Hector Berlioz

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Hector Berlioz
Description de cette image, également commentée ci-après

Lithographie de Charles Baugniet (1851)

Naissance
La Côte-Saint-André,
Drapeau de la France République française
Décès (à 65 ans)
Paris,
Drapeau de l'Empire français Empire français
Activité principale Compositeur
Style Musique romantique
Activités annexes Critique musical
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1824-1867
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Jean-François Lesueur,
Antoine Reicha
Ascendants Louis Berlioz,
Joséphine Marmion
Conjoint Harriet Smithson,
Marie Recio
Descendants Louis Berlioz
Distinctions honorifiques Prix de Rome
Chevalier de la Légion d'honneur

Œuvres principales

Hector Berlioz ([bɛʁ.'ljoːz] en français[1], ['bɛr.ʎo] en francoprovençal[2]) est un compositeur, chef d'orchestre, critique musical et écrivain français né le à La Côte-Saint-André (Isère) et mort le à Paris.

Reprenant, immédiatement après Beethoven, la forme symphonique initiée par Haydn, Berlioz la renouvelle en profondeur par le biais de la musique à programme (Symphonie fantastique), de la symphonie concertante (Harold en Italie) et en créant la « symphonie dramatique » (Roméo et Juliette).

L'échec de Benvenuto Cellini, en 1838, lui ferme les portes de l'Opéra. En conséquence, l'opéra comique Béatrice et Bénédict est créé à Baden-Baden en 1862, et son chef-d'œuvre lyrique, Les Troyens, ne connaît qu'une création partielle à l'Opéra-Comique, en 1863. Berlioz invente le genre de la « légende dramatique » avec La Damnation de Faust et L’Enfance du Christ, œuvres conçues pour le concert, à mi-chemin entre l'opéra et l'oratorio.

Faisant souvent appel à des effectifs considérables dans sa musique symphonique (Symphonie funèbre et triomphale) et religieuse (Requiem, Te Deum), Berlioz organise d'importants concerts publics et crée le concept de festival. Avec le cycle des Nuits d'été enfin, il inaugure le genre de la mélodie française avec ensemble instrumental, promis à un bel avenir avec les œuvres, notamment, de Duparc, Fauré, Chausson et Ravel.

Toujours en difficultés financières, le compositeur entreprend de présenter lui-même sa musique dans de vastes tournées de concerts en Allemagne, à travers l'Europe centrale et jusqu'en Russie, où sa musique est bien accueillie. Avec Franz Liszt, Berlioz est à l'origine des grands mouvements nationalistes musicaux de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle, russes (du Groupe des Cinq jusqu'à Stravinsky et Prokofiev), tchèques (de Dvořák à Janáček) et hongrois (jusqu'à Bartók et Kodály).

Reconnu de son vivant comme un maître de l'orchestre, Berlioz publie en 1844 son Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernes, qui inspire de nombreux compositeurs et demeure un modèle pour les ouvrages traitant du même sujet au XXe siècle, tels ceux de Rimski-Korsakov et de Charles Koechlin.

Éminent représentant du romantisme européen, Berlioz se considérait comme un compositeur classique[3], prenant comme modèles Gluck, Weber et Beethoven. Sa musique a longtemps fait l'objet de controverses, et plus encore de malentendus. C'est en partie pour les dissiper que Berlioz entreprit la rédaction de ses Mémoires en 1849, et rassembla certains de ses articles de critique musicale dans des ouvrages aux titres volontiers humoristiques (Les Soirées de l'orchestre, Les Grotesques de la musique, À travers chants). Il faut pourtant attendre les célébrations du centenaire de sa mort, en 1969, pour que l'importance de son œuvre et de son rôle dans l'histoire de la musique soit progressivement reconnue, et que l'intégralité de ses partitions majeures soit enregistrée.

Sommaire

Biographie[modifier | modifier le code]

La vie de Berlioz a fait l'objet de nombreux commentaires sans nuances : « Quelle vie riche, fine, forte, débordante ! » s'enthousiasme Romain Rolland[4]« Sa vie fut un martyre[5] », répond André Boucourechliev« une suite de catastrophes par lui-même provoquées », selon Antoine Goléa[6] — une vie « à la fois agitée et tendue, exubérante et crispée[7] » pour Claude Ballif« une vie romantique[8] », en somme, selon l'expression de son premier biographe Adolphe Boschot, qui annonce d'emblée « aventures d'amour, suicides, extases, rugissements de douleur, activité fébrile, lutte pour l'argent, misère et ruine, triomphes enivrants, chutes à plat, « volcaniques » aspirations à l'idéal, hantise de la mort, grandes envolées lyriques jusqu'aux sommets du rêve, vieillesse désespérée qui semble l'agonie et le martyre d'un fantôme — vraiment, rien n'a manqué à Berlioz, et pas même les illuminations du génie, pour être le héros le plus représentatif du romantisme français[9] ».

Article détaillé : Biographie d'Hector Berlioz.

Les quatre âges de l'homme[modifier | modifier le code]

De l'enfant à l'étudiant (1803-1830)[modifier | modifier le code]

Hector Berlioz enfant.

« Je suis né le 11 décembre 1803, à La Côte-Saint-André, très petite ville de France, située dans le département de l'Isère, entre Vienne, Grenoble et Lyon[10]. »

— Mémoires, 1870

Issu d'une vieille famille de marchands tanneurs du Dauphiné, établis à La Côte-Saint-André dans la plaine de Bièvre depuis le XVIe siècle[11], Hector Berlioz naît le 19 Frimaire An XII, soit le , à cinq heures du soir[12]. Il est le fils du docteur Louis Berlioz, né le , et de Marie-Antoinette-Joséphine Marmion, née le à Grenoble[12].

Milieu familial[modifier | modifier le code]
Un père modèle : le docteur Berlioz[modifier | modifier le code]

À l'âge de six ans, Berlioz est envoyé au séminaire pour y entreprendre ses études. À la fermeture de l'établissement, en 1811, son père décide de se charger de son éducation, le destinant à une carrière de médecin. Cette éducation paternelle ne l'empêche pas de compléter sa formation avec un maître de musique qui lui enseigne le chant et la flûte. À l’âge de douze ans, il se met à composer[13]. En 1819, son père lui achète une flûte puis une guitare, et Hector prend des leçons d'un nouveau professeur. Deux ans plus tard, Hector Berlioz est promu bachelier ès lettres à Grenoble, le 22 mars 1821.

