Concert du nouvel an à Vienne

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Salle dorée du Musikverein

Le Concert du nouvel an de l'Orchestre philharmonique de Vienne est un concert qui a lieu traditionnellement chaque année les 30 et 31 décembre ainsi que le 1er janvier dans la salle dorée (en allemand Goldener Saal) du Musikverein à Vienne. Il a été organisé pour la première fois le 31 décembre 1939.

Celui du 1er janvier commence habituellement à 11 h 15 et est diffusé à travers le monde pour une audience estimée à 50 millions de personnes[1] dans 90 pays[1].

Excepté les différentes compétitions sportives importantes et après le Concours Eurovision de la chanson, le Concert du nouvel an à Vienne est en terme d'audience le second événement diffusé à la télévision qui est regardé et écouté dans le monde !


Historique[modifier | modifier le code]

Programmation musicale[modifier | modifier le code]

La musique qui est jouée lors du concert est principalement celle de la famille Strauss (Johann Strauss, Johann Strauss II, Josef Strauss et Eduard Strauss).

Le concert solennel inaugural de la salle du Musikverein de Vienne dessinée par Theophil Hansen, le 6 janvier 1870, jour de l'Épiphanie, peut être considéré comme le tout premier Concert du nouvel an à Vienne et fut dirigé par Carl Heissler qui était le premier directeur artistique de la Société philharmonique de Vienne.

Depuis 1958, le concert se termine généralement par trois bis après le programme principal. Le premier est traditionnellement une polka rapide. Le deuxième est la pièce de Johann Strauss II : la valse du Beau Danube bleu, dont l'introduction est interrompue par les applaudissements du public. Les musiciens souhaitent alors collectivement au public une heureuse nouvelle année, puis jouent le morceau suivi par la Marche de Radetzky de Johann Strauss. Durant cette dernière pièce, le public tape des mains en rythme et le chef d'orchestre se tourne vers lui pour le diriger conjointement avec l'orchestre. Toutefois, en 1967 Le Beau Danube bleu faisait partie du programme principal, alors qu'en 2005 la Marche de Radetzky n'a pas été jouée, par considération envers les victimes du récent tsunami en Asie du sud-est.

Le concert est aussi l'occasion d'entendre les Petits Chanteurs de Vienne dans certaines des œuvres interprétées.

Joseph Lanner, mais aussi Carl Michael Ziehrer, Franz von Suppé, Otto Nicolai (ouverture des Joyeuses commères de Windsor), Josef Hellmesberger II, Carl Maria von Weber (Invitation à la valse), Johannes Brahms (Danses hongroises), Joseph Haydn – dont 2009 voit le bicentenaire de la mort – (finale de la Symphonie nº 45 dite des Adieux, prétexte à une saynète entre le chef et l'orchestre) comptent parmi les musiciens n'appartenant pas à la famille Strauss ayant eu les honneurs du Concert du nouvel an.

Chefs d'orchestre[modifier | modifier le code]

Riccardo MutiGustavo DudamelMariss JansonsZubin MehtaDaniel BarenboimFranz Welser-MöstMariss JansonsFranz Welser-MöstGeorges PrêtreDaniel BarenboimGeorges PrêtreZubin MehtaMariss JansonsLorin MaazelRiccardo MutiNikolaus HarnoncourtSeiji OzawaNikolaus HarnoncourtRiccardo MutiLorin MaazelZubin MehtaRiccardo MutiLorin MaazelZubin MehtaLorin MaazelRiccardo MutiCarlos KleiberClaudio AbbadoZubin MehtaCarlos KleiberClaudio AbbadoHerbert von KarajanLorin MaazelWilli BoskovskyClemens KraussJosef KripsClemens KraussClemens Krauss

Le premier concert eut lieu le 31 décembre 1939 et était dirigé par Clemens Krauss. Le chef qui a le plus longtemps dirigé le Neujahrskonzert est Willi Boskovsky, entre 1955 et 1979, soit au total vingt-cinq éditions.

Décor floral[modifier | modifier le code]

Les fleurs qui décorent la salle de concert étaient offertes depuis 1980 par la ville de San Remo (Ligurie, Italie)[5]. Depuis 2014, l'organisation s'est tournée vers des fournisseurs autrichiens[6].

Télédiffusion à la radio et la télévision (en Eurovision)[modifier | modifier le code]

La télédiffusion du concert représente une valeur publicitaire inestimable pour la ville de Vienne. L'influence des dirigeants politiques autrichiens sur la culture est une tradition historique qui remonte à l'empire des Habsbourg, où cette influence était particulièrement marquée.

Les premières de cet événement[modifier | modifier le code]

Cette retransmission télévisée a toujours été avant-gardiste en matière de technologies TV, soit :

- La première diffusion en Eurovision a eu lieu en 1958 dans les pays de l’Europe occidentale. - La première émission internationale a être diffusée en couleurs (en PAL analogique) vers les pays diffusant en couleurs, c'était le 1er janvier 1969, - La première émission diffusée en stéréo analogique en 1981, - La première diffusion en TVHD, - Puis la première diffusée en Dolby 5.1.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant la diffusion de certaines œuvres, principalement pendant une valse, on peut parfois voir des chorégraphies ou des paysages danubiens ou alpins.

Depuis 1959, le concert est diffusé par l'ORF (le radiodiffuseur public autrichien) non seulement à la radio, mais également en direct à la télévision. Wilfried Scheib fut l'initiateur et le premier directeur technique de ces transmissions.

