Jour du jugement

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Le Jour du Jugement dernier (ou Jour de la Résurrection ou Jour du Seigneur ou encore Jour de la Rétribution) est, selon les religions monothéistes, le jour où se manifestera aux humains le jugement de Dieu sur leurs actes et leurs pensées.

Le devenir des damnés et des justes n'est pas le même selon tous les textes. Selon la Bible, la résurrection des morts est un préalable au jugement par Dieu, qui aura lieu le même jour pour tous.

Jours de jugement de l'ancien temps[modifier | modifier le code]

  • Jugement et déchéance de Satan

Par sa rébellion de ne s'être pas incliné à la ressemblance divine et avoir voulu influencer les autres anges à se rebeller contre Dieu, Satan subit une rétrocession de grade, passant de l'état d'ange lumineux à l'état d'esprit ténébreux en raison de sa convoitise du pouvoir suprême et de son orgueil démesuré. Il est chassé de sa demeure parmi les anges célestes et jeté dans le shéol ou enfer au milieu des flammes de feu - puisqu'il avait été créé de feu céleste, maintenant confiné au feu terrestre. Plusieurs chroniques le mentionnent[1] et la tradition le colporte ainsi : « Dieu retira d’eux la beauté dont ils avaient été revêtus : satan devint un réprouvé d’effrayant aspect et ses suivants des vilains[2]. »

  • Jugement et malédiction d'Adam*

Par sa rébellion d'avoir mangé du fruit qui lui était défendu, Adam est expulsé de la terre d'Éden pour être refoulé sur une terre infertile qui se travaille difficilement et avec beaucoup d'épreuves[3], entrainant à sa suite tous ses subordonnés. « On entendit l’ange Gabriel souffler la trompette pour convoquer tous les anges et dire : Venez descendre avec le Seigneur au jardin écouter le jugement par lequel il va juger Adam[4]. »

  • Jugement des anges déchus, mort des géants et déluge contre les humains

Par la rébellion des anges d'avoir abandonné leur demeure céleste et cohabiter avec les femmes pour engendrer des géants, Azazel et ses anges sont emprisonnés dans la terre à perpétuité (géhenne, enfer). Leurs enfants géants moururent en se combattant les uns les autres et tous les humains qui transgressèrent avec eux furent détruits par le déluge, c'est-à-dire toutes les générations de Cain et les générations de Seth qui se sont détournées des ordres divins. « Et le Seigneur dit à Raphæl : Attache pied et main d’Azazel et mets-le dans le noir : fais une ouverture au désert de Dudael et mets-le dedans. Mets sur lui des pierres rugueuses et acérées et couvre-le de noir pour qu’il y reste à toujours : couvre sa face pour qu’il ne voie pas la lumière. Et au grand jour du jugement il sera jeté au feu[5]. »

  • Jugement contre la tour de Babel et division des langues (72)

Par la rébellion des hommes de vouloir échapper à la justice de Dieu (trop sévère pour eux), les descendants de Japhet, Shem et Cham, fils de Noé, se construisirent une tour que les eaux ne pourraient jamais surmonter. « Allons descendre et confondre leur langage pour qu’ils ne puissent comprendre la langue de l’autre et qu’ils se dispersent dans les villes et les nations et qu’un même objectif ne les lie plus jusqu’au jour du jugement[6]. »

Le Jugement dernier dans les textes sacrés[modifier | modifier le code]

Selon le Judaïsme[modifier | modifier le code]

Dans le judaïsme il existe deux choses : le jugement dernier dont parle le Livre de Daniel ( 7.6 Puis viendra le jugement, et on lui ôtera sa domination, qui sera détruite et anéantie pour jamais.) et Yom Hadin, le jour de la fête annuelle de Roch Hachana.

Dans la Torah il est écrit à propos du Jour du Seigneur (de YHWH : יוֹם-יְהוָה, Ésaïe 13.6, 13.9, Joël 1.15, 2.1, 2.11, 3.4, 4.14, Amos 5.18, 5.20, Abdias 1.15, Sophonie 1.7, 1.14, Malachie 3.23) , par exemple en Ésaïe 13.9 : Oui, il arrive implacable, le jour du Seigneur, jour d'emportement et de violente colère, qui réduira la terre en solitude et en exterminera les criminels.