« Méchante mère !… »[modifier | modifier le code]
Frères et sœurs[modifier | modifier le code]

Hector est l'aîné d'une fratrie de six enfants, dont deux mourront très jeunes : Louise-Julie-Virginie, née le , morte le [14] et Louis-Jules-Félix, né le [14], mort le [15]. Il sera toujours très attaché à ses deux sœurs, Anne-Marguerite, dite Nanci ou Nancy, née le [14] et qui mourra le [16] — plus encore Adèle-Eugénie, née le [14] et dont la mort, le [17], laissera le compositeur « anéanti » au point d'éclater en sanglots lorsqu'il revoit son portrait dans le salon de son beau-frère à Vienne, en 1864[18]. Il est également très proche de son plus jeune frère, Prosper, né le [15]. Ce dernier le rejoint à Paris en octobre 1838[19], pour y faire ses études[20]. Il meurt à dix-huit ans, le , probablement emporté par une fièvre typhoïde, malgré une légende voulant que sa mort ait résulté de l'exaltation éprouvée en assistant à Benvenuto Cellini, l'opéra de son frère[21].

Premier amour, premières compositions[modifier | modifier le code]

« Non, le temps n'y peut rien… d'autres amours n'effacent point la trace du premier[22]. »

— Mémoires, 1870

À une époque où sa formation musicale est encore rudimentaire, il commence à jouer de la guitare et du flageolet. Il est très tôt attiré par la vie parisienne des années de la Restauration des Bourbons, période marquée par un grand élan culturel et intellectuel.

« Quand j'ai dit plus haut que la musique m'avait été révélée en même temps que l'amour, à l'âge de douze ans, c'est la composition que j'aurais dû dire ; car je savais déjà, avant ce temps, chanter à première vue et jouer de deux instruments[23]. »

— Mémoires, 1870

Études à Paris : Médecine ou musique[modifier | modifier le code]
Portrait de Berlioz par Émile Signol, 1832

« Je passais vingt-quatre heures sous le coup de cette première impression, sans vouloir plus entendre parler d'anatomie ni de dissection, ni de médecine, et méditant mille folies pour me soustraire à l'avenir dont j'étais menacé[24]. »

— Mémoires, 1870

Inscrit à l’école de médecine de Paris, il quitte sa famille fin octobre et suit les cours du programme pendant une année, avant d'écrire à son père qu'il préfère l’art à la médecine : « Je sentis ma passion pour la musique s’accroître et l’emporter sur mon désir de satisfaire mon père »[25]. Il se brouille avec sa famille, fréquente l'Opéra de Paris et suit les enseignements de Jean-François Lesueur, puis d'Antoine Reicha.

Au Conservatoire[modifier | modifier le code]

« Je jurai, en sortant de l'Opéra, que, malgré père mère, oncles, tantes, grands-parents et amis, je serais musicien[26]. »

— Mémoires, 1870

En 1823, il étudie la composition au Conservatoire de Paris. Il écrit la Messe solennelle en 1824 et découvre Weber, dont il se souviendra pour la Symphonie fantastique. Malgré ses échecs au concours de Rome en 1827, 1828 et 1829 (sa cantate Cléopâtre est jugée injouable par le jury en 1829), il poursuit ses études au Conservatoire, dirigé alors par le grand maître de l'époque, Luigi Cherubini, avec Antoine Reicha pour la fugue et le contrepoint, et Jean-François Lesueur pour la composition.

Il découvre Goethe et son Faust dans la traduction de Gérard de Nerval, et compose en 1829 Huit scènes de Faust qui, remaniées, deviendront la légende dramatique La Damnation de Faust en 1846.

L'exécution en 1828 des symphonies de Beethoven par François-Antoine Habeneck, sera une révélation, pour Berlioz. « Je venais d’apercevoir en deux apparitions Shakespeare et Weber ; aussitôt, à un autre point de l’horizon, je vis se lever l’immense Beethoven. La secousse que j’en reçus fut presque comparable à celle que m’avait donnée Shakespeare. Il m’ouvrait un monde nouveau en musique, comme le poëte m’avait dévoilé un nouvel univers en poésie. » - (Mémoires, chapitre XX)

Fiancé à Marie Moke qui le quitte pour épouser Camille Pleyel en 1831, Berlioz tombe amoureux au cours d'une représentation d'Hamlet de Shakespeare d'une actrice irlandaise qui joue dans la pièce, Harriet Smithson. Il l'épouse en 1833 et un fils, Louis, naît le 14 août 1834.

Louis Berlioz ne suivra pas la carrière paternelle : il choisit d'être marin, d'abord aspirant dans la marine de guerre, il passe ensuite à la marine marchande, obtient un brevet de Capitaine au Long Cours[27], commande le grand paquebot mixte (voiles et hélice ) La Louisiane de la toute récente Compagnie Générale Transatlantique et meurt à Cuba de la fièvre jaune, à l'âge de 32 ans, en 1867.

Il remporte le prestigieux Prix de Rome en 1830 avec sa cantate Sardanapale, ce qui l'amène à vivre à l'académie de France à Rome (Villa Médicis). Il y rencontre Mendelssohn, mais l'Italie l'inspire et le déçoit tout à la fois.

Servitude et grandeur de la vie musicale (1830-1848)[modifier | modifier le code]

Coups de foudre : Shakespeare et Harriet Smithson[modifier | modifier le code]

« L'effet de son prodigieux talent, ou plutôt de son génie dramatique, sur mon imagination et sur mon cœur, n'est comparable qu'au bouleversement que me fit subir le poète dont elle était la digne interprète[28]. »

— Mémoires, 1870

Coups de tonnerre : Faust et Camille Mocke[modifier | modifier le code]
Rome et l'Italie[modifier | modifier le code]

En 1831 et 1832, son séjour le pousse à composer Lélio ou le Retour à la vie, Le Roi Lear ainsi que Harold en Italie (1834) pour alto et orchestre, à la demande de Paganini sur un poème de Lord Byron intitulé Childe Harold's Pilgrimage. Cette œuvre constitue une « seconde Symphonie fantastique ».

Il est engagé en 1835 comme critique musical dans le Journal des débats, où ses articles font date et lui valent de nombreuses inimitiés. Il y collabore jusqu'en 1864.

Carrière parisienne[modifier | modifier le code]

Dès 1834, Berlioz se fait connaître comme critique dans la Gazette musicale, puis dans le Journal des débats, où il soutient son système musical, qui subordonne l'harmonie à la recherche de l'expression. Sur ces questions, on constate avant tout que, dans la Symphonie fantastique comme ailleurs, son langage harmonique est d'une grande originalité et ignore bien souvent les traditions établies.

