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Paul-Gilbert Langevin

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Paul-Gilbert Langevin
Paul-Gilbert Langevin
Fonction
Musicologue (en)
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Père
Mère
Fratrie
Jean Langevin (d)
André Langevin
Madeleine Varloteau (d)
Hélène Solomon-LangevinVoir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Anne-Marie Desbat (d) (épouse)
Paul-Éric Langevin (d) (fils)
Isabelle Langevin (d) (fille)Voir et modifier les données sur Wikidata
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A travaillé pour
Directeur de thèse
Œuvres principales

Paul-Gilbert Langevin, né le à Boulogne-Billancourt et mort le à Paris[1], est un musicologue français.

Origines familiales

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Paul-Gilbert Langevin naît de la relation entre les physiciens Paul Langevin[2] et Éliane Montel, à cette période assistante de Langevin.

Il est le demi-frère d'André Langevin et d'Hélène Solomon-Langevin, issus du mariage de Paul Langevin avec son épouse Jeanne Desfosses.

Des études de physique le conduisent à une profession universitaire[2], mais c'est la musique classique qui devient sa passion notamment à la suite de sa rencontre en 1951 avec le jeune chef d'orchestre Roberto Benzi et à la suite de l'audition de la 7e symphonie d'Anton Bruckner en 1952[2].

Il mène alors de front une carrière d'enseignant en sciences physiques à la Sorbonne puis à l'Université Pierre-et-Marie-Curie et une carrière de chercheur en musicologie.

Le [3], il crée la Société française Anton Bruckner[4], autour de l'œuvre du symphoniste autrichien Anton Bruckner ainsi que de celles des compositeurs classiques européens du XIXe siècle.

La Société française Anton Bruckner est affiliée à la Société internationale Bruckner, fondée à Vienne en 1929, dont elle constitue une filiale, selon l'article IV de ses statuts[5].

On peut reconnaître le travail de transmission effectué à la suite de la création d'associations consacrées à Anton Bruckner, au niveau international en Autriche, comme ce fut aussi le cas aux États-Unis, avec la Bruckner Society of America[6], sans omettre à l'opposé, l'échec de fondation en Belgique et la cessation de l'association française au décès de Paul-Gilbert Langevin en 1986[7].

S'agissant de la Société française, Michel Lancelot, dans son ouvrage Anton Bruckner, l'homme et son œuvre, détaille le rôle important joué par l'association pour la diffusion des œuvres de Bruckner en France[8].

Il ajoute que la mission essentielle de la Société française Anton Bruckner a consisté en l'organisation de concerts « le Quintette en fa (1959 et 1964), le Quatuor en ut mineur (création en France en 1960), la IVe Symphonie (1962, Orchestre Lamoureux) » et surtout à informer les chefs d'orchestre de l’existence des partitions originales au lieu des « arrangements édulcorés » des élèves de Bruckner répandus depuis le début du XXe siècle[9].

La Société française Anton Bruckner édite également la revue L'Harmonie du Monde, dont le titre provenait de l'opéra éponyme de Paul Hindemith. Sa fréquence de publication semble aléatoire, aucune source n'attestant d'une parution régulière, elle cesse de paraître en 1986 à la mort de Langevin.

En 1975, Paul-Gilbert Langevin publie Le Siècle de Bruckner (sous-titré : Essai pour une nouvelle perspective sur les maîtres viennois du second âge d'or), en collaboration avec Gustav Kars et Éric-Paul Stekel.

L'ouvrage concerne les œuvres du compositeur Anton Bruckner et de ses contemporains, à savoir Franz Schubert, Hugo Wolf, Gustav Mahler, Arnold Schönberg, Franz Schmidt, Alban Berg, Anton Webern, Karl Kraus, Alexandre von Zemlinsky, Julius Bittner, Franz Schreker, Erich Wolfgang Korngold, Franz Liszt, etc.

Selon la Bibliographie de la France :

« L'ouvrage est un hommage à l'occasion du cent cinquantenaire d'Anton Bruckner et du centenaire d'Arnold Schönberg, et Franz Schmidt, à l'art musical viennois sous le règne de François-Joseph Ier. À travers les représentants de ce que l'auteur appelle l'Ethno-romantisme viennois, Paul-Gilbert Langevin tente de mettre en évidence la continuité existant entre cette période particulière de l'art danubien et l'époque contemporaine. L'ouvrage se présente donc comme un complément bibliographique, comportant un index et de nombreuses illustrations, dont le fac-simile d'un inédit d'Hugo Wolf. »

— Cercle de la librairie, Bibliographie de la France no 3, 21 janvier 1976, p. 79[10].

