La Crèche

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La Crèche
La Crèche
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Deux-Sèvres
Arrondissement Niort
Intercommunalité Communauté de communes Haut Val de Sèvre
Maire
Mandat
Laetitia Hamot
2020-2026
Code postal 79260
Code commune 79048
Démographie
Gentilé Créchois, Créchoises
Population
municipale
5 786 hab. (2018 en augmentation de 6,46 % par rapport à 2013)
Densité 168 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 21′ 42″ nord, 0° 17′ 56″ ouest
Altitude Min. 35 m
Max. 127 m
Superficie 34,50 km2
Type Commune rurale
Unité urbaine La Crèche
(ville isolée)
Aire d'attraction Niort
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Maixent-l'École
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Liens
Site web Site officiel de la ville de La Crèche

La Crèche est une commune du centre-ouest de la France située dans le département des Deux-Sèvres en région Nouvelle-Aquitaine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Au nord du Bassin aquitain, dans la plaine de Niort, le bourg de La Crèche s'est implanté de part et d'autre de la Sèvre niortaise. À l'origine trois villages existaient : Saint-Carlaix, Breloux-la-Crèche et Chavagné. L'unification de ces trois communes dans les années 1960 a permis de rassembler des moyens humains et financiers de part et d'autre d'une voie ferrée établie à la fin du XIXe siècle, d'une voie royale, devenue nationale puis déclassée aujourd'hui en route départementale.

Au début des années 1980, l’autoroute A10 (Paris-Bordeaux) traverse la commune, depuis l’autoroute A83 (Niort-Nantes) s'est greffée dessus. Ce nœud autoroutier a permis l'installation d'industries nouvelles qui sont venues suppléer les activités du milieu du XXe siècle, à savoir la fabrication de "paniers à beurre, fruits, huîtres..." en peuplier. La population s'est accrue.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique franc », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[1]. En 2020, la commune ressort du type « climat océanique » dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Ce type de climat se traduit par des températures douces et une pluviométrie relativement abondante (en liaison avec les perturbations venant de l'Atlantique), répartie tout au long de l'année avec un léger maximum d'octobre à février[2].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent aux données mensuelles sur la normale 1971-2000[3]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[1]

  • Moyenne annuelle de température : 12 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 2 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 5,9 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 1] : 14,7 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 2] : 928 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 13,1 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 7,2 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[5] complétée par des études régionales[6] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Celles-sur-Bell », sur la commune de Celles-sur-Belle, mise en service en 1959[7] et qui se trouve à 13 km à vol d'oiseau[8],[Note 3], où la température moyenne annuelle est de 12,4 °C et la hauteur de précipitations de 877,6 mm pour la période 1981-2010[9]. Sur la station météorologique historique la plus proche[Note 4], « Niort », sur la commune de Niort, mise en service en 1958 et à 13 km[10], la température moyenne annuelle évolue de 12,5 °C pour la période 1971-2000[11] à 12,5 °C pour 1981-2010[12], puis à 12,8 °C pour 1991-2020[13].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

La Crèche est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 5],[14],[15],[16]. Elle appartient à l'unité urbaine de La Crèche, une unité urbaine monocommunale[17] de 5 635 habitants en 2017, constituant une ville isolée[18],[19].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Niort, dont elle est une commune de la couronne[Note 6]. Cette aire, qui regroupe 91 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[20],[21].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (80 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (85,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (57,7 %), zones urbanisées (12,3 %), prairies (11,7 %), zones agricoles hétérogènes (10,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (5,5 %), forêts (2,3 %)[22].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Constituée sous le nom de Breloux, elle prend le nom de Breloux-la-Crèche en 1911, puis celui de La Crèche en 1965[23].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Protohistoire[modifier | modifier le code]

Dès l'époque paléolithique des hommes circulent sur le territoire de La Crèche. De nombreux bifaces ont été découverts à Boisragon. Ils ont été étudiés par Marcel Bizard et publiés dans les revues historiques locales.

L'époque néolithique ou « Âge de la pierre polie » est également représentée par des haches en silex ou en dolérite, trouvées en divers lieux. Le Néolithique moyen, caractérisé par les mégalithes, est attesté par des toponymes, comme la Pierre Levée, la Pierre Allay, etc. mais aucun dolmen ni menhir ne susbsiste aujourd'hui.

