Le Maroc Hit Parade est organisé depuis 2008 sur les deux rives du Bouregreg à l'occasion de la fête de la musique[76]. Regroupant de jeunes artistes et des groupes de musique urbaine marocains, il a la particularité de durer deux jours, les 20 et 21 juin[77].

En 2009, la ville de Salé a abrité la première édition du festival Ramadan de Salé et a accueilli plus de 300 artistes dont : Jil Jilala, Lemchaheb, Abdelouahed Tetouani, Mohamed El Ghaoui, Bachir Abdou, etc. Le festival a rendu hommage à Mohammed Hassan El Joundi, Mohamed El Jem, Mohamed Benghmouch et Thami Belhaouate[78],[79].

Architecture et urbanisme[modifier | modifier le code]

Médina[modifier | modifier le code]

Souks[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Souks de Salé.
Place du souk El-Kebir vers 1920.

Les souks de Salé tels le Souk Lakbir et le Souk Laghzal sont aujourd'hui parmi les plus authentiques et les plus anciens du Maroc. Protégées par la muraille érigée contre les attaques des flibustiers espagnols, les étroites ruelles couvertes de bois de thuya datant parfois d'au moins cinq siècles abritent les échoppes de tissu, de babouches, d'épices ou celles de bijoux autrefois tenues par les juifs[67].

Organisé par quartiers et par métiers, les souks de Salé jouissent d'une bonne popularité grâce à leur artisanat et leur culture. La qissariya (souk de tissus) vend des tissus et des bijoux. En 1912, la rue des vendeurs de fils et presque la moitié de la rue des cordonniers étaient considérées comme partie intégrante d'un souk de tissus (qissariya) qui s'étendait sans interruption sur environ 2 500 m2[L 7]. Plusieurs rues se croisent dans ce souk, les principales étant la rue des kharrazines (cordonniers) et celle des charratines (vendeurs de fil de soie)[L 7]. Le souk al-Ghazel est un marché de ventes aux enchères ; la laine brute ou teinte en tas y est également vendue. Ce fut la première grande place de Salé[L 24].

Kissaria As-sawari (le souk des colonnes), est le centre principal de vente des tissus et lainages, une vingtaine de boutiques y seraient ouvertes[L 7]. Le grand marché (Souk El-Kbir), est spécialisé dans la vente de tissus et vêtements traditionnels tels les djellabas, les babouches et les fez. Ce souk est un ancien marché d'esclaves chrétiens[80]. Le Souk Sebt (marché du samedi) n'est ouvert que ce jour-là. Le Souk El-Attarine est l'un des principaux marchés d'épices.

Le Souk el-Merzouk est réservé aux bijoutiers, aux nattiers et aux vanniers[81]. Le Souk Lakhmiss, l'un des plus anciens de la ville, vend essentiellement des plantes. Le Souk Alimentaire est spécialisé dans la vente de produits alimentaires, en particulier des spécialités d'origine salétine ainsi que des épices. Le souk des bijoutiers, qui ne sont pas fabricants mais offrent des pièces réalisées à Casablanca et Fès ou importées, est constitué de plusieurs dizaines de boutiques et très fréquenté le soir, notamment pendant les week-ends et la « belle saison […] des mariages »[82].

Remparts et portes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Enceinte de la médina de Salé.
Vue sur les remparts.

L'enceinte de la médina est formée d'un ensemble de remparts, de fortifications et de bastions, classé monument historique en octobre 1914[83]. Sur le plan architectural, elle est « flanquée de tours barlongues et ponctuée par des portes urbaines dans la pure tradition des enceintes médiévales de l’Occident musulman »[84] et « compte parmi les ouvrages défensifs islamiques les plus anciens du Maroc »[84].

Les remparts ont 3 560 m de long et près de 12 m de hauteur et délimitent un domaine de quatre-vingt-dix hectares. Ils sont renforcés par un dispositif défensif composé de cinquante-cinq tours rectangulaires, construites à intervalles irréguliers et de cinq bastions fortifiés, les Scalla, caractéristiques de l'architecture militaire[85].

