Friedrich Hölderlin

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Friedrich Hölderlin
penseur et poète allemand
Description de l'image Friedrich hoelderlin.jpg.
Naissance
Lauffen am Neckar, en Bade-Wurtemberg
Décès (à 73 ans)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture allemande
Mouvement Romantisme
Genres

Œuvres principales

  • Hypérion
  • La Mort d'Empédocle
  • Hymnes
  • Remarques sur Sophocle
Hoelderlin Unterschrift.svg

Friedrich Hölderlin ['fʁi:dʁɪç 'hœldɐlɪn] (1770-1843) est un poète et philosophe de la période classico-romantique en Allemagne, qui s'enracine dans la seconde moitié du XVIIIe siècle et se poursuit au XIXe siècle « romantique ».

Il est une figure majeure de cette époque de la littérature allemande qu'une certaine tradition culturelle fait rayonner autour du nom et de la figure emblématique de Goethe[1]. Cette acmé de la littérature allemande correspondant à son « classicisme », un siècle après l' « époque classique » en France [2], précédée d’un « pré-classicisme » avec Gotthold Ephraim Lessing, comprend un courant qui va du Sturm und Drang aux deux grands classiques allemands Goethe et Schiller pour engendrer les « Modernes » du romantisme allemand tels Tieck, ou Novalis. Il est de règle de mettre à part Hölderlin pour le lyrisme, Kleist pour le théâtre, et Jean Paul pour le roman [3].

Par ailleurs, l’énorme élaboration philosophique allemande d’alors, marquée par le protestantisme culturel est partie prenante de cette époque. Pour Hölderlin, le grand nom est Emmanuel Kant, qu'il qualifie en ces termes : « Kant est le Moïse de notre nation »[4], suivi de près par Johann Gottlieb Fichte, qu'Hölderlin (qui a été son auditeur à Jéna en 1794-1795) qualifie de « titan ». Hölderlin fait partie du courant de l’idéalisme allemand que représentent Hölderlin – HegelSchelling, tous les trois étudiants en théologie au Stift, le Grand Séminaire protestant de Tübingen.

Vie et œuvre liées[modifier | modifier le code]

La vie et l'œuvre de Hölderlin sont difficilement dissociables.

La formation[modifier | modifier le code]

La maison natale de Hölderlin à Lauffen am Neckar.

Né le à Lauffen, en Bade-Wurtemberg, Hölderlin perd à l'âge de deux ans son père, administrateur de biens conventuels, qui meurt à 36 ans. En 1774, sa mère, Johanna Christina Hölderlin, alors âgée de 26 ans, se remarie avec le conseiller Gock, bourgmestre de Nürtingen, qui décédera en 1779. Cette situation de l'enfant Hölderlin exposé à la mort accidentelle de son « second père » répétant celle de son « vrai père » a suscité après coup au XXe siècle l'intérêt de la psychanalyse[5]. En fait, l'enfance de Hölderlin, qui, à la suite des veuvages de sa mère, baigne dans un milieu familial essentiellement maternel et féminin, plonge dans une succession de vies et de morts : la plupart de ses petites sœurs, ainsi qu'un anonymus meurent en bas âge, ce qui est monnaie courante à la fin du XVIIIe siècle. Seuls restent en vie sa deuxième sœur et chère « Rike », Heinrike Hölderlin, née en 1772, et un demi-frère, Karl Gock, né en 1776.

Poussé par sa mère, qui souhaiterait le voir devenir pasteur comme son propre père, Hölderlin entre en 1784 au petit séminaire de Denkendorf, où il apprend le grec ancien, le latin et l'hébreu. Il va lire Klopstock, et la poésie idéaliste de Schiller. Vers l'âge de quatorze ans, il écrit ses premiers poèmes (comme Mon propos), ainsi que ses premières lettres retenues[6]. Hölderlin trouve l'aide d'un père spirituel, comme il l'écrira dans une lettre à Nathanaël Köstlin, en la personne du diacre de Nürtingen : « Je vous prie très humblement, très cher Monsieur le Diacre, d'être mon guide, mon père, mon ami »[7]. Deux ans plus tard, Hölderlin poursuit ses études au séminaire de Maulbronn, où il se lie avec son condisciple Immanuel Nast, qu'il appelle son Cher frère dans les lettres qu'il lui adresse, et connaît son premier amour avec Louise Nast, la cousine de ce dernier.

