Cette page est en semi-protection longue.

Hector Berlioz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections « Berlioz » redirige ici. Pour les autres significations, voir Berlioz (homonymie).
Hector Berlioz
Description de cette image, également commentée ci-après

Lithographie de Charles Baugniet (1851)
Signature Hector Berlioz.png
Signature d'Hector Berlioz

Naissance
La Côte-Saint-André,
Drapeau de la France République française
Décès (à 65 ans)
Paris,
Drapeau de l'Empire français Empire français
Activité principale Compositeur
Style Musique romantique
Activités annexes Critique musical
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1824-1867
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Jean-François Lesueur,
Antoine Reicha
Ascendants Louis Berlioz,
Joséphine Marmion
Conjoint Harriet Smithson,
Marie Recio
Descendants Louis Berlioz
Distinctions honorifiques Prix de Rome
Chevalier de la Légion d'honneur

Œuvres principales

Hector Berlioz ([bɛʁ.'ljoːz] en français[1], ['bɛr.ʎo] en arpitan[2]) est un compositeur, chef d'orchestre, critique musical et écrivain français né le à La Côte-Saint-André (Isère) et mort le à Paris.

Reprenant, immédiatement après Beethoven, la forme symphonique créée par Haydn, Berlioz la renouvelle en profondeur par le biais de la musique à programme (Symphonie fantastique), de la symphonie concertante (Harold en Italie) et en créant la « symphonie dramatique » (Roméo et Juliette).

L'échec de Benvenuto Cellini lui ferme les portes de l'Opéra de Paris, en 1838. En conséquence, l'opéra comique Béatrice et Bénédict est créé à Baden-Baden en 1862, et son chef-d'œuvre lyrique, Les Troyens, ne connaît qu'une création partielle à l'Opéra-Comique, en 1863. Berlioz invente le genre de la « légende dramatique » avec La Damnation de Faust et L’Enfance du Christ, œuvres conçues pour le concert, à mi-chemin entre l'opéra et l'oratorio.

Faisant souvent appel à des effectifs considérables dans sa musique symphonique (Symphonie funèbre et triomphale) et religieuse (Requiem, Te Deum), Berlioz organise d'importants concerts publics et crée le concept de festival. Enfin, avec Les Nuits d'été, il inaugure le genre de la mélodie avec ensemble instrumental, promis à un bel avenir, tant en France — où s'illustrent notamment Duparc, Fauré, Chausson et Ravel — qu'à l'étranger, avec les grands cycles de Mahler, Richard Strauss, Schoenberg et Webern.

Toujours en difficultés financières, le compositeur entreprend de présenter lui-même sa musique au cours de vastes tournées de concerts en Allemagne, en Europe centrale et jusqu'en Russie, où sa musique est bien accueillie. Avec Franz Liszt, Berlioz est à l'origine des grands mouvements nationalistes musicaux de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle, russes (du Groupe des Cinq jusqu'à Stravinsky et Prokofiev), tchèques (de Dvořák à Janáček) et hongrois (jusqu'à Bartók et Kodály).

Reconnu de son vivant comme un maître de l'orchestre, Berlioz publie en 1844 son Grand traité d'instrumentation et d'orchestration modernes, qui inspire de nombreux compositeurs et demeure un modèle pour les ouvrages traitant du même sujet au XXe siècle, tels ceux de Rimski-Korsakov et de Charles Koechlin.

Éminent représentant du romantisme européen, Berlioz se considérait comme un compositeur classique[3], prenant comme modèles Gluck, Weber et Beethoven. Sa musique a longtemps fait l'objet de controverses, et plus encore de malentendus. C'est en partie pour les dissiper que Berlioz entreprit la rédaction de ses Mémoires en 1849, et rassembla certains de ses articles de critique musicale dans des ouvrages aux titres volontiers humoristiques (Les Soirées de l'orchestre, Les Grotesques de la musique, À travers chants). Il faut pourtant attendre les célébrations du centenaire de sa mort, en 1969, pour que l'importance de son œuvre et de son rôle dans l'histoire de la musique soit progressivement reconnue, et que l'intégralité de ses partitions majeures soit enregistrée.

Sommaire

Biographie

La vie de Berlioz a fait l'objet de nombreux commentaires sans nuances : « Quelle vie riche, fine, forte, débordante ! » s'enthousiasme Romain Rolland[4]« Sa vie fut un martyre[5] », répond André Boucourechliev« une suite de catastrophes par lui-même provoquées », selon Antoine Goléa[6] — une vie « à la fois agitée et tendue, exubérante et crispée[7] » pour Claude Ballif« une vie romantique[8] », en somme, selon l'expression de son premier biographe Adolphe Boschot, qui annonce d'emblée « aventures d'amour, suicides, extases, rugissements de douleur, activité fébrile, lutte pour l'argent, misère et ruine, triomphes enivrants, chutes à plat, « volcaniques » aspirations à l'idéal, hantise de la mort, grandes envolées lyriques jusqu'aux sommets du rêve, vieillesse désespérée qui semble l'agonie et le martyre d'un fantôme — vraiment, rien n'a manqué à Berlioz, et pas même les illuminations du génie, pour être le héros le plus représentatif du romantisme français[9] ».

Article détaillé : Biographie d'Hector Berlioz.

Les quatre âges de l'homme

De l'enfant à l'étudiant (1803-1830)

Hector Berlioz enfant.

« Je suis né le 11 décembre 1803, à La Côte-Saint-André, très petite ville de France, située dans le département de l'Isère, entre Vienne, Grenoble et Lyon[10]. »

— Mémoires, 1870

Issu d'une vieille famille de marchands tanneurs du Dauphiné, établis à La Côte-Saint-André dans la plaine de Bièvre depuis le XVIe siècle[11], Hector Berlioz naît le 19 Frimaire An XII, soit le , à cinq heures du soir[12]. Il est le fils du docteur Louis Berlioz, né le , et de Marie-Antoinette-Joséphine Marmion, née le à Grenoble[12].

Milieu familial
Un père modèle : le docteur Berlioz

Le père d'Hector Berlioz, Louis Berlioz était médecin. Il est rapporté dans Les Mémoires chapitre II : « Il a toujours honoré ses fonctions en les remplissant de la façon la plus désintéressée, en bienfaiteur des pauvres, plutôt qu'en homme obligé de vivre de son état  ». Il publia « Mémoires sur les maladies chroniques, les évacuations sanguines et l'acupuncture » chez Crouillebois, Paris. A ce titre il est considéré comme introducteur de l’acupunture en France.

À l'âge de six ans il envoya son fils Hector au séminaire pour y entreprendre ses études. À la fermeture de l'établissement, en 1811, il décida de se charger personnellement de son éducation. Berlioz décrira son père et de l'éducation qu'il en a reçue dans Les Mémoires chapitre II : « Il est doué d'un esprit libre. c'est dire qu'il n'a aucun préjugé social, politique ou religieux. Pauvre père, avec qu'elle patience infatigable, avec quel soin minutieux et intelligent il a été mon maître de langues, de littérature, d'histoire , de géographie et même de musique ! ...... Combien une pareille tâche, accomplie de la sorte, prouve dans un homme de tendresse pour son fils ! et qu'il y a peu de pères qui en soient capables ! »

Le docteur Berlioz appris à son fils à jouer du flageolet et à lire la musique. Il lui transmit aussi les rudiments de la flûte. Découvrant les dons de son fils et pour les encourager, il fit venir de Lyon, en 1817, un maître de musique, Imbert[13], qui enseigna à Hector le chant et la flûte. En 1819 Il fut remplacé par Donant[14] qui lui apprit à jouer de la guitare.. Mais le docteur refusera que son fils entreprenne l'étude du piano de crainte qu'il ne soit entraîné trop loin dans la musique, et se détourne de la médecine à laquelle il le destinait[15]. Berlioz est promu bachelier ès lettres à Grenoble, le 22 mars 1821. Son père lui donna alors des cours d’ostéologie dans l'attente de son départ pour Paris (en octobre) afin d'y commencer des études de médecine et où Il assistera également aux cours d'histoire de Lacrételle[16] et de littérature de François Andrieux[17]

Si le docteur Berlioz fut très opposé à la vocation artistique de son fils, à la fin de sa vie il se rapprocha de lui assez sensiblement. A propos du décès de son père, Berlioz rapporte dans Les Mémoires chapitre LVIII  :« Mais à l’affection qui existe naturellement entre un père et son fils, s’était ajoutée pour nous une amitié indépendante de ce sentiment, et plus vive peut-être. Nous avions tant de conformité d’idées sur beaucoup de questions....Il était si heureux d’avoir eu tort dans ses pronostics sur mon avenir musical ! A mon retour de Russie, il m’avoua que l’un de ses plus vifs désirs était de connaître mon Requiem. »

 « Méchante mère !… »

La mère de Berlioz est rarement mentionnée dans les mémoires.