Pour le Néolithique final ou récent, nous connaissons un camp découvert grâce aux photographies aériennes réalisées par Maurice Marsac au lieu-dit la Seppe. Il est composé d'un fossé creusé dans le substrat calcaire avec l'aide de pics en bois de cerf.

Les âges des métaux (bronze et fer) ont laissé des traces d'enclos circulaires repérés par photographie aérienne en divers lieux (travaux de M. Marsac).

Antiquité[modifier | modifier le code]

L'époque antique est représentée par des villae gallo-romaines comme celles de la Pierre Levée, des Brangeries et par le vicus de La Fougeoire occupé du Ier au IVe siècle de notre ère et étudié en partie par M. Marsac de 1965 à 1969.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'époque mérovingienne, au VIIe siècle, a laissé une nécropole avec une quarantaine de sépultures en pleine terre et quelques sarcophages et couvercles en calcaire. Deux d'entre eux portent des croix à triples traverses en bas-relief. Un habitat de cette époque a été localisé à proximité des vestiges gallo-romains de la villa des Brangeries (diagnostic archéologique Marie-Claude Bakkal-Lagarde). Les traces se limitaient à des trous de poteaux et des fosses silos, creusées dans le substrat.

Vers l'an mil, l'habitat se regroupe autour d'églises romanes à Saint-Carlaix, à Breloux. Des châteaux forts permettent la surveillance du territoire. Le château de l'Isle sur la Sèvre niortaise, dont il ne reste rien, était un de ceux-là.

Le château de Bougouin (XIIIe siècle) avait le droit de châtellenie et relevait du comte de Poitiers, puis du seigneur de Saint-Maixent.

Période de la Grande Guerre (1914-1918)[modifier | modifier le code]

L’année 1914 commence par un événement festif, la grande cavalcade, qui a lieu le lundi de Pâques, le . C’est une première pour la ville. Le défilé, sur le thème « Hier et aujourd’hui », attire de nombreux spectateurs du département, principalement de Niort et Saint-Maixent, venus admirer une quinzaine de chars thématiques[24].

L’ordre de mobilisation, le , est lu par un tambour à différents endroits de la ville[25]. Les premiers mobilisés partent dès le 2, les autres, les jours suivants[26]. Les soldats de la Crèche sont principalement affectés au 125e RI de Poitiers et au 114e RI de Saint-Maixent, mais également dans les régiments plus distants comme le 63e à Limoges, le 68e à Issoudun, le 90e à Châteauroux, le 107e à Angoulême, le 135e à Angers[27]

Bien que très éloignée de la ligne de front, la ville est impactée par la guerre. D’abord par les restrictions, la hausse des prix et les réquisitions[26], puis par l’arrivée de réfugiés belges dont certains sont hébergés par les habitants[28].

Les Créchois participent à l’effort de guerre par leurs dons et la confection de vêtements pour les hommes au front[28]. Dès , une section de la Croix-Rouge, l’Union des Femmes de France, installe même un hôpital de 30 lits dans l’école primaire de filles[28]. Les soins sont assurés bénévolement par le docteur Texier et des infirmières de la ville, avec le soutien de deux infirmiers militaires[29]. L’hôpital fonctionne grâce aux dons en argent ou nature des entreprises de la ville et des habitants[30]. Par exemple, la laiterie fournit gratuitement le lait, la crème et le beurre. Les Créchois fournissent eux de la nourriture, du linge et du bois de chauffage[28]. À la fin de la guerre, le bilan est très lourd. Le monument aux morts, inauguré en 1922, comporte 58 noms de morts pour la France[31], dont certains sont des disparus que leur famille a longtemps attendus[32]. Une partie du parcours de ces morts a été reconstituée[32]. Il faut y ajouter de nombreux blessés, aux blessures plus ou moins apparentes – dont nombre de maladies respiratoires dues aux gaz –, et des traumatisés à vie par ce qu’ils ont subi[33].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
ca. 1963   Émile Noble    
ca. 1971   Paul Caillet    
avant 1988 1989 Louis Vien PS Enseignant et historien
mars 1989 mars 2001 André Véret DVD Maire honoraire
mars 2001 mars 2014 Claude Busserolle[34] (1954-2018) DVG Vétérinaire, ancien adjoint
3e vice-président de la CC Haut Val de Sèvre
mars 2014 mai 2020 Philippe Mathis DVD Directeur de CDG
1er vice-président de la CC Haut Val de Sèvre
mai 2020 En cours Laëtitia Hamot[35] DVG Responsable d'études dans une mutuelle

Politique de développement durable[modifier | modifier le code]

La commune a engagé une politique de développement durable en lançant une démarche d'Agenda 21[36].

