Maurice Ravel
Bibliothèque nationale de France.
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Joseph Maurice Ravel |
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À partir de |
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Famille Ravel (d) |
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Pierre-Joseph Ravel (en) |
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Marie Ravel (d) |
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Édouard Ravel (d) |
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Alfred Perrin (d) (cousin germain) Marc Perrin (d) (cousin au second degré) Édouard John Ravel (oncle) |
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Le Belvédère (depuis ) |
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Gabriel Fauré, Santiago Riera (d), Eugène Anthiome, Charles-René, Émile Pessard, Charles Wilfrid de Bériot, André Gedalge, Henri Ghys (en) |
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Maurice Ravel est un compositeur français né à Ciboure le et mort à Paris 16e le .
Avec son aîné Claude Debussy, Ravel fut la figure la plus influente de la musique française au début du XXe siècle. Son œuvre, modeste en quantité (quatre-vingt-six œuvres originales, vingt-cinq œuvres orchestrées ou transcrites), est le fruit d'influences variées s'étendant de Couperin et Rameau jusqu'aux couleurs et rythmes du jazz, dont celle, récurrente, de l'Espagne.
Caractérisée par sa grande diversité de genres, la production musicale de Ravel respecte dans son ensemble la tradition classique et s'étale sur une période créatrice de plus de quarante années qui la rendent contemporaine de celles de Fauré, Debussy, Stravinsky, Prokofiev, Bartók ou Gershwin. La grande majorité de ses œuvres a intégré le répertoire de concert. Parmi celles-ci le ballet symphonique Daphnis et Chloé (1909-1912), le Boléro (1928), les deux concertos pour piano et orchestre pour la main gauche (1929-1930) et en sol majeur (1929-1931) et l’orchestration des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1922) sont celles qui ont le plus contribué à sa renommée internationale. Reconnu comme un maître de l’orchestration et un artisan perfectionniste, cet homme à la personnalité complexe ne s'est jamais départi d'une sensibilité et d'une expressivité qui, selon Le Robert, lui firent évoquer dans son œuvre à la fois « les jeux les plus subtils de l’intelligence » et « les épanchements les plus secrets du cœur ».
Biographie
1875 - 1900 : l’apprentissage
Une enfance heureuse


Maurice Ravel naît le [1], dans la maison Estebania, quai de la Nivelle[N 2] à Ciboure, près de Saint-Jean-de-Luz, dans les Basses-Pyrénées. Son père, Joseph Ravel (1832–1908), d'ascendance suisse et savoyarde[N 3], est un ingénieur renommé qui travaille notamment à la construction de lignes de chemin de fer et dans l'industrie automobile et étend les recherches d'Étienne Lenoir sur les moteurs à explosion. Sa mère, née Marie Delouart (1840–1917), femme au foyer après avoir été modiste, est née à Ciboure d'une famille établie dans ce village depuis au moins le XVIIe siècle[3]. Son frère Édouard (1878–1960) est ingénieur. Maurice entretiendra toute sa vie de forts liens affectifs avec lui[4]. En , la famille Ravel se fixe définitivement à Paris[5]. La légende qui veut que l’influence de l’Espagne sur l’imaginaire musical de Maurice Ravel soit liée à ses origines basques est donc exagérée, d’autant que le musicien ne retourne pas au Pays basque avant l’âge de vingt-cinq ans. En revanche, il revient par la suite régulièrement à Saint-Jean-de-Luz et ses environs pour y passer des vacances ou travailler.
L’enfance de Ravel est heureuse. Ses parents, attentionnés et cultivés, familiers des milieux artistiques, savent très tôt éveiller son don musical et encourager ses premiers pas. Maurice commence l’étude du piano à l’âge de six ans sous la férule du compositeur Henry Ghys (1839-1908) et reçoit en 1887 ses premiers cours de composition de Charles-René — harmonie et contrepoint[6]. Le climat artistique et musical prodigieusement fécond de Paris à la fin du XIXe siècle ne peut que convenir à l’épanouissement de l'enfant qui, cependant, au désespoir de ses parents et de ses professeurs, reconnaît plus tard avoir joint à ses nombreuses dispositions « la plus extrême paresse »[7]. Dans son Esquisse autobiographique, le compositeur note : « Tout enfant, j’étais sensible à la musique — à toute espèce de musique. Mon père, beaucoup plus instruit dans cet art que ne le sont la plupart des amateurs, sut développer mes goûts et de bonne heure stimuler mon zèle[N 4] ».
Un avenir prometteur

Entré au Conservatoire de Paris en [12], Ravel est l'élève de Charles de Bériot et se lie d'amitié avec le pianiste espagnol Ricardo Viñes, qui devient l’interprète attitré de ses meilleures œuvres et avec qui il rejoint plus tard le cercle des Apaches[13]. Enthousiasmé par la musique de Chabrier et de Satie, admirateur de Mozart[N 5],[N 6],[N 7],[N 8],[N 9],[N 10], Saint-Saëns, Debussy et du Groupe des Cinq, influencé par la lecture de Baudelaire, Poe, Condillac, Villiers de L'Isle-Adam et surtout de Mallarmé, Ravel manifeste précocement un caractère affirmé et un esprit musical très indépendant. Ses premières compositions, particulièrement Ballade de la reine morte d'aimer (1893), Sérénade grotesque (1893), Menuet antique (1895), ou les deux Sites auriculaires (1895 et 1897) en témoignent : elles sont déjà empreintes d'une personnalité et d’une maîtrise telles que son style ne change que peu par la suite[réf. nécessaire].
En 1897, Ravel entre dans la classe de contrepoint d'André Gedalge, et Gabriel Fauré devient son professeur de composition ; deux maîtres dont il reçoit l'enseignement avec comme condisciple Georges Enesco. Fauré juge le compositeur avec bienveillance, saluant un « très bon élève, laborieux et ponctuel » et une « nature musicale très éprise de nouveauté, avec une sincérité désarmante »[28]. Les deux artistes entretiendront toute leur vie une grande estime l'un pour l'autre. Fauré introduit son élève dans le salon de madame de Saint-Marceaux[29], qui aime découvrir de jeunes talents et chez laquelle il joue régulièrement ses œuvres, dont certaines en première audition privée[N 11],[N 12],[32]. À la fin de ses études, Ravel compose une ouverture symphonique pour un projet d'opéra baptisé Shéhérazade — ouverture créée en sous les sifflets du public, à ne pas confondre avec les trois poèmes de Shéhérazade pour voix de femme et orchestre datés de 1903 —, et la célèbre Pavane pour une infante défunte qui reste une de ses œuvres les plus jouées, même si son auteur ne l'estimait pas beaucoup[N 13].
À la veille du XXe siècle, le jeune Ravel était déjà un compositeur reconnu. Pourtant, son accession à la célébrité n’allait pas être chose aisée. L’audace de ses compositions et son admiration proclamée pour les « affranchis » Chabrier et Satie allaient lui valoir bien des inimitiés parmi le cercle des traditionalistes.
1900 - 1918 : la grande période


Prix de Rome : « l'affaire Ravel »
Le compositeur essuie ainsi cinq échecs au prix de Rome sur fond de querelle entre académisme et tendances avant-gardistes. Éliminé au concours d'essai en 1900, Ravel n'obtient qu'un deuxième Second Grand prix en 1901[34] (derrière André Caplet et Gabriel Dupont) pour sa cantate Myrrha inspirée du Sardanapale de Lord Byron, malgré les éloges de Saint-Saëns selon qui le compositeur parait « appelé à un sérieux avenir »[35]. C'est la seule récompense obtenue par Ravel, qui échoue de nouveau en 1902 (cantate Alcyone d'après Les Métamorphoses d'Ovide) et en 1903 (cantate Alyssa sur un texte de Marguerite Coiffier) avant d'être rejeté dès l'épreuve préparatoire en 1905, son âge lui interdisant toute tentative ultérieure[N 14]. Ce dernier échec pose ouvertement la question de l'impartialité du jury où siège Charles Lenepveu, professeur des six concurrents admis en loge[N 15],[N 16],[N 17],[N 18], et suscite, par-delà le cercle de ses premiers défenseurs, un courant d'indignation en faveur de Ravel[N 19],[N 20]. La nomination de Gabriel Fauré à la direction du Conservatoire de Paris en , en remplacement de Théodore Dubois, démissionnaire[N 21], ouvre la voie à une lente réforme du prix de Rome[45]. Ce que certains périodiques appellent « l’affaire Ravel » contribue à faire connaître le nom du musicien[N 22].
Premiers chefs-d’œuvre
Ses déboires au prix de Rome n'empêchent pas Ravel d'affirmer dès 1901 sa personnalité musicale avec les Jeux d’eau pour piano, pièce d'inspiration lisztienne qui, la première, lui vaut l'étiquette de musicien impressionniste. Très tôt et longtemps dans sa carrière, Ravel est comparé à Debussy[N 23],[N 24] avec une insistance qui veut le faire passer pour un imitateur[N 25],[N 26],[N 27], puis, rapidement, pour un rival. Si l'influence de Debussy n'est jamais démentie par Ravel, elle ne reste pas à sens unique[N 28]. Certains critiques musicaux aidant, en particulier Pierre Lalo du Temps, l'un des plus farouches adversaires de la musique de Ravel[N 29], ces trajectoires communes tournent assez vite au duel à distance[N 30] et sont mal ressenties par l'auteur de La Mer[N 31]. Debussy et Ravel ne se fréquentent pas et leur relation, d'abord cordiale, devient très distante à partir de 1905[N 32]. Jusqu'à la fin de sa vie, Ravel ne manqua jamais de rappeler combien il estimait Debussy[62].
Dès cette époque s'affirment les traits ravéliens les plus caractéristiques : goût pour les sonorités hispaniques et orientales, pour l’exotisme et le fantastique, perfectionnisme, raffinement mélodique, virtuosité du piano. À la période particulièrement féconde qui s’étend de 1901 à 1908 appartiennent notamment le Quatuor à cordes en fa majeur (1902), les mélodies de Shéhérazade sur des poèmes de Tristan Klingsor (1904), les Miroirs et la Sonatine pour piano et l'Introduction et allegro pour harpe (1905), les Histoires naturelles d'après Jules Renard (1906), la Rapsodie espagnole (1908), la suite pour piano Ma mère l'Oye (1908) que Ravel dédie aux enfants de ses amis Ida et Cipa Godebski[N 33],[63], puis son grand chef-d’œuvre pianistique, Gaspard de la nuit (1908), inspiré du recueil homonyme d’Aloysius Bertrand.
Succès et déceptions

En , Ravel se rend à Londres chez Ralph Vaughan Williams à l’occasion d'une tournée de concerts à l’étranger. Il peut à cette occasion découvrir qu’il est déjà connu et apprécié outre-Manche. Il fonde en 1910, avec notamment Charles Koechlin, Gabriel Fauré et Florent Schmitt, la Société musicale indépendante (SMI) pour promouvoir la musique contemporaine, par opposition à la Société nationale de musique, plus conservatrice, alors présidée par Vincent d’Indy et liée à la Schola Cantorum. Dirigée à ses débuts par Gabriel Fauré, la SMI est très active jusqu'au milieu des années 1930, donne en première audition un grand nombre des œuvres de Ravel et contribue à faire connaître la musique de la jeune école française — Aubert, Caplet, Delage, Huré, Koechlin, Schmitt, etc. — et celle de compositeurs d'avant-garde alors peu diffusés en France : Ravel y invite notamment le jeune Béla Bartók. Vers la même époque, en 1911, Ravel participe à la création de la Société Chopin, sur l'initiative de son ami le musicologue Édouard Ganche.
Au début des années 1910, deux œuvres majeures donnent à Ravel des difficultés. L'Heure espagnole, premier ouvrage lyrique du compositeur, est achevé en 1907 et créé en 1911. L'opéra est mal accueilli par le public et surtout par la critique. Ni l’humour libertin du livret de Franc-Nohain[N 34] ni les hardiesses orchestrales de Ravel[N 35] ne sont compris, et l'œuvre doit attendre les années 1920 pour devenir populaire. Parallèlement, pour répondre à une commande de Serge de Diaghilev dont les Ballets russes triomphent à Paris, Ravel compose à partir de 1909 le ballet Daphnis et Chloé. Cette symphonie chorégraphique, qui utilise des chœurs sans paroles, est une vision de la Grèce antique que Ravel veut proche de celle que les peintres français du XVIIIe siècle avaient donnée. L’argument de l’œuvre fut corédigé par Michel Fokine et Ravel lui-même. Il s’agit de l’œuvre la plus longue du compositeur (soixante-dix minutes environ), et celle dont la composition, longue de trois années, est la plus laborieuse. Là encore l’accueil est inégal après la création en , deux ans après le triomphe du très novateur Oiseau de feu de Stravinsky. Cette même année cependant triomphent les ballets Ma mère l'Oye et Adélaïde ou le langage des fleurs, tous deux des orchestrations d'œuvres antérieures.
Le , Ravel est au nombre des défenseurs d'Igor Stravinsky, avec qui il avait noué une solide amitié, lors de la création tumultueuse du Sacre du printemps au théâtre des Champs-Élysées[N 36]. Cette période qui précède la guerre, Ravel la décrira plus tard comme la plus heureuse de sa vie. Il habite depuis 1908 un appartement au 4, avenue Carnot, tout près de la place de l’Étoile.
La guerre

La guerre surprit Ravel en pleine composition de son Trio en la mineur qui fut finalement créé en 1915. Dès le début du conflit, le compositeur chercha à s'engager mais, déjà exempté de service militaire en 1895 en raison de sa faible constitution (1,61 m)[N 37],[68], il fut refusé pour être « trop léger de deux kilos » (ne pesant que 48 kg)[N 38],[N 39]. Dès lors, l’inaction devint une torture pour Ravel. À force de démarches pour être incorporé dans l'aviation[N 40], c'est finalement comme conducteur d'un camion militaire — que le compositeur surnomma Adélaïde — qu'il fut envoyé près de Verdun en .
Depuis le front, tandis que plusieurs musiciens de l'arrière tombaient dans les travers du nationalisme[N 41], Ravel fit la démonstration de sa probité artistique en refusant, au risque de voir sa propre musique bannie des concerts, de prendre part à la Ligue nationale pour la défense de la musique française. Cette organisation, créée par Charles Tenroc autour notamment de Vincent d'Indy, Camille Saint-Saëns et Alfred Cortot, entendait faire de la musique un outil de propagande nationaliste et interdire, entre autres, la diffusion en France des œuvres allemandes et austro-hongroises. Ravel leur répondit le [79],[80] :
« [...] Je ne crois pas que “pour la sauvegarde de notre patrimoine artistique national” il faille “interdire d'exécuter publiquement en France des œuvres allemandes et autrichiennes contemporaines non tombées dans le domaine public”. [...] Il serait même dangereux pour les compositeurs français d'ignorer systématiquement les productions de leurs confrères étrangers et de former ainsi une sorte de coterie nationale : notre art musical, si riche à l'heure actuelle, ne tarderait pas à dégénérer, à s'enfermer en des formules poncives [sic]. Il m'importe peu que M. Schönberg, par exemple, soit de nationalité autrichienne. Il n'en est pas moins un musicien de haute valeur, dont les recherches pleines d'intérêt ont eu une influence heureuse sur certains compositeurs alliés, et jusque chez nous. Bien plus, je suis ravi que MM. Bartók, Kodály et leurs disciples soient hongrois et le manifestent dans leurs œuvres avec tant de saveur. En Allemagne, à part M. Richard Strauss, nous ne voyons guère que des compositeurs de second ordre dont il serait facile de trouver l'équivalent sans dépasser nos frontières. Mais il est possible que bientôt de jeunes artistes s'y révèlent, qu'il serait intéressant de connaître ici. D'autre part je ne crois pas qu'il soit nécessaire de faire prédominer en France, et de propager à l'étranger toute musique française, quelle qu'en soit la valeur. Vous voyez, Messieurs, que sur bien des points mon opinion est assez différente de la vôtre pour ne pas me permettre l'honneur de figurer parmi vous. »
Victime de dysenterie puis d'une inflammation, Ravel fut opéré le dans un hôpital militaire temporaire de Châlons-sur-Marne, avant d'être envoyé en convalescence à Paris à l'hôpital militaire du Grand Palais de fin à fin , puis, après un retour de deux mois comme soldat à Châlons-sur-Marne, il fut affecté à Paris fin et réformé en [81],[82],[83]. La nouvelle du décès de sa mère, survenu en , parvint au compositeur alors qu'il était encore sous les drapeaux et hospitalisé. Elle le plongea dans un désespoir sans comparaison avec celui causé par la guerre : profondément abattu[N 42], il devait mettre plusieurs années à surmonter son chagrin[N 43].
Il acheva cette année-là six pièces pour piano regroupées sous le titre Le Tombeau de Couperin, suite en forme d'hommage aux maîtres du classicisme français qu’il dédia à des amis tombés au front. Durement touché par ces épreuves accumulées, le musicien resta insensible aux échos de l'armistice et traversa alors une période de silence et de doute que vinrent interrompre en 1919 deux commandes cruciales : l'une de Diaghilev (La Valse), l'autre de Rouché (L'Enfant et les Sortilèges).
1918 - 1928 : dépouillement
L'héritage de Debussy