La tour de Hölderlin à Tübingen.

De 1788 à 1793, il est étudiant en théologie au Grand Séminaire protestant ou Stift de Tübingen, en même temps que Hegel et le précoce Schelling(lequel Schelling est d'ailleurs un lointain cousin de Hölderlin par la branche maternelle). La Révolution française remplit d'enthousiasme[8] ces jeunes Stiftler qui vont planter un arbre de la liberté sur les rives du Neckar. Dès ses années du Stift, Hölderlin rencontre aussi celui que certains considéreront comme son Méphisto[réf. souhaitée], Isaac von Sinclair (de).

« La Grèce de Hölderlin »[modifier | modifier le code]

La « Grèce de Hölderlin » est une autre Grèce que celles respectivement « classiques » de Goethe et de Schiller. Elle signifie autant « l'étranger » chez Hölderlin qu'un retour au « natal » (ou « à la patrie ») : on y retrouve une sorte de Grèce souabe « poétiquement habitée »[9] des « dieux » de Hölderlin dans le mythe poétique « grec » de « la Nature ».

Le temps d’Hypérion et d’Empédocle[modifier | modifier le code]

En 1793 Hölderlin est présenté à Friedrich Schiller, avec lequel il entame une correspondance suivie et qui publie certains de ses poèmes. La même année il travaille comme précepteur à Waltershausen chez l'amie de Schiller, Charlotte von Kalb, où il connaît quelques déboires dans son travail d'éducateur à cause de la masturbation de son élève Fritz. Un tournant décisif dans sa vie est l'obtention d'un autre poste de précepteur dans une maison appartenant à un riche banquier de Francfort, Jakob Gontard. Hölderlin rencontre en Susette Gontard, qu'il appelle « Diotima » dans ses poèmes et dans son roman Hypérion, le grand amour de sa vie. Le bonheur de cette relation ne dure pas : le mari la découvre, et elle est incompatible avec l'époque. Pourtant, ils continuent à correspondre et à se rencontrer secrètement. Ils se voient pour la dernière fois en 1800. Les lettres de Suzette adressées au poète renseignent assez précisément sur ce qu'a pu être cet amour.

« Les plus grands poètes lyriques, comme Hölderlin ou Keats, sont des hommes en qui le pouvoir mythique de perception se brise encore vers son intensité extrême et son pouvoir d'objection... » (Ernst Cassirer dans Language and Myth, 1946).

Hölderlin quitte Francfort en septembre 1798. Survient alors une période d'intense créativité, avec les grandes élégies et le second volume de Hyperion. Il écrit également des textes philosophiques et une tragédie, Der Tod des Empedokles (La Mort d'Empédocle), restée inachevée en dépit de trois versions différentes dérivant du plan originel, dit « de Francfort ».

Le temps des grands poèmes[modifier | modifier le code]