En mai 1823, le docteur Berlioz ayant autorisé son fils Hector à retourner à Paris étudier la musique pour un certain temps, Les Mémoires chapitre X relatent son opposition formelle : « Votre père, me dit-elle, en quittant le tutoiement habituel, a eu la faiblesse de consentir à votre retour à Paris, il favorise vos extravagants et coupables projets !... je n’aurai pas, moi, un pareil reproche à me faire, et je m’oppose formellement à ce départ !  ... Oui, je m’y oppose, et je vous conjure, Hector, de ne pas persister dans votre folie. Tenez, je me mets à vos genoux, moi, votre mère, je vous supplie humblement d’y renoncer... Et, après un instant de silence : « Tu me refuses, malheureux ! tu as pu, sans te laisser fléchir, voir ta mère à tes pieds ! Eh bien ! pars ! Va te traîner dans les fanges de Paris, déshonorer ton nom, nous faire mourir, ton père et moi, de honte et de chagrin ! Je quitte la maison jusqu'à ce que tu en sois sorti. Tu n’es plus mon fils ! je te maudis ! » ..... et je dus m’éloigner sans embrasser ma mère, sans en obtenir un mot, un regard, et chargé de sa malédiction ! ».

Une autre anecdote est relatée dans Les Mémoires  : « Ma mère, qui me taquinait quelquefois au sujet de ma première passion, eut peut-être tort de me jouer alors le tour qu’on va lire. « Tiens, me dit-elle, peu de jours après mon retour de Rome, voilà une lettre qu’on m’a chargée de faire tenir à une dame qui doit passer ici tout à l’heure dans la diligence de Vienne. Va au bureau du courrier, pendant qu’on changera de chevaux, tu demanderas madame F******* et tu lui remettras la lettre. Regarde bien cette dame, je parie que tu la reconnaîtras, quoique tu ne l’aies pas vue depuis dix-sept ans. » Je vais, sans me douter de ce que cela voulait dire, à la station de la diligence. A son arrivée, je m’approche la lettre à la main, demandant madame F******. « C’est moi, monsieur ! » me dit une voix. C’est elle ! me dit un coup sourd qui retentit dans ma poitrine. Estelle !... encore belle !... Estelle !... On prit la lettre. Me reconnut-on ?.... je rentrai tout vibrant de la commotion. « Allons, me dit ma mère en m’examinant, je vois que Némorin n’a point oublié son Estelle. » Son Estelle ! méchante mère !... »[18].

Son décès est mentionnée à l'occasion de celui de son père dans Les Mémoires chapitre LVIII :« ... je reçus la nouvelle de la mort de mon père. J’avais perdu ma mère dix ans auparavant, et cette éternelle séparation m’avait été cruelle...» .

Frères et sœurs

Hector est l'aîné d'une fratrie de six enfants, dont deux mourront très jeunes : Louise-Julie-Virginie, née le , morte le [19] et Louis-Jules-Félix, né le [19], mort le [20]. Il sera toujours très attaché à ses deux sœurs, Anne-Marguerite, dite Nanci ou Nancy, née le [19] et qui mourra le [21] — plus encore Adèle-Eugénie, née le [19] et dont la mort, le [22], laissera le compositeur « anéanti » au point d'éclater en sanglots lorsqu'il revoit son portrait dans le salon de son beau-frère à Vienne, en 1864[23]. Il est également très proche de son plus jeune frère, Prosper, né le [20]. Ce dernier le rejoint à Paris en octobre 1838[24], pour y faire ses études[25]. Il meurt à dix-huit ans, le , probablement emporté par une fièvre typhoïde, malgré une légende voulant que sa mort ait résulté de l'exaltation éprouvée en assistant à Benvenuto Cellini, l'opéra de son frère[26].

Premier amour, premières compositions

C'est à l'âge de 12 ans que Berlioz découvrit l'amour en la personne d'Estelle Duboeuf âgée de 17 ans, vivant à Meylan, village de son grand-père maternelle où il passait une partie de l'été avec ses sœurs et sa mère. Dans les Mémoires chapitre III : « En l’apercevant, je sentis une secousse électrique ; je l’aimai, c’est tout dire. Le vertige me prit et ne me quitta plus. Je n’espérais rien... je ne savais rien... mais j’éprouvais au cœur une douleur profonde.... La jalousie, cette pâle compagne des plus pures amours, me torturait au moindre mot adressé par un homme à mon idole .... Non le temps n'y peut rien.....d'autres amours n'effacent point les traces des premiers »

A la fin de sa vie, Il revit Estelle devenue madame Fornier et veuve. Il entretint une correspondance avec elle et lui proposa le mariage étant lui-même veuf pour la deuxième fois. Elle n’accepta pas. Estelle est mentionnée dans son testament : « Je donne et lègue à madame Estelle Fornier, qui vit en ce moment chez son fils notaire à St Symphorien d’Azan (Isère), la somme de seize cents francs de rente annuelle et viagère. Je la supplie d’accepter cette petite somme comme un souvenir des sentiments que j’ai éprouvés pour elle toute ma vie.»

À l’âge de douze ans, Hector Berlioz se mit à composer[27]. C'est avec avec l'écoute des quatuors de Pleyel et grâce au traité d'harmonie de Charles-Simon Catel que Berlioz s'initia à l'harmonie. Il composa un pot pourri à six parties qu'il cherchera vainement à publier et produisit deux quintettes pour flûte et cordes dont un thème de l'un des deux sera repris dans l'ouverture des Francs-Juges[13]. Ses premières publications furent des mélodies (Pleure, pauvre Colette, Le dépit de la bergère, Le Maure jaloux). Il soumit au jugement de Jean-Francois Lesueur, une cantate à grand orchestre (Le Cheval arabe ) en vue de son admission dans la classe de composition de ce maître[28]. et composa une scène empruntée au drame de Saurin, Beverley ou le joueur[29]. En 1824 il écrit sa première oeuvre d'envergure Le Passage de la mer Rouge[30] (perdue), mais c'est le succès de sa Messe solennelle jouée dans l'église de Saint-Roch à Paris le 10 juillet 1825 qui lança vraiment sa carrière

Études à Paris : Médecine ou musique

Portrait de Berlioz par Émile Signol, 1832

« Je passai vingt-quatre heures sous le coup de cette première impression, sans vouloir plus entendre parler d'anatomie ni de dissection, ni de médecine, et méditant mille folies pour me soustraire à l'avenir dont j'étais menacé[31]. »

— Mémoires, 1870

Inscrit à l’école de médecine de Paris, il quitte sa famille fin octobre et suit les cours du programme pendant une année, avant d'écrire à son père qu'il préfère l’art à la médecine : « Je sentis ma passion pour la musique s’accroître et l’emporter sur mon désir de satisfaire mon père »[32]. Il se brouille avec sa famille, fréquente l'Opéra de Paris et suit les enseignements de Jean-François Lesueur, puis d'Antoine Reicha.

Au Conservatoire

« Je jurai, en sortant de l'Opéra, que, malgré père mère, oncles, tantes, grands-parents et amis, je serais musicien[33]. »

— Mémoires, 1870

En 1823, il est admis parmi les élèves particuliers de Jean-François Lesueur et est inscrit au Conservatoire de Paris en octobre 1826. Il écrit la Messe solennelle en 1824 et découvre Weber, dont il se souviendra pour la Symphonie fantastique. Malgré ses échecs au concours de Rome (en 1826 il est éliminé à l'examen préliminaire qui consiste à la composition d'une fugue, en 1827 sa cantate La Mort d'Orphée est déclarée inexécutable par le jury, en 1828 il obtient le second prix avec la cantate Herminie mais en 1829 sa cantate Cléopâtre est incomprise du jury et aucun grand prix n'est décerné), il poursuit ses études au Conservatoire, dirigé alors par le grand maître de l'époque, Luigi Cherubini, avec Antoine Reicha pour la fugue et le contrepoint, et Jean-François Lesueur pour la composition. Il obtient le premier grand Prix de Rome en 1830 avec la cantate Sardanapale

Il découvre Goethe et son Faust dans la traduction de Gérard de Nerval, et compose en 1829 Huit scènes de Faust qui, remaniées, deviendront la légende dramatique La Damnation de Faust en 1846.

L'exécution en 1828 des symphonies de Beethoven par François-Antoine Habeneck, sera une révélation, pour Berlioz. « Je venais d’apercevoir en deux apparitions Shakespeare et Weber ; aussitôt, à un autre point de l’horizon, je vis se lever l’immense Beethoven. La secousse que j’en reçus fut presque comparable à celle que m’avait donnée Shakespeare. Il m’ouvrait un monde nouveau en musique, comme le poëte m’avait dévoilé un nouvel univers en poésie. » - (Mémoires, chapitre XX)

Fiancé à Marie Moke qui le quitte pour épouser Camille Pleyel en 1831, Berlioz tombe amoureux au cours d'une représentation d'Hamlet de Shakespeare d'une actrice irlandaise qui joue dans la pièce, Harriet Smithson. Il l'épouse en 1833 et un fils, Louis, naît le 14 août 1834.