La guerre, terminée, avait bouleversé la société et remis en cause les canons esthétiques hérités de ce qu'on appellerait bientôt la « Belle Époque » : les années d'après-guerre virent ainsi tout un pan de la musique européenne, de Sergueï Prokofiev (Symphonie classique) à Stravinsky (Pulcinella), prendre un virage néoclassique auquel Ravel allait contribuer à sa manière. Pour les quelque douze années d’activité qui lui restaient, la production du musicien se ralentit considérablement (une œuvre par an en moyenne, non compris les orchestrations) et son style évolua selon ses propres mots dans le sens d’un « dépouillement poussé à l'extrême » tout en s’ouvrant aux innovations rythmiques et techniques venues de l’étranger, en particulier d’Amérique du Nord.
Les années passant, et après la mort de Claude Debussy en 1918, Ravel était désormais considéré comme le plus grand compositeur français vivant[N 44]. Sa notoriété croissante, particulièrement à l'étranger, le fit beaucoup réclamer en concert et lui valut plusieurs distinctions. La façon dont s'accommoda de sa célébrité celui qui déclara désabusé, en 1928, à propos du public qui l'acclamait, « Ce n'est pas moi qu'ils veulent voir, c'est Maurice Ravel »[91], dérouta plus d'un observateur. Ce fut d'abord, en 1920, la réaction désinvolte à sa promotion au rang de chevalier de la Légion d'honneur : pour une raison qu'il ne précisa jamais, il ne prit même pas la peine de répondre à cette annonce et obtint d'être radié au Journal officiel[N 45],[N 46],[N 47]. Satie, brouillé avec lui depuis 1913, s’en amusa dans une boutade célèbre : « Ravel refuse la Légion d’Honneur, mais toute sa musique l’accepte »[98].
Sa première œuvre majeure de l’après-guerre fut La Valse, poème symphonique dramatique commandé pour le ballet par Serge de Diaghilev. Ravel y défigura sciemment la valse viennoise en dépeignant un « tourbillon fantastique et fatal »[99], évocation musicale de l'anéantissement par la guerre de la civilisation européenne qu'incarnaient les valses de Johann Strauss. Refusée par les Ballets russes en 1920[N 48], La Valse connut un immense succès au concert et fut finalement adaptée pour le théâtre, en 1929, pour les ballets d'Ida Rubinstein.
En 1922, la vaste Sonate pour violon et violoncelle, dédiée à la mémoire de Debussy et créée par Hélène Jourdan-Morhange, matérialisait le « renoncement au charme harmonique » et la « réaction de plus en plus marquée dans le sens de la mélodie »[99] qui allaient caractériser la plupart des œuvres de Ravel au cours des années 1920.
Montfort-l’Amaury
En janvier 1921, désireux de se fixer et d'acquérir « une bicoque à trente kilomètres au moins de Paris »[102], Ravel acheta une maison à Montfort-l’Amaury en Seine-et-Oise[N 49], Le Belvédère, où il conçut la majeure partie de ses dernières œuvres. Cette époque vit la naissance des sensuelles Chansons madécasses sur des poèmes d’Évariste de Parny (1923), dans lesquelles le musicien exprima son anticolonialisme (Aoua), et de la rhapsodie virtuose pour violon et orchestre Tzigane (1924) dédiée à Jelly d'Arányi et secondairement réduite pour violon et luthéal. Le Belvédère s’imprégna vite de la personnalité de son occupant qui le décora lui-même et en fit, de son vivant, un véritable musée : collection de porcelaines asiatiques, jouets mécaniques, horloges. À l'extérieur, il dépensa une fortune pour créer un jardin japonais dans la pente, doté d'escaliers et de sentiers dallés[103].

Jusqu'à la fin de sa vie créatrice, Ravel mena à Montfort-l'Amaury une vie paisible entrecoupée de séjours au Pays basque et de tournées de concerts en France et à l'étranger, où il se produisait comme pianiste soliste, accompagnateur ou chef d'orchestre. Solitaire et pudique, le musicien avait cependant une riche vie sociale et sa correspondance témoigne de sa fidélité en amitié. Le Belvédère devint rapidement le point de ralliement du cénacle ravélien : parmi ses proches amis figuraient l’écrivain Léon-Paul Fargue, les compositeurs Maurice Delage, Arthur Honegger, Jacques Ibert, Florent Schmitt, Germaine Tailleferre, les interprètes Marguerite Long, Robert Casadesus, Jacques Février, Madeleine Grey, Hélène Jourdan-Morhange, Vlado Perlemuter, le sculpteur Léon Leyritz, et ses deux fidèles élèves, Roland-Manuel et Manuel Rosenthal. Ravel faisait de fréquents allers et retours entre Montfort-l'Amaury et Paris, dont il appréciait la vie nocturne et où il rencontrait ses amis, allait au concert ou au théâtre et fréquentait les cabarets à la mode[N 50].
Ravel ne se départit jamais d'une extrême discrétion quant à sa vie privée et véhicula au travers de ses portraits et photographies l'image d'un dandy affectant un « cérémonial d'élégance fastidieuse » (André Tubeuf) qui contraste avec les témoignages de ceux qui le fréquentèrent[N 51]. Mais les apparences ne pouvaient entièrement cacher la solitude et la tristesse de cet homme, qui trouva une échappatoire dans l'orchestration des Tableaux d'une exposition de Modeste Moussorgski[N 52] et dans une série de tournées à l’étranger (Pays-Bas, Italie, Angleterre, Espagne). La question de la vie privée du compositeur a souvent fait l'objet de gloses, sans qu'une réponse précise lui soit apportée. Ravel ne se maria jamais et aucune relation sentimentale, féminine ou masculine, ne lui est connue[N 53],[N 54],[N 55]. Une thèse récente s'attache à démontrer que Ravel aurait transcrit en musique le prénom Misia et le nom Godebska, et caché ces transcriptions dans ses œuvres[N 56].
Lyrisme et blues

Ravel avait connu Colette dans les années 1900, quand ils fréquentaient le salon de madame de Saint-Marceaux[112]. C'est en 1925 qu'aboutit le projet commun des deux artistes d'une fantaisie lyrique baptisée L'Enfant et les Sortilèges. La genèse de cette œuvre avait débuté en 1919, quand Jacques Rouché alors directeur de l’Opéra de Paris, avait proposé à Colette la collaboration de Ravel pour mettre en musique un poème de sa main, intitulé au départ Divertissement pour ma fille. Accaparé par d'autres projets, il n'y travailla vraiment qu'à partir de 1924 pour en tirer une œuvre dont les nombreuses scènes, de par leur brièveté et la variété de leurs genres, la rapprochent plus de la comédie musicale et du music-hall que de l'opéra[N 57]. La création à Monte-Carlo en fut un succès, mais les représentations parisiennes de cette œuvre atypique donnèrent lieu à un accueil perplexe (le duo des chats notamment fit scandale). Colette a rapporté avec humour la relation purement professionnelle et distante dans laquelle Ravel la tint au cours de l’élaboration de ce projet[N 58]. À la fin des années 1920, Ravel s'apprêtait à devenir, avec Stravinsky, le compositeur en vie le plus célèbre de son époque. Il acheva en 1927 sa Sonate pour violon et piano (dont le second mouvement est intitulé Blues) et inaugura la salle Pleyel en dirigeant La Valse.
1928 - 1932 : la consécration

La tournée américaine
L’année 1928 fut pour Ravel particulièrement faste. De janvier à avril, il effectua une tournée de concerts aux États-Unis et au Canada[N 59],[N 60] qui lui valut, dans chaque ville visitée, un immense succès[N 61]. Il se produisit comme pianiste, notamment dans sa Sonatine, accompagna sa Sonate pour violon et certaines de ses mélodies, dirigea les orchestres, donna des interviews et prononça des discours sur la musique contemporaine[N 62]. À New York, où le peintre Raymond Woog fit son portrait[réf. nécessaire], il fréquenta les clubs de jazz de Harlem et se fascina pour les improvisations du jeune George Gershwin, auteur quatre ans plus tôt d'une retentissante Rhapsody in Blue et dont il appréciait particulièrement la musique[N 63]. À celui-ci lui réclamant des leçons, Ravel répondit par la négative, argumentant : « Vous perdriez la grande spontanéité de votre mélodie pour écrire du mauvais Ravel »[130],[N 64]. Dans cet esprit Ravel exhorta à plusieurs reprises les Américains à cultiver la spécificité de leur musique nationale : « Vous, les Américains, prenez le jazz trop à la légère. Vous semblez y voir une musique de peu de valeur, vulgaire, éphémère. Alors qu'à mes yeux, c'est lui qui donnera naissance à la musique nationale des États-Unis »[N 65].
Le Boléro
De retour en France, Ravel s'attela à ce qui devait devenir son œuvre la plus célèbre et, malgré lui, l'instrument de sa consécration internationale. Après quelques tergiversations, le « ballet de caractère espagnol » que lui avait commandé son amie Ida Rubinstein en 1927 adopta le rythme d'un boléro andalou. Composé entre juillet et , le Boléro fut créé à Paris le de la même année devant un parterre quelque peu stupéfait. Loué par la critique dès sa première[137],[138],[139],[140],[141], gravé sur disque et radiodiffusé dès 1930[142],[143], le Boléro connut en quelques mois un succès planétaire. Cette œuvre singulière, qui tient le pari de durer plus d’un quart d’heure avec seulement deux thèmes et une ritournelle inlassablement répétés, était pourtant considérée par son auteur comme une expérience d’orchestration « dans une direction très spéciale et limitée »[N 66], et Ravel lui-même s'exaspéra du succès phénoménal de cette partition qu’il disait « vide de musique »[147]. À propos d’une dame criant : « Au fou ! » après avoir entendu l’œuvre, le compositeur affirma simplement : « Celle-là, elle a compris[148]. »
En , Ravel reçut le titre de docteur en musique honoris causa à l’université d'Oxford. À Ciboure, en , le quai qui l'avait vu naître fut rebaptisé de son nom en sa présence.
Derniers chefs-d’œuvre
De 1929 à 1931, Ravel conçut ses deux dernières œuvres majeures. Composés simultanément et créés à quelques jours d’intervalle en , les deux concertos pour piano et orchestre apparaissent comme la synthèse de l’art ravélien, combinant forme classique et style moderne empruntant au jazz ; mais ces deux œuvres frappent par leur contraste. Au Concerto pour la main gauche, œuvre grandiose baignée d’une sombre lumière et empreinte de fatalisme qu’il dédia au pianiste manchot Paul Wittgenstein, répondit l’éclatant Concerto en sol dont le mouvement lent constitue l’une des plus intimes méditations musicales du compositeur. Avec les trois chansons de Don Quichotte à Dulcinée, composées en 1932 sur des poèmes de Paul Morand, les concertos mirent un point final à la production musicale de Maurice Ravel.
Le temps d’une tournée triomphale en 1932 en compagnie de la pianiste Marguerite Long, qui diffusa le Concerto en sol dans toute l’Europe, Ravel prit une dernière fois la mesure de sa renommée. De retour en France, après avoir dirigé un enregistrement de ce même concerto, il n’avait plus que des projets de compositions non concrétisés en raison d'un grand état de fatigue et de sa maladie neurologique : principalement un ballet-oratorio, Morgiane, inspiré des Mille et Une Nuits, nouvelle commande d'Ida Rubinstein, et un grand opéra, Jeanne d’Arc, d’après le roman éponyme de Joseph Delteil[N 67]. Ravel avait également en projet un poème symphonique en hommage à l'aviation, Dédale 39, qu'il destinait depuis fin 1929 à l'Orchestre symphonique de Boston dirigé par Serge Koussevitzky, et deux autres compositions envisagées en 1931, une seconde œuvre lyrique sur un livret de Franc-Nohain, Le Chapeau chinois, et une opérette au titre inconnu sur un livret de Jacques Bousquet[149].
1932 - 1937 : les dernières années
À partir de l’été 1932, Ravel présente les signes d’une maladie cérébrale qui, devenue incurable, allait le condamner au silence pour les quatre dernières années de sa vie[150],[151]. Troubles de l’écriture, de la motricité et du langage en furent les principales manifestations[N 68], tandis que son intelligence était préservée et qu’il continuait de penser sa musique, sans plus pouvoir bientôt écrire ni jouer. L’opéra Jeanne d’Arc, auquel le compositeur attachait tant d’importance, ne devait jamais voir le jour[N 69]. Le public resta longtemps dans l’ignorance de la maladie du musicien ; chacune de ses rares apparitions publiques lui valait une ovation, ce qui rendit d’autant plus douloureuse son inaction[N 70].
On pense qu’un traumatisme crânien consécutif à un accident de voiture dont il a été victime le [N 71],[N 72] a précipité les choses[158], mais Ravel, grand fumeur et insomniaque récurrent, a montré des signes avant-coureurs dès le début des années 1920. La thèse d'une aphasie primaire progressive (type Mesulam) dans le cadre d'une atteinte neurodégénérative apparentée soit à la démence frontotemporale (DFT, anciennement dénommée « maladie de Pick »)[159],[160], soit à la dégénerescence corticobasale (DCB)[161], est le plus souvent privilégiée par les auteurs du XXIe siècle.
En 1935, sur proposition d’Ida Rubinstein, Ravel entreprit un ultime voyage en Espagne et au Maroc, où il joua du piano non sans difficulté, puis se retira définitivement à Montfort-l’Amaury. Il faisait seul de longues promenades en forêt de Rambouillet, et bien que son affectivité, son jugement et son intelligence fussent toujours les mêmes, il avait de grandes difficultés à parler, s'habiller, se servir correctement des objets de la vie quotidienne. Jusqu’à sa mort, il put compter sur la fidélité et le soutien de ses amis et de sa fidèle gouvernante, Madame Marie Reveleau[162].
Le mal continua de progresser. Le , malgré les réticences du musicien et de nombreux neurologues[163], le docteur Clovis Vincent, réputé le plus grand neurochirurgien français, décida de tenter une intervention chirurgicale sur son cerveau dans l'hypothèse d'une atteinte tumorale[N 73]. Opéré dans une clinique rue Boileau à Paris, Ravel se réveilla un court moment après l’intervention, réclama son frère, puis sombra définitivement dans le coma[164].

