Antoine Goléa

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Antoine Goléa
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Antoine Goléa (de son vrai nom Siegfried Goldman), né le à Vienne (Autriche) et mort le (à 74 ans) à Paris, est un musicologue français d'origine roumaine. Il est l'un des membres fondateurs de l'académie Charles-Cros.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant été poussé par son père vers la carrière de violoniste, il entre au conservatoire de Bucarest à l'âge de neuf ans, et étudie le violon sous la houlette de Cecilia Nitzulescu, une brillante et despotique « violoniste ratée », qui a d'abord cru à son talent. Mais, après neuf années d'étude, ils doivent tous deux se rendre à l'évidence : il n'est pas fait pour être violoniste virtuose, malgré ses dons indéniables, en particulier celui de l'« oreille absolue », et malgré le premier prix de violon qui couronne ses longues années d'étude. Il a alors dix-huit ans. Après trois années au lycée français de Bucarest, ses parents décident de l'envoyer en France pour compléter ses études secondaires. Il arrive à Montpellier vers la fin de l'été 1928, et, ayant obtenu son baccalauréat de philosophie ainsi qu'un certificat d'études supérieures de langue allemande, il se dirige vers Paris en octobre 1929, où il s'installera pour le restant de ses jours.

Goléa est l'un des premiers participants de la célèbre émission d'Armand Panigel La Tribune des critiques de disques, lancée en 1947 sur RTF (et plus tard sur France Musique), aux côtés de Claude Rostand, José Bruyr, et Henri Jacques. D'autres critiques éminents vont rejoindre plus tard cette Tribune, en particulier Jacques Bourgeois et Jean Roy.

Chroniqueur à Télérama, à Diapason, à Témoignage chrétien, il est l'un des plus importants critiques de musique contemporaine, connu pour ses prises de position intransigeantes et sa défense passionnée de la musique sérielle, qu'il a longtemps considérée comme la seule musique contemporaine digne d'intérêt. Il a aussi écrit une Histoire du ballet (1967).

Vers la fin de sa vie, cependant, Goléa est amené à atténuer un peu ses positions. Dans le dernier ouvrage publié de son vivant (La Musique de la nuit des temps aux aurores nouvelles), il doit reconnaître qu'« un phénomène encore plus grave s'est produit : la musique sérielle est morte de sa belle mort… »

Cependant, Goléa a toujours été un ardent défenseur de la musique de Debussy, de Messiaen, de Schoenberg et de Boulez, qu'il considérait comme les véritables créateurs de la musique contemporaine, alors que, à la question de savoir ce qu'aura signifié un Richard Strauss dans l'évolution de la musique de notre temps, sa réponse est stupéfiante : « Rien, très exactement ! »

Il avait épousé la chanteuse Colette Herzog.

Citation[modifier | modifier le code]

Extrait d'un article paru dans la revue Musica en 1956, et repris dans sa biographie Je suis un violoniste raté[1] :

« Les œuvres du passé qu'on admire à juste titre aujourd'hui, celles qu'on joue le plus souvent, sont celles qui, à l'époque de leur naissance : 1) apportèrent quelque chose de nouveau dans l'évolution musicale ; 2) heurtèrent de ce fait la sensibilité des contemporains ; 3) se signalent aujourd'hui par une valeur intrinsèque, indépendante de leur place dans l'évolution…

Qu'il soit donc entendu, une fois pour toutes : 1) qu'une œuvre ne peut plaire que si elle est le fruit du génie ou, au moins, d'un très grand talent ; 2) que cependant sa pérennité n'est assurée que si elle apporte également quelque chose de nouveau dans l'évolution musicale ou, tout au moins, tient compte du dernier stade de cette évolution, non encore sclérosée. »

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • Esthétique de la musique contemporaine, PUF, 1954
  • Georges Auric, éditions Ventadour, 1958
  • Rencontres avec Pierre Boulez, éditions Julliard, 1959
  • La Musique dans la société européenne, du Moyen Âge à nos jours, Bibliothèque de l'homme d'action, 1960
  • Rencontres avec Olivier Messiaen, éditions Julliard, 1961
  • 20 ans de musique contemporaine. De Messiaen à Boulez. De Boulez à l'inconnu, 1962, 2 vol.
  • Richard Strauss, Flammarion, 1965
  • Entretiens avec Wieland Wagner, éditions Belfond, 1967
  • Histoire du ballet, éd. Rencontres, 1967
  • Claude Debussy, Seghers, 1968
  • Marcel Landowski, Seghers, 1969
  • Je suis un violoniste raté, éditions Julliard, 1973 ; rééd. Belfond, suivi de Et après par Jérôme Spycket, 1981
  • La Musique, de la nuit des temps aux aurores nouvelles, éditions Alphonse Leduc, 1977, 2 vol.
  • Georges Enesco, un grand inconnu, éditions Salabert, 1980
  • Chapitres importants dans les ouvrages collectifs suivants : Wagner,Bach, Mozart, Liszt, Berlioz, Debussy, tous publiés dans la collection « Génies et Réalités », éditions Réalités-Hachette

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Belfond, 1981, p. 157.

Liens externes[modifier | modifier le code]