En 1977, aux Éditions L'Âge d'Homme, il publie une étude collective intitulée Anton Bruckner, apogée de la symphonie[11].

L'ouvrage est basé sur la thèse de doctorat d'esthétique musicale de Langevin, à l'Université de Vincennes, sous la direction du philosophe et musicologue Daniel Charles, soutenue en 1974 et intitulée : Anton Bruckner, perspective esthétique et étude analytique en relation avec les éditions critiques[12].

La première partie rappelle l'essentiel des éléments biographiques sur le compositeur autrichien, puis s'intéresse à l'apport d'Anton Bruckner à la forme symphonique au double plan de l'histoire et de la morphologie. La deuxième partie est une description des œuvres d'église, de celui qui fut connu comme organiste avant d'être connu comme compositeur. La troisième partie, la partie centrale de l'ouvrage, analyse une à une les symphonies[13], des analyses « où l'étude rigoureuse des formes se double sans cesse d'ouvertures intuitives »[11]. Les autres genres abordés par Anton Bruckner sont évoqués dans la dernière partie. Plusieurs textes complémentaires suivent, d'autres auteurs : Éric-Paul Stekel, Hans-Hubert Schönzeler, Gustav Kars, Edward Neill, Harry Halbreich et Claude-André Desclouds.

Françoise Malettra, dans un article du magazine Diapason exprime son enthousiasme à la parution de l'ouvrage[13] :

« Une documentation unique, une analyse approfondie des onze symphonies qui constituent le noyau essentiel de l’ouvrage et surtout une solide argumentation destinée […] à annuler les innombrables malentendus critiques et polémiques […] il semble bien que le travail de Paul-Gilbert Langevin aura contribué à marquer la fin d'une trop longue « traversée du désert. »

Le journal Le Monde qualifie l'ouvrage de « véritable somme », de « mine de renseignements historiques, bibliographiques, discographiques et critiques »[11].

Dans un article paru dans Acta Musicologica en 1991, François Lesure, cite l'ouvrage parmi ceux des plus importants parus depuis 1958 en France, consacrés à des musiciens étrangers[14]. Le Dictionnaire biographique des musiciens de Theodore Baker et Nicolas Slonimsky, le cite également dans la bibliographie[15].

En 1979 et 1986, Paul-Gilbert Langevin rassemble et adapte les textes publiés dans les numéros collectifs Musiciens de France et Musiciens d'Europe édités par la Revue musicale.

Publications

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Références

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  1. Relevé des fichiers de l'Insee
  2. a b et c « [Présentation de l'auteur] », dans Paul-Gilbert Langevin, Anton Bruckner, apogée de la symphonie, Lausanne, L'Âge d'Homme, (lire en ligne), rabat de couverture.
  3. (de) Anton Bruckner Institut Linz, « Anton Bruckner Chronologie Datenbank », sur abil.at.
  4. « Anton Bruckner et la France », dans Michel Lancelot, Anton Bruckner, l'homme et son œuvre, Seghers, coll. « Musiciens de tous les temps » (no 13), (présentation en ligne).
  5. Anton Bruckner, documents biographiques et analytiques, sur le site wikilivres.org.
  6. (en) « Bruckner Society news and recent events », sur abruckner.com.
  7. Frans C. Lemaire, « Anton Bruckner, hier et aujourd’hui. La fin d’un mythe ? », sur Crescendo-magazine.be, (consulté le ).
  8. Lancelot 1964, p. 170.
  9. Lancelot 1964, p. 171.
  10. Section Nouvelles du livre, publication du dépôt légal, mention de Le Siècle de Bruckner sur Gallica.
  11. a b et c J. L., « Un prodigieux Himalaya spirituel », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  12. « Notice bibliographique. Anton Bruckner, apogée de la symphonie », sur BnF.
  13. a et b Françoise Malettra, « La musique et les livres », Diapason, Paris, no 224,‎ , p. 49 (ISSN 1292-0703).
  14. Jean Gribenski et François Lesure, « La recherche musicologique en France depuis 1958 », Acta Musicologica, vol. 63, no 2,‎ , p. 211–237, 232 (ISSN 0001-6241, OCLC 6733274789, JSTOR 932728, lire en ligne).
  15. Theodore Baker et Nicolas Slonimsky (trad. Marie-Stella Pâris, préf. Nicolas Slonimsky), Dictionnaire biographique des musiciens [« Baker's Biographical Dictionary of Musicians »], t. 1 : A–G, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (réimpr. 1905, 1919, 1940, 1958, 1978), 8e éd. (1re éd. 1900), 4728 p. (ISBN 978-2-221-06787-1), p. 591.
  16. a et b « Langevin, Paul-Gilbert (1933-1986) », sur idref.fr.

Liens externes

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