Louis Berlioz ne suivra pas la carrière paternelle : il choisit d'être marin, d'abord aspirant dans la marine de guerre, il passe ensuite à la marine marchande, obtient un brevet de Capitaine au Long Cours[34], commande le grand paquebot mixte (voiles et hélice ) La Louisiane de la toute récente Compagnie Générale Transatlantique et meurt à Cuba de la fièvre jaune, à l'âge de 32 ans, en 1867.

Il remporte le prestigieux Prix de Rome en 1830 avec sa cantate Sardanapale, ce qui l'amène à vivre à l'académie de France à Rome (Villa Médicis). Il y rencontre Mendelssohn, mais l'Italie l'inspire et le déçoit tout à la fois.

Servitude et grandeur de la vie musicale (1830-1848)

Coups de foudre : Shakespeare et Harriet Smithson

« L'effet de son prodigieux talent, ou plutôt de son génie dramatique, sur mon imagination et sur mon cœur, n'est comparable qu'au bouleversement que me fit subir le poète dont elle était la digne interprète[35]. »

— Mémoires, 1870

Coups de tonnerre : Faust et Camille Mocke
Rome et l'Italie

En 1831 et 1832, son séjour le pousse à composer Lélio ou le Retour à la vie, Le Roi Lear ainsi que Harold en Italie (1834) pour alto et orchestre, à la demande de Paganini sur un poème de Lord Byron intitulé Childe Harold's Pilgrimage. Cette œuvre constitue une « seconde Symphonie fantastique ».

Il est engagé en 1835 comme critique musical dans le Journal des débats, où ses articles font date et lui valent de nombreuses inimitiés. Il y collabore jusqu'en 1864.

Carrière parisienne

Dès 1834, Berlioz se fait connaître comme critique dans la Gazette musicale, puis dans le Journal des débats, où il soutient son système musical, qui subordonne l'harmonie à la recherche de l'expression. Sur ces questions, on constate avant tout que, dans la Symphonie fantastique comme ailleurs, son langage harmonique est d'une grande originalité et ignore bien souvent les traditions établies.

Premiers voyages : Allemagne, Autriche, Hongrie

Les Illusions perdues (1849-1858)

Révolutions : musique et politique
Nouveaux voyages : Russie, Allemagne, Angleterre
Second mariage
Entre souvenirs et avenir

Les rayons et les ombres (1859-1869)

Derniers voyages : Allemagne, Russie
Un amour de Berlioz
Le deuil et la mort

Épisodes de la vie d'un artiste

Une vocation précoce (1815-1825)

Premières années parisiennes (1826-1830)

Révélation de la Messe solennelle

La Messe solennelle est composée en 1824 (Berlioz a alors 20 ans). Elles est jouée avec succès dans l'église de Saint-Roch à Paris le 10 juillet 1825[36] . Elle fut exécutée une seconde fois à l'église Saint-Eustache en 1827. Excepté le Resurrexit, Berlioz affirme avoir brûlé cette partition, la jugeant de peu de valeur d'après ce qu'il en dit dans ses Mémoires chap.VIII .Toutefois, en 1992, le chef de chœur et organiste Frans Moors, retrouve par hasard l'ouvrage écrit de la main même de Berlioz à Anvers. Sa représentation moderne sous la baguette de John Eliot Gardiner a eu lieu le 3 octobre 1993 dans l'église Saint Petri à Brême. L'œuvre fut enregistrée par la suite.

On remarque que le Resurrexit, est proprement inouï pour une messe à cette époque. Il en reprendra d’ailleurs des éléments dans son Réquiem. Il a de même réutilisé plusieurs thèmes de cette messe qui ont été réintroduits dans ses œuvres par la suite en particulier dans Benvenuto Cellini, son Requiem, la Symphonie Fantastique. Le thème de l’Agnus Dei est repris 25 ans plus tard dans son Te Deum composé en 1849. Mais ces réemplois ont toujours été faits en cherchant à en amplifier les effets musicaux. On voit l'importance de la redécouverte de cette messe qui montre la fertilité du jeune Berlioz à une époque où il n'était alors que l'élève particulier de Jean-François Lesueur , pas encore inscrit au Conservatoire de Paris .

Le Prix de Rome

« C'était un diplôme, un titre, et l'indépendance et presque l'aisance pendant cinq ans[37]. »

— Mémoires, 1870

Des Huit scènes de Faust à la Symphonie fantastique

Un compositeur « quasi-officiel » (1831-1845)

Le Requiem de la fin du monde
Opéra : Chute de Benvenuto Cellini
Le compositeur errant

Une carrière contrariée (1846-1867)

Catastrophe de La Damnation de Faust
Campagnes d'Angleterre, d'Allemagne et de Russie
Succès de L'Enfance du Christ
Opéra : Tannhaüser ou Les Troyens ?
Derniers feux

Les Mémoires : Autobiographie ou autofiction ?

Anecdotes légendaires

Œuvre

Hector Berlioz par Pierre Petit, photographie de 1863

Présentation

Musique symphonique

Article détaillé : Ouvertures d'Hector Berlioz.

Musique lyrique

Musique chorale et vocale

Les quatre symphonies

De la Symphonie fantastique au Retour à la vie

Dès 1830, six ans seulement après la Symphonie n° 9 de Beethoven, encore sous l'influence du Faust de Goethe qu'il venait de lire Berlioz composa la Symphonie fantastique, op. 14, qui enthousiasme Franz Liszt. Sa création, dans la salle du conservatoire, lors du concert du 05 décembre 1830 où fut aussi également exécutée sa cantate Sardanapale avec laquelle il obtint le Prix de Rome, est rapportée dans les Mémoires chap.XXXI « L’exécution ne fut pas irréprochable, ce n'était pas avec deux répétitions seulement qu'on pouvait en obtenir une parfaite pour des œuvres aussi compliquées. L'ensemble toutefois fut suffisant pour en laisser les traits principaux.Trois morceaux de la symphonie, Le Bal, La Marche au supplice et Le Sabbat, firent une grande sensation. La Marche au supplice surtout bouleversa la salle. La Scène aux champs ne produisit aucun effet. Elle ressemblait peu, il est vrai, à ce qu'elle est aujourd'hui. Je pris aussitôt la résolution de la récrire, ...... »

Avec cette œuvre Berlioz va lancer une toute nouvelle forme de « musique descriptive », appelée « musique à programme », et va avoir un écho important chez les musiciens des pays germaniques (auprès du hongrois Franz Liszt et plus tard chez l'allemand Richard Strauss). Par la suite, elle influencera la musique française (Saint-Saëns, Dukas, Franck et d'Indy).

Lélio ou le Retour à la vie Op. 14b a été composé lors du séjour de Berlioz à la Villa Médici. et constitue une suite et complément de la symphonie fantastique. Pour cette raison Berlioz demande que cet ouvrage soit exécuté immédiatement après la Symphonie Fantastique. Lélio est une suite de morceaux de musique, avec pour certains chant et chœurs qui alternent avec des monologues. Berlioz y a puisé des éléments de ces ouvrages antérieurs en particulier La mort d’Orphée (1827) pour le Chant de bonheur et La harpe éolienne et la Fantaisie sur la "Tempête" de Shakespeare qu'il avait écrit en 1830 avant son départ pour Rome. Le texte, composé par Berlioz lui-même, a pour sujet sa passion non partagée pour l'actrice Harriet Smithson ainsi que ses conceptions sur l'art.

C'est le 9 décembre 1832 dans la salle du conservatoire que fut créé Lélio, précédé de la symphonie fantastique. Harriet Smithson qui était présente au concert accepta alors d'être présentée à Berlioz (15 décembre)[38]

Harold en Italie

Cette symphonie fut écrite sur l'initiative de Paganini. En effet celui-ci se disant trop malade pour composer, demanda à Berlioz d'écrire pour son violon alto de Stradivari qu'il venait d'acquérir. Quand Berlioz lui proposa les premières esquisses de l'ouvrage, les nombreuses pauses que comportait la partie de l'alto solo fit échouer le projet. En effet Paganini pensait à l'écriture d'un concerto, ce qui ne correspond pas à la pensée créatrice de Berlioz.

Dans les Mémoires chapitre XLV Berlioz relate : « Reconnaissant alors que mon plan ne pouvait lui convenir, je m'appliquais à l'exécuter dans une autre intention et sans plus m'inquiéter des moyens de faire briller l'alto principal. J'imaginais d'écrire pour l'orchestre une suite de scènes, auxquelles l'alto solo se trouverait mêlé comme un personnage plus ou moins actif conservant toujours son caractère propre; je voulus faire de l'alto, en le plaçant au milieu des poétiques souvenirs que m'avaient laissés mes pérégrinations dans les Abruzzes, une sorte de rêveur mélancolique dans le genre du Childe Harold de Byron. De là le titre de la symphonie : Harold en Italie »

Cette symphonie se compose de quatre mouvements: Harold aux montagnes, Marche des Pèlerins, Sérénade et Orgie des brigands. Elle fut créée le 23 novembre 1834, salle du conservatoire. Elle fut redonnée le 14 et le 28 décembre 1834 sous la direction de Girard. C'est à cette occasion que devant les erreurs de direction de Girard, Berlioz prit la décision de diriger lui-même ces ouvrages et lui permis de devenir un chef d'orchestre reconnu tant en France qu'au niveau européen.

