Louise Bertin

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Louise Bertin
Description de cette image, également commentée ci-après
Louise Bertin.

Naissance
Bièvres, Drapeau de la France France
Décès (à 72 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Compositrice, poétesse
Maîtres François-Joseph Fétis, Antoine Reicha
Ascendants Louis-François Bertin

Louise-Angélique Bertin (Roches, hameau près de BièvresParis) est une poétesse et compositrice française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louise Bertin naît à Bièvres[1] dans la propriété familiale, dont elle hérite plus tard[2]. Elle est la fille de Louis-François Bertin († 1841), directeur du Journal des débats et de Geneviève-Aimée-Victoire Boutard[3]. Avec l'arrêt momentané de son activité de journaliste par la suppression de la presse indépendante en 1811 et de l'infirmité de sa fille, incapable de toute activité physique, son père s'occupe personnellement de l'éducation de l'enfant. Sa mère, qui était pianiste, lui enseigne sans doute l'instrument[4]. Elle grandit dans un milieu artistique et littéraire. Son énergie est canalisée dans la peinture et la poésie ainsi que la musique[5].

L'Académie royale de musique (vers 1820), où sont données les représentations de La Esmeralda en 1836.
La soprano dramatique Cornélie Falcon en costume de Esméralda (gravé par Louis Maleuvre, 1836).

Elle se forme en privé auprès de François-Joseph Fétis pour le chant, ainsi qu'à la tradition des compositions de style italien. Pour le contrepoint elle se tourne vers Reicha[6] — un ami de Haydn, dans la mouvance allemande des compositions de Mozart, Beethoven et Weber — également professeur de Berlioz et Liszt.

Les œuvres principales de Louise Bertin, sont des opéras, Fausto (1831) et un opéra-comique, le Loup-garou (24 représentations en 1827), qui obtiennent un succès honorable à la salle Favart. En 1836, l’Opéra (Académie royale de musique) donne une œuvre plus importante, La Esmeralda — avec Cornélie Falcon dans le rôle-titre — qui n'est jouée que six fois, lors de représentations houleuses dues aux querelles politiques dirigées contre le Journal des débats fondé par son père Louis-François Bertin[7]. Le livret écrit par Victor Hugo à partir de son drame Notre Dame de Paris est également sous le coup de la censure (d'où le changement de titre)[8], Hugo est alors un poète avec de nombreux détracteurs : en 1832 c'est la « bataille d'Hernani » et sa pièce Le roi s'amuse est interdite, après une unique représentation… Franz Liszt réalise une réduction chant et piano de l'œuvre[9],[10].

Louise Bertin ne jouit pas de la reconnaissance due à la qualité de ses compositions, en raison aussi de la condescendance des critiques envers une femme handicapée[6] (à la suite d'une poliomyélite, elle se déplace avec des béquilles) qui voient dans ses compositions des « consolations à ses infirmités physiques » (journal Le Siècle), alors que Berlioz, qui dirige les répétitions à l'Opéra, atteste dans sa correspondance des qualités musicales et des nouveautés harmoniques d'une œuvre qu'il qualifie de « virile, forte et neuve ». Si « l’opéra survole largement les productions lyriques de l’époque »[10], l'échec de La Esmeralda détourne la compositrice de la scène[9].

On lui doit également douze cantates, quelques œuvres instrumentales dont six ballades pour piano, cinq symphonies de chambre (toutes restées en manuscrits), ainsi que, dans le domaine de la poésie, deux recueils de vers.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Louise Bertin par Victor Mottez, vers 1840.

Compositions[modifier | modifier le code]

Poésies[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Hector Berlioz lui a dédié la première version, pour chant et piano, de son cycle de mélodies Les Nuits d'été, op. 7, en 1841.

Enregistrement[modifier | modifier le code]

  • La Esmeralda - Maya Boog, soprano (La Esmeralda) ; Manuel Nùñez Camelino, ténor (Phoebus) ; Francesco Ellero d'Artegna, basse (Claude Frollo) ; Frédéric Antoun (Quasimodo) et Yves Saelens (Clopin), ténors ; Eugénie Danglade, mezzo-soprano (Fleur de lys) ; Eric Huchet, ténor (Vicomte de Gif) ; Marie-France Gascard, mezzo-soprano (Madame Aloïse de Gondelaurier) ; Evgueniy Alexiev (Monsieur de Morlaix), Marc Mazuir (Monsieur de Chevreuse), barytons ; Sherri Sassoon-Deshler (Diane), Alexandra Dauphin-Heiser (Bérangère), mezzo-sopranos ; Chœur de la Radio lettone ; (chef de chœur : Sigvards Klava, dir. Muriel Bérard) ; Orchestre national de Montpellier Laguedoc-Roussillon, dir. Lawrence Foster (Montpellier 23 juillet 2008, 2CD Accord B002698DCU)[15] (OCLC 758627320)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bièvres, NMD, an XIII-1812, vue 12/184
  2. Launay 2006, p. 74, 122.
  3. Portrait
  4. Launay 2006, p. 74.
  5. Grove 2001.
  6. a et b Launay 2006, p. 35.
  7. Launay 2006, p. 415.
  8. Arnaud Laster, « Bertin, famille », dans Pierre Citron et Cécile Reynaud (dir.), Dictionnaire Berlioz, Paris, Fayard, , 616 p. (ISBN 2-213-61528-4, OCLC 231979662, notice BnF no FRBNF39086596), p. 72–75.
  9. a et b Fauquet 2003, p. 138.
  10. a et b Serna 2008.
  11. La Esmeralda, grand opéra de Louise Bertin Thèse de Mateo Crémades, université de Tours
  12. Launay 2006, p. 282.
  13. Launay 2006, p. 315.
  14. Lettre de Victor Hugo en 1842.
  15. Stéphanie Bataille, « Louise Bertin: La Esmeralda, 1836. Première mondiale France Musique. Vendredi 25 juillet 2008 à 20h », sur classiquenews.com, .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources anciennes[modifier | modifier le code]

Ouvrages modernes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]