Portes[modifier | modifier le code]

Les portes de Salé sont parmi les plus anciennes et les plus imposantes du Maroc[17]. la ville en possède sept principales ; autrefois, chacune n'était ouverte qu'un jour par semaine pour mieux protéger les habitants. On a ainsi Bab El-Khamiss (Porte du jeudi) qui était ouverte seulement ce jour-là. Les portes, principales et secondaires confondues, se nomment :

Portes de Salé
Édifice Époque Style Localisation Descriptions Remarques Image
Bab el-Mrissa 1260 - 1270 Mérinide 34° 01′ 58″ N 6° 49′ 13″ O / 34.03278, -6.82028 () Arc outrepassé brisé monumental flanqué de deux tours. Porte maritime bâtie par un ingénieur andalou originaire de Séville, Mohamed Ben Ali[L 25], aujourd'hui partiellement ensablée.
Bab el-Mrissa
Bab Ferran Anciennement Bab Dar As-Sinaâ 1261 Mérinide Arsenal et fabrique d'arme des corsaires[L 25]. Des dizaines de navires de guerre y furent construits. L'activité de l'arsenal s'arrêta définitivement au XVIIe siècle.
Bab Dar As-Sinaâ
Bab Sidi Bou Haja Almohade et Alaouite Elle porte le nom du saint andalou Ibrahim Bouhaja qui entretenait la zaouïa Annoussak au XIVe siècle[L 25]. Détruite dans les années 1960.
Bab Maalaqa Almohade et Alaouite Porte de la ville réservée au sultan quand il visitait les lieux saints de Salé[L 25]. S’ouvre sur le cimetière et la plage.
Bab Sebta
(porte de Ceuta)
XIIe siècle Almoravide et Almohade Surélevée vers le début du XIXe siècle, passage obligé pour prendre la route vers Ceuta, d'où son nom[L 25].
Bab Fès Anciennement Bab El-Khmiss (porte du jeudi) 1054 - 1156 Almoravide Donne accès à l’est de Salé, nommée en référence au souk hebdomadaire à proximité[L 25].
Bab Jdid 1828 Alaouite Elle fut percée sur la muraille mérinide sur ordre du Sultan alaouite Abd ar-Rahman ibn Hicham.
Bab Ferth
Bab Chaafa Modeste porte protégée par une grande tour adjacente abritant aujourd'hui un café d'inspiration andalouse[L 25].
Bab Cortoba
(porte de Cordoue)
Almohade Petite porte donnant accès au Mellah.

Borjs et édifices militaires[modifier | modifier le code]

Édifice Époque Commanditaire Localisation Descriptions Remarques Image
Borj Bab Sebta 1054 - 1146 Elle fut réaménagée par Abdelhaq Fennich qui en fit le siège de son caïdat lorsqu'il prit la direction de la ville (1738 - 1757)[L 26].
Borj bab sebta.jpg
Borj Adoumoue (Bastion des larmes), communément appelé Skala Al-Kdima[N 13] (l'ancienne Scala) 1785 Sultan Mohammed III du Maroc Fortification chargée de canons en bronze et d'armements turcs[L 26]. Classé patrimoine national en 1914[86].
Borj adoumoue salé.jpg
Borj Roukni (Bastion d'angle), appelé aussi Borj El-Kebir (Grande tour) ou encore Skala Jdida (la nouvelle Scala), 1853 Sultan Abd ar-Rahman ibn Hicham De forme semi-circulaire sur deux niveaux[L 27]. Il fut réalisé en réaction au bombardement de la ville par une escadre française en 1851 . À son achèvement, il fut équipé de 17 canons. En 1990, on y tourne une scène des Mille et Une Nuits.
Bordj Roukni à Salé.jpg
Borj al-Mellah Près de Bab el-Mrissa, de l'autre côté des remparts[L 28]
Kasbah des Gnaouas 1709 Sultan Ismaël du Maroc 34° 01′ 46″ N 6° 50′ 09″ O / 34.02944, -6.83583 () Vestiges Elle fut édifiée pour abriter la troupe des Abid al-Bukhari. D'une superficie de 7 000 m2 environ, elle disposait d'un accès unique. Elle fut détruite en 1758 par les habitants de Salé en réaction aux exactions des gardes noirs. Elle fut classée monument national en 1948.
Canons et les forteresses militaires Près de Sidi Benacher
Stadsmuurvasalesidimoussa.jpg
Sour el Aqouass (l'enceinte d'arcades) 1130 - 1269 34° 02′ 52″ N 6° 48′ 58″ O / 34.047699, -6.816204 () Aqueduc de 14 km de long Conçu pour alimenter les bâtiments, les jardins, et notamment les médersas et la grande mosquée en eau douce provenant de la source Aïn Barka située à quelques kilomètres au nord de la ville. Il est classé patrimoine national par dahir du 10 octobre 1914[87].
Aqueduc de Salé.jpg