Paganini entendit l'œuvre dont il était l'initiateur au concert 16 décembre 1938. Son enthousiasme fut tel qu'il fit don de 20 000 francs à Berlioz ce qui lui permit de se consacrer à sa troisième symphonie Roméo et Juliette.

Roméo et Juliette

C'est donc le don de Paganini qui permit à Berlioz de composer sa troisième symphonie : Mémoires chap.XLIX « Ah! cette fois, plus de feuilletons, ou du moins presque plus, j'avais de l'argent, Paganini me l'avait donné pour faire de la musique et j'en fis. Je travaillais sept mois à ma symphonie sans m'interrompre plus de trois ou quatre jours sur trente .....»

Les Mémoires chap.XLIX retrace la genèse de l'œuvre : « Enfin, après une assez longue hésitation, je m’arrêtais à l'idée d'une symphonie avec chœurs, solos de chant et récitatif choral, dont le drame de Shakespeare, Roméo et Juliette, serait le sujet sublime et toujours nouveau. J'écrivis en prose tout le texte destiné au chant entre les morceaux de musique instrumentale ; Emile Deschamps , avec sa charmante obligeance et sa facilité extraordinaire, le mit en vers, et je commençai »

La première audition eut lieu, salle du conservatoire sous la direction de Berlioz (200 exécutants), le 24 novembre 1839 et fut suivie de deux autres, le 1er et le 15 décembre 1839. Richard Wagner présent à cette troisième audition s'exclama « Enfin j'entends un orchestre! ». Le succès fut grand. Berlioz rapporte dans sa lettre du 26 novembre 1839 adressée à son père (Correspondance 683)  : « L'affluence a été telle qu'on a refusé au bureau pour plus de quinze cents francs de location.......C'est probablement le succès le plus grand que j'ai obtenu......Balzac me disait ce matin « C'était un cerveau que votre salle de concert » . On y remarquait en effet toutes les notabilités intelligentes de Paris. »

Paganini, décédé le 27 mai 1840, n’entendit jamais l'œuvre qu'il avait contribué à faire naître.

Symphonie funèbre et triomphale

La Grande symphonie funèbre et triomphale est une commande du Ministre de l'Intérieur, M. de Rémusat, pour la translation des victimes des trois journées de la révolution de 1830, dans le monument qui venait d'être élevé sur la place de la Bastille. Il s'agissait donc de la commémoration du dixième anniversaire de révolution de 1830 et de l’inauguration de la colonne de la Bastille. Destinée à être exécutée en plein air (au moins la première fois) elle est à l'origine conçue pour une masse d'instruments à vent et percussions (Berlioz y emploie en particulier un chapeau chinois). Elle se compose de trois mouvements : Marche funèbre, Oraison funèbre et Apothéose, les deux derniers s’enchaînent sans interruption. Par la suite Berlioz a ajouté un orchestre à cordes et un chœur dans le final de l'Apothéose. En concert, les deux versions sont actuellement jouées. De cette symphonie, Richard Wagner a fait le commentaire : « elle est grande de la première à la dernière note »

Opéras et drames

Benvenuto Cellini

Statue d'Hector Berlioz, par Claude Grangé, place Victor-Hugo à Grenoble[39]

En 1838, pour son entrée à l'Opéra de Paris avec Benvenuto Cellini, l'atmosphère de cabale organisée par ses adversaires conduit à l'échec des représentations. Toutefois, l'engagement de Berlioz à la bibliothèque du Conservatoire et l'estime que lui porte Paganini lui permettent d'écrire Roméo et Juliette (1839), qui enthousiasme Richard Wagner.

La Damnation de Faust

L'Enfance du Christ

Les Troyens

Béatrice et Bénédict

Musique religieuse

Messe solennelle

M. Masson, maître de chapelle de l’église de Saint-Roch, demanda à Berlioz d’écrire une messe solennelle qu’il ferait exécuter, le jour des Saints-Innocents, fête patronale des enfants de chœur. La copie fut confiée à ses jeunes élèves et c'est Henri Valentino alors à la tête de l’orchestre de l’Opéra qui devait en assurer la direction grâce à l’intervention de Lesueur. Le 27 décembre 1824 la répétition générale fut un fiasco qui est narré dans les Mémoires chapitre VII : « ..., il se trouva que nous avions pour tout bien vingt choristes, dont quinze ténors et cinq basses, douze enfants, neuf violons, un alto, un hautbois, un cor et un basson...Valentino, résigné, donne le signal, on commence ; mais, après quelques instants, il faut s’arrêter à cause des innombrables fautes de copie que chacun signale dans les parties. Ici on a oublié d’écrire les bémols et les dièses à la clef ; là il manque dix pauses ; plus loin on a omis trente mesures. C’est un gâchis à ne pas se reconnaître,...Cette leçon au moins ne fut pas perdue. Le peu de ma composition malheureuse que j’avais entendu, m’ayant fait découvrir ses défauts les plus saillants, je pris aussitôt une résolution radicale dans laquelle Valentino me raffermit, en me promettant de ne pas m’abandonner, lorsqu’il s’agirait plus tard de prendre ma revanche. Je refis cette messe presque entièrement. ». L’exécution qui devait avoir lieu le lendemain fut reportée.

Après avoir copier lui-même les parties et grâce à un prêt de 1200 francs auprès d'Augustins de Pons, Berlioz fit exécuter la nouvelle version de sa Messe solennelle à Saint-Roch le 10 juillet 1825. Son maître lui déclara : « Venez que je vous embrasse; morbleu vous ne serez ni médecin ni apothicaire, mais un grand compositeur; vous avez du génie, je vous le dit parce que c'est vrai; il y a trop de notes dans votre messe, vous vous êtes laisser emporter, mais, à travers toute ses pétulances d'idées, pas une intention n"est manquée, tous vos tableaux sont vrais; c'est d'un effet inconcevable. »[40]

Cette oeuvre, longtemps considérée comme perdue, fut publiée pour la première fois en 1994 par la New Berlioz Edition, à la suite de la découverte par Frans Moors du manuscrit autographe à l'église Saint-Charles-Borromée à Anvers en 1991.

Requiem

Berlioz, avant 1864.
Cliché de Charles Reutlinger

Tout aussi anticlérical que le roi Louis-Philippe, Berlioz écrivit néanmoins de la musique d'inspiration religieuse. Celle-ci est avant tout marquée par une théâtralisation bien éloignée de l'esprit liturgique.

Alors qu'il était considéré dans toute l'Europe comme un héros romantique, tourné vers l'Allemagne (mais au langage très « personnel », unique), Berlioz avait en fait des ennemis à Paris. Le romantisme allemand n'avait pas encore pris pied en France où l'inspiration française et italienne restaient toujours très présentes, comme lors des siècles précédents. Par ce biais et par d'autres, l'art musical pouvait être soumis à la politique, au pouvoir, aux alliances et aux trahisons...

Ainsi, lorsque Berlioz obtint un contrat du ministère des Beaux-arts pour une messe des morts, les partisans du directeur du Conservatoire, Cherubini, tentèrent en vain de faire résilier le contrat. Cherubini avait été lié aux deux monarques précédents, Louis XVIII et Charles X, frères de Louis XVI et chefs de file des légitimistes. D'un point de vue purement musical, Berlioz était trop hors-normes et trop proche du mouvement romantique. Après qu'il eut terminé l'œuvre (en moins de trois mois) et que les arrangements eurent été pris pour la création d'un concert, le Ministère annula celui-ci, sans explication.

Le Requiem eut cependant sa chance, grâce au concours d'amis bien placés. En décembre 1837, il fut joué dans la chapelle des Invalides, décorée de milliers de chandelles pour la circonstance, en présence de la famille royale, du corps diplomatique et de toute la haute société parisienne ; Berlioz avait obtenu cent quatre-vingt-dix instrumentistes, deux cent dix choristes, quatre ensembles de cuivres placés dans les coins de la chapelle, ainsi que seize timbales.