Premiers voyages : Allemagne, Autriche, Hongrie[modifier | modifier le code]

Les Illusions perdues (1849-1858)[modifier | modifier le code]

Révolutions : musique et politique[modifier | modifier le code]
Nouveaux voyages : Russie, Allemagne, Angleterre[modifier | modifier le code]
Second mariage[modifier | modifier le code]
Entre souvenirs et avenir[modifier | modifier le code]

Les rayons et les ombres (1859-1869)[modifier | modifier le code]

Derniers voyages : Allemagne, Russie[modifier | modifier le code]
Un amour de Berlioz[modifier | modifier le code]
Le deuil et la mort[modifier | modifier le code]

Épisodes de la vie d'un artiste[modifier | modifier le code]

Une vocation précoce (1815-1825)[modifier | modifier le code]

Premières années parisiennes (1826-1830)[modifier | modifier le code]

Révélation de la Messe solennelle[modifier | modifier le code]
Le Prix de Rome[modifier | modifier le code]

« C'était un diplôme, un titre, et l'indépendance et presque l'aisance pendant cinq ans[29]. »

— Mémoires, 1870

Des Huit scènes de Faust à la Symphonie fantastique[modifier | modifier le code]

Un compositeur « quasi-officiel » (1831-1845)[modifier | modifier le code]

Le Requiem de la fin du monde[modifier | modifier le code]
Opéra : Chute de Benvenuto Cellini[modifier | modifier le code]
Le compositeur errant[modifier | modifier le code]

Une carrière contrariée (1846-1867)[modifier | modifier le code]

Catastrophe de La Damnation de Faust[modifier | modifier le code]
Campagnes d'Angleterre, d'Allemagne et de Russie[modifier | modifier le code]
Succès de L'Enfance du Christ[modifier | modifier le code]
Opéra : Tannhaüser ou Les Troyens ?[modifier | modifier le code]
Derniers feux[modifier | modifier le code]

Les Mémoires : Autobiographie ou autofiction ?[modifier | modifier le code]

Anecdotes légendaires[modifier | modifier le code]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Hector Berlioz par Pierre Petit, photographie de 1863

Présentation[modifier | modifier le code]

Musique symphonique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ouvertures d'Hector Berlioz.

Musique lyrique[modifier | modifier le code]

Musique chorale et vocale[modifier | modifier le code]

Les quatre symphonies[modifier | modifier le code]

De la Symphonie fantastique au Retour à la vie[modifier | modifier le code]

Dès 1830, six ans seulement après la Symphonie n° 9 de Beethoven, ses études, ses influences et son génie lui permettent d'écrire la Symphonie fantastique, op. 14, qui enthousiasme Franz Liszt, mais provoque un grand scandale chez un public qui ne se rend pas compte de la portée de l'œuvre : elle va lancer une toute nouvelle forme de « musique descriptive », appelée « musique à programme », et va avoir un écho important chez les musiciens des pays germaniques (auprès du hongrois Franz Liszt et plus tard chez l'allemand Richard Strauss). Par la suite, elle influencera la musique française (Saint-Saëns, Dukas, Franck et d'Indy).

Harold en Italie[modifier | modifier le code]

Roméo et Juliette[modifier | modifier le code]

Symphonie funèbre et triomphale[modifier | modifier le code]

Opéras et drames[modifier | modifier le code]

Benvenuto Cellini[modifier | modifier le code]

Statue d'Hector Berlioz, par Claude Grangé, place Victor-Hugo à Grenoble[30]

En 1838, pour son entrée à l'Opéra de Paris avec Benvenuto Cellini, l'atmosphère de cabale organisée par ses adversaires conduit à l'échec des représentations. Toutefois, l'engagement de Berlioz à la bibliothèque du Conservatoire et l'estime que lui porte Paganini lui permettent d'écrire Roméo et Juliette (1839), qui enthousiasme Richard Wagner.

La Damnation de Faust[modifier | modifier le code]

L'Enfance du Christ[modifier | modifier le code]

Les Troyens[modifier | modifier le code]

Béatrice et Bénédict[modifier | modifier le code]

Musique religieuse[modifier | modifier le code]

Messe solennelle[modifier | modifier le code]

Requiem[modifier | modifier le code]

Berlioz, avant 1864.
Cliché de Charles Reutlinger

Tout aussi anticlérical que le roi Louis-Philippe, Berlioz écrivit néanmoins de la musique d'inspiration religieuse. Celle-ci est avant tout marquée par une théâtralisation bien éloignée de l'esprit liturgique.

Alors qu'il était considéré dans toute l'Europe comme un héros romantique, tourné vers l'Allemagne (mais au langage très « personnel », unique), Berlioz avait en fait des ennemis à Paris. Le romantisme allemand n'avait pas encore pris pied en France où l'inspiration française et italienne restaient toujours très présentes, comme lors des siècles précédents. Par ce biais et par d'autres, l'art musical pouvait être soumis à la politique, au pouvoir, aux alliances et aux trahisons...

Ainsi, lorsque Berlioz obtint un contrat du ministère des Beaux-arts pour une messe des morts, les partisans du directeur du Conservatoire, Cherubini, tentèrent en vain de faire résilier le contrat. Cherubini avait été lié aux deux monarques précédents, Louis XVIII et Charles X, frères de Louis XVI et chefs de file des légitimistes. D'un point de vue purement musical, Berlioz était trop hors-normes et trop proche du mouvement romantique. Après qu'il eut terminé l'œuvre (en moins de trois mois) et que les arrangements eurent été pris pour la création d'un concert, le Ministère annula celui-ci, sans explication.

Le Requiem eut cependant sa chance, grâce au concours d'amis bien placés. En décembre 1837, il fut joué dans la chapelle des Invalides, décorée de milliers de chandelles pour la circonstance, en présence de la famille royale, du corps diplomatique et de toute la haute société parisienne ; Berlioz avait obtenu cent quatre-vingt-dix instrumentistes, deux cent dix choristes, quatre ensembles de cuivres placés dans les coins de la chapelle, ainsi que seize timbales.

