Mathieu Kassovitz

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Mathieu Kassovitz est un acteur, scénariste, réalisateur, producteur et monteur de cinéma français, né le à Paris.

En 1995, il reçoit le César du meilleur espoir masculin pour Regarde les hommes tomber. En réalisant La Haine l'année suivante, le film reçoit trois César, dont celui du meilleur film, et du meilleur montage pour Mathieu Kassovitz.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mathieu Kassovitz est le fils de Chantal Rémy, monteuse de films, et de Peter Kassovitz, réalisateur. Sa mère est française catholique et son père français juif d'origine hongroise, ayant quitté Budapest pour Paris en 1956 au moment de l'insurrection de Budapest. Peter joue l'organisateur de la galerie d'art dans le film La Haine de Mathieu. Français, il effectue son service militaire au 4e régiment de dragons de Mourmelon en 1986-1987 en qualité de clairon à la fanfare du régiment[réf. nécessaire].

Mathieu Kassovitz a été marié à l'actrice Julie Mauduech avec laquelle il a joué dans le film qu'il a dirigé Métisse et qui fit une brève apparition dans La Haine (il joue un jeune skinhead qui attaque Hubert et Saïd avec sa bande mais se fait ensuite tabasser par Vinz). Ils ont une fille nommée Carmen. Il eut ensuite deux enfants avec le mannequin Aurore Lagache. Il est en couple depuis 2014 avec Aude Legastelois-Bidé, une jeune actrice de 20 ans sa cadette[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Premières réalisations et révélation critique (1990-1999)[modifier | modifier le code]

Entre 1990 et 1993, parallèlement à sa carrière d'acteur, il réalise trois courts-métrages, Fierrot le Pou, Cauchemar blanc et Assassins.

Son passage au long va être salué par la critique : ses films s'inspirent directement du cinéma de Spike Lee, dont notamment Do the Right Thing (1989) qui va influencer ses deux premiers longs-métrages : après avoir été remarqué pour Métisse en 1993, il crée véritablement l'événement avec La Haine, qu'il écrit et réalise, succès à la fois français et international qui remporte trois Césars (César du meilleur montage, César du meilleur film, César du meilleur producteur) et le prix de la mise en scène au Festival de Cannes 1995. Le film devient culte, et sa portée sociale renforcée avec le temps.

La même année, il décroche le César du meilleur espoir masculin pour sa performance dans Regarde les hommes tomber, première réalisation de Jacques Audiard.

En 1997, Mathieu Kassovitz adapte son court-métrage Assassins... de 1992 en long-métrage avec, en acteurs principaux, lui-même et Michel Serrault qui suscite la polémique au festival de Cannes : pour Michel Serrault dans un rôle froid et méthodique et le thème dérangeant (un tueur veut passer son savoir-faire à un jeune sans emploi). Le film est sifflé par les spectateurs du Festival. Mathieu Kassovitz désigne Assassin(s) comme son film préféré[réf. nécessaire].

Côté acting, en 1998, il porte avec Vincent Cassel Le Plaisir (et ses petits tracas), second film de Nicolas Boukhrief, et en 1999 participe à Jakob le menteur, troisième et dernier film de cinéma de son père, Peter Kassovitz, et mené par la star américaine Robin Williams.

Confirmation commerciale et échecs hollywoodiens (2000-2009)[modifier | modifier le code]

En 2000, il fonde la société de production MNP Entreprise. Il réalise ensuite Les Rivières pourpres, thriller psychologique porté par Jean Reno et Vincent Cassel, qui rencontre aussi un grand succès commercial, et lui permet d'attirer l'attention des studios américains.

Parallèlement, il continue à apparaître dans des films remarqués : en 2001, il confirme son aura internationale en participant au Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, de Jean-Pierre Jeunet, et donne la réplique à Nicole Kidman pour le thriller Nadia, de Jez Butterworth. Et en 2002, il participe au très populaire Astérix & Obélix: Mission Cléopâtre, d'Alain Chabat, et mène l'ambitieux Amen. de Costa-Gavras. Kassovitz y joue le rôle d'un jeune prêtre qui sympathise avec Kurt Gerstein, un officier SS qui a cherché à alerter l'Allemagne et surtout l'étranger sur la Shoah. Les deux films sont acclamés par la critique.

