Mili Balakirev

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Mili Balakirev
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Mili Balakirev vers 1890.

Naissance
Nijni Novgorod,
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Décès (à 73 ans)
Saint-Pétersbourg,
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Activité principale Compositeur
Collaborations Groupe des Cinq

Mili Alekseïevitch Balakirev (en russe : Ми́лий Алексе́евич Бала́кирев) est un compositeur russe né le 21 décembre 1836 ( dans le calendrier grégorien) à Nijni Novgorod et mort le 16 mai 1910 ( dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg. Il est connu pour sa pièce virtuose pour piano Islamey et son poème symphonique Tamara.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années de formation[modifier | modifier le code]

Né de parents nobles peu fortunés, il est attiré dès l'enfance par la musique mais ne disposant que de très peu de ressources matérielles, il ne pourra prendre en tout que dix leçons de piano auprès d'un remarquable professeur, Alexandre Dubuque (Dubuc). Il fait ses études à l'université impériale de Kazan. À seize ans, il fait la connaissance d'Alexandre Oulybychev, riche mélomane auteur de la première biographie de Mozart qui dispose d'un orchestre réduit. Il confie à Balakirev des travaux de copie, d'arrangements puis finalement la direction de son orchestre. De manière purement empirique mais avec beaucoup de facilité, le jeune musicien parvient à acquérir les bases de son futur métier de compositeur. Il dissèque les partitions des grands maîtres, les étudie minutieusement. En 1855, il aura l'occasion de rencontrer Mikhaïl Glinka, grand musicien précurseur de la musique classique russe. Sa vocation est alors toute tracée.

Tombe de Balakirev au cimetière Tikhvine de Saint-Pétersbourg.

Le groupe des cinq[modifier | modifier le code]

Fort de toutes ces connaissances, il gagne Saint-Pétersbourg et s'entoure d'un groupe de musiciens autodidactes comme lui qui deviendra le Groupe des Cinq composé de César Cui, Modeste Moussorgski, Alexandre Borodine et Nikolaï Rimski-Korsakov. Balakirev est l'âme de ce groupe même s'il n'en est pas le meilleur compositeur. En général, il supervise et, le cas échéant, corrige le travail de ses amis compositeurs. Ce groupe s'impose sur la scène musicale russe dès 1860.
Malgré une autorité et une « aura » certaines, il sera lâché « par sa couvée » selon sa propre expression. Le groupe est dissous en 1870.

Un compositeur peu prolifique[modifier | modifier le code]

Il se consacre alors à l'organisation de concerts qui sont autant d'échecs. Par dépit, il devient chef de gare pendant cinq ans et ne compose plus entre 1872 et 1876.

À partir de 1862, il parcourt le Caucase et la Crimée et compile nombre de pages de musique folklorique. La même année, il refuse la direction de la Société musicale russe et fonde à Saint-Pétersbourg une école de musique. De 1883 à 1894, il est directeur de la Chapelle impériale de Saint-Pétersbourg, avec Nikolaï Rimski-Korsakov comme assistant. C'est pendant ces années qu'il reconstitue un groupe musical dont le membre le plus éminent sera Sergueï Liapounov.

Bien que très exigeant vis-à-vis de ses camarades, Balakirev compose très lentement. Il mettra ainsi près de quinze ans à écrire Tamara, un poème symphonique dont l'interprétation dure environ vingt-cinq minutes. Sur le plan musical, il laisse néanmoins un catalogue important. Tamara, terminée en 1882, est sa plus grande composition avec Islamey. Toutes ces pièces sont dans le prolongement de l'œuvre de Glinka.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Mili Balakirev laisse environ 50 partitions musicales. Le musée Balakirev de Nijni Novgorod, ouvert dans sa maison natale, est consacré à sa vie et à son œuvre.

Piano[modifier | modifier le code]