Il raconte dans ses mémoires :

« Au moment de [l'entrée des quatre orchestres de cuivres], au début du Tuba mirum qui s’enchaîne sans interruption avec le Dies irae, le mouvement s’élargit du double ; tous les instruments de cuivre éclatent d’abord ensemble dans le nouveau mouvement, puis s’interpellent et se répondent à distance, par des entrées successives, à la tierce supérieure les unes des autres. Il est donc de la plus haute importance de clairement indiquer les quatre temps de la grande mesure à l’instant où elle intervient. Sans quoi ce terrible cataclysme musical, préparé de si longue main, où des moyens exceptionnels et formidables sont employés dans des proportions et des combinaisons que nul n’avait tentées alors et n’a essayées depuis, ce tableau musical du Jugement Dernier, qui restera, je l’espère, comme quelque chose de grand dans notre art, peut ne produire qu’une immense et effroyable cacophonie.
Par suite de ma méfiance habituelle, j’étais resté derrière Habeneck et, lui tournant le dos, je surveillais le groupe des timbaliers, qu’il ne pouvait pas voir, le moment approchant où ils allaient prendre part à la mêlée générale. Il y a peut-être mille mesures dans mon Requiem. Précisément sur celle dont je viens de parler, celle où le mouvement s’élargit, celle où les instruments de cuivre lancent leur terrible fanfare, sur la mesure unique enfin dans laquelle l’action du chef d’orchestre est absolument indispensable, Habeneck baisse son bâton, tire tranquillement sa tabatière et se met à prendre une prise de tabac. J’avais toujours l’œil de son côté ; À l’instant je pivote rapidement sur un talon, et m’élançant devant lui, j’étends mon bras et je marque les quatre grands temps du nouveau mouvement. Les orchestres me suivent, tout part en ordre, je conduis le morceau jusqu’à la fin, et l’effet que j’avais rêvé est produit. Quand, aux derniers mots du chœur, Habeneck vit le Tuba mirum sauvé : « Quelle sueur froide j’ai eue, me dit-il, sans vous nous étions perdus ! — Oui, je le sais bien, répondis-je en le regardant fixement. » Je n’ajoutai pas un mot … L’a-t-il fait exprès ? Serait-il possible que cet homme, d’accord avec M. XX., qui me détestait, et les amis de Cherubini ait osé méditer et tenter de commettre une aussi basse scélératesse ? Je n’y veux pas songer… Mais je n’en doute pas. Dieu me pardonne si je lui fais injure. »

— Hector Berlioz, Mémoires, chap. XLVI.

Le Requiem valut à Berlioz un succès critique et public.

Te Deum[modifier | modifier le code]

Mélodies : de La Captive aux Nuits d'été[modifier | modifier le code]

La période 1840-1841 voit la composition de la Symphonie funèbre et triomphale, le cycle de Les Nuits d'été (sur six poèmes de Théophile Gautier: Villanelle, Le Spectre de la rose, Absence, Sur les lagunes, Au cimetière, L'Île inconnue) pour voix et piano qu'il orchestre par la suite.

Pendant cette période, il est reconnu davantage en sa qualité de chef d'orchestre que de compositeur, et il est plus apprécié à l'étranger qu'en France ; il dirige ses propres œuvres, mais aussi des œuvres de ses confrères en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Hongrie ou en Russie, et se fait accompagner par la cantatrice Marie Recio (nom de scène de Marie Martin[31]), sa nouvelle compagne. Son œuvre L'Enfance du Christ est accueillie en triomphe (1864). La période anglaise de 1847-1848 est particulièrement fertile en aventures. Berlioz dirige l'orchestre de Drury Lane à Londres, dont le chef d'orchestre est le compositeur Louis-Antoine Jullien, le roi des concerts promenades et des concerts monstres. Jullien avait sollicité la participation de Berlioz, et celui-ci le maudira après l'avoir encensé. Louis-Antoine Jullien est un fou à plus d'un titre[32].

En 1847, sur les conseils de son ami Balzac, à un moment où il était à court d'argent, comme c'était souvent le cas[33], il se rend en tournée en Russie, où il remporte un triomphe à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Il est logé chez la grande-duchesse Hélène, qui l'accueille avec faste. Aux concerts qu'il dirige dans la salle de l'Assemblée de la noblesse, il est bissé jusqu'à douze fois ! Pendant son premier bis, il s'écrie :« Je suis sauvé ! », au deuxième « Je suis riche ! »[34] Il dirige alors Roméo et Juliette, Le Carnaval romain et la Symphonie funèbre et triomphale. Il reviendra en 1867 dans ce qu'il appelle « la fière capitale du Nord ».

En 1856, il entame la composition de ce que certains considèrent comme son opus magnum (son « grand œuvre »), Les Troyens, et écrit le livret de cet opéra inspiré de L'Énéide de Virgile, poète auquel il est d'ailleurs dédié (la partition porte en effet la dédicace Diuo Virgilio « Au divin Virgile »). La genèse de son ouvrage remonte à sa plus tendre enfance, et l'influence de Virgile et de Shakespeare sont récurrentes dans son œuvre. Les Troyens sont achevés deux ans plus tard, mais Berlioz ne peut les faire jouer dans son intégralité, car les administrateurs sont rebutés par la durée de l'œuvre et les moyens exigés.

Tombe d'Hector Berlioz–Cimetière de Montmartre-Paris
Tombe d'Hector Berlioz au cimetière de Montmartre (Paris)

Berlioz compose ensuite l'opéra-comique Béatrice et Bénédict, inspiré de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, mais tombe malade après la mort de Marie, puis de son fils Louis, en 1866. Après une tournée triomphale en Russie, au cours de laquelle il va influencer les jeunes Moussorgski, Rimsky-Korsakoff et Borodine, il fait un voyage à Nice en mars 1868, où il se blesse en faisant une chute. En août 1868, il effectue son dernier voyage à Grenoble, la ville de résidence de sa sœur et de sa famille. Invité par le maire Jean Vendre à l'occasion de trois journées de festivité organisées pour l'inauguration d'une statue équestre de Napoléon Ier, il préside un festival de musique. Il décède le à Paris, 4 rue de Calais, dans le quartier de la « Nouvelle-Athènes » (IXe). Il repose au cimetière de Montmartre (avenue Berlioz, 20e division, 1re ligne), près de ses deux épouses Harriet Smithson, décédée en 1854, et Marie Recio, décédée en 1862[35].

Testament olographe d'Hector Berlioz, Archives nationales.

Le Minutier central des notaires de Paris, aux Archives nationales, conserve son testament olographe, daté du 29 juillet 1867 et accompagné d'un codicille du 12 juin 1868. Un inventaire de ses biens a été dressé à la suite de son décès entre les 5 et 18 mai 1869. Ces deux documents sont consultables sous la forme de microfilms cotés MC/MI/RS/643 (testament)[36] et MC/MI/RS/644 (inventaire)[37] aux Archives nationales (site de Paris)[38].

Personnalité[modifier | modifier le code]

Portrait[modifier | modifier le code]

Caractère[modifier | modifier le code]

« Festival Berlioz » : du compositeur au chef d'orchestre[modifier | modifier le code]

Le critique musical et l'écrivain[modifier | modifier le code]

Berlioz et l'Europe romantique[modifier | modifier le code]

Influences musicales[modifier | modifier le code]

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Gluck[modifier | modifier le code]

Weber[modifier | modifier le code]

Beethoven[modifier | modifier le code]

Influences littéraires[modifier | modifier le code]

Virgile[modifier | modifier le code]

Shakespeare[modifier | modifier le code]

Un écrivain de culture classique[modifier | modifier le code]

Amitiés[modifier | modifier le code]

Franz Liszt[modifier | modifier le code]

En Allemagne[modifier | modifier le code]

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En Russie[modifier | modifier le code]

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En France[modifier | modifier le code]

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Analyse de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Statue érigée en son nom à Monte-Carlo, Monaco.