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Mosquées, médersas et autres édifices religieux[modifier | modifier le code]

Le minaret de la Grande mosquée de Salé, construite par les Ifrenides entre 1028 et 1029
Médersa mérinide de Salé, construite par le Sultan Abu al-Hasan ben Uthman en 1341.

La ville de Salé dispose d'un important nombres d'édifices religieux tels que plusieurs dizaines de mosquées et de médersas ainsi que des cimetières de religions diverses. Parmi eux :

Fontaine de la Médersa

Zaouïas[modifier | modifier le code]

Zaouiya Annoussak édifiée par Abu Inan Faris en 1356

La ville de Salé est réputée dès l'avènement de l'islam au Maroc pour être le refuge des ermites et des dévots. Elle attirait de toutes parts les gens se vouant à l'ascétisme. C'est pourquoi elle compte un grand nombre de sites réservés au recueillement, soit plus d'une centaine de zaouïas, de cloîtres et de sanctuaires pris comme modèles : zaouïa Chrichi, zaouïa Sidi Bouzekri, zaouïa Annousak, zaouïa Sidi Moghit, zaouïa Qadiriyya, zaouïa Hajjiya, zaouïa El-Moubarakiya, zaouïa Naciria, zaouïa Hansalia, zaouïa Hassounia, zaouïa Aissawiya, zaouïa Ghaziya, zaouïa Khassimiya, zaouïa Touhamya, zaouïa Hamdouchia, zaouïa Tijjania, zaouïa Addlil, zaouïa Kettania , zaouïa Ben Aboud, zaouïa Harratia, zaouïa Seddiquia[L 33].

Mausolées et marabouts[modifier | modifier le code]

Les mausolées sont des tombeaux à coupole, appelés aussi marabouts.

  • Mausolée de Sidi Ahmed ibn Mohammed ibn Youssouf Aboul Abbas (Sidi Belabbès) (1145), sa coupole fut construite par un roi mérinide[L 34].
  • Marabout de Sidi Moussa Doukkali (1155)[L 34], il est classé patrimoine national par dahir du 16 octobre 1948[87].
  • Mausolée de Sidi Al-Hajj Abdellah (1165)[L 34].
  • Mausolée de Sidi Ahmed Benachir (1364), restauré par les sultans Moulay Abdellah Ibn Ismail et Abd ar-Rahman ibn Hicham[L 35].
  • Mausolée de Sidi Ali Ben Ayoub (1369), mausolée d'un saint personnage qui enseignait le Coran aux enfants[L 35].
  • Mausolée de Sidi Ibrahim Bouhaja ar-Rondi al-Andaloussi.
  • Mausolée de l'imam Ibn Al-Mejrad (1376)[L 35].
  • Mausolée de Sidi Abdellah ben Hassoun (1604), plusieurs personnalités (outre les Hassounis) sont inhumées dans le mausolée du saint patron de Salé[L 36].
  • Mausolée de Sidi Ahmed Hajji
  • Mausolée de Sidi M'Hamed M'Fadel (surnommé Moul l'Gomri) (1661), Alem et descendant du cheikh M'Hamed Charqui, patron de Bejaâd où il est inhumé[L 36].
  • Mausolée de Sidi Ahmed Taleb (1662)[L 36].
  • Mausolée de Sidi Al-Hassan Al-Aydi Sjiri (1719), celui-ci était un homme pieux dont la bénédiction illuminait le visage[L 36].

