Valeri Guerguiev

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Valeri Guerguiev
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Valeri Guerguiev en 2010 au gala du Time 100
Nom de naissance Валерий Абисалович Гергиев
Naissance (65 ans)
Moscou,
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Activité principale Chef d'orchestre
Collaborations Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg
Orchestre symphonique de Londres
Orchestre philharmonique de Rotterdam
Formation Conservatoire Rimski-Korsakov
Distinctions honorifiques Officier de la Légion d'honneur

Valeri Abissalovitch Guerguiev (en russe : Валерий Абисалович Гергиев ; en ossète : Гергиты Абисалы фырт Валери, Gergity Abisaly Fyrt Valeri), né le à Moscou, est un chef d'orchestre russe d'origine ossète. Il est Artiste du peuple de Russie (1996).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille d'origine ossète, il est élevé à Ordjonikidzé (redevenue depuis 1991 Vladikavkaz) de 3 à 19 ans. À 14 ans, la mort de son père précipite sa vocation d'artiste[1]. Il est étudiant à Léningrad (redevenue Saint-Pétersbourg en 1991) au conservatoire Rimski-Korsakov et entre en 1977 au théâtre Kirov (aujourd'hui théâtre Mariinsky) en tant que chef d'orchestre stagiaire avant d'en être le chef d'orchestre principal à partir de 1988, succédant à Iouri Temirkanov ; il n'avait pas sa carte au Parti communiste, ce qui était alors rédhibitoire pour occuper une fonction publique, mais un vote du personnel lui permet finalement d'y accéder. Il en devient également le directeur artistique à partir de 1994, et en 1998, il est nommé directeur général. Décidé à lui redonner sa splendeur passé, il y investit à perte ses propres cachets[1].

À partir des années 1990, il peut compter sur le soutien du maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak et de son premier adjoint Vladimir Poutine pour créer une nouvelle salle de concert (inaugurée en 2006) et d'un opéra ultra-moderne (le Mariinsky II, inauguré en 2013)[1].

Parallèlement, il est, de 1995 à 2008, le directeur musical de l'Orchestre philharmonique de Rotterdam et, depuis 1998, premier chef invité du Metropolitan Opera à New York.

Début 2007, il succède à sir Colin Davis à la tête de l'Orchestre symphonique de Londres.

En 2015, il succède à Lorin Maazel à la tête de l'Orchestre philharmonique de Munich. Il prend ainsi un poste laissé vacant depuis le départ de Lorin Maazel en 2014, pour raisons de santé.

Il dirige le un concert symphonique dans l'amphithéâtre de la cité antique syrienne de Palmyre avec l'orchestre symphonique du théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg[2], après que la ville a été reprise à l'État islamique. À cette occasion, Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, déclare : « Le concert à Palmyre témoigne de la solidarité des personnalités de la culture avec ceux qui luttent contre les terroristes »[3].

Style musical[modifier | modifier le code]

Sa direction d'orchestre est très particulière, décrite comme passionnée, magistrale, possédée[4]... Il n'emploie en général pas de baguette ou bien une d'une toute petite taille, ses mains semblent vibrer plus que guider les instrumentistes. Il excelle dans l'exécution des compositeurs russes[5].

Nominations et décorations[modifier | modifier le code]

Il est artiste du peuple de Russie (1996), artiste du peuple d'Ukraine (2003), artiste du peuple d'Ossétie du Nord-Alanie, citoyen d'honneur de Saint-Pétersbourg (2007), de Lyon, de Toulouse, etc.

Officier de la Légion d'honneur, il est aussi titulaire de nombreuses décorations de son pays et de l'étranger (Allemagne, Arménie, Espagne, Finlande, Japon, Kirghizie, Pays-Bas, etc.) Il reçoit le Prix Polar Music en 2006.

Il est récipiendaire de la Médaille du Mérite culturel Gloria Artis[6] (Pologne).

Il fait partie des huit porteurs du drapeau olympique à la Cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de 2014, le 7 février 2014 à Sotchi.

Il est membre de la commission d'État pour la culture[1].

Polémiques[modifier | modifier le code]

En dépit de sa reconnaissance internationale, il est l'objet de critiques pour sa proximité avec le président russe Vladimir Poutine, notamment pour le concert de Palmyre (la Russie soutenant le régime de Bachar el-Assad) ou celui organisé une décennie plus tôt à Tskhinvali (Ossétie du Sud), alors en ruines après la guerre. On lui reproche également d'avoir justifié l'annexion de la Crimée par la Russie. Il est membre honoraire du Slekdom, le comité d'enquête de la fédération de Russie, qui instruit des procès pour tout crime relevant de l'ordre public ou de la sécurité de l'État, soupçonné de violations des droits de l'homme. Le 14 juillet 2017, il dirige le traditionnel concert qui se déroule sur le Champ-de-Mars (Paris), le Huffington Post jugeant « délicat » le choix de ce chef « pour représenter la démocratie français », ajoutant qu'il a « déjà affiché son soutien aux lois homophobes adoptées par la Douma ». À ses critiques, Valeri Guerguiev répond : « Tout d'abord, Vladimir Poutine n’est pas mon meilleur ami. Je le vois deux ou trois fois par an, parce que c'est le président et que je représente une institution culturelle importante. En ce qui concerne ces lois homophobes, je n'ai jamais déclaré que je les soutenais. J'ai toujours été pour l’égalité des droits et contre tout type de discrimination. Quant au concert à Tskhinvali après l'attaque de l’Ossétie du Sud par la Géorgie, c'était un geste de solidarité humanitaire, comme lorsqu'on a joué à Tokyo en 2012 au profit des victimes de Fukushima »[1].

Des soupçons circulent aussi sur le fait que des grands industriels (de groupes comme Total ou BP) auraient fait des dons pour son centre de musique et d'opéra en échange de rencontres avec Vladimir Poutine. Valeri Guerguiev répond : « Total et BP ont décidé il y a des années d'investir en Russie et font partie des cinq ou six sociétés qui nous ont apporté un soutien financier. On ne peut pas venir exploiter les ressources en gaz ou en pétrole d'un pays et ne rien offrir en contrepartie, par exemple pour l'éducation. Mais imaginer que j'exercerais un chantage ou que je monnaierais des rencontres avec Poutine aboutissant à l'attribution de marchés relève, là encore, du fantasme »[1].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est père de trois enfants[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Dermoncourt, Rencontre avec Valery Gergiev, Actes Sud, 2018.

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • You cannot start without me

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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