Azawad

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Azawad[1]
ⴰⵣⴰⵓⴷ (ber)
ﺃﺯﻭﺍﺩ (ar)
Logo du MNLA
Logo du MNLA
Drapeau proposé par le MNLA.
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Azawad
Azawad
Administration
Statut politique Territoire malien depuis 1960.
Capitale Gao[1](jusqu'au 25 janvier 2013[2])
Gouvernement
- Conseil transitoire
Gouvernement provisoire : Conseil transitoire de l'État de l'Azawad[1], non reconnu
Bilal Ag Acherif[1]
Démographie
Population 1 295 000 hab. (2009)
Densité 1,6 hab./km2
Langue(s) Parlées : touareg, arabe, songhaï, peul, français
Géographie
Coordonnées 16° 16′ N 0° 03′ O / 16.266666666667, -0.0516° 16′ Nord 0° 03′ Ouest / 16.266666666667, -0.05  
Superficie 822 000 km2
Divers
Fuseau horaire UTC +0, heure d'été non-observée
Indicatif téléphonique 223
Devise Unité-Justice-Liberté (fr)
ⵜⴰⵔⵜⵢⵜ-ⵢⵈⵓⴷ-ⴰⵍⴰⵍⵓ (ber)
ﻭﺣﺪﺓ - ﻋﺪﺍﻟﺔ - ﺣﺮﻳﺔ (ar)
Sources
Circulation routière à droite

L'Azawad, également orthographié Azaouad ou Azaouâd (ⴰⵣⴰⵓⴷ en tifinagh, ﺃﺯﻭﺍﺩ en arabe),est un territoire presque entièrement désertique situé dans le Nord du Mali recouvrant des zones saharienne et sahélienne, dont des groupes séparatistes touaregs réclament l'indépendance, qu'ils ont proclamée en 2012, avant d'y renoncer le 14 février 2013. Aucun État n'a reconnu cette revendication et le territoire est le plus souvent appelé « Nord du Mali », « Mali du Nord » ou encore par anglicisme « Nord-Mali ». Le mot azawad est un mot signifiant « zone de pâturage » et dérive du mot tamasheq Azawagh.

Ce territoire est l’objet d’une aspiration à l’autonomie depuis 1958[3], époque à laquelle il est encore sous administration française. Après l’indépendance du Mali en 1960 cette aspiration a pris la forme de « rébellions touarègues ». Début 2012, une nouvelle insurrection est déclenchée par le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) qui réclame l’indépendance de la zone couvrant intégralement les trois régions du nord du Mali (celles de Kidal, de Tombouctou et de Gao). Cette insurrection est menée dans un premier temps conjointement puis séparément avec le mouvement salafiste Ansar Dine — qui veut imposer la charia — et l'organisation terroriste Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). En mars 2012, un coup d'État militaire à Bamako renverse le président malien Amadou Toumani Touré, ce qui précipite la désorganisation de l'armée et aboutit à son désengagement de la zone située au nord du fleuve Niger, à l'occupation du territoire par le MNLA et les mouvements islamiques. Le 6 avril, le MNLA proclame unilatéralement l'indépendance de l'État indépendant de l'Azawad[1]. Cette « prétendue déclaration d'indépendance » a été immédiatement rejetée par l'Union africaine[4] et par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest[5], et l'indépendance de l'Azawad n'est pas reconnue par la communauté internationale[6],[7].

Le 26 mai 2012, après trois semaines de négociations à Gao, le MNLA annonce sa fusion avec le groupe islamiste Ansar Dine. Les deux mouvements annoncent être parvenus à un accord pour déclarer l'Azawad État indépendant. Ils doivent par ailleurs constituer une armée commune chargée de sécuriser le territoire pour le peuple de l'Azawad « dans toute sa diversité ». L'éventuelle soumission des peuples de l'Azawad à l'application de la charia sera incertaine, et si oui dans quels termes juridiques, politiques et sociaux, dans le cadre d'un État déclaré islamique désormais, et non plus laïc. À Gao et Tombouctou, le 25 mai au soir de la signature, l'accord a été accueilli par des tirs en l'air. Ainsi le MNLA et Ansar Dine mettent leurs forces en commun pour former le Conseil transitoire de l'État islamique de l'Azawad[8].

« Le mouvement Ansar Dine et le MNLA proclament leur auto-dissolution dans l'Azawad. Les deux mouvements créent le Conseil transitoire de l'État islamique de l'Azawad », selon le protocole d'accord entre le mouvement indépendantiste et le groupe islamique[9].

Cependant, le 29 mai 2012, le MNLA exprime son désaccord, le document final ayant été modifié après la signature. Le différend porte notamment sur l'ajout à l'insu du MNLA de l'application de la « charia » dans le nouvel Azawad[10]. Le 1er juin, il dénonce l'accord au nom de sa « ligne résolument laïque »[11]. Le 7 juin, le MNLA dévoile le Conseil transitoire de l'État de l'Azawad (CTEA) formé de 28 membres et ayant comme président Bilal Ag Acherif.

Étymologie et nom de l'État[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

« Azawad » écrit en tifinagh.