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Dans son palmarès 2020, le Conseil national de villes et villages fleuris a attribué une fleur à la commune[37].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Pour La Crèche, cela correspond à 2006, 2011, 2016[38], etc. Les autres dates de « recensements » (2009, etc.) sont des estimations légales.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 4111 5351 5191 6901 8101 8251 8132 0752 129
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 1422 1312 3032 2832 3002 3472 2862 3542 190
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 2572 1792 2232 0211 9481 9722 0452 0452 105
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
2 0832 8063 1814 2134 4674 6845 2425 4495 576
2018 - - - - - - - -
5 786--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[23] puis Insee à partir de 2006[39].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

La Crèche bénéficie de l’installation de nombreuses industries près du nœud autoroutier A83-A10.,

Économie Locale[modifier | modifier le code]

La Crèche compte 3 boulangeries, dont 2 sur l'avenue de Paris La Crèche possède aussi 2 pharmacies et 1 cabinet vétérinaire. Un Carrefour Contact est installé à l'entrée du bourg. Une commune qui dispose de zones économiques les plus dynamiques de l'ancienne région Poitou-Charentes regroupées dans: "Atlansèvre". Une économie dynamique et en forte croissance avec près de 90 entreprises tournées surtout vers le secteur industriel de transport et créant 2200 emplois. Elle bénéficie d'une situation géographique favorable avec le croisement des autoroutes A10 et A83, le passage d'une ligne ferroviaire avec développement de ferroutage, la traversée d'une départementale majeure et la proximité avec la mer.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château de Bougouin[modifier | modifier le code]

Le bâtiment principal est entouré d’une grande cour et d’un jardin, le tout ceint de douves. Une route fut construite anciennement et sépara le pigeonnier du parc du château. Il reste les ailes nord et ouest. La chapelle et le donjon ont été démolis de 1780 à 1815. Au deuxième étage de l’aile nord, on peut toujours admirer une magnifique charpente de châtaignier. À l’extrémité de l’aile ouest subsiste une belle tour du XIIIe siècle. Elle conserva sa toiture en poivrière jusqu’à la fin du XIXe siècle. L’escalier intérieur donne accès au chemin de ronde couvert, pratiqué dans l’épaisseur des murs. Dans les parties les plus anciennes, on voit encore des cheminées et des reposoirs de pierre dans l’embrasure d’une grande fenêtre à meneaux. Les parties habitables ont été remodelées et restent fortement marquées par l’époque Empire. Un porche d’entrée surmonté d’un pavillon donnait accès à la cour du château. Il fut démoli en 1914.

Ce château fut construit par la famille des Vivonne qui le garda du XIIIe siècle jusqu’au milieu du XVIIe siècle. Savarit de Vivonne fut seigneur de Bougouin, en 1260. Son petit-fils, Savary, devint conseiller du roi Philippe de Valois. Il le nomma sénéchal de Toulouse en 1334, et « capitaine souverain ès parties du Poitou et de la Saintonge » en 1336. C’est aussi lui qui fut envoyé, en 1334, en Espagne avec l’archevêque de Reims, pour ratifier une nouvelle alliance entre les deux royaumes. L’archevêque signa pour Savary qui ne savait pas écrire. Son plus jeune frère, Hugues, devint seigneur de Bougouin. L’un de ses descendants, Antoine, fut condamné à mort en 1431, pour avoir « entrepris contre l’autorité du roi ». Charles VII confisqua ses biens dont Bougouin, et les donna à ses frères Jean et François de Vivonne.

Le , le contrat de mariage entre Suzanne de Lezay, pupille de René de Vivonne, et Agrippa d’Aubigné y fut signé. Ils devinrent les grands-parents de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon et épouse morganatique de Louis XIV.

