Bettina von Arnim

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Bettina von Arnim

Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Bettina von Arnim, née Brentano.

Naissance
Francfort-sur-le-Main
Décès
Berlin
Activité principale
Auteur

Bettina von Arnim, comtesse d'Arnim, née Elisabeth Catharina Ludovica Magdalena Brentano le à Francfort-sur-le-Main, morte le à Berlin, est une femme de lettres et une nouvelliste romantique allemande.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bettina von Arnim sur les billets de 5 DM
Bettina von Arnim sur un timbre commémoratif émis à Berlin à l'occasion du 200e anniversaire de sa naissance, d'après une gravure de Ludwig Emil Grimm (de).

La famille Brentano est originaire des bords du lac de Côme, Lombardie, Italie du Nord. Bettina von Arnim est la sœur de Clemens Brentano et l'épouse d'Achim von Arnim, avec lequel elle se marie en 1811. Elle avait pour grand-mère Sophie von La Roche, écrivaine de talent, aimée de Wieland et de Goethe. Elle était l'amie de Karoline von Günderode.

L'une des œuvres les plus connues de Bettina, Échanges de lettres avec un enfant (1835), est un volume de lettres qu'elle échangea avec l'illustre écrivain Johann Wolfgang von Goethe, qu'elle avait connu en 1807, où transparaît une mutuelle romance. Cependant, les originaux de ces lettres ont été découverts après leur mort, et il apparaît que les versions publiées ont été présentées de manière à donner l'apparence d'une relation intime ; les lettres de Goethe avaient un aspect nettement plus formel et impersonnel que les versions que Bettina a publiées. En tout cas, la traduction française a inspiré à Balzac le sujet de Modeste Mignon.

La vie de Bettina von Arnim, particulièrement ses relations avec Goethe, a été analysée tout du long par l'écrivain franco-tchèque Milan Kundera dans son roman L'Immortalité. Étroitement attaché au thème principal de son livre, Kundera a distingué chez Bettina une tentative d'atteindre une célébrité durable par sa propre promotion et à travers la relation avec de grands hommes. Elle a également été une amie de Ludwig van Beethoven dont elle vanta les mérites auprès de Goethe, organisant leur entrevue en juillet 1812.

Séductrice, indépendante et mondaine, Bettina bénéficie d'une réputation de grande épistolaire sensible et passionnée, mais aussi d'égérie socialiste. Tout au long de sa vie, Bettina von Arnim est portée vers les idées socialistes ; elle a écrit au roi de Prusse, rencontré Karl Marx, pris la défense des Juifs et des tisserands de Silésie.

De 1991 jusqu'au , son portrait a été reproduit sur les billets de 5 marks allemands.

Goethe[modifier | modifier le code]

En 1806 commençait une amitié qui devait durer longtemps entre Bettina Brentano et Catharina Elisabeth, la mère de Goethe. Au début le poète n'avait pas répondu aux lettres de Bettina qui lui paraissaient trop enthousiastes. Mais un an plus tard, elle eut pour la première fois la possibilité de rendre visite à Weimar à ce Johann Wolfgang Goethe qu’elle admirait tant. Ce fut le début entre eux d’une correspondance qui devint célèbre après la mort de Goethe sous le titre Goethes Briefwechsel mit einem Kinde (Correspondance de Goethe avec une enfant). En 1811, l'année de son mariage, une querelle publique entre elle et (de) Christiane, l'épouse de Goethe, aboutit à la rupture avec le poète. À l’occasion d’une exposition de peintures de (de) Johann Heinrich Meyer, un ami intime de Goethe, Bettina von Arnim avait parlé dédaigneusement des œuvres de « Kunschtmeyer ». Christiane lui arracha alors les lunettes du nez, et Bettina la traita de « boudin fou ». Goethe interdit dorénavant sa maison à Bettina von Arnim et à son époux. Quand il rencontra le couple un an plus tard à Bad Teplitz, il ne fit même pas attention à eux et écrivit à sa femme : « Quel plaisir d’être débarrassé de ces pensionnaires de maison de fous ! » Et il laissa sans réponse les lettres répétées dans lesquelles Bettina cherchait désespérément à reprendre contact avec lui[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Vue du château de Wiepersdorf, propriété du comte et de la comtesse d'Arnim
  • Échanges de lettres avec un enfant, 1835. Traduction en français par Seb. Albin (Mme Cornu), 1843, d'une lettre sans date, A la mère de Goethe, sur la mort de C. de Günderode, dans Les Romantiques allemands d'Armel Guerne, Desclée de Brouwer, 1956 et 1963 ; rééd. Phébus, 2004.
  • Les Günderode, 1840 (roman sur son amie Karoline von Günderode)
  • Ce livre appartient au Roi, 1843
  • La Couronne printanière de Clemens Brentano, 1844
  • À l'Union nationale prussienne détruite, 1849

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Page sur Bettine von Arnim, publiée par l'université de Cologne

Liens externes[modifier | modifier le code]