Parmi les grands poèmes de Hölderlin, on peut citer Brot und Wein (Pain et Vin), élégie rapprochant Jésus et Dionysos, Der Archipelagus, où l'on voit à l’œuvre le « retour » à la Grèce antique que Hölderlin fait effectuer poétiquement à l'Allemagne de son temps, très située cependant dans sa Souabe natale, Heidelberg et Der Rhein, des odes sur la ville et le fleuve, et le patriotique Germanien. Dans la conclusion de son hymne Patmos, le poète dit qu'il appartient à la « poésie allemande » de « respecter la lettre immuable » et « interpréter avec soin tout ce qui demeure » (traduction de Geneviève Bianquis).
Peu avant son départ pour la France, Hölderlin déclare : « Maintenant je peux rejoindre une nouvelle vérité, une meilleure vision en grande partie de nous-mêmes et de ce qui nous entoure, en pensant que j'ai peur de ces choses qui peuvent éventuellement s'associer à moi comme pour l'ancien Tantale, qui a reçu des dieux plus qu'il ne pouvait en digérer. » Après avoir tenu un bref emploi de précepteur à Bordeaux[10], Hölderlin retourne en 1802 en Allemagne. Ce voyage du « retour », effectué probablement à pied, à travers la France post-révolutionnaire, renferme sa part de mystère et d'inconnu. L'histoire littéraire tend en tous les cas à dater l'éclosion de la « folie » du poète du « retour de Bordeaux ». Hölderlin a appris la mort de Susette Gontard[11] et revient à Nürtingen. Son état de santé se dégrade de plus en plus. Il sera interné de force dans la clinique du docteur Johann Heinrich Ferdinand Autenrieth (de) à Tübingen en 1806.
Les grands Hymnes de Hölderlin sont écrits entre 1800 et 1803, et des fragments de la grande poésie hymnique sont écrits jusqu'en 1806 environ (la datation devient difficile à ce moment-là). À partir de 1800, Hölderlin traduit Pindare et Sophocle. Les Remarques sur Œdipe et Antigone sont des textes très denses sur la tragédie et la traduction occidentale du mythe tragique dans le monde moderne.

Les trente-six dernières années de la vie d'Hölderlin se déroulent dans l'ombre de la folie, chez le menuisier Ernst Zimmer à Tübingen. Il meurt le . Hölderlin rédige encore (de 1807 à 1843) des poèmes portant principalement sur le cycle naturel des saisons, en les affectant de dates fantaisistes (1748, 1936). C'est seulement à la fin de sa vie, à partir de 1841, qu'il signera du pseudonyme Scardanelli [12].

C.T. Schwab fait paraître après la mort du poète la première édition de son œuvre (1846).

Répercussions[modifier | modifier le code]

D'abord assez mal entendu de son temps, et bien que son influence ait été déterminante en particulier au moment de la formation de l'idéalisme allemand, Hölderlin commence vraiment d'être reçu au vingtième siècle. Il acquiert alors une audience internationale.

Pensée et histoire européennes[modifier | modifier le code]

La place de Hölderlin dans le contexte allemand de son temps[modifier | modifier le code]

Hölderlin n'est pas directement affilié aux deux principaux mouvements littéraires de son époque, le classicisme de Weimar ou le romantisme, mais sa pensée reflète des éléments communs à ces deux grands courants. Dans son utilisation classique des vers, de la forme et de la syntaxe, Hölderlin peut d'abord être considéré comme le successeur de Friedrich Klopstock (1724-1803), qui tente de développer pour la langue allemande une perfection classique, la plaçant à l'égalité du grec et du latin. Hölderlin partage l'amour des classiques pour la edle Einfalt und stille Grösse (la noble simplicité et la magnificence du calme), formulé par Johann Winckelmann (1717-1768), en y ajoutant son sens mythique de la nature au travers d'un syncrétisme réalisé à partir d'éléments traduits du Panthéon grec et du christianisme. Comme William Blake et W.B.Yeats, il explore la cosmologie et l'histoire pour trouver un sens en ce monde incertain.

Grand lecteur de Kant[13] et auditeur de Fichte, Hölderlin joue aussi un rôle important dans le développement de la philosophie post-kantienne, et participe à la formation de l'idéalisme allemand : il est le coauteur du « plus ancien programme systématique de l´idéalisme allemand »[14] (texte à la paternité controversée coécrit autour de 1795 par Hölderlin, Schelling, Hegel).