Il raconte dans ses mémoires :

« Au moment de [l'entrée des quatre orchestres de cuivres], au début du Tuba mirum qui s’enchaîne sans interruption avec le Dies irae, le mouvement s’élargit du double ; tous les instruments de cuivre éclatent d’abord ensemble dans le nouveau mouvement, puis s’interpellent et se répondent à distance, par des entrées successives, à la tierce supérieure les unes des autres. Il est donc de la plus haute importance de clairement indiquer les quatre temps de la grande mesure à l’instant où elle intervient. Sans quoi ce terrible cataclysme musical, préparé de si longue main, où des moyens exceptionnels et formidables sont employés dans des proportions et des combinaisons que nul n’avait tentées alors et n’a essayées depuis, ce tableau musical du Jugement Dernier, qui restera, je l’espère, comme quelque chose de grand dans notre art, peut ne produire qu’une immense et effroyable cacophonie.
Par suite de ma méfiance habituelle, j’étais resté derrière Habeneck et, lui tournant le dos, je surveillais le groupe des timbaliers, qu’il ne pouvait pas voir, le moment approchant où ils allaient prendre part à la mêlée générale. Il y a peut-être mille mesures dans mon Requiem. Précisément sur celle dont je viens de parler, celle où le mouvement s’élargit, celle où les instruments de cuivre lancent leur terrible fanfare, sur la mesure unique enfin dans laquelle l’action du chef d’orchestre est absolument indispensable, Habeneck baisse son bâton, tire tranquillement sa tabatière et se met à prendre une prise de tabac. J’avais toujours l’œil de son côté ; À l’instant je pivote rapidement sur un talon, et m’élançant devant lui, j’étends mon bras et je marque les quatre grands temps du nouveau mouvement. Les orchestres me suivent, tout part en ordre, je conduis le morceau jusqu’à la fin, et l’effet que j’avais rêvé est produit. Quand, aux derniers mots du chœur, Habeneck vit le Tuba mirum sauvé : « Quelle sueur froide j’ai eue, me dit-il, sans vous nous étions perdus ! — Oui, je le sais bien, répondis-je en le regardant fixement. » Je n’ajoutai pas un mot … L’a-t-il fait exprès ? Serait-il possible que cet homme, d’accord avec M. XX., qui me détestait, et les amis de Cherubini ait osé méditer et tenter de commettre une aussi basse scélératesse ? Je n’y veux pas songer… Mais je n’en doute pas. Dieu me pardonne si je lui fais injure. »

— Hector Berlioz, Mémoires, chap. XLVI.

Le Requiem valut à Berlioz un succès critique et public. De cette œuvre Berlioz écrit le 11 janvier 1867 à Humbert Ferrand « Si j'étais menacé de voir brûler mon œuvre entière, moins une partition, c'est pour la Messe des morts que je demanderais grâce »

Te Deum

Le Te Deum fut composé entre novembre-décembre 1848 et août-septembre 1849. Son projet était de le faire exécuter pour le sacre de Napoléon III, ce qui n'aboutit pas. Berlioz est alors dans l'attente d'une grande cérémonie pour créer son Te Deum, mais c'est finalement à l'inauguration de l'exposition universelle le 30 avril 1855 qu'il fut entendu la première fois à St Eustache à Paris sous sa direction. Ce fut une exécution grandiose avec 900 exécutants et un orgue spécialement créé pour l'occasion. L’œuvre emprunte plusieurs passages à sa Messe solennelle (en particulier le thème de l’Agnus Dei), écrite vingt-cinq ans plus tôt. et des partitions inachevées du compositeur. Le Te Deum est composé de plusieurs mouvements, appelés Hymnes ou Prières par Berlioz :

  1. Te Deum (Hymne)
  2. Tibi omnes (Hymne)
  3. Prélude pour orchestre. Dignare (Prière)
  4. Christe, Rex gloriae (Hymne)
  5. Te ergo quaesumus (Prière)
  6. Judex crederis (Hymne et prière)
  7. Marche pour la présentation des drapeaux, pour orchestre

En ce qui concerne le Prélude Berlioz précise: « Si le Te Deum n’est pas exécuté dans une cérémonie d’actions de grâce pour une victoire ou toute autre se ralliant par quelque point aux idées militaires, on n’exécutera pas ce prélude ». Dans une lettre à Liszt  du 14 avril 1855 il écrit: « A propos du Te Deum, j’ai purement et simplement supprimé le prélude où se trouvent les modulations douteuses ». Le prélude ne fut ni publié ni exécuté du vivant de Berlioz.

Il n'en est pas de même du mouvement Marche pour la présentation des drapeaux qui est souvent omis dans les enregistrements, ce que rien ne justifie. Le mouvement fut pourtant bien exécuté à la création du Te Deum en 1855. Il nécessite, à la demande de l'auteur, la présence de 12 harpes.

Cette création fut couronnée de succès. Dans Le Pays, Journal de l'Empire, Escudier rapporte dans son feuilleton musical du 1er mai, « oeuvre grandiose qui a produit un effet immense (...) Ce chant pompeux d'actions de grâce a des proportions gigantesques (...) nouvelle preuve de son génie ... »

Mélodies : de La Captive aux Nuits d'été

La période 1840-1841 voit la composition de la Symphonie funèbre et triomphale, le cycle de Les Nuits d'été (sur six poèmes de Théophile Gautier: Villanelle, Le Spectre de la rose, Absence, Sur les lagunes, Au cimetière, L'Île inconnue) pour voix et piano qu'il orchestre par la suite.

Pendant cette période, il est reconnu davantage en sa qualité de chef d'orchestre que de compositeur, et il est plus apprécié à l'étranger qu'en France ; il dirige ses propres œuvres, mais aussi des œuvres de ses confrères en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Hongrie ou en Russie, et se fait accompagner par la cantatrice Marie Recio (nom de scène de Marie Martin[41]), sa nouvelle compagne. Son œuvre L'Enfance du Christ est accueillie en triomphe (1864). La période anglaise de 1847-1848 est particulièrement fertile en aventures. Berlioz dirige l'orchestre de Drury Lane à Londres, dont le chef d'orchestre est le compositeur Louis-Antoine Jullien, le roi des concerts promenades et des concerts monstres. Jullien avait sollicité la participation de Berlioz, et celui-ci le maudira après l'avoir encensé. Louis-Antoine Jullien est un fou à plus d'un titre[42].

En 1847, sur les conseils de son ami Balzac, à un moment où il était à court d'argent, comme c'était souvent le cas[43], il se rend en tournée en Russie, où il remporte un triomphe à Saint-Pétersbourg et à Moscou. Il est logé chez la grande-duchesse Hélène, qui l'accueille avec faste. Aux concerts qu'il dirige dans la salle de l'Assemblée de la noblesse, il est bissé jusqu'à douze fois ! Pendant son premier bis, il s'écrie :« Je suis sauvé ! », au deuxième « Je suis riche ! »[44] Il dirige alors Roméo et Juliette, Le Carnaval romain et la Symphonie funèbre et triomphale. Il reviendra en 1867 dans ce qu'il appelle « la fière capitale du Nord ».

En 1856, il entame la composition de ce que certains considèrent comme son opus magnum (son « grand œuvre »), Les Troyens, et écrit le livret de cet opéra inspiré de L'Énéide de Virgile, poète auquel il est d'ailleurs dédié (la partition porte en effet la dédicace Diuo Virgilio « Au divin Virgile »). La genèse de son ouvrage remonte à sa plus tendre enfance, et l'influence de Virgile et de Shakespeare sont récurrentes dans son œuvre. Les Troyens sont achevés deux ans plus tard, mais Berlioz ne peut les faire jouer dans son intégralité, car les administrateurs sont rebutés par la durée de l'œuvre et les moyens exigés.

Tombe d'Hector Berlioz–Cimetière de Montmartre-Paris
Tombe d'Hector Berlioz au cimetière de Montmartre (Paris)

Berlioz compose ensuite l'opéra-comique Béatrice et Bénédict, inspiré de Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, mais tombe malade après la mort de Marie, puis de son fils Louis, en 1866. Après une tournée triomphale en Russie, au cours de laquelle il va influencer les jeunes Moussorgski, Rimsky-Korsakoff et Borodine, il fait un voyage à Nice en mars 1868, où il se blesse en faisant une chute. En août 1868, il effectue son dernier voyage à Grenoble, la ville de résidence de sa sœur et de sa famille. Invité par le maire Jean Vendre à l'occasion de trois journées de festivité organisées pour l'inauguration d'une statue équestre de Napoléon Ier, il préside un festival de musique. Il décède le à Paris, 4 rue de Calais, dans le quartier de la « Nouvelle-Athènes » (IXe). Il repose au cimetière de Montmartre (avenue Berlioz, 20e division, 1re ligne), près de ses deux épouses Harriet Smithson, décédée en 1854, et Marie Recio, décédée en 1862[45].

Testament olographe d'Hector Berlioz, Archives nationales.

Le Minutier central des notaires de Paris, aux Archives nationales, conserve son testament olographe, daté du 29 juillet 1867 et accompagné d'un codicille du 12 juin 1868. Un inventaire de ses biens a été dressé à la suite de son décès entre les 5 et 18 mai 1869. Ces deux documents sont consultables sous la forme de microfilms cotés MC/MI/RS/643 (testament)[46] et MC/MI/RS/644 (inventaire)[47] aux Archives nationales (site de Paris)[48].

Personnalité

Portrait

Caractère

« Festival Berlioz » : du compositeur au chef d'orchestre

Le critique musical et l'écrivain

Berlioz et l'Europe romantique

Influences musicales

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Gluck

Weber

Beethoven

Influences littéraires

Virgile

Shakespeare

Un écrivain de culture classique

Amitiés

Franz Liszt

En Allemagne

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

En Russie

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

En France

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Analyse de l'œuvre

Statue érigée en son nom à Monte-Carlo, Monaco.