Côté réalisation, au début des années 2000, il travaille sur un projet de film de science-fiction, qu'il voudrait être un équivalent français de 2001, l'Odyssée de l'espace. L'action se déroulerait en partie à bord de la Station spatiale internationale. Afin qu'il puisse utiliser l'Airbus A300 ZERO-G de Novespace pour les séquences en apesanteur, un studio de tournage est installé à proximité de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Le tournage est cependant interrompu.

En 2003, sort finalement Gothika, sa cinquième réalisation, un thriller fantastique porté par la récemment oscarisée Halle Berry, mais aussi Penélope Cruz. Mathieu Kassovitz admettra par la suite qu'il s'agissait de tenter l'aventure hollywoodienne, et d'amasser une partie de l'argent nécessaire à la réalisation d'un projet plus personnel lui tenant à cœur depuis longtemps : Babylon A.D.. Ce film, qu'il a réalisé du 11 décembre 2006 au 11 avril 2008, est l'adaptation de Babylon Babies, roman de l'écrivain Maurice G. Dantec. Il est sorti le . Il est très mal reçu par la critique et échoue au box-office.

Parallèlement, il continue à sélectionner ses projets en tant qu'acteur : en 2005, le thriller historique hollywoodien Munich, de Steven Spielberg, et en 2007, le modeste mais ambitieux film français Louise Michel, de Gustave Kervern et Benoît Delépine.

En octobre 2008, il réalise le clip X&Y de Kery James, interdit aux moins de 18 ans.

En septembre 2009, il est le narrateur du téléfilm documentaire Apocalypse[2].

Le 15 septembre 2009, sur le plateau de Ce soir (ou jamais !), il déclare estimer nécessaire de clarifier des aspects des attentats du 11 septembre 2001, rappelant les arguments de certaines théories du complot[3],[4],[5]. Mathieu Kassovitz est alors très vivement critiqué dans les médias, une chronique d'Europe 1 l'assimilant à « la pire extrême-droite antisémite américaine[6] » ; il réplique en portant plainte pour « diffamation publique » contre plusieurs journalistes[7] ». Le 28 octobre 2009, il participe, accompagné par Jean-Marie Bigard, à un débat en direct sur France 2 dans la troisième partie de l'émission de Guillaume Durand, L'Objet du scandale, pour défendre son point de vue. En , Mathieu Kassovitz obtient la condamnation d'un blogueur, Lilian Massoulier, du Journal du dimanche qui l'avait comparé à Joseph Goebbels. France Info et L'Express, dont les chroniqueurs, Patrice Bertin et Renaud Revel, l'avaient respectivement qualifié de « révisionniste » et comparé à Robert Faurisson, sont par contre relaxés[8].

Retour au cinéma français et premiers rôles (depuis 2011)[modifier | modifier le code]

Mathieu Kassovitz en 2011 à l'avant-première de L'Ordre et la Morale.

En 2011, sort son septième long-métrage L'Ordre et la Morale, qui renoue avec la veine politique de sa première "trilogie".

Le film raconte l'assaut des troupes militaires françaises, après l'assassinat de quatre gendarmes et la prise d'otages de vingt-sept gendarmes mobiles en 1988 par les indépendantistes Kanaks sur l'Île d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, avec lui-même dans le rôle du commandant Philippe Legorjus. La version des évènements décrite par le film a été contestée[9],[10]. Malgré de bonnes réactions dans la presse et parmi les spectateurs, le succès financier du film est mitigé, et l'unique nomination au César pour la meilleure adaptation, lui fait répliquer sur son compte Twitter « J'encule le cinéma français. Allez vous faire baiser avec vos films de merde. »[11].