Azawad est un mot d'origine touareg utilisé aussi par les arabophones qui signifierait littéralement « le territoire de transhumance »[12] ou « la terre de transhumance » et qui vient du mot touareg Azawagh. L'appellation arabe et touarègue correspond à peu près à la notion française de « pâturage ». Depuis 1990 et l'utilisation de ce mot pour désigner les régions nord du Mali, les habitants peuvent être appelés les Azawadis (au féminin Azawadies) mais on trouve parfois Azawadiens et Azawadiennes. En tifinagh, l'alphabet traditionnel et historique berbère, « Azawad » s'écrit « ⴰⵣⴰⵓⴰⴷ ».

Nom de l'État[modifier | modifier le code]

Le 6 avril 2012, dans une déclaration postée sur son site web, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) proclame l'indépendance de l'Azawad vis-à-vis du Mali. Dans cette Déclaration d'indépendance de l'Azawad, le nom « État indépendant de l'Azawad » est utilisé[13] (arabe : ﺩﻭﻟﺔ ﺃﺯﻭﺍﺩ ﺍﻟﻤﺴﺘﻘﻠﺔ[14], Dawlat Azawād al-Mustaqillah). Le 26 mai, le MNLA et son ancien cobelligérant Ansar Dine annoncent un pacte dans lequel ils fusionneraient pour former un État islamiste – selon les médias le nouveau nom long de l'Azawad est utilisé dans ce pacte. Mais ce nouveau nom n'est pas clair – des sources listent diverses variantes de celui-ci : la République islamique de l'Azawad[15],[16], l'État islamique de l'Azawad[17], la République de l'Azawad[18]. Les autorités de l'Azawad n'ont pas encore confirmé officiellement un changement de nom. De plus, plusieurs rapports ultérieurs indiquent que le MNLA a décidé de se retirer du pacte avec Ansar Dine. Dans une nouvelle déclaration datée du 9 juin, le MNLA utilise le nom d'État de l'Azawad[19]. Le MNLA a dévoilé la liste de 28 membres du Conseil de transition de l'État de l'Azawad (CTEA) qui servira de gouvernement provisoire avec pour président Bilal Ag Acherif pour diriger le nouvel État de l'Azawad.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'Azawad et l'espace culturel du Grand Maghreb.

La vallée fossile du Sahara central s'appelle en Tamacheq « Azawa » (« le plat ») qui a une superficie de 380 km2, toute comprise dans la seule région de Tombouctou, entre la ville d’Araouane et les salines de Taoudéni.

Carte des différentes conceptions de la zone d'autodétermination revendiquée, seule la partie située au nord du fleuve Niger est majoritairement arabo-berbère.

La délimitation du territoire de l'Azawad n'est pas clairement définie et varie selon les auteurs. La zone de transhumance des Touaregs est située au nord du fleuve Niger, dans son acception la plus réduite, mais certains Touaregs l'étendent également au sud du fleuve. Dans son acception réduite, le support géographique de la région se limite à un erg qui se trouve entre Tombouctou et Araouane. Il est plus petit que l’Adrar des Ifôgas (à l’Est de Tombouctou), et que l’immense Khnâchîch entre Araouane et les mines de sel de Taoudenni.

L’Azaouâd est un erg, assez petit, de 382 km2, au nord de Tombouctou, qui contient de nombreux gisements préhistoriques. C'est également un « évènement » saisonnier, une « expédition » qui emprunte depuis des siècles toujours la même route pour aller récolter des plaques de sel dans les mines de sel de Taoudenni, via l’oasis et les puits d’eau d’Araouane (à 550 km au nord) et les ramener à Tombouctou.[réf. nécessaire]

Mohamed Tiessa-Farma Maïga distingue deux zones, selon que l’on se place d’un point de vue géographique (il s’agit alors de la « bande centrale au relief dunaire et caillouteux située en pleine zone aride au nord de Tombouctou et de la boucle du Niger », soit un désert qui s’étend sur plus de 800 km dont une centaine habitable) et d’un point de vue géopolitique (« tenant essentiellement du discours » et qui couvre alors une zone plus large)[20].

Pour les mouvements de la rébellion touarègue, l’Azawad couvre les trois régions du Nord du Mali : celles de Gao, de Tombouctou et de Kidal[21].

Climat[modifier | modifier le code]

Touaregs dans l'environnement désertique (Sahara) de l'Azawad

Au nord, l'Azawad est bordé par l'Algérie, à l'est par le Niger et à l'ouest par la Mauritanie. L'Azawad est intégralement situé dans le Sahara, mais sa partie sud marque une transition avec la zone sahélienne. Les précipitations annuelles moyennes sont inférieures à 127 mm.

Villes principales[modifier | modifier le code]

Les principales villes de l'Azawad incluent :

  • Tombouctou (54 453 habitants en 2013)[22], située sur le fleuve Niger est une commune du Mali. Elle est surnommée « la ville aux 333 saints » et « la perle du désert ». Son nom viendrait du tamasheq Tin (ou Tim), qui signifie « puits » ou « lieu », et de Bouctou, nom donné à la femme présente à l'arrivée des Touaregs, gardienne d'un puits, et qui désignerait une personne originaire d’Essouk (un peu au nord de Kidal), ce qui donne « le lieu de Bouctou »[23].
  • Gao (65 919 habitants, d'après la Commission nationale de la coopération décentralisée)[24], fondée au VIIe siècle au temps de l'empire songhaï, elle fut la capitale de leur empire jusqu'à sa conquête par les Saadiens après la bataille de Tondibi. L'invasion saadienne de 1591 a largement détruit la ville qui recèle toujours des vestiges archéologiques de premier plan tel le tombeau des Askias.
  • Kidal (25 617 habitants[réf. nécessaire]), est située à 350 km au nord de Gao au cœur de l'Adrar des Ifoghas. Pendant longtemps cette zone était interdite, du fait de la présence d'un bagne militaire. Kidal connaît un essor très rapide, ce qui entraîne des problèmes d'équipements et de disponibilité de l'eau.
  • Ménaka, (20 702 habitants)
  • Gossi (17 000 habitants[réf. nécessaire]), est située à 180 km au sud de Gao au cœur du Gourma.