Certains midrachim (récits allégoriques) parlent de Yom HaDin, décrivant Dieu siégeant sur Son trône, tandis que les livres contenant les actes de toute l'humanité sont ouverts pour « révision », et que chacun passe devant Lui pour évaluation de ses actes. [réf. souhaitée]

Selon le Christianisme[modifier | modifier le code]

Le jugement dernier, monastère de Voroneţ, Bucovine.

Le jugement dernier pour les chrétiens est à distinguer du jugement particulier de l'âme après la mort[7]. En effet, les actions d'une âme ne s'arrêtent pas nécessairement au moment de la mort physique[8].

Jésus de Nazareth a mentionné un jour de jugement, à propos des Judéens qui refuseraient d'entendre la nouvelle relative au Royaume de Dieu : Le sort de la ville de Sodome sera plus supportable au 'jour de jugement' que celui de cette ville. (Matthieu 10:15). Dans le Nouveau testament, il est écrit aussi du jour du seigneur, (1Cor 5:5, 2Cor 1:14, 1The 5:2, 2Pie 3:10, Apoc 1:10,1 Thim 3). Ainsi dans la deuxième épître de Pierre on peut lire : Or, le jour du Seigneur viendra comme un larron dans la nuit ; en ce temps-là les cieux passeront avec fracas, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre, avec les œuvres qui sont en elle, sera entièrement brûlée.

Ce jour du Seigneur correspond au chapitre 20 de l'apocalypse, jour où le dragon, qui est le diable et Satan sera jeté dans l'étang de feu avec l'antéchrist. Ce jour-là la terre disparaît et les hommes sont jugés : Puis je vis un grand trône blanc, et celui qui y était assis. La terre et le ciel s'enfuirent de devant sa face, et leur place ne se retrouva plus. Je vis aussi les morts, grands et petits, qui se tenaient devant Dieu ; et les livres furent ouverts. On ouvrit aussi un autre livre, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans les livres.

La tradition chrétienne occidentale fixe symboliquement le jour du jugement le 25 mars qui correspond à la fête de l'Annonciation[9].

Selon l'Islam[modifier | modifier le code]

Dans le Coran, il est écrit Yawm al-dyn (arabe: يَوْم الدِّينِ: "Jour du Jugement", ou Jour de la Rétribution), (versets 1.4, 15.35, 26.82, 37.20, 38.78, 51.12, 56.56, 70.26, 74.46, 82.17, 82.18, 83.11), par exemple dans la 26e sourate on peut lire : et c'est de Lui que je convoite le pardon de mes fautes le Jour de la Rétribution.

En plus de Jour du Jugement, il est écrit Yawm al-Qiyāmah (arabe: يوم القيامة: "Jour de la résurrection")[10].

82. Sourate de la Fissure (Al-Infitâr) Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

[1] Lorsque le ciel se déchirera, [2] que les astres se disperseront, [3] que les mers déborderont [4] et que les tombeaux seront bouleversés, [5] toute âme saura alors ce qu’elle aura accompli et ce qu’elle aura omis. [6] Ô homme ! Qu’est-ce qui te fait douter de la magnanimité de ton Seigneur [7] qui t’a créé, t’a constitué, t’a modelé avec harmonie, [8] suivant la forme qu’Il a bien voulu te donner ?

[9] Loin de L’en louer, vous traitez de mensonge le Jugement dernier, [10] alors que vous êtes constamment surveillés [11] par de nobles scribes (Anges) [12] qui sont au courant de tout ce que vous faites ! [13] En vérité, les hommes pieux baigneront dans les délices [14] et les impies seront livrés à la Fournaise, [15] dont ils subiront, le Jour du Jugement dernier, les supplices, [16] sans jamais pouvoir y échapper. [17] Et qui te donnera une idée du Jugement dernier ? [18] Oui, qui te donnera une idée du Jugement dernier ? [19] Ce sera le jour où nulle âme ne pourra intervenir en faveur d’une autre âme, car, ce jour-là, toute décision appartiendra à Dieu.

Représentation dans la sculpture[modifier | modifier le code]

Abbatiale Sainte-Foy de Conques - Le tympan représentant le Jugement dernier.