Kassovitz l'acteur continue à participer à des projets divers : en 2012, il interprète le premier rôle masculin de La Vie d'une autre, première réalisation de Sylvie Testud ; mais participe aussi au thriller d'action américain Piégée, de Steven Soderbergh. Il partage aussi l'affiche du polar Le Guetteur, avec Daniel Auteuil.

L'année suivante, il tient un rôle plus secondaire dans la grosse production Angélique, remake d'Ariel Zeitoun égratigné par la critique et échec commercial. Au début de cette même année, il déclare quitter la France, non pour des raisons fiscales, mais parce qu'il aurait « du mal à continuer de travailler dans un pays qui a enfermé le cinéma », évoquant « une copie conforme d'un modèle américain », et déplorant le fait que « le public ne suit pas »[12].

En 2014 il porte Vie sauvage, un drame de Cédric Kahn acclamé par la critique internationale ; mais également Un illustre inconnu, thriller psychologique écrit et réalisé par l'auteur de pièces de théâtre Matthieu Delaporte, et pour lequel il a pour partenaire Marie-Josée Croze.

Il continue également à officier en tant que narrateur sur la série de documentaires historiques Apocalypse, succès critiques et commerciaux à travers le monde : avec en 2011, Apocalypse, Hitler, et en 2014, Apocalypse, la Première Guerre mondiale, toujours réalisés par Isabelle Clarke et Daniel Costelle.

En 2015, c'est d'ailleurs vers la télévision qu'il se tourne pour ses nouveaux rôles : avec Le Bureau des légendes, série historique et politique mise en scène par Eric Rochant, puis pour Guerre et Paix (en), mini-série de la BBC, réalisée par Tom Harper. Puis il est de nouveau narrateur pour le documentaire Apocalypse : Staline.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Long métrage[modifier | modifier le code]

Court métrage[modifier | modifier le code]

Autre[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Monteur:

1995: La Haine de Mathieu Kassovitz

1997: Assasins de Mathieu Kassovitz

2011: L'Ordre et la Morale de Mathieu Kassovitz

Narrateur[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Mathieu Kassovitz amoureux : Il officialise avec sa charmante compagne »,‎ (consulté le 15 juillet 2015)
  2. « L'Apocalypse selon Mathieu Kassovitz », sur le site de Paris Match.
  3. « Mathieu Kassovitz doute de la "version officielle" du 11 septembre », Libération du 17 septembre 2009 (consulté le 28 septembre 2009)
  4. 11 septembre : Kassovitz débloque, et Revel aussi , Marianne, 17 septembre 2009.
  5. Marin Karmitz, également présent sur le plateau, déclare : « Moi, je pense que le conspirationnisme débouche sur quelque chose d'extrêmement grave, c'est le négationnisme, le négationnisme c'est-à-dire les gens qui disent : « les chambres à gaz n'ont pas existé ». Bon. On est dans cette filiation et c'est extraordinairement dangereux », Le grand direct des médias sur Europe 1 de Jean-Marc Morandini, Chronique de Frédéric Bonnaud, 16 septembre 2009.
  6. Frédéric Bonnaud, op. cit. à 3:40 : « c'est la pire extrême-droite antisémite américaine qui est la plus grande partisane de cette théorie du complot ».
  7. Zineb Dryef, « Comparé à Faurisson et Goebbels, Kassovitz porte plainte », publié le 26 septembre sur le site Rue89.
  8. Un blogueur du JDD condamné pour injure publique envers Kassovitz, Le Point, 15 novembre 2011.
  9. « 'ouvé20111201.html Le grand témoin d'Ouvéa », Valeurs actuelles du 17 novembre 2011.
  10. « Derrière « L'Ordre et la Morale », les secrets d'Ouvéa », armees.com du 19 novembre 2011.
  11. Mathieu Kassovitz "encule le cinéma français"
  12. Mathieu Kassovitz quittera aussi la France, mais "pas pour raisons fiscales"

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Conférence[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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