Relief[modifier | modifier le code]

Guelta dans l'Adrar des Ifoghas

L'Azawad englobe le massif montagneux de l'Adrar des Ifoghas qui s'étend sur 250 000 km2. Ce massif est jonché d'empilements granitiques sous formes de blocs très érodés. Les vallées y sont larges et peu encaissées. En tamasheq, adrar signifie montagne. Quant au mot ifogha, il vient du clan aristocratique touareg Kel Ifoghas qui exerce depuis plusieurs générations un rôle politique prédominant dans la région.

L'Adrar des Ifoghas est un lieu prisé pour le trek grâce à ses nombreuses gueltas et un important patrimoine de gravures rupestres. Ces gueltas sont des plans d'eau temporaires ou pérennes, sans écoulement apparent (aréisme) : des mares qui subsistent après la crue dans les lits des oueds ou des « piscines naturelles » dans la roche en place[25],[26],[27].

Histoire[modifier | modifier le code]

Berceau des Touaregs[modifier | modifier le code]

Écritures tifinaghs anciennes, site des gravures rupestres d'Intédeni près d'Essouk au Mali.

À Essouk, dans l'Adrar des Ifoghas, se trouve un important site de gravures rupestres, daté de 6000 av. J.-C. Devenue une cité caravanière du commerce transsaharien, elle prospère entre le IXe et XIIe siècles, à cette période les migrations de Berbères ont constitué le fond de son peuplement : groupes Lemta et Houara (les paléo-berbères) suivis par d’autres, comme les « pasteurs hamites », les Kel Tadamakat, et ceux venus plus tard de Oualata ou du Maroc. Dans ce creuset d’Essouk s’est cristallisée et s'est développée la culture touareg avant d’essaimer à l’intérieur du Mali et dans les contrées voisines du Niger et de l’Algérie. Dans cette zone se trouvent de nombreuses gravures anciennes en tifinagh[réf. nécessaire].

Domination du Ghana, du Mali et du Songhaï[modifier | modifier le code]

Routes caravanières transsahariennes au Moyen Âge

À partir de 6000 avant J.-C., les sociétés ouest-africaines adoptent progressivement l'agriculture avec la domestication du millet perle (Pennisetum glaucum) dans une zone située au nord du fleuve Sénégal[28] puis avec le développement la riziculture dans le delta intérieur du Niger[29] à partir du IIIe millénaire avant J.-C. Cette structuration économique autour de sociétés agricoles et sédentaires, favorable à l'apparition d'États centralisés, est au contraire défavorable aux Touaregs vivant dans le cadre du pastoralisme nomade. C'est dans ce contexte, qu'à partir du VIIIe siècle après J.-C. commence l'expansion de l’empire du Ghana, lorsque Kaya Magan Cissé roi du Wagadou réalise l'unité des Soninkés. Les Touaregs vivent désormais sous domination jusqu'à la prise de Gao par les Saadiens en 1591.

À défaut d'agriculture, le commerce devient une activité importante pour les arabo-berbères d’Aoudaghost (actuellement en Mauritanie), alors vassaux du Ghana. Ils font de leur cité un maillon important du commerce transsaharien. La cité devient alors la métropole des Arabo-berbères du Sud du Sahara, qui décident de se révolter contre l’autorité de l'empereur du Ghana. Ce dernier est mis à mort par le chef des insurgés. Son successeur s’empare alors d’Aoudaghost, supprime toute autonomie arabo-berbère et place la cité sous l’autorité d’un fonctionnaire impérial[30]. Le Wagadou est axé autour de la ville de Koumbi Saleh, dans le Sud-Est de l'actuelle Mauritanie, le Ghana domine la région jusqu’à l’invasion des Almoravides. Il est remplacé quelque temps plus tard par l'empire du Mali fondé par le mandingue Soundiata Keïta, et qui prend le relais du Ghana.

L'empire du Mali perd progressivement son hégémonie face à l'empire Songhaï fondé autour de Gao. En 1494, Askia Mohammed, originaire du Fouta Toro, propulse l'empire Songhaï dans le rôle de puissance dominante de la société ouest-africaine. Il le restera jusqu'à la bataille de Tondibi en 1591.

Jusqu'à cette victoire, les Touaregs et autres Arabo-berbères vivent sans cesse sous la tutelle des Noirs ouest-africains. Les institutions impériales de ces derniers régulent le commerce transsaharien et assurent le contrôle exclusif des ressources en or et en sel du Sahara. Les salines de Teghazza (Nord de l'Azawad) sont par exemple des possessions impériales. On a cependant besoin des Touaregs pour mener l'Azalaï. La route caravanière et commerciale Tombouctou-Taoudeni, une des plus anciennes du Sahara, est toujours en activité de nos jours. Des caravanes constituées de quelques centaines à plusieurs milliers de dromadaires partaient de Tombouctou sur les rives du fleuve Niger en direction du nord avec des biens de consommation et des esclaves vers Taoudeni et Teghazza, à plus de 900 km, dans le reg du Tanezrouft.