Obstacles critiques[modifier | modifier le code]

Mélodie[modifier | modifier le code]

Harmonie[modifier | modifier le code]

Rythmes[modifier | modifier le code]

Contrepoint et fugue[modifier | modifier le code]

Instrumentation et orchestration[modifier | modifier le code]

Les thèmes beethovéniens et shakespeariens, qui s'entrecroisent dans toute la production de Berlioz, ont fortement marqué son œuvre. À cela il faut ajouter l'attachement qu'il portait à la réforme de l'opéra français, qui s'était développée à l'initiative de Gluck, sous les règnes du Louis XV et Louis XVI, à l'orée de l'ère classique (au début du troisième tiers du XVIIIe siècle). Il ne faudrait surtout pas oublier le goût de Berlioz pour la musique de la période révolutionnaire et de l'Empire (à noter que cela ne l'empêchait nullement d'être monarchiste : le romantisme se développa en France à l'époque du roi Louis-Philippe 1er, monarque orléaniste et donc favorable à la monarchie constitutionnelle que les débuts de la Révolution avaient instaurée).

C'est ainsi que Berlioz est l'auteur d'une orchestration de La Marseillaise, encore souvent entendue actuellement. Mais il est aussi (et surtout) une grande figure romantique à l'humour ravageur, mais très rigoureux dans l'écriture et très exalté dans l'exécution. Son œuvre va peu à peu se dégager de la forme musicale académique de son temps pour s'orienter vers des orchestrations d'une grande richesse de timbres et de couleurs, une écriture contrapuntique toute personnelle et un penchant pour les très grandes formations orchestrales. Ses velléités de liberté le conduiront à s'affranchir des textes qu'il met en musique, au point de les écrire lui-même, comme le fit aussi Richard Wagner.

Sans tomber dans l'exagération qui prévalait à l'époque, Berlioz s'intéressa énormément à la nature des timbres. Il fut également l'ami d'Adolphe Sax, dont il encourageait fortement les travaux, notamment ceux concernant la famille des saxophones.

Irréductible à toute école, la musique de Berlioz est d'une grande originalité. Cependant, en dépit des succès considérables remportés à l'étranger, son œuvre est restée longtemps méconnue dans son propre pays, voire mésestimée, mis à part certains extraits de la Damnation de Faust et, bien sûr, la Symphonie fantastique, qui a fait l'objet de superbes et indémodables enregistrements dus à Pierre Monteux, Charles Munch et Igor Markévitch.

L'œuvre de Berlioz a cependant été reçue avec chaleur en Allemagne, et ce depuis les premières représentations des Troyens par Félix Mottl, à la fin du XIXe siècle, jusqu’à Rafael Kubelík, qui fut l’artisan de sa résurrection dans les années 1960. Depuis, les Allemands n'ont pas hésité à organiser des congrès Berlioz dans leur pays, par exemple à Essen-Werden, en juin 2003, sous l’initiative d’Hermann Hofer et de Matthias Brzoska. Ces toutes dernières années, Les Troyens et Benvenuto Cellini sont passés dans le répertoire habituel de Dresde, Leipzig, Mannheim, Hambourg, Dortmund, Düsseldorf et Gelsenkirchen.

En France, sous la direction de Serge Baudo, Lyon a accueilli pendant quelque dix ans le festival international Hector-Berlioz. Ce festival a maintenant lieu à La Côte-Saint-André (Isère), la ville natale de Berlioz. En outre, c'est l'ouvrage lyrique Les Troyens qui a été présenté lors de l'inauguration de l'Opéra-Bastille à Paris, en mars 1990.

Postérité[modifier | modifier le code]

Présence de Berlioz[modifier | modifier le code]

Ombre parmi les ombres (1870-1903)[modifier | modifier le code]

Du centenaire de la naissance à l'indifférence (1903-1969)[modifier | modifier le code]

Du centenaire de la mort à la reconnaissance (1969-2003)[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, à une époque où Berlioz était surtout connu pour la Symphonie fantastique, divers chefs d'orchestre anglais ont œuvré pour sa réhabilitation en enregistrant une grande partie de ses compositions. Sir Thomas Beecham réalise un premier enregistrement, presque intégral, des Troyens en 1947. Pour le centenaire de la mort du compositeur, sir Colin Davis entreprend une « Intégrale Berlioz » pour le label Philips. Cette démarche a été poursuivie par John Eliot Gardiner, qui enregistre Les Troyens au Théâtre du Châtelet avec l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Berlioz.

En France, divers chefs d'orchestre se sont également attachés à défendre son œuvre, à commencer par Pierre Monteux, Charles Munch, Jean Fournet et André Cluytens, suivis par Georges Prêtre, Michel Plasson et Pierre Boulez. Au XXIe siècle, Jean-Claude Casadesus, Jean-Paul Penin ou encore Marc Minkowski ont pris le relais de leurs prestigieux aînés.

Depuis 2003 : Perspectives berlioziennes[modifier | modifier le code]

Influence musicale[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

En Allemagne[modifier | modifier le code]

En Russie[modifier | modifier le code]

Berlioz et la Hongrie[modifier | modifier le code]

Controverses[modifier | modifier le code]

Berlioz est-il français ?[modifier | modifier le code]

Berlioz est-il musicien ?[modifier | modifier le code]

Berlioz et la question religieuse[modifier | modifier le code]

Berlioz et la musique de chambre[modifier | modifier le code]

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

L'astéroïde de la ceinture principale d'astéroïdes « (69288) Berlioz », découvert par Freimut Börngen le , a été nommé en hommage au compositeur[45].

Le Ferry SeaFrance Berlioz, construit en 2005 aux chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, a été nommé en hommage au compositeur.

En littérature[modifier | modifier le code]

En 1843, Honoré de Balzac dédie Ferragus à Hector Berlioz[46].

Dans son roman Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust oppose Berlioz et Wagner d'une manière inattendue, dans une diatribe antisémite du baron de Charlus au narrateur :

« Quand on donne, dans la Semaine Sainte, ces indécents spectacles qu’on appelle la Passion, la moitié de la salle est remplie de Juifs, exultant à la pensée qu’ils vont mettre une seconde fois le Christ sur la Croix, au moins en effigie. Au concert Lamoureux, j’avais pour voisin, un jour, un riche banquier juif. On joua l'Enfance du Christ, de Berlioz, il était consterné. Mais il retrouva bientôt l’expression de béatitude qui lui est habituelle en entendant l'Enchantement du Vendredi-Saint[47]. »

Dans le roman de Mikhaïl Boulgakov Le Maître et Marguerite, le personnage athée « Mikhail Alexandrovich Berlioz » emprunte son nom (Берлиоз) au compositeur de La Damnation de Faust[48].

