Ralph Waldo Emerson

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Waldo et Emerson.
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Des informations de cet article ou section devraient être mieux reliées aux sources mentionnées dans la bibliographie, sources ou liens externes (15 juin 2013).

Améliorez sa vérifiabilité en les associant par des références à l'aide d'appels de notes.

Ralph Waldo Emerson
Description de l'image RWEmerson.jpg.
Naissance
Boston (Massachusetts, Drapeau des États-Unis États-Unis)
Décès (à 78 ans)
Concord (Massachusetts, Drapeau des États-Unis États-Unis)
Activité principale
Écrivain
Auteur
Genres

Œuvres principales

Ralph Waldo Emerson, né le à Boston (Massachusetts) et mort le à Concord (Massachusetts), est un essayiste, philosophe et poète américain, chef de file du mouvement transcendantaliste américain du début du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille, jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Ralph Waldo Emerson est issu d'une vieille famille de Nouvelle-Angleterre, où ses ancêtres s'étaient installés dès le XVIIe siècle[1].

Il est le fils du révérend William Emerson, pasteur unitarien, et de Ruth Haskins, son épouse. Il est prénommé Ralph Waldo en souvenir de son oncle maternel Ralph et de son arrière-grand-mère paternelle Rebecca Waldo. Il est le second des cinq fils qui ont survécu jusqu'à l'âge adulte[2].

William Emerson meurt d'un cancer de l'estomac le 12 mai 1811. Ralph est alors élevé par sa mère et d'autres femmes intellectuelles de sa famille, comme sa tante Mary Moody Emerson qui a eu une grande influence sur le jeune Emerson. Elle vit avec la famille de manière irrégulière et, par la suite, a maintenu une correspondance suivie avec Emerson jusqu'à sa mort en 1863.

Il commence ses études à la Boston Latin School à l'âge de 9 ans. À 14 ans, en octobre 1817, il est admis à l'Université Harvard, avec une bourse d'études.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Après l'obtention de son diplôme, Emerson aide son frère au sein de l'école pour jeunes filles qui est installée dans la maison de leur mère. Lorsque son frère part à Göttingen faire des études de théologie, Emerson prend l'école en charge, ce qui assure l'essentiel de ses revenus pendant plusieurs années. En mai 1828, son plus jeune frère William, qui avait travaillé avec l'avocat Daniel Webster, est envoyé en psychiatrie au McLean Hospital.

Emerson étudie également la théologie et devient pasteur unitarien, avant de démissionner après un conflit avec les dirigeants de l'église. À peu près, à la même époque, il perd sa jeune femme, Elena Louisa Tucker, qui meurt d'une tuberculose en février 1831. L'année suivante, le 29 mars 1832, Emerson visite la tombe de sa défunte et ouvre le cercueil[3].

Emerson fait un grand voyage en Europe au cours des années 1832-1833. Il traverse l'Italie, se rend à Paris (sa visite au Muséum national d'histoire naturelle le marquera profondément) et en Grande-Bretagne où il rencontre alors Wordsworth, Coleridge, John Stuart Mill, et Thomas Carlyle avec lequel il entretient ensuite une correspondance jusqu'au décès de Carlyle, en 1881. Il se rendra une seconde fois en Angleterre, en 1847-1848, voyage dont il tirera son ouvrage English Traits en 1856.

Carrière littéraire et transcendantalisme[modifier | modifier le code]

En 1835, Emerson achète une maison à Concord, et devient rapidement une des personnalités de la ville où il fait la connaissance de Henry David Thoreau. À l'automne 1837, Emerson demanda à Thoreau : « Tenez-vous un journal intime ? » Cette question fut une source d'inspiration pour Thoreau durant toute sa vie.

Il publie anonymement son premier livre, Nature, en septembre 1836. Un an plus tard, le , il fait un discours désormais célèbre devant le club Phi Beta Kappa : « The American Scholar (en) ». Dans son discours, Emerson déclare l'indépendance littéraire des États-Unis et recommande vivement aux Américains de créer leur propre style d'écriture, libéré de l'Europe.

Il participe avec quelques autres intellectuels à la fondation du magazine The Dial dont le premier numéro sort en 1840 pour aider à la propagation des idées transcendantalistes.

Son œuvre se situe aux confluents de deux grandes traditions, le puritanisme et le romantisme.

Emerson perd son fils aîné Waldo atteint d'une scarlatine, en 1842. Sa douleur lui inspire deux œuvres majeures : le poème Threnody et l'essai Experience.

En 1844, il publie le second tome des Essais.

Dernières années[modifier | modifier le code]

Le , Emerson sort marcher, alors qu'il avait apparemment pris froid, et est surpris par une pluie soudaine. Deux jours plus tard, on diagnostique une pneumonie. Il meurt le .

Il est enterré au cimetière de Sleepy Hollow, à Concord. Il est placé dans son cercueil portant une robe blanche offerte par le sculpteur américain Daniel Chester French.

Influences et héritage[modifier | modifier le code]

Emerson avait une passion pour le génie de Montaigne et il dit un jour à Amos Bronson Alcott qu’il voulait écrire, comme lui, un livre « drôle, rempli de poésie, de théologie, de choses journalières, de philosophie, d’anecdotes, de scories ». Comme Goethe, Emerson cherche d’abord dans une « science » de la nature la réponse à la question sur la place de l’homme.

Une bonne part de ses intuitions lui viennent de son étude des religions orientales, notamment l’hindouisme, le confucianisme et le soufisme.