Conquête de Gao et Tombouctou[modifier | modifier le code]

L'Empire saadien
Article détaillé : Pachalik de Tombouctou.

En 1591, le sultan marocain Ahmed al-Mansur Saadi entend profiter de l'instabilité à la tête de l'empire songhaï, il mobilise une armée de 30 000 hommes et marche vers Gao. À Tondibi, il affronte et bat l'armée d'Askia Ishaq II, forte de 40 000 hommes. Cette défaite aboutit à la conquête de Gao et de Tombouctou qui deviennent alors le pachalik marocain de Tombouctou et de Gao, les Arabo-Berbères (Maures et Touaregs) parviennent ainsi à s'émanciper de la tutelle Songhaï et plus largement de la domination des États ouest-africains précoloniaux.

L'autorité saadienne s'effrite rapidement au début du XVIIe siècle et l'Azawad se retrouve aux mains de divers groupes locaux, les Marocains ne gardant l'autorité que sur quelques villes situées sur les rives du Niger, passant elles-mêmes épisodiquement sous contrôle touareg.

Les Bambaras finissent par s'imposer dans la partie sud, le long du fleuve Niger, alors que les Touaregs finissent par soumettre l'ancien Pachalik tout en gardant le contrôle du désert plus au nord. La région de la boucle du Niger passe aux mains des Peuls au début du XIXe siècle puis des Toucouleurs, la partie désertique demeurant sous contrôle ininterrompu des Touaregs jusqu'à la conquête française.

Colonisation française[modifier | modifier le code]

« Nous avons l’honneur de vous déclarer très sincèrement une fois de plus que nous voulons rester toujours français musulmans avec notre cher statut privé. Nous vous affirmons notre opposition formelle au fait d’être compris dans un système autonome ou fédéraliste d’Afrique noire ou d’Afrique de Nord. Nos intérêts et nos aspirations ne pourraient dans aucun cas être valablement défendus tant que nous sommes attachés à un territoire représenté forcément et gouverné par une majorité noire dont l’éthique, les intérêts et les aspirations ne sont pas mêmes que les nôtres. C’est pourquoi nous sollicitons votre haute intervention équitable pour être séparés politiquement et administrativement et le plus tôt possible d’avec le Soudan français pour intégrer notre pays et sa région Boucle du Niger au Sahara français dont nous faisons partie historiquement et ethniquement. »[3]

Première partie de la lettre du 30 mai 1958 adressée au général de Gaulle par Mohamed Mahmoud Ould Cheikh, cadi de Tombouctou, signée par 300 chefs Touaregs et Maures.

La pénétration coloniale française se fait en suivant le fleuve Sénégal et le fleuve Niger, depuis l'océan Atlantique en allant vers l’est. Tombouctou est conquise en 1894 et Gao en 1899. Le territoire de l'Azawad est alors intégré au Soudan français qui sera une composante de l'Afrique-Occidentale française. Le 30 octobre 1957[3], les Touaregs et les Maures de l'Azawad demandent à ne pas faire partie du processus d'indépendance ouest-africain à travers une pétition signée par 300 chefs locaux et portée par le cadi de Tombouctou Mohamed Mahmoud Ould Cheikh[3]. La France est alors en pleine crise institutionnelle qui prend fin avec le retour du général de Gaulle le 13 mai 1958. Cette pétition est portée à la connaissance des autorités françaises par une lettre adressée au général de Gaulle le 30 mai 1958[3]. Les responsables Touaregs et Maures soulignent leur incompatibilité avec les sociétés subsahariennes et demandent à être intégrés au Sahara algérien (l'Algérie, contrairement à une colonie comme l'Afrique-Occidentale française, étant assimilée alors à un ensemble de départements français). Cette demande est ignorée par le président français.

Léopold Sédar Senghor et Modibo Keïta seront les artisans de la Fédération du Mali, regroupant les colonies françaises du Sénégal, du Soudan français (dont l'Azawad), de la Haute-Volta (futur Burkina Faso) et du Dahomey (futur Bénin). La fédération est créée en janvier 1959, mais dès le mois de mars, le Dahomey et la Haute-Volta se retirent. En mai 1959, de Gaulle reçoit Modibo Keïta et reconnaît l’indépendance de la Fédération du Mali, qui sera proclamée le 20 juin 1960. Durant l’été, des dissensions internes entraînent l’éclatement de la Fédération du Mali. Le 20 août 1960, le Sénégal proclame son indépendance. Après l'échec de la Fédération du Mali, la République du Mali correspondant à l'ancien Soudan français devient indépendante le 22 septembre 1960, l'Azawad est alors intégré dans ce nouvel état indépendant. L'autorité malienne y remplace l'autorité française.