  • Berceuse (1901)
  • Capriccio (1902)
  • Chant du Pêcheur (1903)
  • Dumka (1904)
  • Fantasiestück (1903)
  • La Fileuse (1906)
  • Gondellied (1901)
  • L'Alouette (transcription d'une mélodie de Glinka, 1864)
  • Humoresque (1903)
  • Islamey, fantaisie orientale, op. 18 (1869, révision 1902)
  • Mazurka no 1 en la bémol majeur (2e version, 1884)
  • Mazurka no 2 en ut dièse mineur (2e version, 1884)
  • Mazurka no 3 en si mineur (1886)
  • Mazurka no 4 en sol bémol majeur (1886)
  • Mazurka no 5 en ré majeur (1900)
  • Mazurka no 6 en la bémol majeur (1902)
  • Mazurka no 7 en mi bémol mineur (1906)
  • Mélodie espagnole (1902)
  • Nocturne no 1 en si bémol mineur (1898)
  • Nocturne no 2 en si mineur (1901)
  • Nocturne no 3 en mineur (1902)
  • Novelette (1906)
  • Polka (1859)
  • Rêverie (1903)
  • Scherzo no 1 en si mineur (1856)
  • Scherzo no 2 en si bémol mineur (1900)
  • Scherzo no 3 en fa dièse majeur (1901)
  • Sonate no 1 en si mineur (1856)
  • Sonate no 2 en si bémol mineur (1905)
  • Tarentelle en si majeur (1901)
  • Toccata en ut dièse mineur (1902)
  • Tyrolienne (1902)
  • Valse no 1 en sol majeur Valse di bravura (1900)
  • Valse no 2 en fa mineur Valse mélancolique (1900)
  • Valse no 3 en majeur Valse-impromptu (1901)
  • Valse no 4 en si bémol majeur Valse de concert (1902)
  • Valse no 5 en ré bémol majeur (1903)
  • Valse no 6 en fa dièse mineur (1904)
  • Valse no 7 en sol dièse mineur (1907)
  • Valse-Caprice no 1 en la bémol majeur (d'après Alexandre S. Taneïev)
  • Valse-Caprice no 2 en ré bémol majeur (d'après Alexandre S. Taneïev)

Deux pianos[modifier | modifier le code]

  • Suite pour deux pianos (1909)
  • Sur la Volga (1866)
  • Trente chansons du peuple russe (1886)

Orchestre[modifier | modifier le code]

  • Musique de scène pour le Roi Lear de Shakespeare (1859-64, orch. 1905)
  • Ouverture sur le thème d'une marche espagnole, op. 6 (1857, révisée en 1886)
  • Ouverture sur trois thèmes russes (1858)
  • Seconde ouverture sur des thèmes russes dite « 1000 ans » (1864, révisée comme poème symphonique sous le titre Russie en 1884)
  • Ouverture tchèque (1867, révisée poème symphonique sous le titre En Bohème en 1905)
  • Symphonie no 1 en ut majeur (1864-1897)
  • Poème symphonique Tamara (1867-1882)
  • Symphonie no 2 en ré mineur (1900-1908)
  • Suite en ré mineur sur 4 pièces de Chopin (1909)
  • Suite en si majeur (1909 inachevée et terminée par Liapounov)
  • Islamey (1869 pour piano, orchestré par Liapounov et Casella)

Piano et orchestre[modifier | modifier le code]

  • Fantaisie pour piano, op. 4 (1852)
  • Concerto pour piano no 1 en fa dièse mineur, op. 1 (1855-1856)
  • Concerto pour piano no 2 en mi bémol majeur, op. posthume (1861-1862 puis 1906-1910), achevé par Sergueï Liapounov

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

  • Octuor en ut mineur op. 3 (1856) inachevé

Discographie[modifier | modifier le code]