Entre le classicisme et le romantisme[modifier | modifier le code]

Le germaniste Roger Ayrault fait passer la ligne de démarcation entre le classicisme de Weimar et le romantisme par le renoncement à la nostalgie de la Grèce des « modernes » romantiques : « La disponibilité des Romantiques en face des problèmes de l'époque eût été impossible s'ils ne s'étaient affranchis de la présence obsédante de l'antiquité »[15]. Dès lors, étant donné l'importance de la Grèce dans la poésie et la pensée de Hölderlin, et le caractère singulier du mythe créé que représente cette « Grèce de Hölderlin », il peut paraître problématique de classer Hölderlin parmi les Romantiques.

Hölderlin et l'idéalisme allemand[modifier | modifier le code]

Hölderlin fut l'auditeur direct de Fichte à Iéna en 1794 - 1795.

La confrontation avec l'enseignement de Fichte[modifier | modifier le code]

À la mi-août 1794, Charlotte von Kalb, chez qui Hölderlin était précepteur, a reçu à Waltershausen « les premiers feuillets de la Grundlage que Fichte vient d'éditer pour ses étudiants d'Iéna. Hölderlin en entreprend aussitôt la lecture. » En se fondant sur une remarque de Dieter Heinrich, Jean-François Courtine souligne que le départ précipité fin mai 1795 de Iéna, où Hölderlin s'était rendu début novembre 1794 avec son élève Fritz von Kalb, « est tout sauf un adieu à la philosophie, une “fuite” loin de la spéculation ». Hölderlin, qui vit alors durant son séjour de sept ou huit mois à Iéna « comme écrivain indépendant », est« introduit notamment dans le cercle de Schiller ». Il « rencontre Fichte à plusieurs reprises et surtout il suit son enseignement: les cours de Fichte, d'octobre 1794 à mars 1795, portaient sur la doctrine de la science (Über das Eigentümliche der Wissenschaftslehre) et en particulier sur ce qui correspond à la troisième partie de la Grundlage (Über praktische Philosophie) »[16].

Critique de Fichte[modifier | modifier le code]

Jacques Rivelaygue montre au chapitre « La genèse du système hégélien » de ses Leçons de métaphysique allemande combien « la place de Hölderlin dans la vie intellectuelle de son temps » est à relever : Hölderlin représente, écrit-il, « un moment de l'idéalisme allemand »[17]. En fait, « dès le départ », explique Rivelaygue, « Hölderlin critique le principe même de l'idéalisme allemand qui veut, en identifiant l'être de l'étant à la subjectivité, en faire le fondement »[18]. Le fragment philosophique décisif de Hölderlin dans lequel celui-ci exprime sa position critique vis-à-vis de la première philosophie de Fichte est [Être et Jugement][19]. « Schelling et Hegel vont réagir à l'objection » de Hölderlin « en essayant de trouver des solutions dans le cadre de l'idéalisme absolu »: selon Rivelaygue, Hegel est « moins attentif aux objections de Hölderlin que ne l'est Schelling »[20].

Réception de Hölderlin au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le début du XXe siècle commence à reconnaître l'importance de Hölderlin assez mal compris de son temps. L'édition des œuvres complètes de Hölderlin entreprise dans les débuts du XXe siècle par Norbert von Hellingrath (de) y contribue beaucoup.

Trois grandes éditions des œuvres complètes de Hölderlin au XXe siècle[modifier | modifier le code]
  • L'édition historico-critique commencée par Norbert von Hellingrath, poursuivie par Friedrich Seebass et Ludwig von Pigenot, Berlin 1923 et 1943.
  • L'édition de Stuttgart (Stuttgarter Ausgabe) de Friedrich Beissner (de) , 8 volumes, Stuttgart, 1946-1985.
  • L'édition historico-critique de D. E. Sattler (de), dite « Édition de Francfort » (Frankfurter Ausgabe) 20 volumes et 3 suppléments, Stroemfeld Verlag, Francfort am Main, 1975-2008. Cette édition non universitaire travaille sur les manuscrits de Hölderlin (méthode éditoriale s'appuyant sur la génétique des textes).