Il meurt le , à l’âge de soixante-deux ans[165]. Le soir même, Manuel Rosenthal devait diriger L'Enfant et les Sortilèges : « Cette exécution fut la plus émouvante possible, toute de recueillement et de tristesse devant un public bouleversé. Au balcon de la salle se trouvait Igor Stravinsky, dont le visage ravagé disait la tristesse de perdre son ami, son camarade de lutte[166]. » La mort de Ravel provoqua dans le monde une grande émotion, que la presse relaya dans un hommage unanime[N 74].
Le à midi, l'enterrement du compositeur à Levallois-Perret rassembla ses amis et confrères, parmi lesquels Louis Aubert, Jane Bathori, Robert Casadesus, Jacques Février, Reynaldo Hahn, Robert d'Harcourt, Arthur Honegger, Hélène Jourdan-Morhange, Charles Koechlin, Marguerite Long, Darius Milhaud, Francis Poulenc, Manuel Rosenthal, Florent Schmitt, Igor Stravinsky[N 75] et Maurice Delage. Jean Zay, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts, prononça pour le gouvernement de la République un discours remarqué[169]. On en retiendra le passage suivant :
« Dans le langage et dans l'univers de la musique, et sans jamais briser ni dépasser cet univers, mais au contraire en usant jusqu'à l'infini et avec une généreuse, une inépuisable malice, de toutes les ressources de cet univers, Maurice Ravel s'est efforcé de montrer tout ce que sa merveilleuse intelligence était capable d'accomplir, tout ce qu'elle était capable d'exprimer. Et cela sans négliger les choses obscures, ni les choses douloureuses, ni les choses passionnées. Sans non plus tomber dans la virtuosité pour la virtuosité, la parade pour la parade. Le sortilège ravélien n'est pas une simple prestidigitation ; il n'est pas seulement éblouissant. Il n'y a nulle sécheresse en lui. Et s'il est sans grandiloquence, cela ne veut pas dire qu'il soit sans grandeur. Sa grandeur vient justement de cette vigilance perpétuelle de l'intelligence, de cette présence constante de l'esprit qui mesure, cherche, indique, décompose, connaît et au besoin sourit. »
Avec Ravel disparaissait le dernier représentant d’une lignée de musiciens qui avaient su renouveler l’écriture musicale, sans jamais renoncer aux principes hérités du classicisme. Et par là même, le dernier compositeur dont l’œuvre dans sa totalité, toujours novatrice et jamais rétrograde, soit « entièrement accessible à une oreille profane »[170].
« Je n’ai jamais éprouvé le besoin de formuler, soit pour autrui soit pour moi-même, les principes de mon esthétique. Si j’étais tenu de le faire, je demanderais la permission de reprendre à mon compte les simples déclarations que Mozart a faites à ce sujet. Il se bornait à dire que la musique peut tout entreprendre, tout oser et tout peindre, pourvu qu’elle charme et reste enfin et toujours la musique[171]. »
Ravel et son art
Les influences

Né à une époque particulièrement propice à l’éclosion des arts, Ravel bénéficia d’influences très diverses. Mais comme le souligne Vladimir Jankélévitch dans sa biographie, « aucune influence ne peut se flatter de l’avoir conquis tout entier […]. Ravel demeure jalousement insaisissable derrière tous ces masques que lui prêtent les snobismes du siècle »[174].
Aussi la musique de Ravel apparaît-elle d’emblée, comme celle de Debussy, profondément originale, voire inclassable selon l’esthétique traditionnelle. Ni absolument moderniste ni simplement impressionniste (comme Debussy, Ravel refusait catégoriquement ce qualificatif qu'il estimait réservé à la peinture)[N 77], elle s’inscrit bien davantage dans la lignée du classicisme français initié au XVIIIe siècle par Couperin et Rameau et dont elle fut l’ultime prolongement. Ravel par exemple (à l’inverse de son contemporain Stravinsky) ne devait jamais renoncer à la musique tonale et n'usa qu'avec parcimonie de la dissonance, ce qui ne l’empêcha pas par ses recherches de trouver de nouvelles solutions aux problèmes posés par l’harmonie et l’orchestration, et de donner à l’écriture pianistique de nouvelles directions.
De Chabrier au jazz
De Fauré et Chabrier (Sérénade grotesque, Pavane pour une infante défunte, Menuet antique) à la musique noire américaine (L’Enfant et les sortilèges, Sonate pour violon, Concerto en sol) en passant par l’école russe (À la manière de… Borodine, orchestration des Tableaux d’une exposition), Satie, Debussy (Jeux d’eau, Quatuor à cordes), Couperin et Rameau (Le Tombeau de Couperin), Chopin et Liszt (Gaspard de la nuit, Concerto pour la main gauche), Schubert (Valses nobles et sentimentales), Schönberg (Trois poèmes de Mallarmé), et enfin Saint-Saëns et Mozart (Concerto en sol), Ravel a su faire la synthèse de courants extrêmement variés et imposer son style dès ses premières œuvres. Ce style ne devait d’ailleurs que très peu évoluer au cours de sa carrière, sinon comme il le disait lui-même dans le sens d’un « dépouillement poussé à l’extrême » (Sonate pour violon et violoncelle, Chansons madécasses).
L’éclectique
Éclectique par excellence tout en s'inscrivant dans une esthétique indiscutablement française, Ravel sut tirer profit de son intérêt pour les musiques de toutes origines. L’influence notoire exercée sur son imaginaire musical par le Pays basque (Trio en la mineur) et surtout l’Espagne (Habanera, Pavane pour une infante défunte, Rapsodie espagnole, Boléro, Don Quichotte à Dulcinée) participe beaucoup à sa popularité internationale, mais conforte aussi l’image d’un musicien toujours épris de rythme et de musiques folkloriques. L’Orient (Shéhérazade, Introduction et Allegro, Ma mère l’Oye), la Grèce (Daphnis et Chloé, Chansons populaires grecques) et les sonorités tziganes (Tzigane) l’inspirèrent également.
La musique noire américaine, que lui fit mieux découvrir Gershwin au cours de la tournée américaine de 1928, fascina Ravel. Il en introduisit de nombreuses touches dans les chefs-d’œuvre de sa dernière période créatrice (ragtime dans l'Enfant et les sortilèges, blues dans le second mouvement de la Sonate pour violon, jazz dans le Concerto en sol et le Concerto pour la main gauche).
Enfin, il est nécessaire de souligner la fascination qu’exerça le monde de l’enfance sur Ravel. Que ce soit dans sa propre vie (attachement absolu, quasi infantile, à sa mère, collection de jouets mécaniques…) ou dans son œuvre (de Ma mère l’Oye à l'Enfant et les sortilèges), Ravel exprima régulièrement une extrême sensibilité et un goût prononcé pour le fantastique et le domaine du rêve.
L’orfèvre du son
« Je me refuse simplement, mais absolument à confondre la conscience de l’artiste, qui est une chose, avec sa sincérité, qui en est une autre [...]. Cette conscience exige que nous développions en nous le bon ouvrier. Mon objectif est donc la perfection technique. Je puis y tendre sans cesse, puisque je suis assuré de ne jamais l’atteindre. L’important est d’en approcher toujours davantage. L’art, sans doute, a d’autres effets, mais l’artiste, à mon gré, ne doit pas avoir d’autre but »[171].
La recherche de la perfection formelle fit autant pour le succès de Maurice Ravel auprès du public que pour sa défaveur auprès de certains critiques. Tandis que Stravinsky raillait sa méticulosité en le qualifiant d’ « horloger suisse », certains ne virent dans sa musique que sécheresse, froideur ou artifice. Ravel, qui ne reniait rien de son amour pour les artifices et les mécanismes, mais cherchait toujours, en citant Edgar Allan Poe, « le point à égale distance de la sensibilité et de l’intelligence »[179],[180], répliqua avec une formule lapidaire : « Mais est-ce qu’il ne vient jamais à l’esprit de ces gens-là que je peux être artificiel par nature[181] ? »
Composer semble n’avoir jamais été chose facile pour Ravel. Son refus de céder à cette « haïssable sincérité de l’artiste, mère de tant d'œuvres bavardes et imparfaites » lui donna le goût de la contrainte auto-imposée, et plus encore de la difficulté vaincue. C’est en partie ce qui explique la faible abondance de ses œuvres (et notamment d'œuvres « de second plan »), dans une période créatrice pourtant longue de près de quarante ans, et l'état d'inachèvement dans lequel il laissa plusieurs projets, notamment Shéhérazade (opéra, 1898), La Cloche engloutie d'après Gerhart Hauptmann (opéra, 1906), et Zazpiak Bat (concerto, 1914). Par ailleurs, Ravel ne nous a laissé presque aucune esquisse. Pleinement conscient de son caractère, le compositeur pouvait confier à Manuel Rosenthal : « Oui, mon génie, c’est vrai, j’en ai. Mais qu’est-ce que c’est ? Eh bien, si tout le monde savait travailler comme je sais travailler, tout le monde ferait des œuvres aussi géniales que les miennes »[182].
Quoi qu’il en soit, de l’ouverture de L'Heure espagnole aux onomatopées de L'Enfant et les Sortilèges, de la pédale obstinée de si bémol du Gibet dans Gaspard de la nuit à la rigidité rythmique du Boléro, cet entêtement dans la quête de la perfection et ce goût de la gageure sont un des traits ravéliens les plus caractéristiques.
L’orchestrateur
Ravel fut selon Marcel Marnat « le plus grand orchestrateur français » et de l’avis de nombreux mélomanes l’un des meilleurs orchestrateurs de l’histoire de la musique occidentale. Son œuvre la plus célèbre, le Boléro, doit sa tenue à la seule variation des timbres et à un immense crescendo de l’orchestre.
Passé maître dans le maniement des timbres (quoique n’étant pas lui-même adepte de nombreux instruments), sachant trouver l’équilibre harmonieux le plus subtil, Ravel sut transcender de nombreuses œuvres originales (le plus souvent écrites pour le piano) et leur donner une dimension nouvelle, que ces pages fussent de lui (Ma mère l’Oye, 1912, Valses nobles et sentimentales, 1912, Alborada del gracioso, 1918, Le Tombeau de Couperin, 1919…) ou de ses éminents confrères : Moussorgski (Khovantchina, 1913), Schumann (Carnaval, 1914), Chabrier (Menuet pompeux, 1918), Debussy (Sarabande et Danse, 1923) ou encore Chopin (Étude, Nocturne et Valse, 1923).
Mais ce fut l’orchestration des célèbres Tableaux d'une exposition de Moussorgski, commande de Serge Koussevitzky achevée en 1922 à Lyons-la-Forêt chez son ami Roland-Manuel, qui assit définitivement la réputation internationale de Ravel en la matière[183]. Sa version reste la référence et éclipse celle des autres compositeurs qui s’y sont essayés, même si certains regrettent que ce travail ait diminué la simplicité et la naïveté de la page originale[réf. nécessaire]. Les Tableaux orchestrés par Ravel font partie, avec le Boléro, des œuvres françaises les plus jouées à l’étranger.
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Réunion d'artistes chez Florent Schmitt, en 1910. Maurice Ravel est assis au premier rang, deuxième en partant de la gauche.
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Villa Le Fresne à Lyons-la-Forêt où Ravel acheva la composition du Tombeau de Couperin en 1917 et l'orchestration des Tableaux d'une Exposition de Moussorgski en 1922.
L’interprète
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| Ravel devant son piano à Montfort-l'Amaury vers 1930. | |
Faute d'un entraînement assidu, Ravel fut bon pianiste sans être un virtuose (certaines de ses propres œuvres, notamment le Concerto en sol qu’il rêvait de présenter lui-même[N 78], lui restèrent inaccessibles). Il fut propriétaire de plusieurs pianos, le dernier étant encore exposé dans le salon de musique de la demeure du compositeur à Montfort-l'Amaury : un piano de marque Érard fabriqué en 1908 et acquis en 1911, et qui a voyagé du 4 avenue Carnot à Paris, où il se trouvait jusqu'en 1917, à la Villa Helena à Saint-Cloud puis au Belvédère depuis [185]. Au piano, le compositeur assura la création, entre autres, de ses Histoires naturelles (1907), des Deux mélodies hébraïques (1914), de La Valse avec Alfredo Casella (1920), de la Berceuse sur le nom de Gabriel Fauré (1922) et, avec Georges Enesco, de la Sonate pour violon et piano (1927). Au cours de sa tournée américaine en 1928, il joua sa Sonatine, accompagna sa Sonate pour violon et certaines de ses mélodies.
En tant que chef d’orchestre, Ravel créa l'ouverture de Shéhérazade (1899) et il donna la première audition européenne au concert du Boléro (1930). En tout, entre et , Ravel prit part à 78 concerts en tant que chef d'orchestre pour diriger au moins une de ses œuvres[186]. À la baguette il n’égala jamais, même de loin, ses qualités d’orchestrateur. Les deux seuls enregistrements d'œuvres orchestrales sous sa direction qu’il a laissés (Boléro en [143] et Concerto en sol en [N 79]) et les témoignages de l’époque confirment que Ravel n’était pas un virtuose au pupitre. Il dirigea pourtant avec un immense succès son Concerto en sol et son Boléro au cours de sa dernière tournée, en 1932[188],[189].
Œuvres principales
D'un volume relativement modeste si on la compare à celle de ses principaux contemporains, l'œuvre de Ravel se caractérise d'une façon générale par sa diversité (tous les genres musicaux ayant été abordés à l'exception de la musique religieuse) et sa faible proportion de titres oubliés, la très grande majorité de ses œuvres ayant intégré le répertoire. Le catalogue complet[190] établi par Arbie Orenstein et complété par Marcel Marnat compte cent onze œuvres achevées par le compositeur entre 1887 et 1933, soit quatre-vingt-six œuvres originales et vingt-cinq œuvres orchestrées, réduites ou transcrites. Les quelque soixante œuvres principales sont sous-citées.
Œuvres originales
| Période | Titre | Instrumentation | Parties / Indications |
|---|---|---|---|
| 1892 - 93 | Sérénade grotesque | Piano | Très rude |
| 1895 | Menuet antique | Piano | Majestueusement |
| 1895 - 97 | Sites auriculaires | 2 pianos | I. Habanera (En demi-teinte et d'un rythme las) - II. Entre cloches (Allègrement) |
| 1899 | Pavane pour une infante défunte | Piano | Assez doux, mais d'une sonorité large |
| 1901 | Jeux d'eau | Piano | Très doux |
| 1903 - 05 | Sonatine | Piano | I. Modéré - II. Mouvement de menuet - III. Animé |
| 1904 - 05 | Miroirs | Piano | I. Noctuelles - II. Oiseaux tristes - III. Une barque sur l'océan - IV. Alborada del gracioso - V. La vallée des cloches |
| 1908 | Gaspard de la nuit | Piano | I. Ondine - II. Le gibet - III. Scarbo |
| 1908 - 10 | Ma mère l'Oye | Piano 4 mains | I. Pavane de la Belle au bois dormant - II. Petit Poucet - III. Laideronnette, impératrice des pagodes - IV. Les entretiens de la Belle et de la Bête - V. Le jardin féerique |
| 1909 | Menuet sur le nom de Haydn | Piano | Mouvement de menuet |
| 1911 | Valses nobles et sentimentales | Piano | I. Modéré. Très franc - II. Assez lent - III. Modéré - IV. Assez animé - V. Presque lent - VI. Vif - VII. Moins vif - VIII. Épilogue. Lent |
| 1912 | À la manière de... Chabrier | Piano | Allegretto |
| 1912 | À la manière de... Borodine | Piano | Valse. Allegro giusto |
| 1913 | Prélude en la mineur | Piano | Assez lent et très expressif |
| 1914 - 17 | Le Tombeau de Couperin | Piano | I. Prélude - II. Fugue - III. Forlane - IV. Rigaudon - V. Menuet - VI. Toccata |
| 1918 | Frontispice | 2 pianos 5 mains | Pas d'indication |
| Période | Titre | Instrumentation | Parties / Indications |
|---|---|---|---|
| 1898 | Ouverture de Shéhérazade | Orchestre | Ouverture de féerie |
| 1907 | Rapsodie espagnole | Orchestre | I. Prélude à la nuit - II. Malagueña - III. Habanera - IV. Feria |
| 1909 - 12 | Daphnis et Chloé | Orchestre et chœurs | Symphonie chorégraphique en trois parties |
| 1919 - 20 | La Valse | Orchestre | Mouvement de valse viennoise - Un peu plus modéré - 1er Mouvement - Assez animé |
| 1922 - 24 | Tzigane | Violon et orchestre | Lento - Moderato - Allegro |
| 1928 | Boléro | Orchestre | Tempo di Bolero moderato assai |
| 1929 - 31 | Concerto pour la main gauche | Piano et orchestre | Lento - Allegro - Tempo I |
| 1929 - 31 | Concerto en sol majeur | Piano et orchestre | I. Allegramente - II. Adagio assai - III. Presto |
| Période | Titre | Instrumentation | Parties / Indications |
|---|---|---|---|
| 1897 | Sonate posthume | Violon, piano | Allegro moderato |
| 1902 - 03 | Quatuor à cordes | 2 violons, alto, violoncelle | I. Allegro moderato - II. Assez vif, très rythmé III. Très lent - IV. Vif et agité |
| 1905 | Introduction et Allegro | Harpe, flûte, clarinette, 2 violons, alto, violoncelle | Introduction - Allegro |
| 1914 | Trio avec piano | Piano, violon, violoncelle | I. Modéré - II. Pantoum. Assez vif - III. Passacaille. Très large - IV. Finale. Animé |
| 1920 - 22 | Sonate pour violon et violoncelle | Violon, violoncelle | I. Allegro - II. Très vif - III. Lent - IV. Vif, avec entrain |
| 1924 | Tzigane | Violon, piano ou luthéal | Lento - Moderato - Allegro |
| 1924 - 27 | Sonate pour violon et piano | Violon, piano | I. Allegretto - II. Blues. Moderato - III. Perpetuum mobile |
| Période | Titre | Instrumentation | Parties / Indications |
|---|---|---|---|
| 1896 | Sainte | Baryton, piano | « À la fenêtre recélant ... » - (Stéphane Mallarmé) |
| 1897 - 99 | Deux épigrammes de Clément Marot | Soprano et piano | I. D'Anne qui me jecta de la neige - II. D'Anne jouant de l'espinette |
| 1901 | Myrrha | Soprano, ténor, baryton, orchestre | Cantate pour le Prix de Rome - (Lord Byron) |
| 1902 | Alcyone | Soprano, ténor, baryton, orchestre | Cantate pour le Prix de Rome - (Ovide) |
| 1903 | Alyssa | Soprano, ténor, baryton, orchestre | Cantate pour le Prix de Rome - (Marguerite Coiffier) |
| 1903 | Shéhérazade | Soprano et orchestre | I. Asie - II. La flûte enchantée - III. L'indifférent - (Tristan Klingsor) |
| 1904 | Noël des jouets | Voix et piano | (Maurice Ravel) Orchestrée à deux reprises, en 1905 et 1913. |
| 1906 | Histoires naturelles | Voix et piano | I. Le paon - II.Le grillon - III. Le cygne - IV. Le martin-pêcheur - V. La pintade - (Jules Renard) |
| 1907 | Cinq mélodies populaires grecques (en grec) | Soprano et piano | I. Chanson de la mariée - II. Là-bas, vers l'église - III. Quel galant m'est comparable - IV. Chanson des cueilleuses de lentisques - V. Tout gai ! - (Grèce) - I et V orchestrées par Ravel, II, III et IV orchestrées en 1935 par Manuel Rosenthal |
| 1910 | Chants populaires (en galicien, limousin, italien, hébreu) | Soprano et piano | I. Chanson espagnole (Galice) - II. Chanson française (Limousin) - III. Chanson italienne (Rome) - IV. Chanson hébraïque (Israël), cette dernière orchestrée par Ravel en 1924 |
| 1913 | Trois poèmes de Mallarmé | Voix et orchestre de chambre | I. Soupir - II. Placet futile - III. Surgi de la croupe et du bond - (Stéphane Mallarmé) |
| 1914 | Deux mélodies hébraïques | Voix et piano | I. Kaddich - II. L'énigme éternelle - (Israël) Orchestrées en 1919-1920 |
| 1914 - 15 | Trois chansons pour chœur mixte a cappella | Chœur mixte a cappella | I. Nicolette - II. Trois beaux oiseaux du paradis - III. Ronde - (Maurice Ravel) |
| 1922 | Chansons madécasses | Soprano/baryton, piano, flûte et violoncelle | I. Nahandove - II. Aoua - III. Il est doux - (Évariste de Parny) |
| 1923 - 24 | Ronsard à son âme | Voix et piano | « Amelette Ronsardelette ... » - (Pierre de Ronsard) |
| 1927 | Rêves | Voix et piano | « Un enfant court ... » - (Léon-Paul Fargue) |
| 1932 - 33 | Don Quichotte à Dulcinée | Baryton et piano/orchestre | I. Chanson romanesque - II. Chanson épique - III. Chanson à boire - (Paul Morand) |
| Période | Titre | Description |
|---|---|---|
| 1907 - 11 | L'Heure espagnole | Opéra pour cinq voix solistes avec orchestre sur un livret de Franc-Nohain |
| 1919 - 25 | L'Enfant et les Sortilèges | Fantaisie lyrique en deux parties pour solistes et chœurs avec orchestre sur un livret de Colette |
Orchestrations et arrangements
| Période | Titre | Arrangement | Parties / Indications |
|---|---|---|---|
| 1906 | Une barque sur l'océan | Orchestration | D'un rythme souple |
| 1909 | Rapsodie espagnole | Réductions pour piano 4 mains | I. Prélude à la nuit - II. Malagueña - III. Habanera - IV. Feria |
| 1910 | Pavane pour une infante défunte | Orchestration | Lent |
| 1911 - 12 | Ma mère l'Oye | Orchestration | I. Prélude - II. Danse du rouet et scène - III. Pavane de la Belle au bois dormant - IV. Les entretiens de la Belle et de la Bête - V. Petit Poucet - VI. Laideronnette, impératrice des pagodes - VII. Le jardin féerique |
| 1912 | Adélaïde ou le langage des fleurs (Valses nobles et sentimentales) | Orchestration | I. Modéré. Très franc - II. Assez lent - III. Modéré - IV. Assez animé - V. Presque lent - VI. Vif - VII. Moins vif - VIII. Épilogue. Lent |
| 1918 | Alborada del gracioso | Orchestration | Assez vif |
| 1919 | Le Tombeau de Couperin | Orchestration | I. Prélude - II. Forlane - III. Menuet - IV. Rigaudon |
| 1920 | La Valse | Réductions pour 2 pianos | Mouvement de valse viennoise |
| 1929 | Boléro | Réduction pour piano | Tempo di Bolero moderato assai |
| 1929 | Menuet antique | Orchestration | Maestoso |
| 1932 | Concerto en sol majeur | Réduction pour 2 pianos | I. Allegramente - II. Adagio assai - III. Presto |
| Période | Titre | Auteur original | Arrangement | Parties / Indications |
|---|---|---|---|---|
| 1909 | Trois Nocturnes | Claude Debussy | Réduction pour 2 pianos | I. Nuages - II. Fêtes - III. Sirènes |
| 1909 | Antar | Rimsky-Korsakov | Orchestration | (Chékry-Ganem) |
| 1910 | Prélude à l'Après-midi d'un faune | Claude Debussy | Réduction pour piano à 4 mains | Très modéré |
| 1913 | La Khovanchtchina | Modeste Moussorgski | Orchestration | Orchestration complétée avec Igor Stravinsky |
| 1914 | Carnaval | Robert Schumann | Orchestration | |
| 1914 | Les Sylphides | Frédéric Chopin | Orchestration | I. Prélude - II. Nocturne - III. Valse |
| 1917 - 18 | Menuet pompeux | Emmanuel Chabrier | Orchestration | 9e des Dix pièces pittoresques |
| 1922 | Tableaux d'une exposition | Modeste Moussorgski | Orchestration | 10 tableaux et 5 promenades |
| 1923 | Sarabande et Danse | Claude Debussy | Orchestration | I. Sarabande - II. Danse ou Tarentelle styrienne |
Œuvres les plus jouées
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| Pavane pour une infante défunte | |
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D’après le Portail de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique[191] (Sacem), Ravel est un des musiciens français non tombés dans le domaine public qui s’exportent le mieux depuis des décennies. Le Boléro est ainsi resté plusieurs années en tête du classement mondial des droits SACEM, suivi de près par l’orchestration des Tableaux d’une exposition de Moussorgski. En 1994 et 1995, sur les dix œuvres les plus exportées à l'international, cinq étaient de Ravel : le Boléro, les Tableaux d’une exposition, Daphnis et Chloé, le Concerto en sol et Ma mère l’Oye. En 2014, le Boléro et les Tableaux d'une exposition pointaient encore dans le Top 20 des droits en provenance de l'étranger[192].
L'œuvre de Ravel et les droits d'auteur
En 1937, à la mort de Maurice Ravel, son frère Édouard, son seul héritier, transforme la maison de Montfort-l'Amaury en musée. En 1954, Édouard devient handicapé à la suite d'un accident de voiture et une infirmière, Jeanne Taverne, s'occupe de lui. Alexandre, l'époux de cette dernière, devient son chauffeur. En 1956, la femme d'Édouard Ravel meurt, et les époux Taverne s'installent chez lui à Saint-Jean-de-Luz. Édouard Ravel décide alors de céder 80 % des droits d'auteurs à la Ville de Paris pour que soit créé un « prix Nobel de la musique »[193], mais il se ravise et fait de Jeanne Taverne sa légataire universelle. En 1960, Édouard Ravel meurt. Les petits-neveux de Maurice font un procès aux époux Taverne pour captation d'héritage, mais ils sont déboutés. En 1964, Jeanne Taverne disparaît et son mari Alexandre hérite de la fortune du Boléro, à savoir 36 millions de francs[réf. souhaitée].
En 1969[193] entre en jeu Jean-Jacques Lemoine, directeur juridique de la SACEM qui, à l'âge de soixante ans, en démissionne pour devenir avocat. C'est l'homme qui le signait pour cet organisme l'acte de spoliation des droits d'auteurs « juifs »[193]. Il connait bien Alexandre Taverne, dont il a bloqué les droits durant les neuf années qu'a duré le procès en captation[193], et devient son conseiller juridique. Ensemble, ils attaquent en justice René Dommange, le patron des éditions Durand, propriétaire des contrats d'édition de Ravel, pour obtenir une refonte de ces mêmes contrats très avantageux pour l'éditeur. René Dommange, âgé de plus de quatre-vingts ans, transige et finit par céder tous les droits et contrats d'édition à Jean-Jacques Lemoine. Ce dernier crée alors en 1971 dans le paradis fiscal des Nouvelles-Hébrides la société off-shore ARIMA (Artists Rights International Management Agency) puis ouvre des bureaux à Gibraltar, Panama, Amsterdam... En vertu d'un assignment of copyright (disposition en droit anglo-saxon, inexistante en droit français), Alexandre Taverne cède plus de la moitié des droits d'édition à ARIMA. D'après Évelyne Pen de Castel, fille de la deuxième épouse d'Alexandre Taverne, Georgette Taverne, ARIMA serait le cessionnaire exclusif de tous les droits sur l'œuvre de Maurice Ravel, soit un revenu annuel de deux millions d'euros depuis quarante ans[194]. À la suite de la mort de Georgette Taverne en 2012, Évelyne Pen de Castel, épouse du pianiste Michel Sogny[195],[196],[197], devient la détentrice des droits d'auteur[193],[198].
En France, à la suite de la loi relative aux droits d'auteur du [199] voulue par Jack Lang, alors ministre de la Culture, les droits sur l'œuvre de Maurice Ravel ont été étendus à soixante-dix ans, ce qui, pour toutes les créations postérieures au (date de fin des prorogations de guerre de la Première Guerre mondiale), les ont fait entrer dans le domaine public en France le , compte tenu du cumul des prorogations de guerre[200],[201]. Les créations publiées antérieurement au sont concernées par les prorogations des deux guerres mondiales : elles entrent dans le domaine public en 2022[202],[203],[204]. Pour d'autres œuvres, créées « en collaboration », cette date est encore plus tardive : ainsi de pièces lyriques telles que L'Enfant et les Sortilèges, dont l'autrice du livret, Colette, est morte en 1954, ou Don Quichotte à Dulcinée, dont les soixante-dix ans de protection courent pour la même raison à partir du décès de Paul Morand, survenu en 1976[205].
Boléro
Les héritiers d'Alexandre Benois, décorateur ayant participé au ballet Boléro et décédé en 1960, ont demandé qu'Alexandre Benois soit reconnu comme coauteur du Boléro. Le , le tribunal de Nanterre a débouté les héritiers de leur demande[206]. Cependant, six mois plus tard, en janvier 2025, la presse informe que les successions Benois et Ravel ont fait appel du jugement, de sorte que la bataille judiciaire autour des droits du Boléro en France n'est pas close[207],[208],[209],[210],[211],[212].
- Au Canada, au Japon et dans les pays observant un délai de cinquante ans post mortem[N 80], le Boléro, comme toutes les œuvres de Ravel, est entré dans le domaine public le .
- Aux États-Unis, le Boléro de Ravel est protégé jusqu'en 2024[N 81] et est entré dans le domaine public le [213],[214].
- Dans l'Union européenne (hors France) et dans les pays observant un délai de soixante-dix ans post mortem, le Boléro, comme toutes les œuvres de Ravel, est entré dans le domaine public le [215].
- En France, il y est placé le [201], à cause des prorogations de guerre, dues à la Seconde Guerre mondiale, ce qui a allongé la durée des droits d'auteur de huit ans et cent-vingt jours (soit 3 042 jours écoulés du au ).
Prix et distinctions