Obstacles critiques

Mélodie

Harmonie

Rythmes

Contrepoint et fugue

Instrumentation et orchestration

Les thèmes beethovéniens et shakespeariens, qui s'entrecroisent dans toute la production de Berlioz, ont fortement marqué son œuvre. À cela il faut ajouter l'attachement qu'il portait à la réforme de l'opéra français, qui s'était développée à l'initiative de Gluck, sous les règnes du Louis XV et Louis XVI, à l'orée de l'ère classique (au début du troisième tiers du XVIIIe siècle). Il ne faudrait surtout pas oublier le goût de Berlioz pour la musique de la période révolutionnaire et de l'Empire (à noter que cela ne l'empêchait nullement d'être monarchiste : le romantisme se développa en France à l'époque du roi Louis-Philippe 1er, monarque orléaniste et donc favorable à la monarchie constitutionnelle que les débuts de la Révolution avaient instaurée).

C'est ainsi que Berlioz est l'auteur d'une orchestration de La Marseillaise, encore souvent entendue actuellement. Mais il est aussi (et surtout) une grande figure romantique à l'humour ravageur, mais très rigoureux dans l'écriture et très exalté dans l'exécution. Son œuvre va peu à peu se dégager de la forme musicale académique de son temps pour s'orienter vers des orchestrations d'une grande richesse de timbres et de couleurs, une écriture contrapuntique toute personnelle et un penchant pour les très grandes formations orchestrales. Ses velléités de liberté le conduiront à s'affranchir des textes qu'il met en musique, au point de les écrire lui-même, comme le fit aussi Richard Wagner.

Sans tomber dans l'exagération qui prévalait à l'époque, Berlioz s'intéressa énormément à la nature des timbres. Il fut également l'ami d'Adolphe Sax, dont il encourageait fortement les travaux, notamment ceux concernant la famille des saxophones.

Irréductible à toute école, la musique de Berlioz est d'une grande originalité. Cependant, en dépit des succès considérables remportés à l'étranger, son œuvre est restée longtemps méconnue dans son propre pays, voire mésestimée, mis à part certains extraits de la Damnation de Faust et, bien sûr, la Symphonie fantastique, qui a fait l'objet de superbes et indémodables enregistrements dus à Pierre Monteux, Charles Munch et Igor Markévitch.

L'œuvre de Berlioz a cependant été reçue avec chaleur en Allemagne, et ce depuis les premières représentations des Troyens par Félix Mottl, à la fin du XIXe siècle, jusqu’à Rafael Kubelík, qui fut l’artisan de sa résurrection dans les années 1960. Depuis, les Allemands n'ont pas hésité à organiser des congrès Berlioz dans leur pays, par exemple à Essen-Werden, en juin 2003, sous l’initiative d’Hermann Hofer et de Matthias Brzoska. Ces toutes dernières années, Les Troyens et Benvenuto Cellini sont passés dans le répertoire habituel de Dresde, Leipzig, Mannheim, Hambourg, Dortmund, Düsseldorf et Gelsenkirchen.

En France, sous la direction de Serge Baudo, Lyon a accueilli pendant quelque dix ans le festival international Hector-Berlioz. Ce festival a maintenant lieu à La Côte-Saint-André (Isère), la ville natale de Berlioz. En outre, c'est l'ouvrage lyrique Les Troyens qui a été présenté lors de l'inauguration de l'Opéra-Bastille à Paris, en mars 1990.

Postérité

Présence de Berlioz

Ombre parmi les ombres (1870-1903)

Du centenaire de la naissance à l'indifférence (1903-1969)

Du centenaire de la mort à la reconnaissance (1969-2003)

Après la Seconde Guerre mondiale, à une époque où Berlioz était surtout connu pour la Symphonie fantastique, divers chefs d'orchestre anglais ont œuvré pour sa réhabilitation en enregistrant une grande partie de ses compositions. Sir Thomas Beecham réalise un premier enregistrement, presque intégral, des Troyens en 1947. Pour le centenaire de la mort du compositeur, sir Colin Davis entreprend une « Intégrale Berlioz » pour le label Philips. Cette démarche a été poursuivie par John Eliot Gardiner, qui enregistre Les Troyens au Théâtre du Châtelet avec l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Berlioz.

En France, divers chefs d'orchestre se sont également attachés à défendre son œuvre, à commencer par Pierre Monteux, Charles Munch, Jean Fournet et André Cluytens, suivis par Georges Prêtre, Michel Plasson et Pierre Boulez. Au XXIe siècle, Jean-Claude Casadesus, Jean-Paul Penin ou encore Marc Minkowski ont pris le relais de leurs prestigieux aînés.

Depuis 2003 : Perspectives berlioziennes

Influence musicale

En France

En Allemagne

En Russie

Berlioz et la Hongrie

Controverses

Berlioz est-il français ?

Berlioz est-il musicien ?

Berlioz et la question religieuse

Berlioz et la musique de chambre

Distinctions et récompenses

Hommages

L'astéroïde de la ceinture principale d'astéroïdes « (69288) Berlioz », découvert par Freimut Börngen le , a été nommé en hommage au compositeur[55].

Le Ferry SeaFrance Berlioz, construit en 2005 aux chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, a été nommé en hommage au compositeur.

En littérature

En 1843, Honoré de Balzac dédie Ferragus à Hector Berlioz[56].

Dans son roman Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust oppose Berlioz et Wagner d'une manière inattendue, dans une diatribe antisémite du baron de Charlus au narrateur :

« Quand on donne, dans la Semaine Sainte, ces indécents spectacles qu’on appelle la Passion, la moitié de la salle est remplie de Juifs, exultant à la pensée qu’ils vont mettre une seconde fois le Christ sur la Croix, au moins en effigie. Au concert Lamoureux, j’avais pour voisin, un jour, un riche banquier juif. On joua l'Enfance du Christ, de Berlioz, il était consterné. Mais il retrouva bientôt l’expression de béatitude qui lui est habituelle en entendant l'Enchantement du Vendredi-Saint[57]. »

Dans le roman de Mikhaïl Boulgakov Le Maître et Marguerite, le personnage athée « Mikhail Alexandrovich Berlioz » emprunte son nom (Берлиоз) au compositeur de La Damnation de Faust[58].

La pièce de théâtre L'Entente cordiale[59] d'Olivier Teitgen décrit une soirée passée entre Berlioz et Wagner à Londres en 1855.

Dans les arts plastiques

Au cinéma

  • Le film La Symphonie fantastique (1942) de Christian-Jaque, avec Jean-Louis Barrault dans le rôle de Berlioz, est considéré par de nombreux critiques comme un pied de nez à l'occupant nazi (le film ayant été produit par la Continental-Films, société de production française à capitaux allemands) pour son exaltation de la grandeur passée de la France sous couvert d'une biographie romancée.
  • Le film de Gérard Oury, La Grande Vadrouille (1966) montre l'orchestre de l'Opéra de Paris répétant un extrait de La Damnation de Faust (la célèbre marche hongroise, ou Marche de Rakoczy) sous la direction de Louis de Funès, caricature de chef d'orchestre perfectionniste, irascible et passionné. Dans son autobiographie, Gérard Oury s'exprime à propos de la scène : « L'ouverture de La Damnation de Faust jouit d'une orchestration magnifique, exaltante et je sens un Louis de Funès transfiguré, tourné vers l'intérieur de lui-même. Il ne suit pas l'orchestre, il le précède, le conduit vraiment et, comme les artistes respectent les artistes, les musiciens marchent. Ils jouent merveilleusement bien. Il faudrait la magie des notes de notes de musiques pour dire l'envolée des cordes, la sonorité des cuivres montant vers le plafond de Chagall […][60] ».
  • Le chaton musicien du long-métrage d'animation des studios Disney, Les Aristochats (1970), se nomme Berlioz en hommage au compositeur. Le second, peintre, a été appelé Toulouse en l'honneur de Toulouse-Lautrec.

Numismatique et philatélie

  • Une médaille à l'effigie de Berlioz a été réalisée en 1897 par le peintre et graveur polonais Wincenty Trojanowski. Un exemplaire de cette médaille est conservé au musée Carnavalet (ND 0156).
  • Un billet de 10 francs Berlioz a été émis de 1974 à 1978.
  • La Poste française émet un timbre à son effigie en 1936[61]

Festivals

  • Le festival Berlioz à La Côte-Saint-André : une relation toute particulière lie le compositeur romantique à la notion de « festival » et ce qu’elle sous-entend de festif, populaire et rassembleur. En effet, dès les années 1830, Berlioz organisait une série de manifestations musicales, autour d’un même lieu et d’une même idée, et nommait l’événement festival. Dans ses feuilletons et Mémoires, Berlioz raconte ces journées « festivalesques » qui se terminent bien souvent en banquets[62]... Le Festival Berlioz naît à Lyon en 1979, sous l’égide de Serge Baudo, à l’époque chef et directeur musical de l’Orchestre national de Lyon. Depuis 1994, le festival a lieu à La Côte-Saint-André (château Louis XI, Musée Hector-Berlioz, Halle médiévale, Église) et dans les communes environnantes.
  • Musée Hector-Berlioz : la maison natale du compositeur à La Côte-Saint-André, dans le Dauphiné, construite vers 1680, est classée monument historique en 1942[63], labellisée Maisons des Illustres et Musée de France.
  • Sous l'impulsion de l'homme politique Georges Frêche, la programmation de l'Opéra national de Montpellier est répartie à partir de 1990 entre l'Opéra Comédie et la grande salle du palais des congrès Le Corum, renommée Opéra Berlioz.