La pièce de théâtre L'Entente cordiale[49] d'Olivier Teitgen décrit une soirée passée entre Berlioz et Wagner à Londres en 1855.

Dans les arts plastiques[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Numismatique et philatélie[modifier | modifier le code]

  • Une médaille à l'effigie de Berlioz a été réalisée en 1897 par le peintre et graveur polonais Wincenty Trojanowski. Un exemplaire de cette médaille est conservé au musée Carnavalet (ND 0156).
  • Un billet de 10 francs Berlioz a été émis de 1974 à 1978.
  • La Poste française émet un timbre à son effigie en 1936[50]

Festivals[modifier | modifier le code]

  • Le festival Berlioz à La Côte-Saint-André : une relation toute particulière lie le compositeur romantique à la notion de « festival » et ce qu’elle sous-entend de festif, populaire et rassembleur. En effet, dès les années 1830, Berlioz organisait une série de manifestations musicales, autour d’un même lieu et d’une même idée, et nommait l’événement festival. Dans ses feuilletons et Mémoires, Berlioz raconte ces journées « festivalesques » qui se terminent bien souvent en banquets[51]... Le Festival Berlioz naît à Lyon en 1979, sous l’égide de Serge Baudo, à l’époque chef et directeur musical de l’Orchestre national de Lyon. Depuis 1994, le festival a lieu à La Côte-Saint-André (château Louis XI, Musée Hector-Berlioz, Halle médiévale, Église) et dans les communes environnantes.
  • Musée Hector-Berlioz : la maison natale du compositeur à La Côte-Saint-André, dans le Dauphiné, construite vers 1680, est classée monument historique en 1942[52], labellisée Maisons des Illustres et Musée de France.
  • Sous l'impulsion de l'homme politique Georges Frêche, la programmation de l'Opéra national de Montpellier est répartie à partir de 1990 entre l'Opéra Comédie et la grande salle du palais des congrès Le Corum, renommée Opéra Berlioz.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Œuvre littéraire de Berlioz[modifier | modifier le code]

Membre de l'Institut de France et critique musical réputé, Berlioz a laissé plusieurs ouvrages :

Cette œuvre critique et autobiographique est regroupée et rééditée depuis trente ans en France : les Mémoires, puis la Correspondance générale en huit tomes chez Flammarion, publiés sous les auspices de l'association nationale Hector-Berlioz, la Critique musicale en dix tomes chez Buchet-Chastel, sous la direction d'Yves Gérard et Marie-Hélène Coudroy.

  • Hector Berlioz, Les Soirées de l'orchestre, Paris, Gründ,‎ (ISBN 2-08-212539-4),
  • Hector Berlioz, Les Grotesques de la musique, Paris, Symétrie, coll. « Palazetto Bru Zane »,‎ , 252 p. (ISBN 978-2-914-37377-7), annotés par Guy Sacre,
    Gérard Condé, « Préface », p.5-20.
  • Hector Berlioz, Mémoires, Paris, Flammarion, coll. « Harmoniques »,‎ (ISBN 978-2700021028), présentés par Pierre Citron Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Hector Berlioz, De l'instrumentation, Paris, Le Castor astral, coll. « Les inattendus »,‎ (ISBN 2-85920-227-7), présenté par Joël-Marie Fauquet,
  • Hector Berlioz, Critique musicale, Buchet-Chastel, Paris, 1997 (6 tomes),
  • Hector Berlioz, Correspondance générale, coll. « Harmoniques », Flammarion Lettres, Paris, 2001 (8 tomes)

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Histoire de la musique[modifier | modifier le code]

  • Marie-Claire Beltrando-Patier, Histoire de la musique : La musique occidentale du Moyen Âge à nos jours, Paris, Bordas,‎ , 630 p. (ISBN 2-040-15303-9), p. 483-484
  • Roland de Candé, Les chefs-d'œuvre classiques de la musique, Paris, Seuil,‎ , 816 p. (ISBN 2-02-039863-X), p. 169-185
  • Alfred Einstein, La Musique romantique, Paris, Gallimard, coll. « Tel » (no 86),‎ , 445 p. (ISBN 2-070-70108-5), p. 160-169
  • Bernard Gavoty, Les grands mystères de la musique : « Les Mémoires de Berlioz », Paris, Trévise,‎ , 308 p. (ISBN 2-711-20353-0), p. 249-261
  • Antoine Goléa, La musique, de la nuit des temps aux aurores nouvelles : « Hector Berlioz », Paris, Alphonse Leduc et Cie,‎ , 954 p. (ISBN 2-856-89001-6), p. 319-328
  • Paul Pittion, La Musique et son histoire : De Beethoven à nos jours, vol. II, Paris, Éditions Ouvrières,‎ , 580 p., p. 37-50
  • Léon Plantinga, La Musique romantique : Le XIXe siècle de Beethoven à Mahler, Paris, J.C. Lattès,‎ , 533 p. (ISBN 978-2-70960-763-6), p. 230-244
  • Lucien Rebatet, Une histoire de la musique : « Berlioz », Paris, Robert Laffont,‎ , 900 p. (ISBN 2-221-03591-7), p. 403-415
  • Rémy Stricker, La musique française, du romantisme à nos jours : « Berlioz et son temps », Paris, La Documentation Française,‎ , 96 p., p. 5-18
  • Émile Vuillermoz, Histoire de la musique : « Reicha et Berlioz », Paris, Fayard,‎ , 606 p. (ISBN 2-213-00859-0), p. 241-253, édition complétée par Jacques Lonchampt

Monographies[modifier | modifier le code]

Traités de théorie musicale[modifier | modifier le code]

Critique musicale[modifier | modifier le code]

Ouvrages littéraires[modifier | modifier le code]

Ouvrages sur Berlioz[modifier | modifier le code]

Biographies[modifier | modifier le code]