« Rébellions touaregs »[modifier | modifier le code]

À partir de l'indépendance du Mali, l'Azawad est le terrain de nombreux conflits opposant l'armée malienne à ceux qui sont généralement appelés « rebelles touaregs ». Ces derniers réclament l'autodétermination de l'Azawad. En 1963, trois ans après l'indépendance du Mali, éclate la première rébellion touarègue. Elle fut très durement réprimée par l'armée malienne qui alla jusqu'à envoyer ses avions bombardiers mater la révolte[31]. Le pays est alors sous contrôle de Modibo Keïta. Le mouvement fut également très affaibli par les sécheresses des années 1970. En 1990, deux ans après la création du Mouvement populaire de libération de l'Azawad, a lieu une insurrection. Cela aboutit à la signature des accords de Tamanrasset en 1991 et du Pacte national en 1992.

En 2006, une nouvelle insurrection a lieu, aboutissant aux accords d'Alger, signés le 4 juillet 2006[32]. L'incapacité de l'État malien à imposer son autorité sur les grands espaces peu densément peuplés de l'Azawad a favorisé le grand-banditisme et les activités terroristes telles AQMI. L'Azawad est progressivement devenue une plateforme de trafics en tous genres, de drogue notamment[33]. Ainsi, le 5 novembre 2009, un vieux cargo Boeing en provenance du Venezuela avait pu atterrir entre Gao et Kidal, rempli de cocaïne[34]. Cette région sert également de base de repli à AQMI. C'est dans ce contexte d'exaspération azawadie et d'impuissance malienne qu'a lieu l'insurrection de 2012.

Les velléités des groupes islamistes souhaitant étendre leur domination sur l'ensemble du territoire malien, poussent ces derniers à lancer une offensive vers le Sud. Ainsi, ils prennent la ville de Konna le 10 janvier 2013 et celle de Diabaly, quatre jours plus tard.
À la demande du gouvernement de Bamako, la France envoie des troupes destinées à aider l'armée malienne à repousser les assaillants, c'est le début de l'opération Serval. Celle-ci, appuyé également par des contingents fournies par des pays membres de la CEDEAO) mènera à la libération des trois principales villes contrôlées par les rebelles touaregs et les djihadistes : Gao (reprise les 26 et 27 janvier), Tombouctou (reprise le 28 janvier) et Kidal (reprise le 30 janvier).
Dès lors, les embryons de structures étatiques d'un Azawad indépendant disparaissent, cédant de nouveau la place à l'administration malienne. Tandis que les derniers combattants islamistes se retranchent dans la région montagneuse de l'Adrar des Ifoghas.

Politique[modifier | modifier le code]

En 2012, le conflit touareg est réactivé suite aux retours de rebelles touaregs partis en 1990 rejoindre l'armée libyenne de Mouammar Kadhafi. Les actions sont menées par le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) qui est laïc[35],[36] ainsi que par un mouvement islamique Ansar Dine qui réclame l'application de la charia[37]. Les deux mouvements ont combattu ensemble mais leurs objectifs sont différents, le MNLA revendiquant l'indépendance de l'Azawad, Ansar Dine la constitution d'une république islamique[38]. Après le coup d'État militaire du 22 mars 2012 qui renverse le président Amadou Toumani Touré à Bamako, les mouvements de rébellion profitent de la désorganisation de l'armée malienne pour occuper les principales villes des trois régions de l'Azawad[39]. Le MNLA et Ansar Dine revendiquent tous deux le contrôle de ces villes et des trois régions. Ainsi, la ville de Tombouctou serait passée sous le contrôle d'Ansar Dine le 2 avril 2012[40].

Le 6 avril 2012, par un communiqué publié sur son site, le MNLA déclare proclamer « irrévocablement l’État indépendant de l’Azawad à compter de ce jour »[41],[42],[43].

Immédiatement, l'Union africaine rejette « totalement la prétendue déclaration d'indépendance ». Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine condamne « fermement cette annonce, qui est nulle et sans aucune valeur » et affirme que « l'Union africaine et ses États membres ne ménageront aucun effort pour contribuer à rétablir l'autorité de la République du Mali sur l'ensemble de son territoire national et mettre un terme aux attaques perpétrées par des groupes armés et terroristes dans la partie nord du pays »[4]. La France[44] et l'Union européenne[45] condamnent également cette déclaration d'indépendance.

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2009, la région de Gao compte 544 120 habitants, la région de Tombouctou 681 691 habitants, la région de Kidal 67 638 habitants, soit pour les trois régions environ 1,3 million d'habitants[46]. La population appartient à différentes ethnies :Peulhs, Sonrhaïs, Touareg et l'ensemble Maures-Arabes-Berabiches-Kountas.

En 1950, la zone était comprise dans l'Afrique-Occidentale française. Le recensement colonial de 1950[47] (diagrammes ci-dessous) montre que Touaregs, Maures et Sonrhaïs constituaient déjà l'écrasante majorité de la population de la zone.

Économie[modifier | modifier le code]

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

  • Élevage

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

L'Azawad possède deux villes inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO : Tombouctou et Gao. Celui-ci est gravement mis en péril par les destructions systématiques opérées à Tombouctou depuis le 30 juin 2012 par les islamistes du mouvement Ansar Dine, contre les tombeaux des saints musulmans et les mosquées de la ville[48].
L'Adrar des Ifoghas est une région prisée pour le trek mais a beaucoup souffert de la présence d'AQMI.
Il en est de même pour les gravures rupestres proche d'Essouk vieilles de plus de 5 000 ans et pour les ruines médiévales d'Essouk.
Les festivals de musique touarègue tels le Festival d'Essouk et le Festival au désert sont également des atouts important en termes de tourisme culturel.
L'Azawad possède ainsi un potentiel touristique majeur très favorable à son rayonnement culturel mais est victime de la présence de groupes terroristes ainsi que de son image d'instabilité.