Établissements culturels[modifier | modifier le code]

Des tapis marocains accrochés au mur d'un musée
Musée Bab el-Khemiss (Porte du Jeudi en référence au souk hebdomadaire à proximité)

Musées[modifier | modifier le code]

  • Musée ethnographique Dar Belghazi, créé en 1994, est l'un des principaux musées privés de Salé offrant un large éventail de collections : instruments de musique andalous et berbères, armes anciennes, habits traditionnels, tapis, fontaines en zellige, monnaies, textes coraniques par exemple[89].
  • Musée de la poterie de l'Oulja.
  • Musée Bab Khemiss[90].
  • Musée de la céramique, aménagé dans l'ancienne forteresse de Borj Adoumoue (tour des larmes) depuis 1994.

Bibliothèques[modifier | modifier le code]

Meuble avec des livres sur les étagères
Intérieur de la Bibliothèque Sbihi
  • Bibliothèque Naciri, bibliothèque privée de l'historien Ahmed Naciri.
  • Bibliothèque de la Grande Mosquée, bibliothèque d'archives historiques et d'études islamiques.
  • Bibliothèque Abderrahim Bouabid.
  • Bibliothèque Saïd Hajji.
  • Bibliothèque Sbihi, fondée en 1967, elle est l'une des plus célèbres bibliothèques privées du Maroc et possède un musée montrant un large éventail d'astrolabes, de décorations, de manuscrits, de cartes et d'archives historiques sur Salé. L'actuel ministre de la Culture Mohamed Amine Sbihi et son frère en sont les conservateurs. Elle s'ouvre aux hommes de lettres, historiens et artistes pour accueillir leurs conférences.

Sport[modifier | modifier le code]

Football[modifier | modifier le code]

L'arrivée du sport dans la ville coïncide avec l'arrivée des Français au Maroc. Ce sont les Français qui font découvrir aux Marocains les différents sports joués en France et en Europe. Pour le football, à partir de 1913, plusieurs clubs sont créés par les soldats français dans les principales villes du Maroc dont on notera l'Union sportive de Rabat-Salé[L 37].

Puis en 1928, grâce aux jeunes du club littéraire salétin, la ville voit naître l'Association sportive islamique de Salé, club toujours actif aujourd'hui connu sous le nom de l'Association sportive de Salé. Au début, le club de l'AS Salé disposait de deux sections : le football et le basket-ball.

Quatre ans après, les nationalistes des deux rives créent un club nommé « Association sportive islamique de Rabat et Salé ».

En 1947, Larbi Zniber crée en compagnie de son ami le journaliste Mustapha Belhaj le Najah de Salé , un club qui a été le réservoir de l'Association Sportive et dont il a été gardien de but. Dans la saison 1944- 1945, il existait plusieurs équipes : Club Sportif de Salé, Najm de Salé, Hassania Salaouia, Tihad sportif de Salé et le Club de la communauté juive, qui seront fusionnés pour en faire une seule équipe forte capable de jouer dans l'élite, c'est l'ASS.

Dans les années 1990, le Sporting de Salé a réussi à rester dans l'élite pendant plusieurs années[91],[92],[93],[94],[95], avant de tomber dans la seconde division lors de la saison 2000-2001. Et avant de se faire reléguer en troisième la saison suivante après avoir terminé dernier, les deux principaux clubs, le Sporting de Salé et l'AS Salé, fusionnent pour garder le même nom que celui-ci. Durant cette époque lorsque les deux clubs étaient présents dans la même division, étaient organisés des « derby de Salé » entre le Sporting de Salé et l'AS Salé[96],[97].

Un autre derby existe entre un club de Salé et un club de Rabat. Ce derby oppose deux clubs de villes ennemies ayant des liens historiques. Appelé derby du Bouregreg, ce derby peut opposer n'importe quelle équipe tant que ces deux équipes sont de Rabat et de Salé [98]. Aujourd’hui plusieurs autres petits clubs existent dont le Amal de Salé et le Najah Sportive de Salé. Le derby du Bouregreg n'est pas un derby réservé seulement au football, il existe dans plusieurs autres sports notamment le basket-ball entre l'AS Salé et le FUS de Rabat[99].

