La Nonne sanglante

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La Nonne sanglante
Description de cette image, également commentée ci-après
Charles Gounod en 1859
Genre Opéra
Nbre d'actes 5
Musique Charles Gounod
Livret Eugène Scribe
Germain Delavigne
Langue
originale
français
Dates de
composition
de 1852 à 1854
Création
salle Le Peletier, Paris

Versions successives

  • 1854 : Création à Paris

Personnages

Le comte Ludorf, son fils Rodolphe, le baron Moldaw, Pierre l'Ermite Agnès, Arthur, serviteur de Rodolphe, la nonne sanglante

La Nonne sanglante est un opéra en cinq actes de Charles Gounod, livret de Eugène Scribe et Germain Delavigne, créé à Paris à la salle Le Peletier le . Onze représentations ont eu lieu entre octobre et novembre 1854. L'Opéra de Paris traversait une période de crise et l'accueil mitigé qu'a reçu l'œuvre a contribué au limogeage de son directeur Nestor Roqueplan, qui est alors remplacé par son adversaire, François-Louis Crosnier. Celui-ci a immédiatement fait cesser les représentations de La Nonne sanglante, estimant que "pareilles ordures" ne seraient plus tolérées[1].

Aux origines de l’œuvre[modifier | modifier le code]

L’adaptation à l’opéra du thème de La Nonne sanglante a été envisagée par plusieurs compositeurs, dont Giuseppe Verdi et Hector Berlioz, qui abandonna le projet ébauché entre 1841 et 1847[2].

Eugène Scribe sollicite plusieurs compositeurs ensuite avant de convaincre Charles Gounod, qui a jusqu'alors composé un seul opéra: Sapho

Argument[modifier | modifier le code]

L’argument de La Nonne sanglante provient d’une légende allemande du Moyen Âge. Le livret s’inspire librement des versions qu’en ont données Matthew Gregory Lewis dans Le Moine (1796) et Charles Nodier ou Eugène Scribe au XIXe siècle.

Acte I[modifier | modifier le code]

Au 11e siècle en Bohème, un conflit héréditaire oppose les familles Moldaw et Luddorf. L’union étant nécessaire dans la perspective d’un départ aux croisades, l’ermite Pierre obtient des deux seigneurs qu’ils s’allient par le mariage de leurs enfants : Théobald de Luddorf épousera Agnès de Moldaw. Les seigneurs et leurs suites entrent célébrer le projet dans le château de Moldaw. Or Agnès et Rodolphe, le cadet des Luddorf, s’aiment. Ils profiteront de l’apparition rituelle du fantôme de la Nonne sanglante, pour s’enfuir. Rodolphe tenant tête à son père, il est chassé du château.

Acte II[modifier | modifier le code]

Au cœur de la nuit, tandis que son page Arthur prépare sa fuite, Rodolphe guette Agnès. A la femme voilée qui descend l’escalier, il jure une fidélité éternelle avant de l’emmener dans le château abandonné de ses ancêtres. Or à leur arrivée, les ruines se raniment, un riche banquet apparaît, les fantômes des aïeux prennent place à table : la femme voilée n’est autre que la Nonne sanglante qui entend à présent épouser Rodolphe.

Acte III[modifier | modifier le code]

Rodolphe a trouvé refuge chez des paysans mais reste hanté, chaque soir à minuit, par la Nonne sanglante qui réclame son dû. Le page Arthur vient lui annoncer que son frère aîné est mort au combat. Rodolphe pourrait maintenant épouser Agnès, n’était le serment qui le lie au fantôme. Or la malédiction de la Nonne ne sera levée qu’à la mort du meurtrier dont elle fut la victime. Il s’engage à le tuer lorsqu’elle le lui désignera.

Acte VI[modifier | modifier le code]

Sur le point d’épouser Agnès, en pleine fête nuptiale, Rodolphe voit paraître la Nonne sanglante, invisible aux yeux des autres. Elle lui désigne son propre père, le comte de Luddorf. Epouvanté, Rodolphe quitte la cérémonie, ce qui ranime l’animosité des Moldaw à l’égard des Luddorf : le mariage est suspendu, la vieille querelle renaît.

Acte V[modifier | modifier le code]

Près de la tombe de la Nonne sanglante, le comte de Luddorf bourrelé de remords est prêt à payer de ses crimes pour sauver son fils. Il surprend un projet de guet-apens des Moldaw à l’égard de Rodolphe, puis entend la confession de Rodolphe à Agnès : maudit par la Nonne, incapable de tuer son père, il veut s’exiler à jamais. Emu, le père se jette dans le piège tendu à son fils. Frappé à mort, il meurt sur la tombe de la Nonne qui implore pour elle pour lui la clémence de Dieu, et délivre enfin Rodolphe de ses vœux.

Création[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Rôle Tessiture Distribution lors de la première, le 18 octobre 1854
(Chef d'orchestre: - )
Le comte Ludorf basse Jean-Baptiste Merly
Le baron Moldaw basse Jacques-Alfred Guignot
Pierre l'Ermite basse Jean Depassio
Rodolphe, fils de Ludorf ténor Louis Guéymard
Agnès, fille de Moldaw soprano Anne Poinsot
La nonne sanglante mezzo-soprano Palmyre Wertheimber
Arthur, serviteur de Rodolphe soprano Marie-Dussy
Vassaux, soldats, invités au mariage, paysans, chevaliers, fantômes

Costumes[modifier | modifier le code]

Guémart dans le rôle de Rodolphe, fils de Ludorf

Numéros musicaux[modifier | modifier le code]

Composition de l'orchestre[modifier | modifier le code]

Principales représentations dans le monde[modifier | modifier le code]

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

CPO Osnabrücker Symphonieorchester Direction Hermann Bäumer-Marco Vassali-Genadius Bergorulko-Yoonki Baek-Natalia Atmanchuk-Iris Marie Kotzian-Frank Färber-Eva Schneidereit. 2008.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andrew Gann, 'Théophile Gautier, Charles Gounod, and the massacre of La Nonne sanglante, Journal of Musicological Research 13, no. 1-2 (1993), 49-66. Voir aussi Anne Williams article re[Quoi ?] La Nonne sanglante : Stephen Huebner, The Operas of Charles Gounod (Clarendon Press, Oxford 1990)
  2. « J’écris une grande partition en quatre actes sur un livret de Scribe intitulé La Nonne sanglante. Il s’agit de l’épisode du Moine de Lewis, que vous connaissez ; je crois que cette fois, on ne me plaindra pas du défaut d’intérêt de la pièce… » Berlioz, Lettre du 3 octobre 1841 Hervé Lussiez, « Berlioz. Les opéras avortés », sur ForumOpéra.com (consulté le 4 mars 2011)
  3. « La Nonne sanglante », Opéra Comique,‎ (lire en ligne)