- Deuxième second prix de Rome 1901, derrière André Caplet, premier grand prix 1901, et Gabriel Dupont, premier second prix 1901[216].
- Maurice Ravel, peu sensible aux honneurs, refusa sa promotion comme chevalier de la Légion d'honneur publiée au Journal officiel de la République française le 17 janvier 1920, le JORF publiant l'annulation de la promotion le 4 avril 1920, ce qui fut largement commenté dans la presse de l'époque[217].
- Membre de l'Académie royale suédoise de musique (1921[218]).
- Sociétaire d'honneur de l'Académie royale philharmonique de Bologne (1922[218]).
- Membre associé de la section de musique de la classe des beaux-arts de l'Académie royale de Belgique (1925[218]).
Chevalier de l'ordre de Léopold (1926[219],[218]).- Docteur honoris causa de l'Université d'Oxford (1928[220]).
- Croix de Carol II de Roumanie (1932[220]).
- Croix de l'ordre d'Isabelle la Catholique (1932[220]).
Hommages
Odonymes

771 toponymes (avenues, places, rues, etc.) portent le nom du compositeur en tout en France d'après le fichier des entités topographiques (TOPO) de la Direction générale des Finances publiques[221], ce qui place le compositeur parmi les quinze personnalités donnant le plus son nom à des voies en France, dont :
- l'avenue Maurice-Ravel, à Paris (12e arrondissement)[222] ;
- l'avenue Maurice-Ravel, à Saint-Cloud, où le compositeur vécut à la Villa Helena avec son frère de fin 1917 à début 1921 ;
- la place Maurice-Ravel, à Nancy ;
- la place Maurice-Ravel, à Saint-Jean-de-Luz ;
- le quai Maurice-Ravel, à Ciboure, où se trouve la maison natale du compositeur ou Maison Estebania ;
- la rue Maurice-Ravel, à Houplines ;
- la rue Maurice-Ravel, à Montfort-l'Amaury, où se trouve la demeure du compositeur Le Belvédère de 1921 à 1937 ;
- la rue Maurice-Ravel, à Rueil-Malmaison.
Sont également nommés en son honneur plusieurs établissements d’enseignement musical :
- le conservatoire Maurice-Ravel de Bayonne ;
- le conservatoire à rayonnement communal Maurice-Ravel de Levallois-Perret ;
- le conservatoire Maurice-Ravel du 13e arrondissement de Paris.
Portent aussi son nom des salles de concerts :
- l'auditorium Maurice-Ravel, à Lyon ;
- l'auditorium Maurice-Ravel, à Saint-Jean-de-Luz ;
- la salle Ravel située au conservatoire Maurice-Ravel de Levallois-Perret ;
- la salle Maurice Ravel au nouveau palais des congrès du Touquet-Paris-Plage.
Deux centres culturels portent le nom de Boléro en hommage au compositeur :
- le centre Boléro, ancien centre municipal des loisirs (CML), à Montfort-l'Amaury, centre doté d'un auditorium ;
- le Boléro, à Versoix, ville natale du père et de l'oncle peintre du compositeur Édouard Ravel, le centre culturel comprend une galerie, une bibliothèque, un bistro.
Plusieurs établissements de l’enseignement secondaire portent le nom de Ravel :
- le collège Maurice-Ravel, à Toulon ;
- le lycée Maurice-Ravel, du 20e arrondissement de Paris ;
- le lycée général et technologique Maurice-Ravel, à Saint-Jean-de-Luz.
Des lieux d'hébergement portent le nom de Maurice Ravel :
- le centre international de séjour de Paris (CISP) Maurice-Ravel ou hôtel CIS Ravel, situé avenue Maurice-Ravel, à Paris (12e arrondissement), créé par la Ville de Paris et géré par la Ligue de l'enseignement, fonctionnant sur le principe des auberges de jeunesse ;
- le foyer Maurice Ravel, à Nanterre, ancienne résidence pour musiciens.
Maurice Ravel a aussi donné son nom en astronomie :
- l'astéroïde (4727) Ravel, découvert en 1979[223] ;
- le cratère mercurien Ravel[224].
Plaques commémoratives