Transport[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Le réseau routier de l'Azawad est pour l'essentiel composé de pistes.

Réseau fluvial[modifier | modifier le code]

Le fleuve Niger est le plus grand fleuve d'Afrique de l'Ouest et le troisième d'Afrique par sa longueur après le Nil et le Congo. L'explication la plus probable est que le nom Niger provienne du touareg Γer n ɣeren (« Fleuve des fleuves ») abrégé en nɣer et qui est en usage le long des rives à Tombouctou. Selon certaines conceptions, le fleuve Niger marque la frontière sud de l'Azawad. Il passe près des villes de Gao et Tombouctou et joue un rôle important pour l'économie du pays.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Aéroport de Tombouctou

Culture[modifier | modifier le code]

Femme Touareg du Mali en tenue traditionnelle

Les fondements culturels de l'Azawad sont intimement liés au Sahara et aux étendues désertiques du territoire. Le dromadaire, « vaisseau du désert » tient une place particulière. Les femmes touareg se couvrent rarement le visage, mais le chèche traditionnel des hommes n'en révèle que les yeux. Les Touaregs sont presque exclusivement monogames. Les Touaregs portent traditionnellement une sorte de long vêtement souvent nommé [takakat] (en étoffe de coton nommé « bazin ») et un chèche, appelé taguelmoust (tagelmust en tamasheq) ou encore « turban ». Le chèche est une grande pièce de tissu qui s’enroule sur la tête pour se protéger des rigueurs climatiques.

Langues[modifier | modifier le code]

Le sonraï, le peul, l'arabe et le tamasheq sont les langues maternelles de leurs ethnies respectives. Elles prédominent dans la partie des régions de Gao de Kidal et de Tombouctou [49].

Patrimoine zootechnique[modifier | modifier le code]

Chiot de race Azawakh couché dans le désert

Les conditions désertiques ont conduit à l'apparition d'un patrimoine zootechnique particulièrement adapté à la vie des Touaregs. Cette dernière repose fortement sur le pastoralisme nomade, les animaux d'élevage sont donc l'élément vital de la société touarègue.

La race bovine Azawak est une variété de zébu spécifiquement développée au fil des siècles par les Touaregs. C'est une race mixte productive en viande et en lait. Elle est particulièrement adaptée au milieu aride et est très résistante à la chaleur.

Le dromadaire de race Azawak, est un animal endurant et adapté à la course. C'est une race de couleur claire à l'allure élancée. Ce dromadaire est l'animal mythique de l'Azalaï et des caravanes transsahariennes. Le dromadaire de race Rgueïbi, utilisé par les Maures, plus grand que le dromadaire Azawak, est moins rapide mais très productif en lait.

L'Azawakh, aussi appelé Lévrier Touareg ou Sloughi Touareg, est utilisé pour la chasse, sa rapidité lui permettant de se lancer aisément à la poursuite des antilopes et à la capture des oiseaux au vol. Il est également utilisé pour la garde. Léger, très fin, grand et élancé, il peut atteindre des vitesses approchant les 70 km/h. Il a été exporté récemment dans les pays occidentaux pour ses performances dans les cynodromes. Il est reconnu par la Fédération cynologique internationale depuis 1981[50].

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La gastronomie de la région est assez variées mais demeure méconnue. Outre les fruits sauvages et les « recettes de grand-mères » ou de cultivateurs, les plats et mets les plus fameux sont : l’alabadja, le fakohoye, le goussoum, le khamadraza, l’chider ou le done, le gasso, le widjila, l’almarga mafé, le chorba, le goundeye et l’aliwa chez les Touareg, appelé moni ou seri chez les Songhais, etc.

Musique[modifier | modifier le code]

Groupe Tinariwen à Santa Fé aux États-Unis en 2011.

La musique tient une place importante dans la culture touarègue. Le blues touareg est à l'origine la musique des ishumars, génération de Touaregs ayant subi la sécheresse et l'exil. C'est une musique empreinte de nostalgie (en tamasheq, Assouf). Les précurseurs de ce style musical sont Abdallah ag Oumbadougou au Niger et Ibrahim ag Alhabib, Alhassane ag Touhami et Entayaden au Mali. Ce style musical engagé porte souvent les revendications du peuple touareg pendant la rébellion touarègue des années 1990 ce qui lui a valu d'être interdit par les gouvernement malien et nigerien. Aujourd'hui, les accords de paix ont été signés et c'est en légendes vivantes qu'ils donnent des concerts dans leur pays, dans le monde entier pour les membres du groupe Tinariwen et pour Abdallah.

Plusieurs festivals ont lieu chaque année dans l'Azawad, dont notamment le Festival d'Essouk appelé également Les Nuits sahariennes d'Essouk, dans la première quinzaine de janvier, et le Festival au désert qui se tient au mois de janvier à Essakane.

Outre la musique ishumar, l'Azawad récèle d'autres musiques ancestrales ou modernes parmi lesquelles les isswat, chalo, holo horey, takamba, tehardante, et la flute peulh qui réunissent toutes les appartenances sociales et toutes les ethnies.

