Fanny Mendelssohn

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Fanny Mendelssohn
Description de cette image, également commentée ci-après
Dessin au crayon exécuté par Wilhelm Hensel, mari de la compositrice.

Naissance
Flag of Hamburg.svg Hambourg
Hambourg, Ville libre de la Hanse
Décès (à 41 ans)
Berlin, Flag of Prussia (1892-1918).svg Prusse
Activité principale Compositrice, pianiste
Famille Felix Mendelssohn

Fanny Mendelssohn, connue aussi sous le nom de Fanny Hensel, est une compositrice et pianiste allemande, née à Hambourg le et morte à Berlin le . Elle est la sœur du compositeur Felix Mendelssohn.

Elle fait partie des rares femmes compositrices de renom au XIXe siècle, avec Hélène de Montgeroult, Clara Schumann et Louise Farrenc. Elle connut de nombreux poètes, tels Heinrich Heine, Joseph von Eichendorff et Johann Wolfgang von Goethe dont elle mit les œuvres en musique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Élevée dans l'atmosphère cultivée de l'intelligentsia berlinoise, de père banquier et de mère petite-fille d'entrepreneur, également bonne pianiste[1], Fanny Mendelssohn reçoit une excellente éducation de sa mère, puis étudie le piano auprès de Ludwig Berger et la composition avec Carl Friedrich Zelter[1], deux des meilleurs éducateurs de la ville[2]. Malgré les origines juives de la famille, Fanny et ses frères furent élevés en protestants[2].

Liens familiaux[modifier | modifier le code]

Très tôt, comme son frère, elle manifeste des dons musicaux. Son père et ensuite son frère l'empêcheront néanmoins de se consacrer totalement à sa première passion, la musique. Ainsi Abraham Mendelssohn écrivit à sa fille alors âgée de 15 ans : « la musique deviendra peut-être pour lui [Felix] son métier, alors que pour toi elle doit seulement rester un agrément mais jamais la base de ton existence et de tes actes[3]. » Son frère n'est pas en reste : « L’encourager à publier quoi que ce soit, je ne le puis, car ce serait aller contre mes convictions. Nous avons souvent discuté fermement de cela et je maintiens tout à fait mon opinion... Fanny, telle que je la connais, n’a jamais souhaité devenir compositeur ni avoir une vocation pour cela ; elle est trop femme. Elle dirige sa maison et ne pense nullement au public ni au monde musical, ni même à la musique, tant que ses premiers devoirs ne sont pas remplis. Publier ne pourrait que la distraire de cela et je ne peux pas dire que je l’approuverais[4]. »

Ainsi, alors que Fanny doit se limiter au salon, les parents Mendelssohn « offrent » tous les dimanches à Felix un orchestre qui lui permet de tester ses créations, permettant la publication de Le Songe d'une nuit d'été alors qu'il n'a que 17 ans. De la même façon, Felix est présenté à Goethe alors qu'il n'est âgé que de 11 ans[A 1], tandis que Fanny est mise à l'écart, cette rencontre ne concernant que la gent masculine[2].

Fanny entretient pourtant une relation très proche avec son frère Felix, de trois ans et demi son cadet. Il n'était pas rare que ce dernier aille chercher des conseils en matière de composition auprès de sa sœur, dont il respectait le goût musical. Elle organise également pour lui des concerts et tournées, ainsi que des rencontres avec Gounod, Liszt, Clara et Robert Schumann[1].

La compositrice[modifier | modifier le code]

Fanny pourtant composa très jeune, se révélant être une pianiste extrêmement douée. Ainsi, elle impressionne sa famille quand, âgée de 13 ans, elle joue par cœur l'intégralité des préludes du Livre 1 du Clavier bien tempéré de Bach[A 2].

Bien que sa famille et sa situation ne lui permette pas de publier, on comprend que la composition prenait une place très importante dans sa vie : « Maintenant que Rebecca a abandonné le chant, mes lieder ne retiennent plus l’attention et restent inconnus. Si personne n’émet jamais une opinion ou ne prend le moindre intérêt aux productions que l’on écrit, non seulement on y perd tout plaisir, mais en plus tout pouvoir de juger de leur valeur[5]. »

Rencontre avec Wilhelm Hensel[modifier | modifier le code]

Elle épouse en 1829 le peintre Wilhelm Hensel, de 11 ans son aîné, différence d'âge qui au premier abord effraye un peu Abraham Mendelssohn[A 3]. Le couple aura un fils, Sebastian Ludwig Felix, le nom de ce dernier provenant des compositeurs favoris de Fanny, Bach et Beethoven.

