Henri de Gaulle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir famille de Gaulle.
Henri de Gaulle
Henri De Gaulle, vers 1890.jpg
Henri De Gaulle, vers 1890
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
Sainte-AdresseVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Père
Fratrie
Conjoint
Jeanne Maillot (d) (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Autres informations
Conflit

Henri Charles Alexandre de Gaulle (né le à Paris en France et mort le à Sainte-Adresse en Seine-Maritime à l'âge de 83 ans) est le père du général de Gaulle. Fonctionnaire, puis enseignant, il fut préfet des études dans l'enseignement, puis fondateur et directeur d'un établissement d'enseignement secondaire.

Henri de Gaulle, professeur, sur une photo de classe (à Stanislas ?) en 1905. Son fils, Charles est dans la rangée du milieu, 3e à gauche.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri de Gaulle fait des études scientifiques et est même admissible en 1867 à l'École polytechnique ; il renonce à passer l'oral en raison d'une aggravation de la maladie de son frère Charles, atteint de poliomyélite[1]. Il s'inscrit alors à l'université, en droit et en lettres ; il devient précepteur en histoire, en latin, en grec et en littérature[2]. Parallèlement, il s'engage à la Conférence Olivaint.

Volontaire pendant la guerre de 1870, il est blessé au bras ; rapatrié à Paris, il reprend ensuite la lutte[3]. Pendant la Commune, il est élu sous-lieutenant par ses hommes, et disperse des rassemblements[4].

Reçu premier au concours de rédacteur, il exerce cette fonction d'administrateur civil au ministère de l'Intérieur pendant une quinzaine d'années. Il démissionne de son poste en 1884 à cause de la politique anticléricale de la IIIe République[2].

Le , il épouse une lointaine cousine, Jeanne Maillot[5] (née le à Lille) dont il a une fille, Marie-Agnès (1889-1982) et quatre fils, Xavier (1887-1955), Charles le futur général et homme d'État (1890-1970), Jacques (1893-1946) et Pierre (1897-1959). Très religieuse, elle accouche de ses enfants dans sa famille, comme c'est alors l'usage, à Lille (et à Paris). Jeanne Maillot est davantage passionnée de politique : dès la première page des Mémoires de guerre, Charles de Gaulle rend hommage à sa mère admirée, « qui portait à la patrie une passion intransigeante à l'égal de sa piété religieuse ».

« Monarchiste de regret et républicain de raison », comme il aime se définir, Henri de Gaulle entre comme professeur de français, littérature, latin, grec et histoire aux étudiants des classes préparatoires, au collège Sainte-Geneviève tenu par les jésuites[6]. Ses quatre fils furent ses élèves, ainsi que Georges Bernanos et les futurs maréchaux Philippe Leclerc et Jean de Lattre de Tassigny. L'écrivain Jacques Perret enseigna brièvement dans son établissement[7].

Son rôle est jugé essentiel dans la formation de Charles de Gaulle, par sa grande érudition en histoire et en littérature, comme par sa méthode d'enseignement et sa discipline de travail[8].

Pour Olivier Guichard, le fait qu'Henri de Gaulle, lecteur de L'Action française, ait été dreyfusard relève de la légende : il considère certes que Henri de Gaulle, à un certain stade du développement de l’affaire, a mis en doute la culpabilité du capitaine Dreyfus, mais il n’adhéra pas pour autant au dreyfusisme politique, perçu par les royalistes et par la droite, dont il était, comme une machine de guerre au service du radicalisme et de l’anticléricalisme[9]. Éric Roussel affirme[10] : « Contrairement à une idée généralement admise, rien ne prouve […] formellement qu’Henri de Gaulle ait pris le contre-pied de son milieu en s’affirmant le défenseur du capitaine Dreyfus. Une tradition constante, reprise jusqu’à présent par la plupart des historiens, affirme certes, ce ralliement à la cause dreyfusarde, mais elle est fragile et actuellement mise en doute par les historiens les plus réputés ».