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Sur les autres projets Wikimedia :

Œuvre littéraire de Berlioz

Membre de l'Institut de France et critique musical réputé, Berlioz a laissé plusieurs ouvrages :

Cette œuvre critique et autobiographique est regroupée et rééditée depuis trente ans en France : les Mémoires, puis la Correspondance générale en huit tomes chez Flammarion, publiés sous les auspices de l'association nationale Hector-Berlioz, la Critique musicale en dix tomes chez Buchet-Chastel, sous la direction d'Yves Gérard et Marie-Hélène Coudroy.

Ouvrages généraux

Histoire de la musique

  • Marie-Claire Beltrando-Patier, Histoire de la musique : La musique occidentale du Moyen Âge à nos jours, Paris, Bordas, , 630 p. (ISBN 2-040-15303-9), p. 483-484
  • Roland de Candé, Les chefs-d'œuvre classiques de la musique, Paris, Seuil, , 816 p. (ISBN 2-02-039863-X), p. 169-185
  • Arthur Coquard, De la musique en France depuis Rameau, Paris, Calmann-Lévy, , 288 p. (OCLC 2370137, notice BnF no FRBNF42921997, lire en ligne)
  • Alfred Einstein, La Musique romantique, Paris, Gallimard, coll. « Tel » (no 86), , 445 p. (ISBN 2-070-70108-5), p. 160-169
  • Bernard Gavoty, Les grands mystères de la musique : « Les Mémoires de Berlioz », Paris, Trévise, , 308 p. (ISBN 2-711-20353-0), p. 249-261
  • Antoine Goléa, La musique, de la nuit des temps aux aurores nouvelles : « Hector Berlioz », Paris, Alphonse Leduc et Cie, , 954 p. (ISBN 2-856-89001-6), p. 319-328
  • Paul Pittion, La Musique et son histoire : De Beethoven à nos jours, vol. II, Paris, Éditions Ouvrières, , 580 p., p. 37-50
  • Léon Plantinga, La Musique romantique : Le XIXe siècle de Beethoven à Mahler, Paris, J.C. Lattès, , 533 p. (ISBN 978-2-70960-763-6), p. 230-244
  • Lucien Rebatet, Une histoire de la musique : « Berlioz », Paris, Robert Laffont, , 900 p. (ISBN 2-221-03591-7), p. 403-415
  • Rémy Stricker, La musique française, du romantisme à nos jours : « Berlioz et son temps », Paris, La Documentation Française, , 96 p., p. 5-18
  • Émile Vuillermoz, Histoire de la musique : « Reicha et Berlioz », Paris, Fayard, , 606 p. (ISBN 2-213-00859-0), p. 241-253, édition complétée par Jacques Lonchampt

Monographies

Traités de théorie musicale

Critique musicale

Ouvrages littéraires

Ouvrages sur Berlioz

Biographies

  • Adolphe Boschot, Histoire d'un romantique : Hector Berlioz, Paris, Plon-Nourrit, 1906-1913
    (longtemps considérée comme un ouvrage de référence, cette publication a fait l'objet de plusieurs réimpressions revues et augmentées)
    • La jeunesse d'un romantique : Hector Berlioz, 1803-1831, d'après de nombreux documents inédits, Plon, , 543 p. (lire en ligne)
    • Un romantique sous Louis-Philippe : Hector Berlioz, 1831-1842, Plon, , 672 p. (OCLC 4212837)
    • Le crépuscule d'un romantique : Hector Berlioz, 1842-1869, Plon, , 713 p. (OCLC 695561753, notice BnF no FRBNF42868611, lire en ligne)
  • Adolphe Boschot, Une vie romantique : Hector Berlioz, Paris, Plon-Nourrit, , 428 p. 
    (reprend en un seul volume, selon son auteur, l'Histoire d'un Romantique allégée de « tout ce qui est spécial », et « réduite aux événements les plus caractéristiques »)
  • David Cairns, Hector Berlioz : la formation d'un artiste (1803-1832), Paris, Fayard, , 710 p. (ISBN 2-213-61249-8), traduit de l'anglais par Dennis Collins Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • David Cairns, Hector Berlioz : servitude et grandeur (1832-1869), Paris, Fayard, , 944 p. (ISBN 2-213-61250-1), traduit de l'anglais par Dennis Collins Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Citron, Cahiers Berlioz no 4, Calendrier Berlioz, La Côte-Saint-André, Musée Hector-Berlioz, (ISSN 0243-3559) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Arthur Coquard, Berlioz : biographie critique, Paris, Henri Pierre Laurens, coll. « Les musiciens célèbres », , 126 p. (OCLC 1308791, notice BnF no FRBNF40040402, lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Hugh Macdonald, Berlioz, Londres, Dent, coll. « The master musicians », (ISBN 0-460-03156-2)
  • Eugène de Mirecourt, Berlioz, Paris, Gustave Havard, coll. « Les Contemporains (2e série) » (no 63), , 96 p. (lire en ligne). 
    (première étude biographique, parue du vivant du compositeur)
  • Guy de Pourtalès, Berlioz et l'Europe Romantique, Paris, Gallimard, coll. « NRF », , 382 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre-Jean Rémy, Berlioz : le roman du romantisme, Paris, Albin Michel, (ISBN 2-253-11349-2)
  • Étienne Rey, La vie amoureuse de Berlioz, Paris, Flammarion, coll. « Leurs Amours », , 207 p. (OCLC 3936145, notice BnF no FRBNF31203825)

Études biographiques et musicologiques

  • Henry Barraud, Hector Berlioz, Paris, Fayard, coll. « Les indispensables de la musique », (ISBN 978-2213024158) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Jacques Barzun, Berlioz and the Romantic Century, vol. 1, Little, Brown & C°, , 573 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Jacques Barzun, Berlioz and the Romantic Century, vol. 2, Little, Brown & C°, , 511 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Citron et Cécile Reynaud (éd.), Dictionnaire Berlioz, Paris, Fayard, (ISBN 2-213-61528-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Suzanne Demarquez, Hector Berlioz, Paris, Seghers, coll. « Musiciens de tous les temps », , 192 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Adolphe Jullien, Hector Berlioz : la vie et le combat, les œuvres, Paris, Charavay, , 198 p. 
    (collection d'articles parus de 1873 à 1877, précédée d'une esquisse biographique)
  • Adolphe Jullien, Hector Berlioz : sa vie et ses œuvres, Paris, À la librairie de l'art, , 426 p. (lire en ligne)
  • Edmond Hippeau, Berlioz intime, Paris, Librairie Fischbacher, , 500 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Dallas Kern Holoman, Berlioz, Cambridge (Mass.), Fayard, (ISBN 0-674-06778-9)
  • Georges de Massougnes, Berlioz : son œuvre, Paris, Richault et Dentu, , 64 p. 
    (« simple brochure » pour son auteur, « noble et hautaine étude » selon Romain Rolland, qui la jugeait « très en avance sur son temps[65] »)
  • Jacques-Gabriel Prod'homme, Hector Berlioz (1803-1869) : sa vie et ses œuvres d'après des documents nouveaux et les travaux les plus récents, Paris, Delagrave, (1re éd. 1904), 348 p. (OCLC 9048834, lire en ligne)
  • Camille Saint-Saëns, Portraits et Souvenirs, Paris, Société d'Édition Artistique, (Texte disponible sur wikisource) Document utilisé pour la rédaction de l’article
    (collection d'articles sur Berlioz, Liszt, Gounod, Bizet, etc.)
  • Pierre-René Serna, Berlioz de B à Z, Paris, Van de Velde, , 264 p. (ISBN 2-85868-379-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Julien Tiersot, Hector Berlioz et la société de son temps, Paris, Hachette, , 372 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Julien Tiersot, Hector Berlioz — Les Années romantiques (1819-1842), Paris, Calmann-Lévy, , 452 p. (Texte disponible sur wikisource) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian Wasselin, Berlioz : les deux ailes de l'âme, Paris, Gallimard, coll. « Découverte », (ISBN 2-07-076522-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Études musicologiques et littéraires