Depuis 2011, l'AS Salé organise un tournoi amical annuel au Stade Boubker Ammar. Appelé le Tournoi Mohamed Benghmouch, il rend hommage à celui qui fut le dirigeant de l'ASS durant les années 1970 et 80. La première édition de ce tournoi a été remportée par le Chabab Rif Al Hoceima face aux FAR de Rabat sur le score de trois buts à un [100]

Mais de nos jours l'AS Salé est omnisports et plusieurs autres sections ont ainsi vu le jour. Bien que la ville soit l'une des plus peuplée du Maroc, par rapport à son voisin d'en face, la ville de Salé a faible niveau de nos jours en ce qui concerne le football.

Basket-ball[modifier | modifier le code]

En basket-ball, l'AS Salé, équipe de première division, a remporté deux championnats et cinq coupes du Trône. En 2011, les « pirates de Salé » ont représenté le Maroc lors de la coupe arabe des clubs champions en atteignant la seconde place puis lors de la coupe d’Afrique des clubs champions en se classant troisième dans les années 2010 et 2011.

La ville organise chaque année depuis 2008 un tournoi international. L'AS Salé remporta deux fois cette compétition, en 2009 et en 2010[101],[102].

Autres sports[modifier | modifier le code]

Plusieurs autres sports sont également pratiqués dans la ville de Salé dont le hand-ball qui dispose d'une équipe en première division qui est une section de l'AS Salé. De plus, plusieurs autres clubs salétins de cette discipline sont en seconde division. Le beach-volley est également très apprécié dans la ville, ainsi qu'à Rabat. Le 3e tournoi international de beach-volley a été organisé en 2010 dans la marina du Bouregreg. Sous l'égide de la fédération royale marocaine de volley-ball, cette compétition a vu la participation d'équipes originaires de Grande-Bretagne, Espagne, Slovénie, Colombie, Cuba, Argentine, Italie et États-Unis[103]. Avec le tournoi de beach-volley, la marina du Bouregreg a organisé la 3e édition du salon « extrême loisir » du 29 mai au 6 juin 2010[104] ainsi que la « 11e édition de la Nuit Internationale du Jet Ski » du 10 au 12 septembre 2012[105].

La ville de Salé a organisé aussi plusieurs autres compétitions sportives de disciplines différentes. Dans le 6e Rallye automobile du corps diplomatique organisé par le Maroc, Salé fut la ville de départ et d'arrivée[106]. Le Maroc a organisé un même genre de compétition sauf que cette fois-ci celle-ci a lieu chaque année et seules les femmes doivent y participer. La compétition a pour nom le « Rallye des Colombes »[107]. Une autre compétition de grande envergure eut lieu à Salé, c'est le « Jet Cup de Salé » qui d'après Le Matin, fut une véritable réussite[108].

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Avant l'ouverture du nouveau stade de Salé, le Sporting de Salé ainsi que l'AS Salé jouaient au stade de la Marche verte qui atteignait 4 000 places[109]. En 2006, dans le cadre du projet de l'aménagement de la vallée du Bouregreg, il a fallu détruire ce stade, remplacé par le Stade Boubker Ammar. Sa construction aura duré vingt-cinq ans puisqu'elle a été entamée en 1981. C'est l'agence pour l'aménagement de la vallée du Bouregreg qui a permis de finaliser les travaux[110].

La ville dispose également de deux centres sportifs, celui de Maâmora ainsi que de l'Académie Mohammed VI de football. Le centre sportif de Maâmora est le centre de formation du club royal de l'AS FAR[111]. Quoi que le club soit situé dans la ville de Rabat, son centre de formation est donc basé dans la ville de Salé[112]. L'Académie Mohammed VI de football, inaugurée en 2010 par le roi Mohammed VI et administrée par la Fédération royale marocaine de football, se spécialise dans la formation de jeunes footballeurs[113].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Une porte de style arabe avec des caractères arabes
L'École Mohammedia, fondée en 1947

Établissements scolaires :