Bougouin passa ensuite aux mains d’un descendant des Plessis-Richelieu, Charles de La Porte, duc de La Meilleraye, maréchal de France. En 1661, son fils Armand Charles épousa Hortense Mancini, nièce de Mazarin.

En 1776, le comte d’Artois, futur Charles X, acheta le duché de La Meilleraye, mais ne fut seigneur de Bougouin que durant deux années. En 1778, en effet, il vendit terre et châtellenie à Claude Jean Monnet de Lorbeau, son fermier général. Cette famille posséda Bougouin pendant plus d’un siècle.

En 1896, les filles d’Edouard Monnet de Lorbeau vendirent à M. Marché. À la mort de sa veuve, au début des années 1940, le château vint en héritage à la famille Bussenault.

Sous l’aile ouest du château existe une vaste cave voûtée dont une partie servit de prison. Un réduit, encore visible, creusé dans le roc, est toujours désigné du nom de " cachot ".

Aumônerie Saint-Jacques de la Villedieu du Pont de Vau (XVe siècle)[modifier | modifier le code]

En 1437, Aymeri de Magné, donne une maison et 200 livres de rente annuelle pour recevoir les pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ils peuvent y faire étape entre Champdeniers et Celles-sur-Belle après avoir franchi la Sèvre niortaise. Ce don est effectué avec pour contrepartie deux messes annuelles pour le repos de son âme. En 1994, ce bâtiment devient sous l'impulsion de Marie-Claude Bakkal-Lagarde propriété de l’Association pour le développement de l'archéologie sur Niort et les Environs qui le restaure[40] et y installe son siège social[41].

Il comprend deux salles au rez-de-chaussée(salle principale et vestibule), et à l'étage salle principale et antichambre, enfin une carrière d'extraction du XVe siècle transformée en cave.

La salle principale du rez-de-chaussée présente des remaniements datant des débuts du XVIIIe siècle. Les éléments architecturaux du XVe siècle, dont une grande cheminée, avec pavage du sol, trois portes dont une en plein cintre donnant vers l'extérieur, deux portes pour la distribution intérieure avec angles chanfreinés. Le poutrage qui supporte le parquet de l'étage est du XVe siècle avec un linçoir répartissant le poids pour épargner l'arc plein cintre de la porte extérieur. Dans un percement du XIXe siècle on peut voir un battant de porte extérieur du XVe siècle avec ses planches verticales à l'extérieur et ses couvres-joints, ses planches horizontales du côté intérieur et les nombreux clous qui maintiennent l'ensemble et offre une résistance pour d'éventuels assauts à la hache. Enfin sont visibles dans cette pièces les trois corbeaux qui soutiennent le foyer de la cheminée monumentale dans la salle au-dessus.

Après avoir atteint l'étage par un escalier droit en pierre, escalier qui au XVe siècle était à l'extérieur de l'édifice et permettait un accès direct sans passer par les communs, on atteint l'antichambre. Cet espace possède quatre ouvertures du XVe siècle et une du XIXe siècle, ainsi qu'un niche destinée à l'éclairage. Une des ouvertures possède un battant en bois d'époque, réalisé selon une technique d'assemblage du XIIIe siècle. Ce sont trois planches verticales assemblées par rainures et languettes dont les traverses (en écharpes) sont maintenues par des chevilles en châtaigniers fendues et écartées par des coins en acacia. Les deux portes originales originale ont servi de modèle pour la restauration. La grande salle de l'étage présente dans l'ouverture d'une fenêtre un évier circulaire ouvert sur la rue avec de part et d'autre deux pierres servant d'étagères. Cette pièce possède une seconde fenêtre avec un banc dans l'embrasure et au-dessus un panneau avec des graffitis (noms de personnes dont certains écrits en gothique, et dessins de fers à cheval) La vaste cheminée possède de part et d'autre des jambages avec colonne surmontée d'un chapiteau nervuré et colonnette adjacente. Le manteau est en bandeau. À l'exception d'une étoile à 5 branches, peut-être la marque du tailleur de pierre, aucune inscription n'est visible. Enfin en sous-sol il est possible de découvrir une carrière d'extraction individuelle creusée en même temps que l'édifice, sa surface est contrainte par l'emplacement des murs porteurs. Deux puits d'extraction creusé dans l'angle nord-est de la grande salle, actuellement sous le pavage permettait d'accéder à la salle souterraine. A épuisement de l'extraction de calcaire, les carriers ont condamné les puits en construisant un mur à puis ont déversé des remblais de terre dans lesquels figuraient des fragments de poterie du XVe siècle. Enfin l'escalier d'accès à la carrière devenu cave a été construit. [1]