Piano
Transcription
  • Transcription pour piano de L’Alouette, de Mikhaïl Ivanovitch Glinka : Nikita Magaloff, piano (1991, Ermitage/Aura) — avec des œuvres de Chopin, Liszt, Mendelssohn, Mozart et Scriabine.
  • Transcription pour harpe de L'Alouette de Mikhaïl Ivanovitch Glinka : Natalia Shameyeva, harpe (c. 2000, Egan Records) (OCLC 262473694) — avec des œuvres de Glière, Glinka, Khatchatourian, Kikta, Prokofiev, etc.
Musique de chambre
  • Octuor – D. Paperno, piano ; A. Korneev, flûte ; S. Trubashnik, hautbois ; B. Afanasiev, cor ; M. Lubotsky, violon ; F. Druzhinin, alto ; V. Simon, violoncelle ; L. Andreev, contrebasse (1965, LP Melodiya)
  • Octuor – Valentin Zverev, flûte ; Anatoli Lyubimov, hautbois ; Boris Afansiev, cor ; Andrei Korsakov, violon ; Mikhail Tolpygo, alto ; Fyodor Luzanov, violoncelle ; Rifat Komachkov, contrebasse ; Alexei Nasedkin, piano (1976, Melodiya) (OCLC 1020286988)
Concertos
  • Concertos pour piano no 1 op.1 et no 2 op. posthume : Malcolm Binns (en), piano ; English Northern Philharmonia, dir. David Lloyd-Jones (octobre 1992, « Romantic piano concerto, 5 » Hyperion CDA66640) (OCLC 29329729) — avec Rimsky-Korsakov, Concerto pour piano et orchestre op. 30.
  • Concerto pour piano no 2, op. posthume : Michael Ponti, piano ; Orchestre Symphonique de Westphalie, dir. Siegfried Landau (1975, Concerto Royale) — avec Liapounov : Rhapsodie ukrainienne pour piano et orchestre.
Musique symphonique
  • Symphonie no 1 : Orchestre Philharmonia, dir. Herbert von Karajan (1949, EMI/Warner)[4] (OCLC 1272347578)
  • Islamey, poème symphonique (orchestration Alfredo Casella) ; Première Polka de Glinka (orchestration Balakirev) : Orchestre de la radio d'URSS, dir. Alexandre Gaouk (1952, Melodiya / Brilliant Classics) — avec Glinka, Khatchatourian, Tchaïkovski, etc.
  • Symphonie no 2 ; Tamara, poème symphonique ; En Bohème, poème symphonique : Orchestre symphonique d'URSS, dir. Evgueny Svetlanov (1977/1978/1983, Melodiya) (OCLC 1020171992)
  • Ouverture espagnole ; Ouverture russe ; Russie, poème symphonique ; Tamara, poème symphonique ; En Tchécoslovaquie, poème symphonique ; Suite pour orchestre ; Le Roi Lear, musique de scène : Orchestre symphonique académique d'URSS, dirigé par Evgueny Svetlanov (1977/83/84, Melodiya)
  • Islamey, poème symphonique (orchestration Sergueï Liapounov) : Orchestre symphonique académique de l'URSS, dir. Ievgueni Svetlanov (1986, Melodiya) — avec Liapounov, Anthologie orchestrale.
  • Symphonie no 1 : Orchestre symphonique philharmonique de Moscou, dir. Kirill Kondrachine (1961, Melodiya) (OCLC 754819917) — avec Kalinnikov, Symphonie no 1.
  • Symphonie no 1 : Orchestre symphonique d'État d'URSS, dirigé par Ievgueni Svetlanov (1974, « Russian archives » Brilliant Classics / Regis RRC 1131) — Avec Rimsky-Korsakov. (OCLC 812926148 et 1004776743)
  • Symphonie no 1 : City of Birmingham Symphony Orchestra, dir. Neeme Järvi (1984, EMI) — avec Liadov, Polonaise pour orchestre.
  • Symphonie no 1 Islamey, poème symphonique ; Tamara, poème symphonique ; Symphonie no 2 ; Russie : Orchestre symphonique d'État de Russie, dirigé par Ivan Golovschin (15-17 avril/2-4 septembre 1993, 2 CD Naxos 8.550792 / 8.550793)[5] (OCLC 1101942792 et 979944715)
Mélodies
  • « Balakirev et le chant populaire russe », 30 Chants russes : Olga Kaliguna, soprano ; Orchestre philharmonique de Moscou, dir. Konstantin Krimets (30 septembre 2004, 17-18 juillet 2006 Toccata Classics TOCC0018)[6] — avec la Grande Fantaisie op. 4 pour piano et orchestre.
  • 14 Mélodies, dont : « Intonation », « Chanson de Selim », « Le Sapin », « L’Aurore », « Chanson hébraïque », etc. — Boris Christoff (basse), Alexandre Tcherepnine (piano), Orchestre des Concerts Lamoureux dirigé par Georges Tzipine, enregistré en 1963/64/67, distribué par EMI, compléments = Mélodies du Groupe des Cinq, de Rachmaninov et de Tchaïkovski

Hommages[modifier | modifier le code]

Sont nommés en son honneur :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Paul Kennedy, « Mili Balakirev (1837-1910) Complete Works for Solo Piano », sur musicweb-international.com, .
  2. (en) Byzantion, « Mili Balakirev (1837-1910) Œuvres complètes pour piano – Volume 1 », sur musicweb-international.com, .
  3. (en) Rob Challinor, « Mili Balakirev (1837-1910) Œuvres complètes pour piano – Volume 6 », sur musicweb-international.com, .
  4. Lors d'une de ses rééditions ce disque a été distingué par Jean-Marie Brohm d'un « 8 » dans le magazine Répertoire no 113, p. 30.
  5. L'enregistrement a été vertement reçu par un petit « 5 » dans le magazine Répertoire no 71, notamment en présence des Svetlanov.
  6. (en) Rob Challinor, « Mili Balakirev (1837-1910) Grand Fantasia on Russian Folksongs op. 4 (1852) / Thirty Songs of the Russian People », sur musicweb-international.com, .
  7. (en) « (6777) Balakirev », dans Dictionary of Minor Planet Names, Springer, (ISBN 978-3-540-29925-7, DOI 10.1007/978-3-540-29925-7_6096, lire en ligne), p. 556–556

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]