En France, la traduction des poèmes de Hölderlin par Geneviève Bianquis en 1943 repose principalement sur l'édition Hellingrath.
Dans le volume Œuvres publié chez Gallimard dans La Pléiade en 1967, Philippe Jaccottet se réfère à l'édition de Stuttgart et à l'édition Hellingrath (pour le plan chronologique)[21].

Rainer Maria Rilke[modifier | modifier le code]

Philippe Jaccottet rapporte que Rilke prend connaissance de la grande poésie de Hölderlin en 1914, par l'édition de Norbert von Hellingrath à ses débuts[22]. C'est pour Rilke la période où il écrit les Élégies de Duino (1912-1922).

Nietzsche[modifier | modifier le code]

Nietzsche se montra vivement intéressé par Hölderlin[23], mais cela fut sans prolongement, jusqu'aux décadences du monde d'après guerre en Allemagne, jusqu’à ce que le poète reçoive une plus grande attention, en partie due à l'enthousiasme de Norbert von Hellingrath.

Hölderlin et Heidegger[modifier | modifier le code]

Les textes de Heidegger sur Hölderlin sont principalement rassemblés dans Approche de Hölderlin (titre en français), en allemand: Erläuterungen zu Hölderlins Dichtung (1936-1968): d'après l'édition allemande la plus récente, les Erläuterungen (« Éclaircissements ») sont en effet à compléter avec les trois grandes conférences sur Hölderlin des semestres d'hiver 1934/35 et 1941/42 et du semestre d'été 1942 [24]. Le texte intitulé « Pourquoi des poètes? » — citation de Hölderlin dans l'élégie Pain et vin (7e strophe) — se trouve dans les Chemins qui ne mènent nulle part (titre français pour Holzwege, littéralement: « Chemins de bois »).

La réception après coup de Hölderlin au XXe siècle passe en partie, notamment à une certaine époque chez les intellectuels français, par Heidegger: le livre de Beda Allemann, Hölderlin et Heidegger. Recherche de la relation entre poésie et pensée, paru en 1954 à Zurich et Fribourg i. B., paraît en 1959 aux P.U.F. dans la traduction de François Fédier.

L'interprétation heideggerienne de la poésie de Hölderlin a été critiquée par Adorno[25] et l'École de Francfort.

La poésie de Hölderlin fascine le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) qui a écrit que « la Poésie est l'établissement de l'Étant par les moyens du monde ». Les essais d'Heidegger sur Hölderlin (1936) ont été traduits dans Existence et Étant de W. Brock (1949).
Dans ses lectures des années 1930, Heidegger considère Hölderlin, en tant que poète, comme le réveilleur national des consciences, un prophète du futur latent d'une nation. « Les poètes se sont élevés pour la plupart au commencement ou à la fin d'une ère », dit lui-même une fois Hölderlin.

Hölderlin est célébré durant le Troisième Reich, et ses œuvres regroupées sont publiées en quatre volumes.

Heidegger a emprunté à Hölderlin, dans ses cours de 1934-1935 sur La Germanie et sur Le Rhin, puis dans une série de conférences sur la poésie hölderlinienne, dont Terre et ciel chez Hölderlin à Munich (1959), l'origine de ce qu'il a nommé une autre pensée : elle permettrait d'accéder à un autre commencement.