Avant la guerre, Charles de Gaulle lui-même n’a pas de certitude absolue sur l'innocence de Dreyfus : dans La France et son armée (1938), il parle de la « vraisemblance » de l’erreur judiciaire mais il déplore l’affrontement de deux meutes rivales, renvoyées dos à dos, conduisant en fin de compte à l’affaiblissement de l’armée ; en revanche, après la guerre, toutes ses déclarations sont sans ambiguïté, il n’a aucun doute sur l’innocence de Dreyfus mais reste amer sur l’abus que certaines formations politiques avaient tiré de cette affaire et l’antimilitarisme qui en avait découlé[11]. Philippe de Gaulle qui critique lui-même le caractère difficile et souvent contestataire du capitaine Dreyfus affirme que son père et son grand-père croyaient innocent l’inculpé du crime de trahison mais seulement responsable d’imprudence et de négligence administrative, fautes qui relevaient selon eux d’une simple sanction disciplinaire[11].

S'il est surnommé le PDG (père de Gaulle), ou le « vicomte » (à cause de son exigence vestimentaire, il est toujours en haut-de-forme), il est respecté et estimé pour la qualité de sa pédagogie et son érudition (il enseigne également l'histoire et les mathématiques).

Après être devenu préfet des études, il fonde en 1905 et dirige un établissement d'enseignement secondaire dans le secteur privé, le cours Louis de Fontanes, rue du Bac dans le 7e arrondissement[12]. Cet établissement serait « l'un des plus prisés »[13] de l'arrondissement ; Henri de Gaulle le dirige jusqu'à sa retraite en 1920[13].

Retiré à Sainte-Adresse, près du Havre, avec sa femme chez leur fille Marie-Agnès Cailliau de Gaulle, il participe à l'élaboration des premiers ouvrages militaires de son fils Charles de Gaulle.

Il meurt le à Sainte-Adresse. Son épouse Jeanne meurt en Bretagne à Paimpont (Ille-et-Vilaine), le . Le couple est enterré au cimetière de Sainte-Adresse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Clerc 2000, p. 29-30.
  2. a et b Clerc 2000, p. 30.
  3. Clerc 2000, p. 28-29.
  4. Clerc 2000, p. 33.
  5. Une branche de la famille Maillot fut seigneur de Houvigneul en Artois. Anna Cornelia Maillot, fille de Jacques Maillot de Bourré, seigneur de Houvigneul en Artois et de Suzanne del Plano, épousa François Beyens, surintendant et receveur des droits de licences sur le Rhin et la Lippe, fils de Pierre et d’Élisabeth de Magistris, né à Amsterdam le 13 décembre 1610, décédé en 1670, seigneur de Grambais, anobli par Philippe IV roi d’Espagne en 1647 et ancêtre de la maison de Beyens de Grambais.
  6. Clerc 2000, p. 30-31.
  7. Il le raconte avec humour dans Belle lurette, Julliard, Paris, 1983. Lire un extrait en ligne
  8. Clerc 2000, p. 15.
  9. Olivier Guichard, Mon général, Paris, éd. Grasset, 1980, p. 20-21.
  10. Éric Roussel, Charles de Gaulle, Paris, éd. Gallimard, p. 13.
  11. a et b Simon Epstein, Un paradoxe français. Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance, éd. Albin Michel, 2008, p. 421.
  12. Voir le site de Rânes ; le site de Fondation Charles de Gaulle, page sur la maison natale du général ; Jean-Raymond Tournoux, « Charles de Gaulle », dans Historia, no 288, novembre 1970, cité dans la Revista Hidalguía, numéro 110, 1972 [lire en ligne].
  13. a et b Benjamin Hus, biographie de Charles de Gaulle.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • « Henri de Gaulle », dans Dictionnaire de Gaulle, éd. Robert Laffont, 2006, p. 542 (ISBN 2-221-10280-0).
  • Christine Clerc, Les de Gaulle : Une famille française, Paris, Nil éditions et France Loisirs, (ISBN 2-7441-4758-3), p. 15, 28-39.

Articles connexes[modifier | modifier le code]