Le château de Miseré[modifier | modifier le code]

Le château de Miséré du XIXème siècle présente ses jardins et ses mélanges d'essences, son bois avec des arbres centenaires, ses dépendances, son orangerie dotée de vastes fenêtres, un magnifique pigeonnier ainsi qu'un grand bassin dans le parc. Le raffinement de style haussmannien d'une décoration intérieure est très présent, beaucoup de cachet et d'élégance, parquet d'origine, cheminées, de hauts plafonds. Le rez-de-chaussée accueille un hall d'entrée, un bureau, salon avec une belle cheminée, petit salon, salle à manger avec un poêle prussien communiquant à la cuisine et d'un WC séparé. Deux escaliers donnent accès au 1er étage dont un magnifique escalier en pierre. Par les recensements de 1876 et 1886, on sait que le capitaine Alexandre-Louis Duhait né le 21 juillet 1811 à Paris département de la Seine y réside avec son épouse. Il y décède le 16 juillet 1889 vers 6 h du soir dans sa 77e année (acte du 17 juillet enregistré à 10 h du matin). Son épouse Mme Sophie Aminthe Stéphanie Curtille (Cartile selon le recensement de 1876) née à Paris, département de la Seine, le 26 octobre 1820. Elle est décédée à Miséré après 1886 (date à rechercher).

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre Charles de Breloux, le père et le fils furent les artisans, les guides, les acteurs de l'histoire locale, tout au long du dix-neuvième siècle. Pierre Charles (1765 – 1841), le père était l’ami du grand Jacques Bujault qui l’avait rendu célèbre à travers le personnage du " Père Abraham ", dans son almanach réputé. Il fut d’une activité débordante, servi par une personnalité forte, énergique, voire autoritaire.

Maire de Breloux pendant 22 ans, président du district de Sainte Néomaye, conseiller d’arrondissement du premier canton de St Maixent. Expert dans son métier d’agriculteur et d’éleveur, il chassa les vieilles routines et imposa les nouvelles méthodes aux paysans du Pays Crèchois, où s’exerçait, écrit Henri Gelin, " son apostolat agricole et politique ". Dès les premières décennies du dix-neuvième siècle, il militait pour une école neutre et rédigea en 1833 le règlement de l’école de Breloux, petit chef-d’œuvre de laïcité et de démocratie. Pierre Charles (1804 – 1878), le fils aîné, devait poursuivre l’œuvre du père. Il reçut une bonne instruction. Il sera la tête pensante d’une entreprise extraordinaire, la ferme-modèle de Breloux qui fit école dans toute la région. La politique s’empara de lui, un court moment. Suffisamment pour qu’il devienne, en 1848, représentant du peuple à l'‘Assemblée Constituante. La tradition veut qu’il y siégea vêtu de sa blouse crèchoise … Vite revenu à sa ferme et à son moulin, il milita contre l’Empire, profitant des tribunes que lui procuraient ses fonctions dans les diverses assemblées agricoles du département. Il aida les artistes, les poètes, œuvra pour l’instruction publique, pour la culture populaire, la mutualité, et, comme le fit avant lui son père, soutint toutes les initiatives coopératives. Pierre Charles reçut la Croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1878, quelques mois avant sa mort. On a souvent parlé de la " république familiale des Charles " avec l’application des grands principes démocratiques mis au service de la vie et du travail de chaque jour. "L’œuvre des Charles fait partie de notre patrimoine intellectuel" (Raoul Musu ). Pour illustrer le combat et les moyens employés pour faire "passer" les progrès de la science : Extrait de "A la recherche de Pierre Caillet" - R. Musu - éd. CLE 1987 Pierre Charles, le père du Constituant, qui fut un expérimentateur efficace de toutes les nouvelles méthode de culture et d'élevage et Jacques Bujault, l'avocat-laboureur, son ami, qui sut trouver le mode d'expression convenant au monde paysan d'alors. Il leur fallait attaquer tout à la fois l'ignorance, la méfiance, la bêtise. Ils durent user de ruses pour forcer les paysans à seulement accepter l'idée qu'une amélioration de leur travail, donc de leur sort, était chose possible. On raconte en pays crèchois que le père Charles avait choisi un terrain pentu pour que ses expérimentations du chaulage des luzernes fussent visibles de loin ... Par différence d'intensité de la végétation, le passant pouvait lire : "Effet de la chaux". On retrouvait la valeur de l'exemple[42].