Des danses sacrées sont pratiquées et beaucoup de musiques traditionnelles disparaissent petit à petit par manque de politique de préservation.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Le Tombeau des Askia, est une structure pyramidale édifiée par l'Empereur du Songhaï Askia Mohamed en 1495[51]. Il est situé à Gao et a été inscrit en 2004 sur la liste du patrimoine mondial[51].

La vieille ville de Tombouctou est classée sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO, cependant durant premiers jours de juillet 2012, sept des mausolées de la ville jugés impies par des combattants d'Ansar Dine ont été détruits par ces derniers[52],[53].

Médias[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Déclaration d'indépendance de l'État indépendant de l'Azawad
  2. Ville reprise par les troupes française et malienne depuis cette date.
  3. a, b, c, d et e Nomades et commandants : administration et sociétés nomades dans l'ancienne AOF. - Edmond Bernus - KARTHALA Editions, 1993 - Page 225 - Lettre du 30 mai 1958 adressé au général de Gaulle par Mohamed Mahmoud Ould Cheikh, cadi de Tombouctou, signé par 300 chefs locaux.
  4. a et b « L'Union africaine "rejette totalement" la déclaration d'indépendance du Nord-Mali », lepoint.fr,‎ 6 avril 2012
  5. DÉCLARATION DE LA COMMISSION DE LA CEDEAO SUITE À LA DÉCLARATION D’INDÉPENDANCE DU NORD DU MALI PAR LE MNLA
  6. Le Nouvel Observateur - Mali, le MNLA touareg proclame l'indépendance du Nord
  7. Le Figaro, Mali, Les Touaregs stoppent leurs opération
  8. RFI, 27 mai 2012 au matin
  9. RFI, http://www.rfi.fr/afrique/20120527-mali-le-mnla-ansar-dine-fusionnent , consulté le 27 mai 2012
  10. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120529.AFP7575/nord-du-mali-fusion-bloquee-entre-rebellion-touareg-et-groupe-islamiste.html
  11. Mali: le MNLA dénonce l'accord de fusion avec les islamistes d'Ansar Dine, L'expression, 1er juin 2012
  12. Courrier International, Rebelles Touaregs, Pourquoi nous reprenons les armes - Note : Azawad signifie « territoire de la transhumance »
  13. Bilal Ag Acherif, « Déclaration d'indépendence de l'Azawad », National Movement for the Liberation of Azawad,‎ 6 avril 2012 (consulté le 6 avril 2012)
  14. (ar) Bilal Ag Acherif, « ﺑﻴﺎﻥ ﺍﺳﺘﻘﻠﺎﻝ ﺃﺯﻭﺍﺩ », National Movement for the Liberation of Azawad,‎ 6 avril 2012 (consulté le 28 avril 2012)
  15. « Mali Tuareg and Islamist rebels agree on Islamist state », BBC News,‎ 27 mai 2012 (consulté le 31 mai 2012)
  16. Allimam Mahamane, « Proclamation de la République Islamique de l’Azawad : La vraie face de l’irrédentisme et de l’intégrisme s’affiche », MaliActu,‎ 31 mai 2012 (consulté le 31 mai 2012)
  17. « Nord-Mali : la rébellion crée un État islamique », Le Figaro,‎ 27 mai 2012 (consulté le 31 mai 2012)
  18. Katarina Höije, « Mali rebel groups join forces, vowing an Islamic state », CNN,‎ 27 mai 2012 (consulté le 31 mai 2012)
  19. Bilal Ag Acherif, « Mis en place un Conseil Transitoire de l’Etat de l’AZAWAD (CTEA) », National Movement for the Liberation of Azawad,‎ 9 juin 2012 (consulté le 11 juin 2012)
  20. Mohamed Tiessa-Farma Maïga, Le Mali : de la sécheresse à la rébellion nomade, éditions L'Harmattan, 1997 (ISBN 2738459846) pp53-54
  21. Voir notamment le Pacte national conclu entre le gouvernement de la République du Mali et les mouvements et fronts unifiés de l'Azawad consacrant le statut particulier du Nord du Mali : « Les dispositions du présent Pacte sont applicables dans le Nord du Mali appelé 6e, 7e et 8e régions par le gouvernement et Azawad par les Mouvements et Fronts unifiés de l’Azawad ». - « Pacte national conclu entre le gouvernement de la République du Mali et les mouvements et fronts unifiés de l'Azawad consacrant le statut particulier du Nord du Mali »,‎ 1992 (consulté le 3 avril 2012)
  22. « MALI. Le maire de Tombouctou : "Il n'y a plus rien !" », sur Le Nouvel Observateur
  23. « D’où vient le nom de Tombouctou ? », Jeune Afrique, 15 octobre 2006.
  24. « Appui au développement des capacités de la commune urbaine de Gao dans le cadre de son projet d'assainissement intégré », sur CNCD
  25. Coque R., 1977 - Géomorphologie. Éd. Armand Colin, p. 211
  26. Joly F., 1997 - Glossaire de géomorphologie. Éd. Armand Colin
  27. Tricart J. & Cailleux A., 1969 - Le Modelé des régions sèches. Traité de géomorphologie. T. IV, éd. SEDES, Paris, p. 305
  28. Histoire de la recherche agricole en Afrique tropicale francophone - Volume 1 : Aux sources de l'agriculture africaine : de la préhistoire au Moyen Âge - page 22
  29. Grain de riz, grain de vie - Par Michelle Jeanguyot et Nour Ahmadi - Éditions Quae, 2002 - ISBN 2914330332 - page 39
  30. Comité scientifique international pour la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique (UNESCO) - HISTOIRE GENERALE DE L’AFRIQUE III. L’Afrique du VIIe au XIe siècle - page 160 - Un accroissement de leurs prétentions et un renforcement du pouvoir lamtūna à Awdāghust risque de constituer une menace pour l’État de Ghana parvenu à son apogée aux IVe/Xe et Ve/XIe siècles ; ainsi s’explique l’installation d’un gouverneur soninke, qui doit désormais contrôler le pouvoir des Lamtūna. L’encadrement soninke semble avoir rempli sa mission très efficacement puisque les Noirs gardent le contrôle de la situation à Awdāghust jusqu’à sa destruction, en 446/1055, par les Almoravides, qui supportent difficilement son alliance avec le Ghana.
  31. Institut des Nations unies pour la Recherche sur le Désarmement (UNIDIR) - La Paix de Tombouctou : gestion démocratique, développement et construction africaine de la paix - R. Poulton & I. ag Youssouf - Octobre 1998 - Nations unies - Chapitre 2 - Crise économique et sociale au Nord Mali, page 28
  32. « Dans le nord du Mali, les Touaregs du MNLA lancent un nouveau défi armé à l'État », lemonde.fr, 25 janvier 2012.
  33. Une zone immense et incontrôlable aux confins du Sahara
  34. Un avion s’écrase au Mali après avoir acheminé de la cocaïne
  35. Tamazgha.fr, « Le MNLA se bat pour une république laïque »,‎ 21 mars 2012
  36. Tamazgha.fr, « L’islamisme n’est pas le bienvenu dans l'Azawad »,‎ 29 mars 2012
  37. AFP, « Mali: un mouvement islamiste proche des Touareg appelle à appliquer la charia »,‎ 13 mars 2012
  38. RFI, « Rupture entre le MNLA et Ansar Dine au nord du Mali »,‎ 2012 (consulté le 20 mars 2012)
  39. « Mali : Islamistes et Touareg profitent de la confusion » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-20
  40. « Mali: un groupe islamiste contrôle Tombouctou, le Conseil de sécurité de l'ONU convoqué », lexpress.fr,‎ 2 avril 2012
  41. « MALI. Le Nord déclare son indépendance », Le Nouvel Observateur,‎ 6 avril 2012
  42. Le Monde avec AFP, « Mali : les rebelles touaregs du MNLA proclament l'indépendance du Nord », lemonde.fr,‎ 6 avril 2012
  43. Lire le communiqué : MNLA, « Déclaration d'indépendance de l'Azawad », MNLA,‎ 6 avril 2012
  44. AFP, « Mali: la France rejette la déclaration d'indépendance de l'Azawad »,‎ 6 avril 2012
  45. AFP, « L'UE refuse toute remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali »,‎ 6 avril 2012
  46. Résultats provisoires du Recensement général de la population et de l'habitat 2009
  47. Les Bambara, page 6, Viviana Paques, Monographies ethnologiques africaines, 15 juin 2005, éditions L'Harmattan (ISBN 9782747586160)
  48. Mali : après les mausolées, les islamistes s'en prennent à une mosquée de Tombouctou - article de Libération du 2 juillet 2012
  49. Carte de la répartition ethnique du Mali
  50. [doc] Le standard officiel de la race sur le site de la Fédération cynologique internationale
  51. a et b Tombeau des Askia, site de l'UNESCO.
  52. La Repubblica, « Mali, integralisti distruggono una moschea a Timbuctu », sur La Repubblica,‎ 2 juillet 2012
  53. Le Monde, « Destruction des mausolées de Tombouctou : un "crime de guerre" selon la CPI », sur Le Monde,‎ 1 juillet 2012