  • Claude Ballif, Berlioz, Paris, Seuil, coll. « Solfèges », , 192 p. (ISBN 2-02-000249-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Catteau, Hector Berlioz ou La philosophie artiste. I, Paris, Publibook, , 292 p. (ISBN 2-74-832011-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dominique Catteau, Hector Berlioz ou La philosophie artiste. II, Paris, Publibook, , 258 p. (ISBN 2-74-832398-X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif et Henry Barraud (éd.), Hector Berlioz, Paris, Hachette, coll. « Génies et réalités », , 272 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
    Bernard Gavoty, « Ma vie est un roman qui m'intéresse beaucoup », p.7-23
    Séquence illustrée I, « Un jeune enthousiaste à peine civilisé », p.25-50
    Antoine Goléa, Un cœur ardent et déchiré, p.53-67
    Marcel Schneider, Berlioz dans le mouvement romantique, p.69-87
    Séquence illustrée II, La musique, l'amour : « les deux ailes de l'âme », p.87-108
    François-Bernard Mâche, Berlioz et Wagner, « deux frères ennemis issus de Beethoven », p.111-135
    Maurice Le Roux, Jouer de l'orchestre, p.137-151
    Séquence illustrée III, Le musicien errant, p.153-174
    Henry Barraud, Le musicien de théâtre, p.177-151
    Claude Samuel, Les écrits du compositeur, p.197-209
    Séquence illustrée IV, L'œuvre désespérée, p.209-225
    Maurice Fleuret, La puissance d'une imagination prophétique, p.228-239
    Harry Halbreich, Catalogue commenté et discographie critique, p.241-265
  • (en) Collectif et Peter Bloom (éd.), Berlioz, Past, Present, Future, Rochester, Rochester Press, coll. « Eastman Studies in music », , 212 p. (ISBN 1-58046-047-X, ISSN 1071-9989) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif, Christian Wasselin (éd.) et Pierre-René Serna (éd.), Cahier Berlioz n° 77, Paris, L'Herne, (ISBN 2-85197-090-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif et Joël-Marie Fauquet, Berlioz : textes et contextes, Paris, Société française de musicologie, (ISBN 978-2-85357-022-0) ([présentation en ligne]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Collectif et Georges Zaragoza (éd.), Berlioz, homme de lettres, Dijon, Editions du Murmure, , 276 p. (ISBN 2-91-509915-4)
  • Michel Guiomar, Le masque et le fantasme : l'imagination de la matière sonore dans la pensée musicale de Berlioz, Paris, José Corti, , 447 p.
  • Georges Liébert, Ni empereur ni roi, chef d'orchestre, Paris, Gallimard, coll. « Découverte », , 176 p. (ISBN 2-07-053114-7)
  • Paul-Marie Masson, Berlioz, Paris, Alcan, coll. « Les maîtres de la musique »,
  • Romain Rolland, Sur Berlioz, Bruxelles, Éditions Complexes, , 93 p. (ISBN 2-87027-977-9) (réédition, précédée d'une préface par Pierre-Jean Rémy, de l'article paru en 1908 dans son recueil de chroniques Musiciens d'aujourd'hui) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Catherine Rudent et Danièle Pistone, Berlioz, hier et aujourd'hui, Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « Univers musical », , 238 p. (ISBN 2-7475-4990-9) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Dom Angelico Surchamp, Hector Berlioz, Paris, coll. « Catalogue Zodiaque n° 159 », , 64 p. (ISSN 0044-4952) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Claude Teboul (éd.), Hector Berlioz, Paris, J.-M. Place, coll. « Ostinato rigore », (ISBN 2-85893-781-8)
  • Christian Wasselin, Berlioz ou Le voyage d'Orphée, Monaco, Éd. du Rocher, (ISBN 2-268-04795-4)

Revues et articles

Catalogues

Notes et références

Notes

Références

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, p. 103.
  2. Noms en -z et -x sur le site de l'Office géographie arpitan (OARP) et « Berlioz ne rime pas avec myxomatose », La Voix des Allobroges, 12 octobre 2010.
  3. « Je suis un classique. Un romantique ? Je ne sais pas ce que cela signifie. Étant classique, je vis souvent avec les dieux, quelquefois avec les brigands et les démons. Jamais avec les singes. […] Par classique, j'entends un art jeune, vigoureux et sincère, réfléchi, passionné, aimant les belles formes, parfaitement libre ; tout ce qui a été fait de grand, de hardi : Gluck, Beethoven, Shakespeare. » Berlioz, Correspondance générale, sans date, no 169, tome VIII, p. 653–654.
  4. Romain Rolland 1908, p. 85
  5. André Boucourechliev 1998, p. 16 : « Après les gracieusetés du siècle dit « des Lumières » qui avait, à son début, produit — pour sa belle gloire — Couperin puis Rameau, plus rien : à moins que l'on n'accorde une existence à Philidor, Grétry ou Lalo… Un seul, plus tard, au siècle du Romantisme, sortira du rang des obscurs, pour être dévoré durant toute son existence par les gens en place (ils n'ont pas même laissé de noms, sauf Saint-Saëns, Meyerbeer et Gounod), et c'est Berlioz. Sa vie fut un martyre ».
  6. Antoine Goléa 1977, p. 319
  7. Claude Ballif 1979, p. 2
  8. Adolphe Boschot 1919, p. 1
  9. Adolphe Boschot 1919, p. i-ii, « Au lecteur »
  10. Mémoires 1991, p. 39
  11. David Cairns, I 2002, p. 20
  12. a et b Calendrier Berlioz 2000, p. 7
  13. a et b Les Mémoires chapitre IV
  14. Les Memoires Chapitre IV
  15. Les Mémoires chap IV
  16. Chronologie dans la Correspondance générale tome I
  17. Chronologie dans la Correspondance Générale tome 1
  18. Les Mémoires chapitre III
  19. a, b, c et d Calendrier Berlioz 2000, p. 8
  20. a et b Calendrier Berlioz 2000, p. 9
  21. Calendrier Berlioz 2000, p. 141
  22. Calendrier Berlioz 2000, p. 195
  23. Calendrier Berlioz 2000, p. 217
  24. Calendrier Berlioz 2000, p. 72
  25. Calendrier Berlioz 2000, p. 73
  26. Calendrier Berlioz 2000, p. 74
  27. Hector Berlioz, Correspondance générale, tome V, Flammarion.
  28. Les Mémoires chapitre VI
  29. Les Mémoires chapitre VII
  30. Chronologie dans les Mémoires
  31. Mémoires 1991, p. 56
  32. Hector Berlioz, Correspondance générale, op. cit.
  33. Mémoires 1991, p. 59
  34. Notice sur Data.bnf.fr
  35. Mémoires 1991, p. 112
  36. Chronologie année 1825 Correspondance générale tome I
  37. Mémoires 1991, p. 159
  38. Chronologie dans la Correspondance générale tome II
  39. « Berlioz à Grenoble, Le centenaire de Berlioz – 1903 », sur www.hberlioz.com, (consulté le 15 mars 2015)
  40. lettre à Albert Du Boys du 20 juillet 1825 Correspondance générale tome I
  41. Hector Berlioz par Tom S. Wotton sur Google Books
  42. Michel Faul, Louis Jullien : Musique, spectacle et folie au XIXe siècle, Atlantica, 2006 (ISBN 2351650387), particulièrement le chapitre 6 (cf. Site de Louis Jullien).
  43. « Vous avez eu l’obligeance de m’offrir votre pelisse, soyez assez bon pour me l’envoyer demain rue Provence 41, j’en aurai soin et je vous la rapporterai fidèlement dans quatre mois. Celle sur laquelle je comptais me paraît beaucoup trop courte et je crains surtout le froid aux jambes. » Hector Berlioz à Honoré de Balzac, septembre 1847. Cité in Correspondance intégrale, réunie et annotée par Roger Pierrot, Garnier, Paris, 1969, p.  776
  44. (ru) A. N. Tchesnokova Les Étrangers à Saint-Pétersbourg et leurs descendants, éditions Satis, Saint-Pétersbourg, 2003, p. 191
  45. Tombe de Berlioz au cimetière de Montmartre.
  46. Testament sur http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr
  47. Inventaire sur http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr
  48. cotes originelles des documents : MC/ET/XVI/1303 et MC/ET/XVI/1304
  49. Calendrier Berlioz 2000, p. 77
  50. Calendrier Berlioz 2000, p. 216
  51. Calendrier Berlioz 2000, p. 125
  52. Calendrier Berlioz 2000, p. 154
  53. Calendrier Berlioz 2000, p. 163
  54. Calendrier Berlioz 2000, p. 209
  55. (en) « (69288) Berlioz = 1990 TW11 », sur Minor Planet Center (consulté le 22 août 2015)
  56. Honoré de Balzac 1843, p. 6
  57. Marcel Proust 1924, p. 304-305
  58. Présentation du personnage sur www.masterandmargarita.eu
  59. L’Entente cordiale : rencontre entre Berlioz et Wagner.
  60. Gérard Oury, Mémoires d'éléphant, Paris, Orban, (réimpr. Presses Pocket, 1989 (ISBN 2266030639) et Plon, 1999 (ISBN 2259191835)), 330 p. (ISBN 2855654351), p. 232.
  61. Fiche technique du timbre-poste sur wikitimbres.fr.
  62. Berlioz, Hector (1803-1869). Mémoires de Hector Berlioz, membre de l'Institut de France : comprenant ses voyages en Italie, en Allemagne, en Russie et en Angleterre, 1803-1865, avec un beau portrait de l'auteur (Nouvelle édition), C. Lévy (Paris).
  63. Notice no PA00117147, base Mérimée, ministère français de la Culture
  64. Les textes de Schumann à propos de Berlioz à lire en ligne.
  65. Romain Rolland 1908, p. 89

Liens externes