Treize plaques commémoratives Maurice Ravel sont disséminés à travers la France, inaugurées entre 1930 et 2024, dont quatre sont à l'initiative de villes : Ciboure (1930), Montfort-l'Amaury (1947), Levallois-Perret (1951), Chamouilley (2013). Deux plaques sont à l'initiative de la Fondation Maurice Ravel, à Lyons-la-Forêt (1963) et 4 avenue Carnot (1969) tandis que l'association des Amis de Maurice Ravel est impliquée dans l'inauguration de six plaques Ravel entre 2013 et 2024.
Deux plaques commémoratives se trouvent dans la ville natale de Ravel[225] :
- inaugurée en 1930, à Ciboure, au 12 quai Maurice Ravel, sur la façade de la maison natale du compositeur, lors de fêtes en l'honneur du musicien et en sa présence le 24 août 1930 ;
- inaugurée en 1975, dans l'église Saint-Vincent de Ciboure, lors du centenaire de la naissance et baptême du compositeur.
Huit plaques commémoratives sont placées dans des lieux franciliens liés à la vie de Ravel[225] :
- inaugurée en 1947, à Montfort-l'Amaury, au 5 rue Maurice Ravel, au Belvédère[226],[227], son adresse de 1921 à sa mort ;
- inaugurée en 1951, au 16 bis rue Louis Rouquier à Levallois-Perret, domicile secondaire de Maurice Ravel de 1930 à sa mort en 1937, consistant en un appartement aménagé et décoré par Léon Leyritz dans l'immeuble construit et occupé par le frère cadet du compositeur, Édouard Ravel (1878-1960) ;
- inaugurée en 1969, au 4 avenue Carnot[228] à Paris (17e arrondissement), son adresse de 1908 à 1917[229] ;
- inaugurée en 2015, au 11 rue Louis Rouquier à Levallois-Perret, son adresse de 1904 à 1908[230] ;
- inaugurée en 2019, au 21 rue d'Athènes à Paris (9e arrondissement), un pied-à-terre parisien de 1921 à 1932 à l'Hôtel d'Athènes juste en face du domicile de ses proches amis Godebski[230] ;
- inaugurée en 2021, au 19 boulevard Pereire à Paris (17e arrondissement), son adresse de 1901 à 1904[231] ;
- inaugurée en 2022, au 15 rue Lagrange à Paris (5e arrondissement), son adresse de 1896 à 1899[229] ;
- inaugurée en 2024, au 40 rue des Martyrs à Paris (9e arrondissement), son adresse pendant les cinq premières années de sa vie[232].
Deux plaques commémoratives sont situées en province dans des lieux liés à l'engagement volontaire de Ravel comme soldat pendant la Première Guerre mondiale[225] :
- inaugurée en 2013, à Chamouilley, où Ravel fut affecté du printemps à l'automne 1916[233] ;
- inaugurée en 2016, dans le Château des Monthairons, lieu d'affectation de Ravel au printemps 1916[234],[235].
Une plaque commémorative est située en province dans un des lieux où Ravel composa :
- inaugurée en 1963, à Lyons-la-Forêt, sur la façade de la villa Le Fresne où il séjourna à plusieurs reprises et composa les étés 1916 et 1922, à l'invitation de sa marraine de guerre, Mme Fernand Dreyfus, et du fils celle-ci, Roland-Manuel, compositeur, élève, ami et biographe de Ravel[225],[236].
En musique
De nombreuses œuvres musicales sont dédiées à Maurice Ravel oui lui rendent hommage, dues aux compositeurs suivants[237],[238] :
- Georges Aperghis : Hommage à Ravel pour alto solo (1987, cinquantenaire de la mort de Ravel) ;
- Yves Baudrier : Prélude à quelques sortilèges, en souvenir de L'Enfant et les Sortilèges (1951) ;
- Jürg Baur : Quintetto pittoressco : Passeggiatta con Maurice Ravel (Quintette pittoresque : Promenade avec Maurice Ravel) pour instruments à vent (1987, cinquantenaire de la mort de Ravel) ;
- Arthur Benjamin : Le Tombeau de Ravel, valse-caprice pour clarinette ou alto et piano, en hommage au compositeur et à son Tombeau de Couperin (1957, 20e anniversaire de la mort de Ravel) ;
- Luciano Berio : 3e mouvement de Sinfonia, hommage à La Valse et Daphnis et Chloé (1968, 30e anniversaire de la mort de Ravel) ;
- Roger Bourdin : À la mémoire de Maurice Ravel pour flûte, orgue et contrebasse ;
- Robert Casadesus : Vingt-quatre Préludes pour piano (1925, cinquantenaire de Ravel) ;
- Alfredo Casella : À la manière de Ravel ou Almanzor ou le mariage d’Adélaïde op. 17 pour piano -pastiche musical- (1913) ; 6e des Nove pezzi op. 24 pour piano (1914) ;
- Mario Castelnuovo-Tedesco : deux premières variations de B-a-ba, variazioni sopra un tema infantile per pianoforte (B-a-ba, variations sur un thème enfantin pour piano) (1929) ;
- Ricardo Castillo (Guatémaltèque) : Homenaje a Ravel (Hommage à Ravel) pour orchestre (1920) ; Homenaje a Ravel (Hommage à Ravel) pour violon et piano (1954) ;
- Maurice Delage : 1er des Quatre poèmes hindous (1912) ; Quatuor à cordes (1948) dédié « à Ida Rubinstein, à la mémoire de Maurice Ravel pour le dixième anniversaire de sa mort[239] » ;
- Michael Denhoff (Allemand) : Double-Scherzo II. Hommage à Maurice Ravel, des Neuf Hommages brefs op. 94 pour double trio -flûte, clarinette, percussions, violon, violoncelle, piano- (2002) ;
- David Diamond : Elegy in memory of Maurice Ravel pour orchestre à cordes et percussion (1958, 20e anniversaire de la mort de Ravel) ;
- Emma Lou Diemer : Variations pour piano à quatre mains (Hommage à Ravel, Schoenberg et May Aufderheide) (1989) ;
- Richard Dubugnon : Retour à Montfort-l'Amaury pour piano et violon, composé sur le piano de Ravel au Belvédère (2010) ;
- Arnaud Dumond : Hommage à Ravel, 5e des Cinq Hommages français pour guitare (1998) ;
- Christian Dupriez (Belge) : Tambourin pour servir de thrène à Maurice Ravel (1951) ;
- Louis Durey : Neige, 2e des 2 Pièces pour piano à 4 mains op. 7 (1918) ;
- Will Eisenmann (Germano-suisse) : Trauermusik. Épitaphe pour Maurice Ravel op. 21 pour piano et orchestre (1938) ;
- Rudolf Escher : Le Tombeau de Ravel pour petit ensemble -flûte, hautbois, violon, alto, violoncelle et clavecin- (1952) ;
- Jacqueline Fontyn : Valse retro (modeste hommage à Ravel), extrait de La Devinière, 11 pièces faciles pour violon et piano (1990) ;
- Jean Françaix : 4e pièce de la suite Promenade d’un musicologue éclectique (1987, cinquantenaire de la mort de Ravel) ;
- Zino Francescatti : Berceuse sur le nom de Ravel pour piano et violon (1928) ;
- Shirō Fukai : 2e des Quatre caricatures pour orchestre, hommage ironique à Ravel, représenté sous les traits du paon de ses Histoires naturelles ;
- Remo Giazotto : Au Tombeau de Ravel pour piano (1957, 20e anniversaire de la mort de Ravel) ;
- Jean Giroud : Menuet à la manière de Ravel pour piano (1934) ;
- Olivier Greif : Le Tombeau de Ravel pour piano à quatre mains (1975, centenaire de la naissance de Ravel), morceau orchestré par Fabien Waksman (2009) ;
- Ernesto Halffter : Rapsodia portuguesa pour piano et orchestre (1937-1940) ;
- Éric Heidsieck : De Couperin à Ravel en passant par la Renaissance, extrait de l’Hommage à Rouget de Lisle, paraphrase sur La Marseillaise en vingt-trois variations « à la manière de… » pour piano (1987) ;
- Robert Helps (Américain) : Hommage à Ravel, dernier des Trois Hommages pour piano (1974) ;
- Jean-Paul Holstein : Peut-être le jour. Hommage à Ravel pour quatuor à cordes (1975, centenaire de naissance de Ravel) ; Langueurs (à Montfort-l’Amaury, chez Ravel), 3e des Cinq études de style de la Suite irrévérencieuse pour saxophone alto en mi bémol et piano (1986) ;
- Arthur Honegger : Hommage à Ravel, 2e des Trois pièces pour piano (1915-1919) ; Chant de joie, versions pour orchestre et pour piano à 4 mains (1923) ;
- Erich Itor Kahn (Allemand) : Hommage à Ravel, 6e des Huit Inventions pour piano (1937) ;
- Alain Kremski : Un Paysage serein (Hommage à Maurice Ravel) pour cloches anciennes d’Iran et gongs (1975, centenaire de la naissance de Ravel) ;
- Betsy Jolas : Signets (Hommage à Maurice Ravel) pour piano (1987, cinquantenaire de la mort de Ravel) ;
- László Lajtha : Hommage à Ravel : Adieu pastourelles parmi les Quatre hommages pour flûte, hautbois, clarinette et basson (1957, 20e anniversaire de la mort de Ravel) ;
- Bruno Mantovani : Étude pour les ornements. Hommage à Ravel, 1re des Quatre études pour piano (2003) ;
- Xavier Montsalvatge : Elegía a Maurice Ravel (Élégie à Maurice Ravel) pour piano (1945) ;
- Joaquín Nin : Comentario-V. Mensaje a Ravel (Commentaire V. Message à Ravel), pièce de la Cadena de Valses (Chaîne de valses) pour piano (1919) ;
- Maurice Ohana : 4e des Douze études d'interprétation (pour la main gauche) (1981) ;
- Léon Orthel (Néerlandais) : Hommage à Ravel en forme d’étude, un des Deux hommages en forme d’étude op. 40 pour piano (1958, 20e anniversaire de la mort de Ravel) ;
- Carlos Palacio (Espagnol) : Primavera sobre un tumba (A Mauricio Ravel en su centenario) (Printemps sur un tombeau. À Maurice Ravel à l'occasion de son centenaire) pour piano (1975, centenaire de la naissance du compositeur) ;
- Émile Passani : Hommage à Ravel, 2e des Six Pièces semi-brèves pour piano (1927) ;
- Gérard Pesson : Ravel à son âme pour orchestre (2011) ;
- Michel Philippot : Esquisse (1987, cinquantenaire de la mort de Ravel) ;
- Willem Pijper : Strÿkquartet n°4 (Quatuor n°4) (1928) ;
- Emile Riadis : Hommage à Maurice Ravel, suite pour piano en 3 mouvements aux titres évocateurs (Prélude aux rossignols de Saint-Jean-de-Luz, Sarabande pour une maman défunte, Célébration- Finale) (1925, cinquantenaire de Ravel) ;
- Roland-Manuel : Menuet sur le nom de Ravel pour piano (1912) ; Hommage à Ravel ou La Soirée de Viroflay pour piano (1916) ; Trio à cordes (1919) ;
- Manuel Rosenthal : Le Temple de mémoire pour orchestre, œuvre composée à partir des souvenirs de conversations échangées entre Ravel et Rosenthal depuis 1926 (1976, centenaire de la naissance de Ravel) ;
- Guy Sacre : Danseurs (Hommage à Maurice Ravel), 10e pièce du recueil Carnaval pour piano (1983-1994) ;
- Gustave Samazeuilh : Esquisse d'Espagne pour voix et piano (1914) ;
- Erik Satie : 2e des trois Sarabandes (1911) ; en revanche, Les Trois Valses distinguées du précieux dégoûté raillent les Valses nobles et sentimentales et le texte d'accompagnement des trois pièces, intitulées Sa taille, Son binocle et Ses jambes, est un persiflage à l'encontre de Ravel (1914) ;
- Florent Schmitt : Brises, 3e pièce du 2e recueil des Musiques intimes op. 29 pour piano (1898-1904)[240] ;
- Erwin Schulhoff : onze Inventions (1921) ;
- Tim Souster (Britannique) : Le Souvenir de Maurice Ravel pour septuor -piano, flûte, hautbois, clarinette, violon, alto, violoncelle- (1984) ;
- Igor Stravinsky : 3e de Trois poésies de la lyrique japonaise (1912-1913) ;
- Theodor Szántó (en) : 3e des Contrastes pour piano (1912) ;
- Jenő Takács (Hongrois) : Hommage à Maurice Ravel, 6e des Sechs Metamorphosen (Six Métamorphoses) op. 121 (1992) ;
- Alexandre Tansman : Prélude V (Hommage à Maurice Ravel), 2e des Quatre préludes pour piano (1921) ; Sonata rustica (1925, cinquantenaire de Ravel) ;
- Maurice Thiriet : Hommage à Ravel ou Tempo di Forlana, poème musical, versions pour piano et pour orchestre (1933) ;
- Ricardo Viñes : Menuet spectral pour piano (1937-1938) ;
- Iannis Xenakis : A.R. (Hommage à Maurice Ravel) pour piano (1987, cinquantenaire de la mort de Ravel) ;
- Julien-François Zbinden : Hommage à Ravel op.4 n°1, des Trois Préludes pour piano (1944) .
Au cinéma
En 2024, Raphaël Personnaz incarne le compositeur dans le film Boléro d'Anne Fontaine, selon une interprétation libre de la biographie par Marcel Marnat, le tournage ayant en partie eu lieu au Musée Maurice-Ravel de Montfort-l'Amaury[241].
À la télévision
En 1979, Marc Cassot interprète Maurice Ravel dans Monsieur Ravel, septième épisode réalisé par Guy Gilles de la série Il était un musicien, téléfilm tourné en 1977 au Musée Maurice-Ravel et dans Montfort-l'Amaury[242],[243].
En arts plastiques