  • René Gilbert (né en 1905 à Fressines- 1997) est à la base du renouveau d'intérêt pour l'histoire du pays crèchois. Son père lui communiqua une passion pour les choses du passé. Après une carrière professionnelle de cadre dans le secteur bancaire, il s'est retiré à La Crèche d'où son épouse était originaire.
Il excellait dans des disciplines rares et savantes, comme la généalogie, la transcription de textes anciens, l'héraldique, la philosophie, la numismatique... Il était sollicité de toutes parts. L'hiver 1973-1974, il participa activement aux fouilles archéologiques de la nécropole mérovingienne de Biard à La Crèche. Il était officier des Palmes académiques.
  • Maurice Marsac, archéologue.
  • Baptiste Baujault, sculpteur est né à La Crèche en 1828 et mort en 1899. Protestant et républicain, il revint mourir à La Crèche après une modeste carrière sous le Second Empire et la Troisième République. Il a tenté en vain le Prix de Rome, il vécut et travailla à Paris, à Montparnasse et Montmartre, sollicitant les commandes de l'État ou des puissants du monde d'alors.
Lors de la guerre de 1870, il s'exila quelque temps dans le pays nantais. Cette année-là, il obtint enfin la médaille au Salon, pour son jeune gaulois criant : Au Gui l'An neuf![2]
Un autre éphémère moment de gloire lui vint encore en 1873, pour son Premier Miroir, toute jeune fille nue se mirant dans une pièce d'eau, à ses pieds...
  • Marcel Bizard (1920-1990) enseignant, préhistorien amateur. Il participa notamment aux fouilles du tumulus du Montiou à Sainte-Soline, dirigée par Georges Germond avec qui il publia plusieurs articles, notamment dans le Bulletin de la Société Préhistorique Française.
  • Georges Groussard, résistant, créateur des réseaux Gilbert, chef d'état major de la région de Paris en .
  • Paul Faucher, né en 1920 à la Crèche, athlète international du saut en longueur, trois fois champion de France et finaliste olympique.
  • Serge Groussard, écrivain, journaliste, titulaire du prix Femina.
  • Louis Vien, enseignant, maire, et historien de la résistance en Deux-Sèvres.
  • Raoul Musu, comptable, historien de la période révolutionnaire à La Crèche, une place a été inaugurée en son honneur le , lors des journées du patrimoine.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes et cartes[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  2. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[4].
  3. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  4. Par station météorologique historique, il convient d'entendre la station météorologique qui a été mise en service avant 1970 et qui est la plus proche de la commune. Les données s'étendent ainsi au minimum sur trois périodes de trente ans (1971-2000, 1981-2010 et 1991-2020).
  5. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  6. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  • Cartes
  1. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. « Le climat en France métropolitaine », sur http://www.meteofrance.fr/, (consulté le )
  3. « Définition d’une normale climatologique », sur http://www.meteofrance.fr/ (consulté le )
  4. Glossaire – Précipitation, Météo-France
  5. « Le climat de la France au XXIe siècle - Volume 4 - Scénarios régionalisés : édition 2014 pour la métropole et les régions d’outre-mer », sur https://www.ecologie.gouv.fr/ (consulté le ).
  6. [PDF]« Observatoire régional sur l'agriculture et le changement climatique (Oracle) - Nouvelle-Aquitaine », sur nouvelle-aquitaine.chambres-agriculture.fr, (consulté le )
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  41. Archéologie poitevine
  42. notice rédigée d'après les recherches de Raoul Musu (juin 1999):