Parmi tous les penseurs qui peuvent aujourd’hui se réclamer d’Emerson, citons Stanley Cavell qui rapproche ce qu’il appelle le perfectionnisme émersonien[4] de la morale qui traverse certaines œuvres cinématographiques (que Cavell réunit dans le genre des comédies de remariage). Ce perfectionnisme du sujet politique a pour caractéristique notable de ne pas être élitiste.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Prose[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Emerson a aussi écrit de la poésie : Threnody, Uriel, Works and Days et le célèbre Concord Hymn.

Publications en français[modifier | modifier le code]

  • Sept essais d'Emerson. Trad. de J. Will, avec une préface de Maurice Maeterlinck, Bruxelles, P. Lacomblez, 1899, 295 p.
  • Société et Solitude. Trad. de Marie Dugard. Paris, Armand Colin, 1911, VIII-293 p. Comprend : La civilisation; L'art; La vie domestique; Les travaux et les jours; Le courage; Le succès; La vieillesse (Bibliothèque nationale de France, Gallica, format PDF)
  • Essais choisis. Trad. d'Henriette Mirabaud-Thorens, préface d'Henri Lichtenberger. Paris, F. Alcan, 1912, XVI-156-36 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica, format PDF)
  • Trois volumes d'Essais, chez Michel Houdiard Éditeur :
    • I : Nature, Confiance et autonomie, Cercles, L’Âme suprême, 1997
    • II : Le Transcendantaliste, L’Intellectuel américain, Le Poète, L’Art, traduction d'Anne Wicke, 2000 (ISBN 978-2-35692-000-3)
    • III : Histoire, Compensation, Expérience, Destin, préface de Sandra Laugier, traduction de Christian Fournier, 2005 (ISBN 978-2-91267336-7)
  • Pages choisies. Traduction de Marie Dugard. Librairie Armand Colin, Paris 1908 - réédité aux éditions Astra, Paris, 1976.
  • La Confiance en soi et autres essais . Trad. de Monique Bégot, postface de Stéphane Michaud, Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2000.
  • Essais : Nature, Confiance et autonomie, Cercles, L’Âme suprême, Le Transcendantaliste, L’Intellectuel américain, Le Poète, L’Art, Michel Houdiard Éditeur, 2000
  • L'Amitié. Postface et trad. de Thomas Constantinesco, Éditions Aux forges de Vulcain/Essais, 2010.
  • Anatomie des Anglais. Trad. de Pierre Chavannes. Paris, Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2010.
  • Société et Solitude. Trad. de Thierry Gillybœuf. Paris, Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2010.
  • Les travaux et les jours. Trad. de Jean-Paul Blot. Éditions Fédérop, 2010.
  • David Henry Thoreau, Ralph Waldo Emerson, Correspondance, éd. bilingue, Paris, Édition du Sandre, 2010
  • Le discours aux étudiants en théologie de Harvard. Trad. de Raphaël Picon. Nantes, Éditions Cécile Defaut, 2011.
  • La Nature. Ed. Allia, 2011

Citations[modifier | modifier le code]

- « La marque constante de la sagesse est de voir le miraculeux dans le banal »[réf. souhaitée]

- « Qu'est ce qu'une mauvaise herbe sinon une plante dont on n'a pas encore découvert les vertus? »

- « La confiance en soi est le premier secret du succès » La Confiance en soi et autres essais

- « C'est au cœur des ténèbres que l'homme voit le mieux les étoiles »

- « Celui qui veut tirer des enseignements de ses erreurs doit chaque jour apprendre à surmonter ses craintes »

- « N'allez pas là où le chemin peut mener. Allez là où il n'y a pas de chemin et laissez une trace »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. Trocmé, Les Américains et leur architecture, Paris : Aubier Montaigne, 1981, page 72.
  2. les autres sont William, Edward, Robert Bulkeley et Charles. Sont morts enfants : Phebe, John Clarke et Mary Caroline.
  3. (en) Robert D. Richardson, Emerson: The Mind on Fire, University of California Press, (ISBN 9780520206892), p. 3
  4. perfectionnisme émersonien

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stanley Cavell, À propos du prétendu pragmatisme de Wittgenstein et Emerson, Association Diderot.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Brunet et Anne Wicke (dir.), L’œuvre en prose de Ralph Waldo Emerson, Paris, Armand Colin/VUEF-CNED, 2003.
  • Lawrence Buell, Emerson, Cambridge, Harvard University Press, 2003.
  • Stanley Cavell, Emerson’s Transcendental Etudes, David Justin Hodge (éd.), Stanford, Stanford University Press, 2003.
  • Stanley Cavell, Qu’est-ce que la philosophie américaine ? De Wittgenstein à Emerson, trad. par Christian Fournier et Sandra Laugier, Gallimard, « Folio », 2009.
  • Sandra Laugier, (dir.) « Ralph Waldo Emerson. L'autorité du scepticisme », dans Revue française d'études américaines, nº 91, février 2002.
  • Barbara Packer, Emerson’s Fall: A New Interpretation of the Major Essays, New York, Continuum, 1982.
  • Joel Porte (en), Representative Man: Ralph Waldo Emerson in His Time, New York, Oxford University Press, 1979.
  • Joel Porte, Saundra Morris (dir.), The Cambridge Companion to Ralph Waldo Emerson, Cambridge, Cambridge University Press, 1999.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]