- Édouard Ravel a réalisé un portrait peint de son neveu vers 1885, exposé dans le salon de musique du Musée Maurice-Ravel[244].
- Léon Tanzi a réalisé un portrait peint de Maurice Ravel en 1886, exposé dans le salon de musique du Musée Maurice-Ravel[245].
- Henri Manguin a réalisé un portrait peint de Ravel en 1902, conservé au Centre Pompidou[246],[247].
- Pierre Bonnard, durant une croisière à bord du yacht Aimée de Misia l'été 1905, peignit un tableau qui représente Maurice Ravel aux côtés d'Ida Godebska -épouse de Cipa Godebski- et de Misia, tous trois assis sur le pont de l'embarcation et occupés à lire ou à regarder le paysage. Ce tableau, daté par erreur « vers 1912 » dans plusieurs publications, n'est pas localisé[248],[249],[250],[251]. Manuel Cornejo a émis l'hypothèse qu'un autre tableau de Pierre Bonnard, La Soirée musicale, qui montre une dizaine de personnes dans un salon musical (celui de Cipa Godebski ou celui de Misia peut-être ?), puisse représenter Misia et Ravel -la seconde personne au piano, de profil gauche-, un tableau qui n'est pas localisé non plus[252],[251].
- Achille Ouvré est l'auteur de deux portraits -eaux fortes en couleurs- de Maurice Ravel. Un premier portrait, de 1909, avec le musicien portant encore barbe et moustache, et provenant des archives du compositeur, est conservé au département de la musique de la BnF[246],[253],[254]. Un second portrait, de 1910, montrant le compositeur au piano et sans barbe ni moustache, est conservé au département des estampes de la BnF.
- Georges d'Espagnat a peint un tableau Réunion de musiciens chez M. Godebski en 1910, représentant Maurice Ravel accoudé au piano chez son ami Cipa Godebski, lors d'une réunion du cercle des Apaches, tableau conservé depuis 1931 dans les réserves de la Bibliothèque-musée de l'Opéra[255],[256].
- Alexandre Benois a réalisé un dessin à la mine de plomb de Maurice Ravel croquant un "plaisir" après avoir pris son bain à Saint-Jean-de-Luz en juillet 1914, dessin conservé au département de la musique de la BnF[257].
- Jean Godebski, fils de Cipa Godebski et co-dédicataire de Ma mère l'Oye, a réalisé plusieurs dessins et caricatures de Maurice Ravel dans les années 1910-1920[258],[259],[260].
- Jean Moulin a réalisé des croquis de Maurice Ravel lors d'un concert donné par ce dernier à Lyon le [261]. Ces dessins offerts au compositeur à l'issue du concert sont inédits et non localisés[262].
- Valentin (Edgar) van Uytvanck est l'auteur d'un portrait dessiné de Maurice Ravel à Amsterdam en septembre 1922. Un exemplaire signé par l'artiste et par le compositeur est conservé au cabinet des estampes de la Bibliothèque royale de Belgique[263].
- André Favory a dessiné un portrait de Maurice Ravel en 1925 pour les besoins du numéro spécial de La Revue musicale consacré au compositeur pour son cinquantième anniversaire, dessin qui fut ensuite largement repris dans la presse française et étrangère dans des articles consacrés au musicien[264].
- Carlos de Castéra, frère du compositeur René de Castéra, est l'auteur d'un dessin montrant Maurice Ravel -avec lunettes- au piano aux côtés de Gustave Samazeuilh aussi au piano et René de Castéra faisant office de tourneur de pages, à l'occasion d'un concert donné à Hossegor le [265],[266],[267].
- Luc-Albert Moreau, conjoint d'Hélène Jourdan-Morhange, proche amie de Ravel, est l'auteur de plusieurs dessins du compositeur : dessins de mai 1927 montrant le compositeur composant et portant des lunettes, dessin de la même période montrant Ravel se promenant en forêt de Rambouillet avec Hélène Jourdan-Morhange, dessin du compositeur, vu de dos, dirigeant son Boléro en 1930, dessin du compositeur atteint par la maladie sur le balcon du Belvédère vers la fin de sa vie, dessin du compositeur sur son lit de mort le 28 décembre 1937. Presque tous ces dessins ont été reproduits en 1945 dans la biographie de Ravel par Hélène Jourdan-Morhange publiée en Suisse[268].
- Aline Fruhauf, caricaturiste américaine, a réalisé plusieurs caricatures de Ravel pendant la tournée du compositeur en Amérique du Nord de janvier à avril 1928, publiées notamment dans The Musical Courier[269],[270],[271],[272].
- Marcel Amiguet a réalisé un portrait -dessin et eau-forte- de Ravel en 1928[273].
- Léon Leyritz a sculpté le buste de Ravel fin 1927-début 1928, dont le compositeur considérait qu'il était « son meilleur portrait[274] ». Un exemplaire du buste est exposé au Musée Maurice-Ravel, don de l'association des Amis de Maurice Ravel. Un autre exemplaire du buste, inauguré le au foyer de l’Opéra Garnier en présence du ministre Jean Zay et du directeur de l’Opéra national de Paris, Jacques Rouché, est conservé dans les réserves de la Bibliothèque-musée de l'Opéra[275].
- Louise Ochsé a sculpté le buste de Ravel en 1928, buste exposé dans la salle à manger du Musée Maurice-Ravel[276].
- Roger Wild a réalisé un portrait dessiné de Ravel en 1928, le représentant assis dans un fauteuil en osier au Belvédère, dessin reproduit à de rares reprises depuis 1929[277],[278],[279].
- Tsugouharu Foujita a réalisé un portrait -lithographie en couleurs- de Maurice Ravel en 1929, qui servit à la réalisation d'une affiche pour un concert de gala avec le concours du compositeur au théâtre du Casino de Biarritz le [280],[281]. Un exemplaire du portrait a été acquis en 2024 par les Amis de Maurice Ravel au Japon[282].
Autres
La Revue musicale consacre deux numéros spéciaux à Maurice Ravel. Le premier publié en 1925 à l’occasion de son 50e anniversaire et le second publié en 1938 pour commémorer son premier anniversaire de décès. On retrouve dans ce numéro de plus de 300 pages de nombreux hommages et souvenirs signés par divers personnages du milieu artistique. L’association de Ravel à des valeurs de liberté et de justice, de même que la claire intention de certains auteurs de le dépeindre comme un symbole de la société française, témoignent du climat de tension politique qui secoue le milieu musical français[283].
En 2025, à l'occasion du 150e anniversaire de la naissance de Maurice Ravel, La Poste édite un timbre à son effigie, conçu par l'illustrateur Stéphane Manel et mis en page par la graphiste et illustratrice Aurélie Baras[284], et, le , une rose 'Maurice Ravel', créée par le rosiériste Christian de Chausey, est inaugurée au parc du château de Chantore[285],[286],[287].
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Écrits
- Ravel au miroir de ses lettres : correspondance réunie par Marcelle Gerar et René Chalupt, Paris, Robert Laffont, , 280 p. (BNF 32558157) Méritoire première anthologie de 186 correspondances de Maurice Ravel, avec toutefois peu de fiabilité éditoriale : nombreuses erreurs de transcription et de dates, coupes volontaires, noms de personnes citées rendus anonymes X, Y, etc. ; ce livre a paru 32 ans plus tard dans une traduction russe à Leningrad aux éditions Muzika en 1988[288]
- Maurice Ravel 1875-1975, Paris, SACEM, , 89 p. (BNF 43356460) Textes introductifs de Georges Auric, Jean-Loup Tournier, François Lesure. Réunit l’Esquisse autobiographique de Maurice Ravel et une petite anthologie de treize correspondances et sept écrits de Maurice Ravel ainsi qu’une iconographie choisie de Maurice Ravel
- Lettres à Roland-Manuel et à sa famille : préface et notes de Jean Roy, Quimper, Calligrammes, , 168 p. Correspondances de Maurice Ravel à son élève et ami Roland-Manuel et à la mère de celui-ci, Mme Fernand Dreyfys ; édition méritoire mais non fiable car truffée d'erreurs de transcription et éditant comme adressées à Roland-Manuel des lettres écrites en fait à Maurice Delage[289]
- Lettres, écrits et entretiens : réunis, présentés et annotés par Arbie Orenstein ; trad. de Dennis Collins ; interprétations historiques (1911-1988) par Jean Touzelet, Paris, Flammarion, coll. « Harmoniques. Série Écrits de musiciens », , 626 p. (ISBN 2-08-066103-5, BNF 36633974)
Recueil de 305 correspondances et 42 écrits et entretiens de Maurice Ravel. - L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, , 1776 p. (ISBN 978-2-36890-577-7 et 2-36890-577-4, BNF 45607052)
Ensemble le plus complet jamais réalisé des écrits publics et privés de Maurice Ravel : 2539 lettres et 148 écrits et entretiens, dont certains traduits de diverses langues étrangères ; Prix du jury du Prix des Muses 2019; Prix Sévigné 2019. - Correspondance, écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo (préf. Mathias Auclair), Paris, Gallimard, coll. « Tel », , 2934 p. (ISBN 9782073111111, BNF 47682301)[290],[291],[292],[293],[294],[295],[296],[297],[298],[299],[300],[301],[302]. Réunion de 2919 correspondances, écrits et entretiens, dont 2001 correspondances de Maurice Ravel, 147 écrits et entretiens de Maurice Ravel, ainsi que 16 annexes
Ouvrages généraux
- Guy Sacre, La musique de piano : dictionnaire des compositeurs et des œuvres, vol. I (A-I), Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1495 p. (ISBN 978-2-221-05017-0).
- Guy Sacre, La musique de piano : dictionnaire des compositeurs et des œuvres, vol. II (J-Z), Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 2998 p. (ISBN 978-2-221-08566-0).
Monographies : Études, biographies, souvenirs
- Geneviève Bailly (préf. Oswald Sallaberger), Ravel à Lyons-la-Forêt, Paris, Freylin, (1re éd. 2007), 92 p. (ISBN 978-2-9530386-1-3, BNF 42792365)
- Karol Beffa, En avant la musique ! Maurice Ravel, Paris, Équateurs, , 201 p. (ISBN 978-2-3828-4802-9)
- Colette, Maurice Delage, Léon-Paul Fargue, Hélène Jourdan-Morhange, Tristan Klingsor, Roland-Manuel, Dominique Sordet, Émile Vuillermoz et Jacques de Zogheb (ill. Galanis, Luc-Albert Moreau, Roger Wild), Maurice Ravel, par quelques-uns de ses familiers, Paris, éditions du Tambourinaire, , 191 p. (BNF 33475564) Hommage collectif à Ravel.
- Cesário Costa, Maurice Ravel et Pedro de Freitas Branco. Un dialogue esthétique fécond entre compositeur et chef d'orchestre, Paris, L'Harmattan, , 356 p. (ISBN 978-2-336-50248-9, BNF 47618283) Préfaces de Manuel Cornejo et Paulo Ferreira de Castro
- Christian Goubault, Maurice Ravel : le jardin féerique, Paris, Minerve, , 357 p. (ISBN 2-86931-109-5, BNF 39264179) Monographie de premier plan, Grand Prix des Muses 2005, si l'ouvrage comporte un utile index des œuvres de Ravel, il manque un index onomastique, ce qui n'enlève rien au caractère essentiel du livre très documenté et avec de nombreux exemples musicaux.
- Vladimir Jankélévitch, Ravel, Paris, Le Seuil, coll. « Solfèges », (1re éd. 1939), 220 p. (ISBN 2-02-023490-4, BNF 35749890)
Troisième édition, augmentée d’un catalogue exhaustif de l’œuvre musicale et d’un index, comporte aussi une nouvelle discographie et une bibliographie mise à jour. - Hélène Jourdan-Morhange (préf. Colette, ill. Luc-Albert Moreau), Ravel et nous : l'homme, l'ami, le musicien, Genève, éditions du Milieu du monde, , 271 p. (BNF 32291620)
Recueil des souvenirs d'une violoniste, interprète et proche amie de Ravel, préfacé par Colette. - David Lamaze, Le cœur de l'horloge : une dédicace cachée dans la musique de Ravel, Saint-Brieuc, Reflets de Misia, , 272 p. (ISBN 978-2-7466-0524-4, BNF 42319217) L'ouvrage présente les indices biographiques et analytiques de la transcription musicale par Ravel d'un nom et d'un prénom.
- Bernard Lechevalier, Bernard Mercier et Fausto Viader (préf. Manuel Cornejo), Le Cerveau de Ravel, Paris, Odile Jacob, , 340 p. (ISBN 9782415004279, BNF 47222411, présentation en ligne)
- Sylvain Ledda, Ravel, Paris, Gallimard, coll. « Folio », , 368 p. (ISBN 9782070462148, BNF 45151572)
- Marguerite Long, Au piano avec Maurice Ravel : textes réunis et présentés par le professeur Pierre Laumonier, Paris, Juillard, , 189 p. (BNF 35199655) Témoignages éclairés d’une grande pianiste proche du compositeur.
- Marcel Marnat, Maurice Ravel, Paris, Fayard, coll. « Indispensables de la musique », , 828 p. (ISBN 2-213-01685-2, BNF 43135722)
Biographie d’une formidable richesse documentaire. La vie de Ravel replacée en permanence dans le contexte de son temps. Catalogue complet des œuvres. En revanche, Marnat ne dispose pas encore de la correspondance (environ 2 000 lettres) publiée partiellement en 1989 pas Arbie Orenstein (environ 300 lettres). - Marcel Marnat, Maurice Ravel : qui êtes-vous ? : l'hommage de La Revue musicale, , Lyon, éditions de la Manufacture, , 487 p. (ISBN 2-7377-0052-3, BNF 38293710) Réédition du numéro spécial de La Revue musicale paru en pour l'anniversaire de la mort de Ravel, présenté et annoté par Marcel Marnat. Nombreux articles dont : Jacques-Émile Blanche, Jane Bathori, Vladimir Jankélévitch, Tristan Klingsor, Désiré-Émile Inghelbrecht, André Suarès, Émile Vuillermoz, Alfred Cortot, Tristan Derème, Édouard Herriot, Marguerite Long, Ricardo Viñes, Gabriel Marcel, Serge Lifar, Arthur Honegger, Jean Cassou, Darius Milhaud, Romain Rolland, Jean Zay, Roland-Manuel, Mimi Blacque-Belair, René Chalupt
- Yves Milon (préf. Manuel Rosenthal), Maurice Ravel à Montfort-L'amaury, Paris, Asa éditions, , 112 p. (ISBN 2-911589-10-6, BNF 37032037)
- Jean-François Monnard, Ravel. Derrière les notes : Textes pour les éditions Ravel de Breitkopf, Wiesbaden, Breitkopf & Härtel, , 96 p. (ISBN 978-3-7651-0516-6)
- Jean-François Monnard, 100 % Ravel, Gollion, Infolio éditions, , 160 p. (ISBN 978-2-88968-193-8)
- (en) Roger Nichols, Ravel, New Haven, Yale University Press, , XIV-430 p. (ISBN 978-0-300-10882-8, BNF 42283672, lire en ligne) Bibliographie la plus documentée parue, uniquement en anglais.
- (en) Arbie Orenstein, Ravel : man and musician, New York, Columbia University Press, , XVI-290 p. (BNF 43183763) Importante biographie, rééditée en 1991 et en 2023 aux éditions Dover Publications avec le même texte et la même pagination.
- Bénédicte Palaux Simonnet, Maurice Ravel, Paris, Bleu Nuit éditeur, , 176 p. (ISBN 9782358841160, BNF 45798228)
- Roland-Manuel, Ravel et son œuvre, Paris, A. Durand et fils, , 50 p. (OCLC 251452820) Première biographie de Maurice Ravel, republiée en 1925.
- Roland-Manuel, Ravel, Paris, éditions de la Nouvelle Revue Critique, coll. « À la gloire de... », , 287 p. (BNF 32580891)

- Roland-Manuel, Ravel, Paris, Gallimard, , 192 p. (BNF 32580893) Réédition de l'ouvrage de 1938.
- Roland-Manuel (postface Jean Roy), Ravel, Paris, Mémoire du Livre, , 209 p. (BNF 37207336) Réédition de l'ouvrage de 1938 réédité en 1948.
- Étienne Rousseau-Plotto, Ravel : portraits basques, Anglet, Séguier, coll. « Empreinte », , 305 p. (ISBN 2-84049-360-8, BNF 39272583) — Seconde édition corrigée, augmentée et réillustrée, Biarritz, Atlantica, 2016, 343 p. Cet ouvrage présente la vie du compositeur au Pays basque, ainsi que ses liens avec sa région natale (origines maternelles, séjours, amis, langue, musique) ; 150 photographies, 26 planches couleur ; index.
- Manuel Rosenthal (préf. Marcel Marnat, édition annotée par Marcel Marnat et Thierry Bouchard), Maurice Ravel : souvenirs de Manuel Rosenthal / recueillis par Marcel Marnat suivi d’Equisse autobiographique par Maurice Ravel, Paris, Fario, coll. « Théodore Balmoral », , 240 p. (ISBN 979-10-91902-50-2, BNF 45636867).Réédition d'un ouvrage épuisé paru en 1995 aux éditions Hazan, avec le recueil des souvenirs du dernier élève de composition de Maurice Ravel de 1926 à 1937. Ce livre contient un cahier de huit photographies sur papier couché.
- David Sanson, Maurice Ravel, Paris, Actes Sud, , 160 p. (ISBN 9782742754847, BNF 39970892)
Catalogues d'expositions
- François Lesure et Jean-Michel Nectoux, Maurice Ravel, Paris, Bibliothèque nationale, , 78 p. (ISBN 2717712348, BNF 34570056, lire en ligne)
- Ravel Boléro : sous la direction de Lucie Kayas, Paris, Éditions de La Martinière-Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, , 216 p. (ISBN 979-10-401-2042-1, BNF 47599917) Ouvrage collectif, catalogue de l'exposition Ravel Boléro à la Philharmonie de Paris 3 décembre 2024-15 juin 2025 ; Pierre Korzilius (commissaire)
Articles
- Maurice Delage, « Les premiers amis de Ravel », Maurice Ravel par quelques-uns de ses familiers, Paris, Éditions du Tambourinaire, , p. 97-113 (BNF 37749367, lire en ligne, consulté le )
- Natalie Morel Borotra, « Ravel et le groupe des Apaches », Musiker. Cuadernos de música, no 8, , p. 145-158 (ISSN 1137-4470, lire en ligne)
Romans
- Michel Bernard, Les forêts de Ravel, Paris, éditions de la Table Ronde, , 208 p. (ISBN 978-2-7103-7998-0, BNF 45095291) Ce roman est une évocation de l'engagement de l'auteur durant la Première Guerre mondiale.
- Jean Echenoz, Ravel, Paris, Les Éditions de minuit, , 141 p. (ISBN 2-7073-1930-9, BNF 41175577) Ce roman retrace les dix dernières années de la vie du compositeur.
- David Lamaze, Le Cygne de Ravel, Paris, Michel de Maule, , 250 p. (ISBN 2-87623-196-4, BNF 40217290) Ce roman présente sous forme d'intrigue l'hypothèse d'une dédicace cachée par Ravel dans sa musique.
- Hugues Sibille, Ravel : Le géomètre des mystères, Clichy, Editions du Jasmin, coll. « jasmin littérature », , 164 p. (ISBN 978-2-35284-242-2, BNF 47280996)
Bandes dessinées
- Karol Beffa (sujet et textes), Aleksi Cavaillez (dessins) et Guillaume Métayer (textes), Ravel. Un imaginaire musical, Paris, Seuil-Delcourt, , 198 p. (ISBN 978-2-413-01337-2, BNF 45792102) Entretiens imaginaires avec Roland-Manuel.
- Michel Conversin, Ravel : Une bande dessinée et 2 CD, Paris, Éditions BD Music, (ISBN 2-84907384-9, BNF 42217388)
Correspondance
Principaux correspondants