  • Lycée An-Nahda (Lycée de la Renaissance): établissement arabisant et conservateur fondé par Boubker el-Kadiri pour s'opposer à l'enseignement français.
  • École Mohammedia, fondée en 1947 et édifiée à l'emplacement de l'ancienne Médersa Almohade.
  • Lycée Moulay Tayeb El Alaoui
  • École des Remparts, anciennement École des fils de Notables de Salé.
  • Lycée Mohamed Hassan El Ouazzani
  • Lycée Allal El Fassi
  • Lycée Almaghrib Alarabi
  • Lycée Ibn Alkhatib
  • Lycée Lafkih Abou Bakr Titouani : établissement connu sous le nom de « Plateau », parmi ses enseignants connus on trouve Ignacio Ramonet.
  • Lycée Lafkih Lemrini
  • Lycée Salaheddine El Ayoubi
  • École al-Allama Ahmed Ben Abdenbi
  • École al-Ouali Sidi Benachir

Enseignement supérieur :

Personnalités liées à Salé[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Salé.
Voir la catégorie : Personnalité de Salé.

Personnalités littéraires, culturelles et artistiques

Une gravure montant un homme sur les rochers, derrière on aperçoit des vagues ainsi qu'un bateau
Robinson Crusoé, la victime la plus connue des corsaires de Salé.

Personnalités sportives

Personnalités politiques

Corsaires

Article détaillé : Corsaires de Salé.

Anciens pachas

Anciens pachas de Salé
Pacha Période
Boujmiaaâ[L 55]  ?-1817
Ahmed Ben Mohamed Zniber[L 55] 1817-?
Hajj Ahmed Ben Mohamed Ben Al-Hashimi Aouad[L 56] 1827-1840
Abu Amar Ben Al-Hajj At-Tahir Fannish (Fennich) 1840-?
Abd Al-Aziz Mahbuba[L 56] ?
Mohamed Ben Abdelhadi Zniber[L 56] ?-1854
Abd Al-Aziz Mahbuba (2nd mandat)[L 56] 1854-1861
Hajj Mohamed Bensaid[L 56] 1861-1892
Abdallah Ben Mohamed Bensaid (fils du précédent)[L 56] 1892-1905
Hajj At-Tayyib As-Sbihi[L 56] 1905-1914
Hajj Muhammad Ben At-Tayyib As-Sbihi (fils du précédent)[L 56] 1914-1958

Jumelages et partenariats[modifier | modifier le code]

Villes jumelées
Pays Ville Date de jumelage Héraldique Site web de la ville Image de la ville
Drapeau du Maroc Maroc Rabat Blason Rabat.png Mairie de Rabat (en français) Rabat-centre.jpg
Drapeau de la Tunisie Tunisie Ariana 1982 [119] Municipalité de l'Ariana (en français) Ariana 4 - Tunisia.jpg
Drapeau du Portugal Portugal Portalegre 1997 [120] PTG.png Municipio de Portalegre (en portugais) Sé Catedral de Portalegre.jpg
Drapeau du Mexique Mexique Tlaxcala de Xicohténcatl 1998 [121] EscudodeTlaxcala.png Municipio de Tlaxcala (en espagnol) Tlaxcala2.jpg
Drapeau : Sénégal Sénégal Grand Yoff 2009 [122] Grand Yoff Info (en français) Dakar-Arafat I-Autobus.jpg
Drapeau : Sénégal Sénégal Guande 2009 [122]
Drapeau du Cameroun Cameroun Maroua 2009 [122]
Drapeau de la Russie Russie Sotchi 2010 [123] Coat of Arms of Sochi (Krasnodar krai).png Администрация города Сочи (en russe) View on Sotsji from black sea.jpg
Drapeau des États-Unis États-Unis Alexandria 2010 [123] City of Alexandria, Virginia (en anglais) Old Town Alexandria.jpg
Drapeau de la Palestine Palestine Beitunia 2013 [124] بلدية بيتونيا (en arabe) Beitunia-Sperranlage.jpg