Heidegger a trouvé dans Hölderlin, moins le poète de la Terre-mère, que l'épreuve de la vérité de l'être qui commande le quadrillage de la métaphysique. Comment comprendre ce quadrillage qui, selon Heidegger, remonte aux quatre causes d'Aristote ? Si l'étant, en effet, comme le philosophe grec le déclare à plusieurs reprises, se dit en multiples façons, en grec pollachôs, ce que Heidegger interprète comme tetrachôs, en quatre façons (cause formelle, cause matérielle, cause motrice et cause finale), pourquoi ces façons se trouvent-elles au nombre de quatre ? L'énigme de la métaphysique dissimulerait ainsi une énigme plus originelle, celle de l'autre pensée qui déploie le monde selon les quatre nervures du Geviert. Les traducteurs français ont rendu ce terme allemand (Vier : Quatre) par Quadriparti, Uniquadrité ou Cadrant. Terre et Ciel, Divins et Mortels expriment en effet pour Heidegger les puissances de l'origine, ces harmoniques de l'être que Hölderlin appelait pour sa part les voix du destin. Jean-François Mattéi a consacré un livre, Heidegger et Hölderlin. Le Quadriparti[26]'[27], à la constitution chez Heidegger, en commentant Hölderlin, de cette figure quadripartite du monde. Elle intervient chez d'autres philosophes et écrivains, comme Eric Voegelin ou, de façon plus inattendue, Henri Bosco (Une Ombre, Gallimard) ; mais elle se trouvait initialement dans le Gorgias de Platon, à la page 507e-508a.

Deux thèses françaises marquantes[modifier | modifier le code]

En 1936, la thèse « jacobine » de Pierre Bertaux, germaniste et homme politique, met l'accent sur l'aspect « révolutionnaire » de Hölderlin dans le contexte historique de l'époque où les intellectuels allemands sont confrontés à la Révolution française. Un quart de siècle plus tard, la thèse de médecine du psychanalyste Jean Laplanche sur Hölderlin et la question du père, publiée en 1961, qui sera saluée par Michel Foucault, s'inscrit déjà dans le contexte des années 1960 en France.

La thèse « jacobine » de Pierre Bertaux[modifier | modifier le code]

Dans sa thèse, intitulée Hölderlin. Essai de biographie intérieure [28], le germaniste français Pierre Bertaux considère que Hölderlin n'était pas « fou » au sens médical psychiatrique du vingtième siècle. Il analyse surtout le rapport de Hölderlin à la Révolution française de 1789 et considère que l'orientation politique de Hölderlin était jacobine, engagement intellectuel « révolutionnaire » pratiquement impossible à faire reconnaître en plein absolutisme des princes allemands à la fin du XVIIIe siècle. Tous les intellectuels allemands, en premier lieu les deux grands « classiques »Goethe et Schiller, Schiller surtout, observent avec le plus grand intérêt les événements en France révolutionnaire de l'époque[29]. La lutte ultérieure de Pierre Bertaux pour défendre et mûrir cette thèse[30] n'a pas été sans provoquer en Allemagne des réactions critiques chez certains psychiatres concernant le diagnostic établi de la maladie mentale de Hölderlin.

La thèse de médecine, « lacanienne », de Jean Laplanche[modifier | modifier le code]

Avec Hölderlin et la question du père (1961) de Jean Laplanche, le genre de la « sacro-sainte psycho-biographie" »[31] commence à être mis en cause par la psychanalyse en plein essor en France au seuil des années 1960. Le livre de Jean Laplanche, salué par Michel Foucault[32], rencontre un certain succès auprès des intellectuels français. Laplanche énonçait son projet concernant Hölderlin de la façon suivante :

« Comprendre dans un seul mouvement son œuvre et son évolution vers et dans la folie, ce mouvement fût-il scandé comme une dialectique et multilinéaire comme un contrepoint »

— Jean Laplanche, Hölderlin et la question du père, p. 13. Cité par Roger Laporte[33]

Laplanche applique au « cas » de Hölderlin la «théorie des psychoses» de Lacan, celle d'une structure de la psychose par Forclusion du Nom-du-père, mais non sans quelques réserves. Dans une conclusion "ouverte", Laplanche fait " (r)ouvrir" à son Hölderlin "la question du père" en même temps que "la question de la schizophrénie comme problème universel" [34].

