José Corti

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rue de Médicis

José Corti, né José Corticchiato (1895-1984), était un éditeur spécialisé dans la publication des œuvres dadas et surréalistes. La maison d'édition qu'il a créée, en 1925, porte son nom.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1925, José Corti fonde les Éditions Surréalistes et publie des ouvrages notamment de Louis Aragon, André Breton et Paul Éluard. Puis il crée la maison d'édition qui porte encore aujourd'hui son nom et publie Salvador Dalí, La Métamorphose de Narcisse, en 1937 et le premier roman de Julien Gracq, Au château d'Argol, en 1938.

José Corti est également l'éditeur de livres de Gaston Bachelard, d'Albert Béguin, et d'universitaires (Georges Blin, Marcel Raymond, Jean Rousset, Charles Mauron, Gilbert Durand qui publièrent chez Corti des éditions d'Honoré de Balzac, Charles Baudelaire, etc).

Sa librairie et maison d'édition, d'abord établie au 6, rue de Clichy à Paris, s'installe définitivement en 1935 au 11, rue de Médicis. C'est dans ce magasin que José Corti travaillait, face à la porte d'entrée.

Le drame d'une vie[modifier | modifier le code]

Le drame de la vie de José Corti qu'il évoque dans ses Souvenirs désordonnés, (Éditions José Corti, 1983), est la disparition de son fils unique de dix-neuf ans, mort dans un camp de concentration en Allemagne en 1944. José Corti explique ainsi les origines de cette tragédie: l'ingénieur et intellectuel François Le Lionnais était arrivé chez lui à Paris en 1944 sous le couvert d'activités pour la revue Les Cahiers du Sud, recommandé par son fondateur Jean Ballard. Il s'était grossièrement accaparé de sa librairie, y avait reçu sans précaution beaucoup de résistants, s'y était fait adresser son courrier et par son amateurisme criard et insensé avait attiré l'attention de la Gestapo sur la maison Corti. L'épouse de José Corti a ainsi été arrêtée, envoyée en camp de concentration d'où elle a pu revenir. Quant à leur fils, dix-neuf ans, il a été arrêté également, interné à Fresnes[1] et envoyé en camp de concentration où il est mort. (José Corti raconte même comment, un jour, après la guerre, dans un esprit de vengeance, il manqua de peu de poignarder Le Lionnais, mais lui laissa la vie sauve).
Avec sa femme, revenue de camp de concentration, José Corti se convertit au catholicisme après la guerre.

Une maison engagée[modifier | modifier le code]

La maison d'édition José Corti s'engage, sous l'Occupation, dans la publication de textes clandestins (à l'instar des Éditions de Minuit, par exemple). Elle publie de nombreux textes poétiques après la guerre, ainsi que des travaux universitaires parmi les plus novateurs et des rééditions d'auteurs peu connus voire oubliés (Radcliffe).

L'auteur le plus connu de José Corti, Julien Gracq (Le Rivage des Syrtes, prix Goncourt 1951, refusé par l'auteur), reflète assez bien l'esprit qui règne sur cette maison d'édition : efforts pour la recherche littéraire plus que pour les gros profits (tirages initiaux rarement très importants) et engagement dans des voies plus ou moins risquées.

Inscrite au-dessus et au-dessous d'une rose des vents - rappel d'une filiation de navigateurs- (frappée en son centre des initiales J.C.), la devise des éditions José Corti, « Rien de commun », renvoie à l'époque de la naissance de la maison où les tirages étaient confidentiels et à l’engagement de la maison. Elle a une deuxième signification : José Corti aurait voulu, sous l'Occupation, montrer de manière implicite que sa maison d'édition n'avait « rien de commun » avec les occupants allemands.

José Corti a raconté son parcours dans son livre Souvenirs désordonnés.

Corti après Corti[modifier | modifier le code]

Après la mort de son fondateur en 1984, la maison d'édition « José Corti » poursuit son activité sous la direction de Bertrand Fillaudeau et de Fabienne Raphoz (depuis 1996). Tout en conservant l'esprit de la maison, Bertrand Fillaudeau ouvre le catalogue à de nouveaux auteurs (Éric Faye, Ghérasim Luca, Georges Picard) et crée deux nouvelles collections : « Ibériques » et « En lisant en écrivant », du nom de l'essai de Julien Gracq (1980). Cette collection regroupe des essais d'écrivains sur la relation qu'ils entretiennent avec l'écriture et la lecture. Fabienne Raphoz crée la collection « Merveilleux », la "série américaine" et accueille de nouveaux auteurs (Caroline Sagot Duvauroux, Tatiana Arfel...)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Souvenirs désordonnés, Éditions José Corti, 1983 et 2010
  • Provisoirement définitif, Éditions José Corti, 1992

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in Souvenirs désordonnés, José Corti raconte qu'il a sollicité l'intervention de plusieurs célébrités de l'époque qui étaient plus ou moins en contact avec les Allemands : Jean Paulhan, Jean Cocteau, Jacques Benoist-Méchin, Angelo Chiappe... et qu'aucune de ces personnalités n' a voulu ou pu intervenir, n'est intervenue ou n'a obtenu satisfaction.

Liens externes[modifier | modifier le code]