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Boilley, Les Touaregs Kel Adagh : dépendances et révoltes : du Soudan français au Mali contemporain, Paris, Karthala, 1999.
  • André Bourgeot, Les sociétés touarègues. Nomadisme, identité, résistance, Paris : Karthala, 1995.
  • Hélène Claudot-Hawad, Touaregs. Apprivoiser le désert, Paris : Gallimard, 2002. (Collection Découvertes Gallimard ; Cultures et société ; no 418).
  • Dominique Casajus, Gens de parole. Langage, poésie et politique en pays touareg, Paris : La Découverte, 2000.
  • Jeanne Pottier, Légendes Touareg, Fernand Sorlot, Paris, 1943 (préface de René Pottier)
  • Issouf ag Maha, Touareg du XXIe siècle, photographies Catherine et Bernard Desjeux éditions Grandvaux, 2006 200p (ISBN 2-909550-44-3)
  • Dictionnaire touareg-français, Paris, Imprimerie nationale, 1951-1952 4 tomes (réédition L'Harmattan, 2005).
  • Les Rébellions touarègues d'Anne Saint-Girons, Ibis Press éditeur, 2008 et Artelittera en 2011
  • E. Bernus, « Azawad », Encyclopédie berbère, vol.8, Edisud, 1990, p.1206-1207

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]