Tympans gothiques[modifier | modifier le code]

De nombreux tympans gothiques sont ornés de sculptures du Jugement dernier, comme le tympan central de la façade ouest de la cathédrale Notre-Dame de Paris, où le Christ assis est flanqué d'anges portant les Instruments de la Passion.

Représentation dans la peinture[modifier | modifier le code]

Fresques chrétiennes[modifier | modifier le code]

Fresque du Jugement dernier à l'intérieur de l'église de Sillegny.

Le thème du Jugement dernier n'apparaît guère avant le XIe siècle (le premier exemplaire connu à ce jour fait partie du cycle de fresques carolingiennes (début du IXe siècle) du monastère Saint-Jean de Müstair, en Suisse) et n'occupe la première place qu'au XIIIe siècle. En Occident, on le trouve d'abord au revers des façades, comme un avertissement aux fidèles. Puis il occupe les rosaces occidentales, c'est-à-dire celles dominant les portails d'entrée de la façade principale des églises orientées (comme à la cathédrale de Chartres ou à la cathédrale de Laon, etc.). Il arrive ensuite sur les tympans (le prototype est le tympan de Beaulieu en Dordogne), d'abord des portes latérales, puis du portail occidental. Il a une fonction pédagogique.

Dans le monde orthodoxe, il est représenté par exemple sur les fresques extérieures des monastères, comme au monastère de Bucovine en Roumanie.

À la Renaissance[modifier | modifier le code]

Plusieurs peintres se sont emparés de ce thème dans des tableaux rassemblant plusieurs centaines de personnages :

À l'époque moderne[modifier | modifier le code]

Lucien Le Guern (1914-1981), frère convers dominicain et peintre naïf, a réalisé de nombreux tableaux monumentaux sur ce thème.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Icône russe du XVIIIe siècle (région de la Volga) représentant le Jugement dernier.
  1. Voir Éblis (p. 75), Chroniques de Tabari, Vol.1, par Zoterberg ; Chronographia, Corpus Scriptorum Historia Bizantinae, Vol.1, de Georgii Syncelli 1829 ; Testament of Adam | Patrologia Syriaca, par Kmosko ; Adamis apokrip'uli P’ilologiuri Dziebani, du géorgien K'urc'ikidze 1964 (trad. Mahé 1981, Book of Adam) ; voir aussi, réponse de Satan (p. 5), Livre d'Adam | Testament des Patriarches, 2e éd. (trad. anglais, The Penitence of Adam, par Stone M.E.).
  2. Évangile de Barnabé, chap. 35
  3. Génèse chap. 3, versets 9 à 24.
  4. Livre d'Adam (p. 11) | Testament des Patriarches, 2e éd.
  5. Le Livre de Hénoc, 2e éd. chap.10, publié par Filbluz Éd.
  6. Le Livre des Jubilés, chap.10
  7. Père Nathanaël Pujos, « Que se passe-t-il au moment de la mort? », sur http://questions.aleteia.org (consulté le 28 avril 2016).
  8. « Bien que la mort fixe la vérité définitive de tel homme, il y aura quelque chose de nouveau quand le monde cessera de souffrir de toute faute, quand donc, pour ainsi dire, toutes les conséquences des actes de cet homme seront tirées, quand sa place dans l’ensemble sera enfin définitivement fixée. Ainsi, pour l’individu, la fin de tout n’a rien d’extérieur à lui, c’est au contraire une réalité qui le touche au plus intime de lui-même », La mort et l'au-delà : Court traité d'espérance chrétienne, Joseph Ratzinger, p.214.
  9. Philippe Rouillard, Les fêtes chrétiennes en Occident, Éditions du Cerf, , p. 48
  10. voir (74:38) et Al-Qiyâmah, 75e sourate

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le jugement des morts. Égypte ancienne, Asour, Babylone, Iran, islam, Inde, Chine, Japon, Israël, Seuil, 1961.
  • Y. Christe, Le Jugement dernier, La Pierre qui Vire, 2000.
  • Xavier Kawa-Topor, Conques : le tympan, Toulouse, Le Pérégrinateur éditeur, 1997.
  • Joseph Ratzinger, La mort et l'au-delà : Court traité d'espérance chrétienne, Fayard, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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