  • (en) Jacques Barzun, Berlioz and the romantic century, Boston, Little, Brown & Co.,‎
  • Adolphe Boschot, Histoire d'un romantique : Hector Berlioz, Paris, Plon-Nourrit,‎ 1906-1913
    Longtemps considérée comme un ouvrage de référence, cette publication a fait l'objet de plusieurs réimpressions revues et augmentées.
  • Adolphe Boschot, Une vie romantique : Hector Berlioz, Paris, Plon-Nourrit,‎ , 428 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    Reprend en un seul volume, selon son auteur, l'Histoire d'un Romantique allégée de « tout ce qui est spécial », et « réduite aux événements les plus caractéristiques ».
  • David Cairns, Hector Berlioz : la formation d'un artiste (1803-1832), Paris, Fayard,‎ , 710 p. (ISBN 2-213-61249-8), traduit de l'anglais par Dennis Collins Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • David Cairns, Hector Berlioz : servitude et grandeur (1832-1869), Paris, Fayard,‎ , 944 p. (ISBN 2-213-61250-1), traduit de l'anglais par Dennis Collins Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Citron, Cahiers Berlioz no 4, Calendrier Berlioz, La Côte-Saint-André, Musée Hector-Berlioz,‎ (ISSN 0243-3559) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Arthur Coquard, Berlioz : biographie critique, Paris, Henri Pierre Laurens, coll. « Les musiciens célèbres »,‎ 1910, 126 p. (OCLC 1308791, notice BnF no FRBNF40040402, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Hugh Macdonald, Berlioz, Londres, Dent, coll. « The master musicians »,‎ (ISBN 0-460-03156-2)
  • Eugène de Mirecourt, Berlioz, Paris, Gustave Havard, coll. « Les Contemporains (2e série) » (no 63),‎ , 96 p. (lire en ligne) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    (première étude biographique, parue du vivant du compositeur)
  • Guy de Pourtalès, Berlioz et l'Europe Romantique, Paris, Gallimard, coll. « NRF »,‎ , 382 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre-Jean Rémy, Berlioz : le roman du romantisme, Paris, Albin Michel,‎ (ISBN 2-253-11349-2)
  • Étienne Rey, La vie amoureuse de Berlioz, Paris, Flammarion, coll. « Leurs Amours »,‎ , 207 p. (OCLC 3936145, notice BnF no FRBNF31203825)

Études biographiques et musicologiques[modifier | modifier le code]

  • Henry Barraud, Hector Berlioz, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique »,‎ (ISBN 978-2213024158) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Citron et Cécile Reynaud (éd.), Dictionnaire Berlioz, Paris, Fayard,‎ (ISBN 2-213-61528-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Suzanne Demarquez, Hector Berlioz, Paris, Seghers, coll. « Musiciens de tous les temps »,‎ , 192 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Adolphe Jullien, Hector Berlioz : la vie et le combat, les œuvres, Paris, Charavay,‎ , 198 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
    Collection d'articles parus de 1873 à 1877, précédée d'une esquisse biographique
  • Adolphe Jullien, Hector Berlioz : sa vie et ses œuvres, Paris, À la librairie de l'art,‎ , 426 p. (lire en ligne)
  • Edmond Hippeau, Berlioz intime, Paris, Librairie Fischbacher,‎ , 500 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Dallas Kern Holoman, Berlioz, Cambridge (Mass.), Fayard,‎ (ISBN 0-674-06778-9)
  • Georges de Massougnes, Berlioz : son œuvre, Paris, Richault et Dentu,‎ , 64 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
    (« simple brochure » pour son auteur, « noble et hautaine étude » selon Romain Rolland, qui la jugeait « très en avance sur son temps[54] »)
  • Jacques-Gabriel Prod'homme, Hector Berlioz (1803-1869) : sa vie et ses œuvres d'après des documents nouveaux et les travaux les plus récents, Paris, Delagrave,‎ (1re éd. 1904), 348 p. (OCLC 9048834, lire en ligne)
  • Camille Saint-Saëns, Portraits et Souvenirs, Paris, Société d'Édition Artistique,‎ (Texte disponible sur wikisource) Document utilisé pour la rédaction de l’article
    (collection d'articles sur Berlioz, Liszt, Gounod, Bizet, etc.)
  • Pierre-René Serna, Berlioz de B à Z, Paris, Van de Velde,‎ , 264 p. (ISBN 2-85868-379-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Julien Tiersot, Hector Berlioz et la société de son temps, Paris, Hachette,‎ , 372 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Julien Tiersot, Hector Berlioz — Les Années romantiques (1819-1842), Paris, Calmann-Lévy,‎ , 452 p. (Texte disponible sur wikisource) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Wasselin, Berlioz : les deux ailes de l'âme, Paris, Gallimard, coll. « Découverte »,‎ (ISBN 2-07-076522-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Études musicologiques et littéraires[modifier | modifier le code]

  • Claude Ballif, Berlioz, Paris, Seuil, coll. « Solfèges »,‎ , 192 p. (ISBN 2-02-000249-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Catteau, Hector Berlioz ou La philosophie artiste. I, Paris, Publibook,‎ , 292 p. (ISBN 2-74-832011-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Catteau, Hector Berlioz ou La philosophie artiste. II, Paris, Publibook,‎ , 258 p. (ISBN 2-74-832398-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif et Henry Barraud (éd.), Hector Berlioz, Paris, Hachette, coll. « Génies et réalités »,‎ , 272 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
    Bernard Gavoty, « Ma vie est un roman qui m'intéresse beaucoup », p.7-23
    Séquence illustrée I, « Un jeune enthousiaste à peine civilisé », p.25-50
    Antoine Goléa, Un cœur ardent et déchiré, p.53-67
    Marcel Schneider, Berlioz dans le mouvement romantique, p.69-87
    Séquence illustrée II, La musique, l'amour : « les deux ailes de l'âme », p.87-108
    François-Bernard Mâche, Berlioz et Wagner, « deux frères ennemis issus de Beethoven », p.111-135
    Maurice Le Roux, Jouer de l'orchestre, p.137-151
    Séquence illustrée III, Le musicien errant, p.153-174
    Henry Barraud, Le musicien de théâtre, p.177-151
    Claude Samuel, Les écrits du compositeur, p.197-209
    Séquence illustrée IV, L'œuvre désespérée, p.209-225
    Maurice Fleuret, La puissance d'une imagination prophétique, p.228-239
    Harry Halbreich, Catalogue commenté et discographie critique, p.241-265
  • (en) Collectif et Peter Bloom (éd.), Berlioz, Past, Present, Future, Rochester, Rochester Press, coll. « Eastman Studies in music »,‎ , 212 p. (ISBN 1-58046-047-X, ISSN 1071-9989) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif, Christian Wasselin (éd.) et Pierre-René Serna (éd.), Cahier Berlioz n° 77, Paris, L'Herne,‎ (ISBN 2-85197-090-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif et Joël-Marie Fauquet, Berlioz : textes et contextes, Paris, Société française de musicologie,‎ (ISBN 978-2-85357-022-0) ([présentation en ligne]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif et Georges Zaragoza (éd.), Berlioz, homme de lettres, Dijon, Editions du Murmure,‎ , 276 p. (ISBN 2-91-509915-4)
  • Michel Guiomar, Le masque et le fantasme : l'imagination de la matière sonore dans la pensée musicale de Berlioz, Paris, José Corti,‎ , 447 p.
  • Georges Liébert, Ni empereur ni roi, chef d'orchestre, Paris, Gallimard, coll. « Découverte »,‎ , 176 p. (ISBN 2-07-053114-7)
  • Paul-Marie Masson, Berlioz, Paris, Alcan, coll. « Les maîtres de la musique »,‎
  • Romain Rolland, Sur Berlioz, Bruxelles, Éditions Complexes,‎ , 93 p. (ISBN 2-87027-977-9) (réédition, précédée d'une préface par Pierre-Jean Rémy, de l'article paru en 1908 dans son recueil de chroniques Musiciens d'aujourd'hui) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Catherine Rudent et Danièle Pistone, Berlioz, hier et aujourd'hui, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « Univers musical »,‎ , 238 p. (ISBN 2-7475-4990-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dom Angelico Surchamp, Hector Berlioz, Paris, coll. « Catalogue Zodiaque n° 159 »,‎ , 64 p. (ISSN 0044-4952) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Claude Teboul (éd.), Hector Berlioz, Paris, J.-M. Place, coll. « Ostinato rigore »,‎ (ISBN 2-85893-781-8)
  • Christian Wasselin, Berlioz ou Le voyage d'Orphée, Monaco, Éd. du Rocher,‎ (ISBN 2-268-04795-4)