Wilhelm Hensel l'encourage à jouer, et contrairement à son père et son frère, l'incite à publier ses œuvres. Le mathématicien Kurt Hensel est leur petit-fils. Bien qu'elle ne voyage pas énormément, surtout si l'on compare avec son frère qui parcourt l'Europe, Fanny et son mari partent en 1839 pour l'Italie. Ils demeureront plus de 6 mois à Rome, où elle rencontre et impressionne les compositeurs français Hector Berlioz et Charles Gounod. Ce dernier décrit Fanny comme « une musicienne inoubliable, une excellente pianiste et une femme d’une intelligence supérieure[1]. » À partir de 1843, elle supervise les concerts du dimanche matin à l'Elternhaus (orphelinat) de Berlin. Elle meurt d'une crise d'apoplexie à l'âge de 41 ans.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Fanny Mendelssohn a écrit près de 250 lieder pour soprano et piano, ainsi que plus d'une centaine de pièces pour piano seul[6]. Les textes des lieders proviennent souvent de poètes contemporains, principalement de Jean-Pierre Claris de Florian (13), Joseph von Eichendorff (20), Johann Wolfgang von Goethe (46), Heinrich Heine (27), Ludwig Hölty (14), Ludwig Tieck (16), Johann Heinrich Voß (14). Son mari Wilhelm Hensel, peintre, graveur et poète, lui a également écrit une vingtaine de textes.

Il est à noter que, d'après la pianiste Françoise Tillard, six des lieder de jeunesse de son frère Felix (dont Sehnsucht - Nostalgie - et Italien) ont en réalité été composés par Fanny, comme Felix le reconnaissait lui-même.

Très peu de ces œuvres ont été publiées, Fanny Mendelssohn n'ayant trouvé le courage de les publier qu'en 1846, un an avant sa mort.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • 1978, Camerata Canada : Fanny Mendelssohn, Trio For Violin, Cello And Piano In D Minor Op. 11 (Posth.), Saint-Saëns, Tarantella for Flute, Clarinet and Piano, op.6, Taussig, Paganiniana (Crystal Records)
  • 1981, Katherine Ciesinski, John Ostendorf, Rudolph Palmer : Lieder (premiere recording) : Clara Schumann, Fanny Mendelssohn, Josephine Lang, Pauline Viardot-Garcia (Leonarda Productions)
  • 1984, Trio Fidelio, Brigitte Lafon, Aline Dumas, Françoise Tillard : Trio En Sol Mineur op. 11, Romances Sans Paroles, Lieder (Calliope)
  • 1984, Chor Und Orchester Der Kölner Kurrende, Elke Mascha Blankenburg : Oratorium Nach Bildern Der Bibel (Not on label)
  • 1986, Isabel Lippitz, Barbara Heller : Lieder Für Sopran Und Klavier Opp. 1, 7, 9, 10 (CPO)
  • 1987, Liana Serbescu : Klavierwerke Vol. 1 & 2. Sur ces disques figurent les deux Sonates, des extraits de l'op. 6 et Das Jahr (CPO)
  • 1996, Béatrice Rauchs : Das Jahr, 4 Klavierstücke (Bayer Records)
  • 1997, Béatrice Rauchs : Sonata in G minor, Prelude in E minor, piano pieces, Six mélodies pour le piano (BIS)
  • 2011, Quatuor Florestan : Marie Jaëll, Quatuor à cordes en sol mineur, Fanny Mendelssohn : [[Quatuor à cordes de Fanny Mendelssohn|Quatuor à cordes en mibémol majeur]] (Éditions Solstice)
  • 2016, Irene Barbuceanu : Piano Pieces (Koch Schwann). Sur ce disque figurent des pièces extraites des op. 2, 4, 5, 6 et 8 ainsi que divers Klavierstück

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Sergy, Fanny Mendelssohn, d'après les mémoires de son fils, Paris, Librairie Fischbacher, , 446 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Carol Neuls-Bates, Women In Music : An Anthology of Source Readings from the Middle Ages to the Present, Northeastern, , 384 p. (ISBN 978-1555532406). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Françoise Tillard, Fanny Hensel, née Mendelssohn Bartholdy, préface par Gérard Condé, Éditions Symétrie, Lyon, 2007, 430 p. (ISBN 2-914373-20-1)
  • Agnès Boucher : Comment exister aux côtés d'un génie, Fanny Mendelssohn, Clara Schumann, Alma Mahler et les autres, L'Harmattan, 2012 (ISBN 978-2-296-96153-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Fergus, « L’injuste destin de Fanny Mendelssohn », sur agoravox.fr, (consulté le 3 juillet 2018).
  2. a b et c Liliane Blanc, « Fanny Mendelssohn ou le génie créateur bridé », sur sisyphe.org (consulté le 3 juillet 2018).
  3. Lettre d’Abraham Mendelssohn à sa fille Fanny, 16 juillet 1820, citée dans Carol Neuls-Bates, Women In Music, p. 144.
  4. Lettre de Felix Mendelssohn à sa mère, 2 juin 1837, citée dans Carol Neuls-Bates, Women In Music, p. 148-149.
  5. Lettre de Fanny Mendelssohn à Carl Klingemann, 15 juillet 1836, citée dans Carol Neuls-Bates, Women In Music, p. 148-149.
  6. Voir la liste sur le site de l'université du Michigan (lire en ligne)
  • E. Sergy, Fanny Mendelssohn, d'après les mémoires de son fils, 1893.
  1. Lettre de Felix Mendelssohn, 6 novembre 1820, citée p. 48.
  2. p. 45.
  3. p. 54.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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