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le raid a eu lieu en 1260 selon Ibn Khaldoun et en 1263 selon Luis del Mármol Carvajal signale « l'encyclopédie Imago Mundi, à l'article Les Almoades ».
  2. Il s'agissait de trois frégates de Brest : La Terpsichore, La Licorne et L'Héroïne, que commandait le comte de Grasse[L 11], et de trois frégates de Toulon : La Chimère, La Gracieuse et La Pléiade.
  3. Le navire en question est un brick-goélette du nom de Courraud-Rose d'après le témoignage de Charles Jagerschmidt, représentant diplomatique de France au Maroc[36].
  4. Né le 15 juin 1804 à Fort de France, il était fils de Bernard Dubourdieu, officier de marine du Premier Empire. Promu contre-amiral en juillet 1848, Louis Thomas Napoléon Dubourdieu (1804-1857) servit la IIe République puis le Second Empire[35].
  5. Tobjia (طوبجيا), désigne le fantassin dans le dialecte salétin (voir Lexique salétin)
  6. Rabat n'est devenue officiellement capitale qu'en 1927, au début du règne de Sidi Mohammed ben Youssef, de par sa mention au bas d'une lettre : « Fait dans la capitale, Rabat » ; auparavant, c'était un « centre administratif provisoire ». Cf. Couplet 2011, p. 114, où l'auteur s'appuie sur : Amina Achouar et Jean-Louis Miège, « Le choix de Rabat comme capitale », Revue Maroc-Europe, Rabat, La Porte, no 10,‎ 1996, p. 79-116
  7. Al-Latīf (اللطيف) est le 31e des noms de Dieu en islam, « Celui qui accorde à ses créatures Sa douceur et Sa bienveillance ». Le 27 juin 1930 au cours de la prière du vendredi, l'imam Hadj Ali Aouad n'a pas prononcé la Fatiha (الفاتحة, al-fātiḥa, la première sourate du Coran), mais commencé à clamer le « latif », (utilisé pour demander le secours et la protection de Dieu contre les calamités), repris par tous les fidèles[41].
  8. Avant l'indépendance retrouvée du Maroc, le monarque était appelé « sultan », son premier ministre « grand vizir » et ses ministres « vizirs ». Cf. « Grand vizir » et « Vizir », sur www.bdlp.org (consulté le 3 août 2012)
  9. Parmi les 68 signataires du Manifeste, 8 étaient originaires de Salé
  10. La chanteuse Françoise Atlan est un modèle de référence à la musique judéo-andalouse (Chgouri) encore pratiquée à Salé comme dans les autres villes du Maroc ayant accueilli des expulsés andalous.
  11. L'art du Samae, pratiqué essentiellement dans les zaouias, a un caractère à la fois religieux et artistique. Il chante l'amour divin, la gloire du Prophète et les grandes idées soufies. Appelé Samā‘ (Arabe: سماع) (audition) pour son caractère psalmodique non instrumental, par opposition à la nouba andalouse appelée aussi Al Ala (l'instrument), il suit aussi les grandes traditions musicales de la musique andalouse introduite au Maroc au XVIe siècle[69].
  12. Le neffar est une sorte de longue trompette, jouée en particulier par la confrérie des Aïssawa. C'est un instrument à vent traditionnel du Maroc, comme la ghaita, et qui ressemble un peu à la vuvuzela[73].
  13. Skalla (اسقالة), emprunté de l'espagnol Scala, désigne un bastion fortifié du XVIIIe siècle (voir Lexique salétin)

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Brown, p. 37
  2. Gsell et Carcopino, p. 28
  3. Jacobelli, p. 19
  4. Alaoui et Mrini, p. 23
  5. Maziane, p. 56
  6. Maziane, p. 54
  7. a, b, c, d et e Brown, p. 14
  8. Dumper et Stanley, p. 306
  9. Coindreau, p. 53
  10. Coindreau, p. 58
  11. a et b Lewis, p. 42
  12. Lewis, p. 43
  13. Brown, p. 29, 73-74, 177-180
  14. Doukkali, p. 335-336
  15. Cousté, p. 77-78
  16. Doukkali, p. 337
  17. a et b Brown, p. 89-90
  18. Alaoui et Mrini, p. 94
  19. a et b Alaoui et Mrini, p. 96
  20. a et b Alaoui et Mrini, p. 98
  21. Alaoui et Mrini, p. 100
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

En français[modifier | modifier le code]

En anglais[modifier | modifier le code]

En arabe[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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