Depuis le 1er janvier 1969, le programme télévisé est diffusé en couleur. Grâce à l'Eurovision il est maintenant transmis à plus de 90 pays.

Comme musique de fond pour l’émission télévisée, certaines œuvres présentent des images, des séquences de films ou des inserts de ballets (classés dansés depuis 1987) associés de manière thématique, tels que ceux du palais de Schönbrunn pour les téléspectateurs. Dansés par le Ballet d'État de Vienne (issu de la fusion des ensembles de ballets précédents alternés de l' Opéra et du Volksoper de Vienne) mais également du ballet de l' Opéra national de Bavière et des stars internationales.

Au début, seule la deuxième partie du concert était diffusée, la transmission durait environ une heure.

Depuis 1991, l'ORF diffuse l'intégralité du concert. La pause a été complétée par un film de pause de 25 minutes, qui sera tourné spécialement pour le concert du nouvel an. Il a été organisé jusqu'à présent par des réalisateurs tels que Felix Breisach , Georg Riha, Hannes Rossacher, Werner Boote, Patrick Pleisnitzer, Gernot Friedel et Anton Reitzenstein, dans le but de présenter pour l'Autriche ses trésors culturels et ses richesses naturelles. Le film doit être compréhensible sans paroles, car cela se regarde aussi dans le monde entier.

En raison de la transmission mondiale, la diffusion de la deuxième partie est désormais fixée au timing près. Après l'entracte dans les différentes performances (pré-performance, répétition, concert) on peut varier dans la pause de chaque performance et parfois dans les longueurs différentes. Ceci est donc partiellement ponté avec un film de rupture de longueurs flexibles.

La direction de la photo a eu lieu en 1989, de 1991 à 2009 et en 2011 par le réalisateur anglais Brian Large. En 2010 et 2012, cette tâche a été reprise par Karina Fibich, puis partir de 2014 par Michael Beyer et en 2018 par Henning Kasten.

Pour la première fois en 2006, une série d'États d'Afrique (Botswana, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibie, Swaziland, Zambie et Zimbabwe) et d'Amérique latine (Équateur et Bolivie) le diffusent à leurs téléspectateurs.

Depuis 2008, le concert destiné aux téléspectateurs autrichiens est commenté par Barbara Rett, qui succède ainsi à Ernst Grissemann , qui avait déjà accompagné le concert en tant que commentateur pendant 25 ans.

Une autre innovation en 2010 est que l’ORF diffuse ce concert pour la première fois en HDTV et également sur Internet en direct .

Le Concert du Nouvel An 2015 a été diffusé dans 92 pays à travers le monde et a été regardé par plus de 50 millions de téléspectateurs.

En 2016, le concert du Nouvel An a également été diffusé au Brésil, au Pakistan et au Vietnam pour la première fois.

Autres concerts du nouvel an[modifier | modifier le code]

À Vienne[modifier | modifier le code]

Le Wiener Hofburg Orchester organise le 31 décembre et le 1er janvier dans les salles d’apparat de la Hofburg de Vienne ses concerts traditionnels de la Saint-Sylvestre et du Nouvel an.

Le programme comprend les mélodies les plus connues de la musique de valses et d’opérettes de Johann Strauss et II, d’Emmerich Kálmán et de Franz Lehár ainsi que des airs d’opéra de Wolfgang Amadeus Mozart.

Dans le monde[modifier | modifier le code]

D'autres concerts du nouvel an ont lieu dans plusieurs pays.

Au Danemark[modifier | modifier le code]

L'indicatif de clôture est traditionnellement le Champagne Galop de Hans Christian Lumbye.

En Italie[modifier | modifier le code]

A la Fenice de Venise, où le concert, placé sous le signe de la musique italienne du XIXe siècle, se clôt par un air de La traviata.

En France[modifier | modifier le code]

Le concert du Nouvel An donné depuis 2000 par l'orchestre de l'opéra de Massy et un chœur de chanteurs de la communauté d'agglomération de Paris-Saclay se conclut par la Marche de Radetzky ponctuée par le public comme à Vienne[7].

A l'opéra de Marseille a également lieu chaque année un concert du nouvel an, généralement le premier dimanche de janvier. En 2019 ce concert a eu lieu le 6 janvier [8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (de) Voir sur wienerphilharmoniker.at.
  2. « Vienna Philharmonic Orchestra », sur wienerphilharmoniker.at (consulté le 1er janvier 2018)
  3. Les revenus générés par le concert 2016 serviront notamment à financer des actions au profit des populations réfugiées en Autriche : (de) « Wiener Philharmoniker Haus für Asylsuchende : #10 - Machen wir das "halbe" Haus ganz », (lire en ligne) sur le site de l'Orchestre philharmonique de Vienne
  4. « Mariss Jansons dirigera le concert du Nouvel an viennois 2016 » (lire en ligne), sur le site de Diapason magazine
  5. (de) « Blumenschmuck beim Neujahrskonzert seit 25 Jahren aus San Remo » (lire en ligne) sur le site de la ville de Vienne
  6. (de) « Neujahrskonzert 2014: Floristen-Team begeisterte mit Frühlingsblumenschmuck » (lire en ligne) sur le site de l'Austria Presse Agentur.
  7. Voir sur leparisien.fr/essonne-91.
  8. « CONCERT DU NOUVEL AN | Opéra de Marseille », sur opera.marseille.fr (consulté le 9 janvier 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]