Revues et articles[modifier | modifier le code]

Catalogues[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 103.
  2. « Berlioz ne rime pas avec myxomatose », La Voix des Allobroges, 12 octobre 2010.
  3. « Je suis un classique. Un romantique ? Je ne sais pas ce que cela signifie. Étant classique, je vis souvent avec les dieux, quelquefois avec les brigands et les démons. Jamais avec les singes. […] Par classique, j'entends un art jeune, vigoureux et sincère, réfléchi, passionné, aimant les belles formes, parfaitement libre ; tout ce qui a été fait de grand, de hardi : Gluck, Beethoven, Shakespeare. » Berlioz, Correspondance générale, sans date, no 169, tome VIII, p. 653–654.
  4. Romain Rolland 1908, p. 85
  5. André Boucourechliev 1998, p. 16 : « Après les gracieusetés du siècle dit « des Lumières » qui avait, à son début, produit — pour sa belle gloire — Couperin puis Rameau, plus rien : à moins que l'on n'accorde une existence à Philidor, Grétry ou Lalo… Un seul, plus tard, au siècle du Romantisme, sortira du rang des obscurs, pour être dévoré durant toute son existence par les gens en place (ils n'ont pas même laissé de noms, sauf Saint-Saëns, Meyerbeer et Gounod), et c'est Berlioz. Sa vie fut un martyre ».
  6. Antoine Goléa 1977, p. 319
  7. Claude Ballif 1979, p. 2
  8. Adolphe Boschot 1919, p. 1
  9. Adolphe Boschot 1919, p. i-ii, « Au lecteur »
  10. Mémoires 1991, p. 39
  11. David Cairns, I 2002, p. 20
  12. a et b Calendrier Berlioz 2000, p. 7
  13. Hector Berlioz, Correspondance générale, tome V, Flammarion.
  14. a, b, c et d Calendrier Berlioz 2000, p. 8
  15. a et b Calendrier Berlioz 2000, p. 9
  16. Calendrier Berlioz 2000, p. 141
  17. Calendrier Berlioz 2000, p. 195
  18. Calendrier Berlioz 2000, p. 217
  19. Calendrier Berlioz 2000, p. 72
  20. Calendrier Berlioz 2000, p. 73
  21. Calendrier Berlioz 2000, p. 74
  22. Mémoires 1991, p. 46
  23. Mémoires 1991, p. 48
  24. Mémoires 1991, p. 56
  25. Hector Berlioz, Correspondance générale, op. cit.
  26. Mémoires 1991, p. 59
  27. Notice sur Data.bnf.fr
  28. Mémoires 1991, p. 112
  29. Mémoires 1991, p. 159
  30. « Berlioz à Grenoble, Le centenaire de Berlioz – 1903 », sur www.hberlioz.com,‎ (consulté le 15 mars 2015)
  31. Hector Berlioz par Tom S. Wotton sur Google Books
  32. Michel Faul, Louis Jullien : Musique, spectacle et folie au XIXe siècle, Atlantica, 2006 (ISBN 2351650387), particulièrement le chapitre 6 (cf. Site de Louis Jullien).
  33. « Vous avez eu l’obligeance de m’offrir votre pelisse, soyez assez bon pour me l’envoyer demain rue Provence 41, j’en aurai soin et je vous la rapporterai fidèlement dans quatre mois. Celle sur laquelle je comptais me paraît beaucoup trop courte et je crains surtout le froid aux jambes. » Hector Berlioz à Honoré de Balzac, septembre 1847. Cité in Correspondance intégrale, réunie et annotée par Roger Pierrot, Garnier, Paris, 1969, p.  776
  34. (ru) A. N. Tchesnokova Les Étrangers à Saint-Pétersbourg et leurs descendants, éditions Satis, Saint-Pétersbourg, 2003, p. 191
  35. Tombe de Berlioz au cimetière de Montmartre.
  36. Testament sur http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr
  37. Inventaire sur http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr
  38. cotes originelles des documents : MC/ET/XVI/1303 et MC/ET/XVI/1304
  39. Calendrier Berlioz 2000, p. 77
  40. Calendrier Berlioz 2000, p. 216
  41. Calendrier Berlioz 2000, p. 125
  42. Calendrier Berlioz 2000, p. 154
  43. Calendrier Berlioz 2000, p. 163
  44. Calendrier Berlioz 2000, p. 209
  45. (en) « (69288) Berlioz = 1990 TW11 », sur Minor Planet Center (consulté le 22 août 2015)
  46. Honoré de Balzac 1843, p. 6
  47. Marcel Proust 1924, p. 304-305
  48. Présentation du personnage sur www.masterandmargarita.eu
  49. L’Entente cordiale : rencontre entre Berlioz et Wagner.
  50. Fiche technique du timbre-poste sur wikitimbres.fr.
  51. Berlioz, Hector (1803-1869). Mémoires de Hector Berlioz, membre de l'Institut de France : comprenant ses voyages en Italie, en Allemagne, en Russie et en Angleterre, 1803-1865, avec un beau portrait de l'auteur (Nouvelle édition), C. Lévy (Paris).
  52. « Notice no PA00117147 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  53. Les textes de Schumann à propos de Berlioz à lire en ligne.
  54. Romain Rolland 1908, p. 89

Liens externes[modifier | modifier le code]