Ravel a été toute sa vie un grand épistolier. En tête de ses correspondants viennent Ida et Cipa Godebski, leurs enfants Jean et Mimi (épouse Blacque-Belair), ainsi que Misia (156 correspondances). Ravel appelle Cipa « cher vieux ». Il est reçu par eux non seulement rue d'Athènes mais aussi en séjour dans leur villa la Grangette à Valvins, face à la Seine et à la forêt de Fontainebleau, où il peut travailler à l'aise[N 82]. Puis viennent Roland-Manuel et sa mère, madame Fernand Dreyfus (145 correspondances). Comme cette dernière est sa marraine de guerre, il l'abreuve de cartes et lettres presque quotidiennes durant sa mobilisation, où il donne des nouvelles du front et exprime sa satisfaction des colis alimentaires qu'elle lui envoie de Paris et de Lyons-la-Forêt[N 83]. Suivent son amie Georgette Marnold et le père de celle-ci, critique musical, Jean Marnold (134 correspondances), l'Apache Lucien Garban (125 correspondances), les deux proches amies luziennes Jane et Marie Gaudin (82 correspondances), l'Apache Maurice Delage (58 correspondances), l'homme de lettres et critique musical G. Jean-Aubry (49 correspondances), la violoniste Hélène Jourdan-Morhange (34 correspondances), la chanteuse Marcelle Gerar (33 correspondances), l'éditeur de musique Jacques Durand (29 correspondances), l'Apache Michel Dimitri Calvocoressi (24 correspondances), son amie Lily Pavlovsky -fille de l'homme de lettres Isaac Pavlovsky et sœur de l'architecte André Pavlovsky- (23 correspondances), les compositeurs Igor Stravinsky (15 correspondances), Manuel de Falla (14 correspondances) et Ralph Vaughan Williams (12 correspondances)[304],[305].
Principales archives publiques
Les correspondances de Ravel sont archivées principalement par neuf bibliothèques[289].
En France :
- la Bibliothèque nationale de France (Paris), dans ses divers départements : Département de la musique de la BnF, Bibliothèque-musée de l'Opéra, Département des Arts du spectacle de la BnF, Département des Manuscrits de la BnF ;
- la Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret (Paris), pour les fonds Charles Koechlin et Marguerite Long.
Aux États-Unis :
- la Pierpont Morgan Library (New York), pour les fonds Charles Alvar Harding, Mary Flagler Cary, Morgan et Robert Owen Lehman ;
- la Yale University Library, pour le fonds Frederick R. Koch qui comporte notamment l'abondante correspondance à Cipa Godebski et son épouse Ida Godebska ;
- la Bibliothèque du Congrès (Washington), pour les fonds Fay, Serge Koussevitzky, Moldenhauer, Sergueï Rachmaninov et Elizabeth Sprague Coolidge ;
- la University of Texas Library (Austin), pour les fonds Juan José Castro, Édouard Dujardin et Carlton Lake.
En Suisse :
- la Fondation Paul Sacher (Bâle) pour les fonds Rudolf Grumbacher, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Igor Stravinsky et Edgar Varèse.
En Espagne :
- l'Archivo Manuel de Falla (Grenade).
En Angleterre :
- la British Library (Londres), pour le fonds Ralph Vaughan Williams.
Films
- Paul Danblon et Alain Denis, Maurice Ravel, l'homme et les sortilèges, Documentaire, RTBF, 1975.
- Didier Lemaire, Noctuelles, ronde enfantine chez Ravel, Fiction (21 min), musique Junko Okazaki, Les Productions du Golem, 2015.
Citations
- « Mozart et Ravel sont les anges de la musique. Si Mozart est déjà loin de nous et qu'il faille le lire dans le texte, comme on lit Virgile et Racine, Ravel, lui, est la lampe douce qui luit sur la médiocrité contemporaine. Son verbe gracieux est notre verbe. Qu'on le veuille ou non, depuis 1937, on attend toujours l'AUTRE, celui qui sera aussi grand que lui » (Léo Ferré, Musique byzantine, )[306] ;
- « J'aime Maurice Ravel parce que Ravel est à la musique ce que la musique a d'universel. Et à mon avis, Ravel est à l'intelligence ce que l'intelligence a de parfaitement et de typiquement français » (Jacques Brel, en prélude à son émission de radio Madame la musique, 1961)[307].
Articles connexes
Liens externes
Ressources biographiques
- Catalogue complet des œuvres de Ravel d’après Marcel Marnat.
- Maurice Ravel Frontispice Site anglophone richement illustré de citations et de témoignages en anglais et en français.
Ressources documentaires
- Notice Maurice Ravel dans la base de données Dezède
- (en) Piano Society Plusieurs enregistrements d’œuvres pour piano de Ravel en écoute gratuite. Qualité sonore MP3.
- Partitions libres de Maurice Ravel dans Choral Public Domain Library (ChoralWiki)
- Maurice Ravel sur Wikilivres
- Cahiers Maurice Ravel Sommaires des numéros 1 à 18 de la revue éditée depuis 1985 par la Fondation Maurice Ravel
Bases de données
- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives au spectacle :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressource relative à la santé :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Ressource relative à plusieurs domaines :
- Ressource relative à la vie publique :
- Ressource relative à la recherche :
- Ressource relative au sport :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
Institutions
- Les Amis de Maurice Ravel association loi de 1901, JO, , reconnue d'intérêt général.
- Festival Ravel : institution née en 2017 de la fusion de l'Académie internationale de musique Maurice Ravel de Saint-Jean-de-Luz, aussi appelée Académie Ravel, fondée en 1967 par Pierre Larramendy, maire de Saint-Jean-de-Luz, et de l'association Musique en Côte basque, d’abord appelée La Grande Semaine de Saint-Jean-de-Luz, fondée en 1960 par Pierre Larramendy.
- Fondation Maurice Ravel : institution reconnue d'utilité publique en 1956.
- Maison-Musée Maurice Ravel "Le Belvédère" de Montfort-l'Amaury : musée né du legs de la maison du compositeur à la Réunion des musées nationaux par le frère cadet de Maurice Ravel, Édouard Ravel, par volonté testamentaire de 1958. Musée géré par la Ville de Montfort-l'Amaury depuis 1971 en vertu d'un bail emphytéotique avec la RMN.
Notes et références
Notes
- ↑ Les portraits sont exposés dans la maison de Ravel à Montfort-l'Amaury.
- ↑ Aujourd'hui quai Maurice-Ravel.
- ↑ De nationalité française, Joseph Ravel est né à Versoix dans le canton de Genève où son père, né en Savoie à Collonges-sous-Salève en 1800, exerce la profession de boulanger[2].
- ↑ La courte Esquisse autobiographique de Maurice Ravel, dictée par le musicien à son élève et ami Roland-Manuel en , a paru pour la première fois dans la La Revue musicale de . Elle est reprise intégralement dans les ouvrages d’Arbie Orenstein[8], Vladimir Jankélévitch[9], Manuel Cornejo[10],[11].
- ↑ En , à Vienne pour la première fois, Ravel dit à la presse : « Je n’ai malheureusement pas pu entendre d’opéra de Mozart. Mozart ! Pour nous, membres de la jeune école moderne, il est le plus grand des musiciens, le musicien par excellence, notre Dieu ! La génération aînée jure par Beethoven et Wagner. Notre credo artistique à nous est Mozart. Sur le chemin du retour à Paris, j’ai l’intention de passer un jour à Salzbourg, à marcher dans les traces de Mozart, à visiter son domicile et les lieux de naissance de ses œuvres immortelles. ». Déclarations au journal Neue Freie Presse, , p. 6[14],[15].
- ↑ Lors de son premier séjour en Autriche en , Ravel déclare : « Je reste à Vienne jusqu’à la fin de la semaine, puis j’effectuerai un pèlerinage à Salzbourg, la ville natale de Mozart qui est pour moi le musicien le plus génial de tous les temps. ». Déclarations lors d'un entretien avec Alexander Földes pour Komödie : Wochenrevüe für Bühne und Film, n°4, , p. 1-5[16],[17].
- ↑ À la question de savoir quel est « le plus grand de tous les musiciens », Ravel répond : « Pour moi, c’est Mozart. Mozart est la perfection : lui est grec, tandis que Beethoven est romain. Ce qui est grec est grand, ce qui est romain est colossal. Pour ma part je préfère ce qui est grand. Il n’existe rien de si élevé que le troisième acte d’Idoménée, de Mozart. ». Déclarations lors d'une interview accordée à Andrés Révész, « Le grand musicien Maurice Ravel nous parle de son art », ABC [Madrid], [18],[19],[20].
- ↑ « Depuis mes premières œuvres, j’ai poursuivi […] l’idéal de beauté grecque. C’est-à-dire un équilibre logique et clair qui dans le domaine musical a atteint sa plus grande perfection avec Mozart. C’est pourquoi je place Mozart au-dessus de tous les autres compositeurs. Son art représente pour moi, au plus haut degré, la réalisation de ce mystérieux équilibre entre contenu émotionnel et expression de la volonté, ou, autrement dit, entre cœur et raison, que nous ne retrouvons que dans l’art hellénique classique. ». Déclarations lors d'une interview accordée à Knudåge Riisager, « Chez Maurice Ravel. Une visite chez le célèbre compositeur français », Berlingske Tidende [Copenhague], [21],[22].
- ↑ « Je me sens particulièrement proche de Mozart. Mes admirateurs me comparent à lui avec exagération. Pour moi Beethoven est un Romain classique et Mozart un Hellène classique. Je me sens plus proche de l'Hellène ouvert et solaire. » — Ravel cité dans la Neue Freie Presse, Vienne, [23],[24].
- ↑ « Mon maître préféré ? En ai-je un ?... En tout cas, j'estime que Mozart demeure le plus parfait de tous. Sans doute est-il le père de la musique académique, mais il n'y a aucune responsabilité. Il n'était que musique ». — Déclarations de Ravel lors d'un entretien avec Nino Frank pour le périodique Candide[25],[26],[27].
- ↑ « [Marguerite de Saint-Marceaux] fut la première, semble-t-il, à faire entendre à son cénacle, 100, boulevard Malesherbes, les mélodies de Ravel. »[30]
- ↑ , « 1re audition privée et mondaine de D'Anne jouant de l'espinette, par l'auteur, salon de Marguerite de Saint-Marceaux, en présence notamment de Pierre de Bréville et d'André Messager »[31]
- ↑ « J’en perçois fort bien les défauts : l'influence de Chabrier, trop flagrante, et la forme assez pauvre. L'interprétation remarquable de cette œuvre incomplète et sans audace a contribué beaucoup, je pense, à son succès »[33].
- ↑ « Monsieur Ravel peut bien nous considérer comme des pompiers, il ne nous prendra pas impunément pour des imbéciles » — un membre de la section musicale de l’Institut apprenant la candidature de Ravel en 1905[36].
- ↑ « Le concours solennel du prix de Rome est précédé d'une épreuve préparatoire, qui sert à éliminer les élèves dont l'instruction est insuffisante. Le jury de cette épreuve est formé de la section de musique de l'Académie des beaux-arts, à quoi l’on adjoint quelques compositeurs non académiciens. Les professeurs des concurrents ne peuvent faire partie du jury, à moins qu'ils ne soient membre de l'Institut, auquel cas ils sont jurés de droit : l'Institut décerne ainsi à ses membres un brevet d'impartialité »[37].
- ↑ « Vers le début du mois de s'ouvrait le concours préliminaire aux épreuves du prix de Rome. Dix-neuf concurrents se présentaient : ils appartenaient aux classes de MM. Fauré, Lenepveu et Widor. [...] Résultat : seuls sont reçus six élèves de M. Lenepveu, le seul professeur qui fût en même temps membre du jury. Parmi les candidats refusés se trouvaient Mlle Fleury, élève de M. Widor, et M. Ravel, élève de M. G. Fauré, tous deux seconds prix de Rome à l'un des précédents concours. […] Comment se fait-il que deux seconds prix de Rome ne soient même plus jugés dignes de concourir ? Et la constitution du jury ne le rend-elle pas suspect ? Et le résultat du concours ne confirme-t-il pas ces soupçons, avec une sorte de candeur naïve et stupéfiante ? N'est-ce pas le cas, ou jamais, de réviser un jugement où se sourit à elle-même la plus béate iniquité[38] ? »
- ↑ « Ceci ne vous semble-t-il pas suspect ? Dix-neuf candidats se présentent, sur lesquels huit ont reçu l'enseignement de M. Lenepveu ; il y a six places de logistes à obtenir : elles échoient à six élèves de M. Lenepveu. […] MM. Gabriel Fauré et Widor ne savent donc pas apprendre, eux aussi, la fugue, le contrepoint et la composition suffisamment pour permettre à des apprentis musiciens de traiter un motif de fugue ou d'écrire un chœur dans un sentiment convenable[39] ? »
- ↑ « Entre toutes les stupéfactions que nous réservait cet examen désormais célèbre, celle-ci, à coup sûr, était la plus déconcertante puisque, dans ce jury si sévère, la majorité des suffrages appartenait aux mêmes et identiques membres de l'Institut qui, hier, avaient couronné les deux évincés d'aujourd'hui »[40].
- ↑ « Il y a un demi-siècle, dans un concours de Rome où M. Saint-Saëns, déjà dans la plénitude de son talent, était un des concurrents, l'Institut préféra à M. Saint-Saëns on ne sait quel musicien qui vient de mourir dans l'obscurité. M. Saint-Saëns est aujourd'hui de l'Institut ; mais l'Institut n'a pas compris la leçon »[37].
- ↑ « Je ne suis pas ami de Ravel. Je puis même dire que je n'ai pas de sympathie personnelle pour son art subtil et raffiné. Mais ce que la justice me commande de dire, c'est que Ravel n’est pas seulement un élève qui donne des promesses ; il est dès à présent un des jeunes maîtres les plus en vue de notre école, qui n’en compte pas beaucoup. [...] et je ne conçois pas qu'on s'obstine à garder une école de Rome, si c'est pour en fermer les portes aux rares artistes qui ont en eux quelque originalité, à un homme comme Ravel qui s'est désigné aux concerts de la Société nationale par des œuvres bien autrement importantes que toutes celles qu'on peut exiger à un examen. Un tel musicien faisait honneur au concours. [...] C’est le devoir de chacun de protester contre un jugement qui, même s’il est conforme à la justice littérale, blesse la justice réelle et l’art. » — Lettre de Romain Rolland à Paul Léon, chef de cabinet du sous-secrétaire d'État aux Beaux-Arts, Étienne Dujardin-Beaumetz, [41],[42],[43].
- ↑ La raison exacte de la démission de Dubois est débattue, le compositeur ayant apparemment projeté de démissionner en , deux mois avant « l’affaire Ravel »[44].
- ↑ « L'échec manigancé d'un jeune et audacieux compositeur au concours de Rome suscite un tollé général ; les journaux quotidiens s'en emparent et multiplient les interviews ; le retoqué y récolte un renom subit, tandis que M. Lenepveu en dégringole de ses rêves directoriaux, car « l'Administration » même s'en émeut : un Gabriel Fauré nommé par un ministre, sur la proposition d'un secrétaire d'État »[46].
- ↑ « J’ai trouvé plus debussyste que Debussy : Ravel » — Romain Rolland, 1901.
- ↑ « Ravel est un prix de Rome d'un très grand talent. Un Debussy plus épatant. Il me certifie — toutes les fois que je le rencontre — qu'il me doit beaucoup. Moi, je veux bien. » – Erik Satie, lettre à son frère Conrad, [47].
- ↑ À propos des Miroirs qui venaient d'être créés, le critique Pierre Lalo écrivait dans Le Temps du : « Le plus saillant de ces défauts est une étrange ressemblance avec M. Claude Debussy ; ressemblance si extrême et si frappante que souvent, en écoutant quelque morceau de M. Ravel, on croit entendre un fragment de Pelléas et Mélisande »[48].
- ↑ Pour commenter Une Barque sur l'océan et les Histoires naturelles, Lalo rajoutait dans Le Temps du : « Dans l'un comme dans l'autre de ces ouvrages, on entend sans cesse l'écho particulier de la musique de M. Debussy. […] c'est un fait incontestable qu'une très grande part des jeunes compositeurs français font de la musique « debussyste »[49].
- ↑ Après la création de L'Heure espagnole, Lalo réitérait dans Le Temps du : « Que pour la matière musicale qu'il emploie, pour les suites d'accord et les recherches d'harmonie qui lui sont coutumières, M. Ravel doive beaucoup à M. Debussy, c'est un fait manifeste. Mais l'âme de sa musique et de son art est absolument différente. M. Debussy est toute sensibilité ; M. Ravel tout insensibilité. Où M. Ravel a paru uniquement debussyste, c'est dans les pièces où il a fait de la musique pittoresque, parce que n'ayant pas de sensibilité personnelle, il empruntait, en même temps que les procédés techniques, la sensibilité d'autrui »[50].
- ↑ Marcel Marnat note ainsi l'influence de Ravel sur Debussy dans les Estampes (1903), les Études (1915), l'orchestration des Images (1905) et celle de Jeux (1912)[51].
- ↑ En , Ravel écrivit au directeur du Temps pour démentir un article de Pierre Lalo qui lui prêtait, outre l'absence de personnalité, de « singuliers propos » envers Debussy[52],[53],[54].
- ↑ En 1913, Ravel et Debussy choisirent tous deux de mettre en musique trois poèmes de Mallarmé, dont deux, par pure coïncidence, étaient les mêmes (Soupir et Placet futile). Ravel en ayant obtenu les droits le premier, Debussy crut à une manigance de son confrère[55]. En réalité, Ravel intercéda pour que Debussy obtienne lui aussi les droits des poèmes, et dans une lettre à Roland-Manuel, le , il écrivit non sans malice : « Nous assisterons bientôt à un match Debussy-Ravel »[56],[57].
- ↑ En 1928, le musicologue et critique Louis Laloy écrivit : « J'ai fait tout mon possible pour prévenir entre eux un malentendu, mais trop d'étourdis touche-à-tout semblaient prendre plaisir à le rendre inévitable, sacrifiant par exemple le quatuor de Debussy à celui de Ravel, ou bien encore, soulevant entre la « Habanera » et la deuxième des Estampes, d'absurdes questions de priorité »[58],[59].
- ↑ Sur les plus de deux mille cinq cents lettres de Debussy rassemblées par François Lesure et Denis Herlin[60], seules cinq missives très laconiques sont adressées à Ravel, toutes antérieures à 1905 ; une seule fois, en , Debussy prend ouvertement le parti de son cadet « au nom de tous les Dieux, et au [sien] » pour défendre son quatuor à cordes contre des critiques qui le pressaient de le faire jouer moins fort[61] ; par la suite, le nom de Ravel n'apparaît plus qu'une douzaine de fois, de façon évasive, dans toute sa correspondance.
- ↑ Xavier-Cyprien (dit Cipa) et Ida Godebski, fille de Franciszek Kasparek, polonaise installée à Paris, comptèrent parmi les plus fidèles amis de Ravel et firent office pour lui de famille d'adoption. Il est vrai qu'ils habitaient rue d'Athènes, en face de son hôtel. Il leur dédia la Sonatine et les deux A la manière de. À leurs enfants Jean et Mimi, qu'il traitait comme ses filleuls, il dédia les Contes de ma mère l'Oye, qu'ils avaient été chargés de créer, mais la difficulté de l'œuvre les fit renoncer. Cipa était le fils du sculpteur Cyprian Godebski et le frère de Misia Sert, la future dédicataire de La Valse.
- ↑ Pierre Lalo, dans Le Temps du , pointa « un vaudeville grivois, d'originalité médiocre, de style tantôt plat et tantôt prétentieux, [qui] convient fort mal à la musique »[64].
- ↑ Camille Bellaigue livra dans la Revue des Deux Mondes, en juillet 1911, une critique particulièrement incisive : « Cette œuvre, une comédie lyrique ! En vérité, du lyrisme ou du comique, je ne sais trop ce qui fait ici le plus défaut. Mais ce qui ne s'y trouve pas, et cela, pour le coup, je le sais bien, c'est l'entrain, la verve et l'allégresse, la franchise, le naturel et la liberté (...) Un art tel que celui de M. Ravel, de qualité douteuse, est pour ainsi dire une quantité négligeable, tant il est sec, étroit, chétif, tellement la source et la veine en est avare »[65].
- ↑ « Le soir du Sacre, j’avais vu un Ravel coléreux, insolent, cramoisi, défendant l’œuvre qu’il aimait avec une indignation tonitruante » — Valentine Hugo[66].
- ↑ Petite taille, faible poids et fragilité générale, auxquelles il faudrait ajouter une hernie, d'après les Archives de Paris, cote DR 553-1895[67].
- ↑ « Comme vous le prévoyiez, mon aventure s'est terminée de la façon la plus ridicule : on ne veut pas de moi parce qu'il me manque deux kilos. » — Lettre de Ravel à Ida Godebska, [69],[70],[71].
- ↑ « Il me manque deux kilos pour avoir le droit de me mêler à cette lutte splendide. » — Lettre de Ravel à Hélène Kahn-Casella, [72],[73],[74].
- ↑ « Après plus d'un an de démarches, je vais être versé dans l'aviation. J'ai passé visites et contre-visites : le cœur et les poumons sont encore bons. Espérons que le premier aura assez d'élasticité pour se placer dans le ventre au bon moment. » — Lettre de Ravel à Roland-Manuel, [75],[76],[77].
- ↑ « Trente millions de boches ne peuvent pas détruire la pensée française » proclamait Debussy en signant sa Sonate pour violon et piano[78].
- ↑ « Il y a si peu de temps que je lui écrivais, que je recevais ses pauvres lettres qui m'attristaient... et pourtant, c'était pour moi une si grande joie. J'étais encore heureux à ce moment, malgré cette angoisse sourde... Je ne savais pas que ça viendrait si vite. À présent, c'est cet horrible désespoir, les mêmes pensées tendues [...] » — Lettre de Ravel à Mme Fernand Dreyfus (sa marraine de guerre, et belle-mère de Roland-Manuel), [84],[85],[86].
- ↑ « Je songe qu’il y aura bientôt trois ans qu’elle est partie […] J’y songe encore plus depuis que je me suis remis au travail, que je n’ai plus cette chère présence silencieuse m’enveloppant de sa tendresse infinie, ce qui était, je le vois plus que jamais, ma seule raison de vivre. » — Lettre de Ravel à Ida Godebska, [87],[88],[89].
- ↑ « Autour de M. Fauré se groupent de nombreux élèves ou disciples : Maurice Ravel, qui occupe aujourd'hui à l'égard de l'étranger, en tête des musiciens français, la place prépondérante et représentative échue jadis à Debussy [...] »[90].
- ↑ La Légion d'honneur fut proposée à Ravel par Léon Bérard, alors ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Le silence de Ravel, alors retiré à Lapras en Ardèche où il composait La Valse, fut considéré comme valant acceptation : promu le et cité au Journal officiel du [92], il refusa de s'acquitter des droits de chancellerie afin d'obtenir sa radiation, signée le par le président Deschanel et publiée au Journal officiel le suivant[93].
- ↑ « Comme refus discret, c'est assez réussi. J'ai là une charretée de coupures que m'envoient depuis trois jours L'Argus et autres Courriers de la presse. Ce qu'on m'engueule ! […] Mais j'ai eu beau faire, je suis tout de même, dès maintenant, « l'éminent compositeur » — Lettre à Georgette Marnold, [94],[95],[96].
- ↑ Hélène Jourdan-Morhange rapporta que « les distinctions honorifiques lui paraissaient vaines autant que les paroles creuses des discours »[97]. Ravel accepta pourtant d’être fait chevalier de l’ordre de Léopold par le roi Albert Ier, à Bruxelles en et fut décoré plusieurs fois dans d’autres pays.
- ↑ Ravel joua La Valse à deux pianos avec Marcelle Meyer, en privé, devant Diaghilev, Stravinsky et Poulenc le . Diaghilev accueillit l’œuvre avec réserve, arguant « c'est un chef-d'œuvre mais ce n'est pas un ballet. C'est la peinture d’un ballet ». Stravinsky ne dit pas un mot pour défendre son ami. Ravel rompit toute relation avec Diaghilev, et se détourna de Stravinsky. Scène rapportée par F. Poulenc, Moi et mes amis, Paris, 1963[100].
- ↑ Aujourd'hui dans les Yvelines.
- ↑ Jourdan-Morhange, Ravel à Montfort-l'Amaury[104].
- ↑ Nino Frank : « La photographie a popularisé les lignes brisées de son visage aux cheveux argentés et aux sourcils noirs, visage qu'on dirait dessiné par un géomètre et qui est toute volonté ; dans la réalité, je ne sais quelle bonhommie affectueuse, une jeunesse inouïe, une longue flamme d'intelligence s'y épanouissent et en humanisent les traits. Sec et mince comme un Espagnol, Ravel s'exprime sans nulle pétulance, avec un mélange de pudeur et de timidité qui déconcerte... »[25]
- ↑ « C'est semble-t-il le 4 mai 1922 que Ravel, retour d'un concert à Lyon, se rend à une invitation de Serge Koussevitzky au cours de laquelle le chef d'orchestre-mécène saura être persuasif : le compositeur fuit aussitôt le « cafard colossal » de Montfort-l'Amaury pour aller loger chez son ancienne marraine de guerre, au Chêne, à Lyons-la-Forêt. C'est là que vont s'élaborer ces nouveaux Tableaux, orchestrés d'après la partition publiée par Bessel en 1886, autrement dit la révision de Rimski-Korsakov. »[105]
- ↑ À une amie qui lui annonce son divorce, Ravel écrit : « Nous ne sommes pas faits pour nous marier, nous autres artistes. Nous sommes rarement normaux, et notre vie l’est encore moins. » — Lettre à Hélène Kahn-Casella -en procédure de divorce avec Alfredo Casella-, [106],[107],[108].
- ↑ Dans un entretien accordé à France Culture en 1985, Manuel Rosenthal rapporta toutefois que Ravel fréquentait des prostituées à l'occasion[109].
- ↑ « Quelle place, dans ces conditions, Ravel a-t-il faite à l'amour ? Il semble bien qu'elle ait été nulle. Je lui dis un jour : « Maurice, vous devriez vous marier ; personne n'aime et ne comprend les enfants comme vous ; abandonnez donc votre solitude et fondez un foyer ». Ravel me répondit : « L'amour ne s'élève jamais au-delà du licencieux ! ». Ce « licencieux » il l'accordait avec modération à quelque Vénus de carrefour ; le reste, qui eût bouleversé sa vie, il n'y a pas été peut-être bien encouragé »[110].
- ↑ Les arguments biographiques et musicologiques de cette thèse, développée par David Lamaze, professeur d'écriture musicale au Conservatoire de Rennes, sont exposés dans l'édition d'un mémoire de master II[111]. Misia Godebska fut l'épouse en premières noces de Thadée Natanson, puis d'Alfred Edwards et enfin de Josep Maria Sert. Elle fut l'égérie de nombreux artistes
- ↑ « Mais certainement, un ragtime ! Mais bien sûr, des nègres en wedgwood ! Qu'une terrifiante rafale de music-hall évente la poussière de l'Opéra ! Allez-y ! » — Lettre de Colette à Ravel, [113],[114].
- ↑ « [Il] ne me traita pas en personne privilégiée, ne consentit pour moi à aucun commentaire, aucune audition prématurée. Il parut seulement se soucier du « duo miaulé » entre les deux chats et me demanda gravement si je ne voyais pas d'inconvénient à ce qu'il remplaçât « mouao » par « mouain », ou bien l'inverse. » — Colette, Journal à rebours, 1941[115].
- ↑ Véritable périple, la tournée conduisit Ravel dans quelque 25 villes à travers tout le continent. Outre New York, où il fit plusieurs étapes, il fut invité à Albany, Boston, Philadelphie, Chicago, Cleveland, San Francisco, Los Angeles, Seattle, Vancouver, Portland, Denver, Omaha, Minneapolis, Kansas City, Toronto, Detroit, La Nouvelle-Orléans, St. Louis, Houston, Milwaukee, St. Paul, Phoenix, Buffalo et Montréal[116],[117],[118].
- ↑ « Il se laissa fasciner par le dynamisme de la vie américaine, ses immenses villes, ses gratte-ciel et sa technologie de pointe, et fut impressionné par le jazz, les negro spirituals et l’excellence des orchestres américains. Il n'en allait pas de même de la cuisine américaine »[119].
- ↑ Lors d’un programme qui lui était entièrement consacré au Carnegie Hall à New York, sous la direction de Serge Koussevitzky, il reçut une ovation de dix minutes lorsqu’il entra prendre sa place. Ému aux larmes, il confia à Alexandre Tansman : « Vous savez, jamais une chose pareille ne pourrait arriver à Paris »[120].
- ↑ Une longue conférence de Ravel sur la musique contemporaine, prononcée à Houston le , publiée immédiatement dans sa traduction anglaise[121] et rééditée en 1964[122], n'a été publiée en français que quarante-trois ans après, à plusieurs reprises, non d'après le texte original en français, non localisé, mais d'après la traduction anglaise de 1928 rééditée en 1964[123],[124],[125],[126],[127].
- ↑ Éva Gauthier se souvient : « Ce fut une soirée mémorable [le dîner du ]. George se surpassa ce soir-là, accomplissant des prodiges étonnants de complexité rythmique, au point que Ravel lui-même était confondu »[128],[129].
- ↑ Dans une lettre de recommandation adressée à Nadia Boulanger le 8 mars 1928, Ravel confirma : « Voici un musicien doué des qualités les plus brillantes, les plus séduisantes, les plus profondes peut-être : George Gershwin. Son succès universel ne lui suffit plus, il vise plus haut. Il sait que pour cela les moyens lui manquent. En les lui apprenant, on peut l'écraser. Aurez-vous le courage, que je n'ose pas avoir, de prendre cette terrible responsabilité ? »[131],[132],[133].
- ↑ Interview accordée par Ravel au Musical Digest, [134],[135],[136].
- ↑ Entretien accordé par Maurice Ravel à son ami Michel Dimitri Calvocoressi pour The Daily Telegraph, 11 juillet 1931[144],[145],[146].
- ↑ Prix Femina en 1925.
- ↑ La description sémiologique que fit Théophile Alajouanine de la maladie de Ravel est reproduite dans Jean de Recondo, Sémiologie du système nerveux : du symptôme au diagnostic, Paris, Flammarion médecine-sciences, , 606 p. (ISBN 2-257-16531-4, BNF 39199002).
- ↑ « Je ne ferai jamais ma Jeanne d’Arc, cet opéra est là, dans ma tête, je l’entends, mais je ne l’écrirai plus jamais, c’est fini, je ne peux plus écrire ma musique »[152].
- ↑ « Nous n'avons pas pu ignorer que Ravel se vit dépouiller du don de mémoire, perdit la parole, le geste d'écrire, mourut jugulé et conscient alors qu'en lui se débattaient encore tant d'harmonies, tant d'oiseaux, de guitares, de danses et de nuits mélodieuses. » — Colette[153].
- ↑ Ravel se rendait alors en taxi à une répétition de Don Quichotte à Dulcinée. Il écrivit à son cousin suisse violoniste Alfred Perrin le : « Il a suffi de ce stupide accident pour m’anéantir pendant trois mois. Ce n’est que depuis quelques jours que j’ai pu me remettre au travail, et assez difficilement »[154],[155],[156].
- ↑ Ravel eut trois côtes enfoncées, trois dents cassées et plusieurs blessures au visage ; soigné dans une pharmacie il passe quelques heures à l'hôpital Beaujon. Un médecin diagnostique le un traumatisme thoracique et un hémothorax. Ravel est traité par acupuncture et hypnose[157]. Son acupuncteur était un ami de longue date, le sinologue George Soulié de Morant
- ↑ Le compte rendu opératoire retrouvé en 1988 fait état d'une atrophie de l'hémisphère gauche du cerveau tandis que l'hypothèse de l'hydrocéphalie suspectée par son chirurgien ne fut pas vérifiée.
- ↑ Pour le premier anniversaire de la mort du compositeur, La Revue musicale publia un numéro spécial dans lequel près d'une centaine d'articles, signés de la main de compositeurs, de critiques musicaux et d'artistes du monde entier, rendaient hommage à la mémoire de Ravel.
- ↑ Le registre des condoléances a été vandalisé après la mort d'Édouard Ravel et onze pages arrachées sont maintenant aux États-Unis, mais elles ont été consultées, transcrites et reconstituées par Manuel Cornejo à partir des comptes rendus de la presse[167],[168].
- ↑ « Personnellement, j'ai une grande dette envers ce compositeur. Je lui dois plus qu'à un autre d'avoir pris conscience de ma vocation. ». Déclarations lors d'une interview accordée à Knudåge Riisager, « Chez Maurice Ravel. Une visite chez le célèbre compositeur français », Berlingske Tidende [Copenhague], 4 mai 1924[172],[173].
- ↑ Maurice Ravel déclare à la presse américaine : « Si vous me demandez si nous avons une école impressionniste en musique, je dois dire que je n'ai jamais associé ce terme à la musique. La peinture, ah, ça, c'est autre chose ! Monet et son école étaient impressionnistes. Mais dans l'art sœur, il n'y a pas d'équivalent à cela »[175],[176],[177],[178].
- ↑ « À maintes reprises, il s’épuisa à essayer d’accéder au niveau de virtuosité indispensable. Les longues heures passées à briser ses doigts sur les Études de Chopin et de Liszt le fatiguèrent beaucoup et privèrent le génial compositeur d’autant de moments d’inspiration fructueuse »[184].
- ↑ Le premier enregistrement mondial du Concerto en sol le a été réalisé au Studio Albert à Paris sous la direction de Ravel, à la tête d’un orchestre indéterminé, peut-être l’Orchestre Straram, avec Marguerite Long au piano, et le disque Columbia s’est vu décerner en 1933 le grand prix du disque Candide 1932. Depuis les années 1980, Jean Bérard, directeur artistique de Columbia de 1929 à 1934, a affirmé sans preuves que l’enregistrement aurait été dirigé en fait par Pedro de Freitas Branco, affirmation réfutée par Manuel Cornejo et Philippe Morin, spécialiste de discographie historique de Ravel[187].
- ↑ Conformément à la Convention de Berne — Voir également durée du droit d'auteur par pays.
- ↑ Soit 95 ans après sa publication en 1929 — Voir Loi américaine d'extension du terme des droits d'auteur.
- ↑ Quelquefois seul, quelquefois avec les enfants et leur miss. Dans ce cas, il invente des jeux pour eux ou leur raconte des histoires[303]. La maison est voisine de celle des Mallarmé où résident les enfants du poète avec lesquels il sympathise.
- ↑ Après la guerre, sa maison normande sera aussi un refuge pour lui.
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- Maurice Ravel
- Compositeur français de musique classique de la période moderne
- Compositeur français de ballet
- Compositeur impressionniste
- Épistolier français
- Épistolier du XXe siècle
- Ambulancier de la Première Guerre mondiale
- Élève du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
- Prix de Rome en composition musicale
- Personnalité ayant refusé la Légion d'honneur
- Docteur honoris causa de l'université d'Oxford
- Personnalité liée au Pays basque
- Ballets russes
- Colette
- Cas de neurologie
- Naissance à Ciboure
- Naissance dans les Basses-Pyrénées dans les années 1870
- Naissance en mars 1875
- Décès en décembre 1937
- Décès dans le 16e arrondissement de Paris
- Décès à 62 ans
- Chevalier de l'ordre de Léopold
- Personnalité liée à la musique classique décorée de l'ordre de Léopold (Belgique)
- Personnalité inhumée au cimetière de Levallois-Perret
- Élève de Gabriel Fauré