La Bibliographie Internationale de Hölderlin[modifier | modifier le code]

En Allemagne, paraît en 1985 la première édition de la Bibliographie Internationale de Hölderlin (Internationale Hölderlin-BibliographieIHB[35] ): le premier tome établi par Maria Kohler couvre la période 1804-1983; d'autres tomes vont s'ensuivre, élaborés par Werner Paul Sohnle et Marianne Schütz aux Archives de Hölderlin (Hölderlin-Archiv[36]), jusque dans les années 1990 [37]. L' I.H.B s'est informatisée et a été mise en ligne [38] le 1er janvier 2001.

Musique[modifier | modifier le code]

Les poèmes de Hölderlin ont inspiré de nombreux compositeurs, à commencer par Brahms avec son Hyperions Schicksalslied (Le Chant du Destin). Parmi ces compositeurs, on peut noter Richard Strauss (Drei Hymnen von Friedrich Hölderlin, opus 71), Max Reger (An die Hoffnung : « À l'Espérance »), Paul Hindemith, Benjamin Britten, Hans Werner Henze, György Kurtág, György Ligeti, Luigi Nono, Wolfgang Rihm, Hans Pfitzner, Hanns Eisler, Peter Cornelius, Richard Wetz (Hyperion), Josef Matthias Hauer, Stefan Wolpe, Viktor Ullmann (qui composa sa musique dans le camp de concentration de Terezin), ainsi que Georg Friedrich Haas (avec Hyperion), sans oublier Heinz Holliger qui composa un monumental Scardanelli Zyclus.

Théâtre et Cinéma[modifier | modifier le code]

Au théâtre Friedrich Hölderlin, sa vie et son œuvre, ont fait l'objet d'un culte, notamment par le metteur en scène allemand Klaus Michael Grüber, qui s'est attaché à traduire une esthétique théâtrale, conçue comme une alternance poétique autonome au texte et au parcours du poète souabe, tout en servant de traduction et de miroir. En réalisant Winterreise dans le stade olympique de Berlin, où eurent lieu les Jeux olympiques d'été de 1936 sous le régime nazi, Grüber mène, à travers la langue d'Hölderlin, une réflexion sur la destruction, l'errance, le crime, mais aussi la volonté de rédemption. Le comédien Michael König se trouve au centre de cette mise en scène historique. Il signera par la suite d'autres spectacles, tels qu'Hypérion présenté au Festival d'automne à Paris (1991), avec le grand comédien de langue allemande Bruno Ganz, qui a, quelques années plus tôt, incarné Empédocle, là aussi à l'Olympia-Stadion de Berlin, en 1976, dans une production du Théâtre de la Schaubühne.

Ödipus der Tyrann de Friedrich Hölderlin d'après Sophocle (traduction de Philippe Lacoue-Labarthe chez Christian Bourgois), dans la mise en scène de Romeo Castellucci, spectacle créé le à la Schaubühne Berlin, a été donné en coréalisation avec le Théâtre de la Ville-Paris dans le cadre du Festival d'Automne à Paris du 20 au 24 novembre 2015. Le personnage d'Œdipe était interprété par l'actrice Ursina Lardi, tandis qu'Angela Winkler tenait le rôle du Chœur en tant que mère supérieure d'une communauté de nonnes. Dans ce spectacle, Castellucci cherche à « faire coïncider les images d' Œdipe et de Jésus » selon un esprit « “asymétrique” et “féminin” »[39].

En 1997, la réalisatrice allemande Nina Grosse (de) réalise un film, relativement romancé, Feuerreiter (Le cavalier du feu) traitant de la vie et de l'œuvre de Friedrich Hölderlin (interprété par Martin Feifel), notamment sous l'optique de sa relation avec Suzette Gontard (interprétée par Marianne Denicourt) et son ami Isaac von Sinclair (interprété par Ulrich Matthes). Le comédien Ulrich Mühe, grand acteur de l'ex-RDA, qui devint très populaire après la réunification, joue dans ce film l'un des rôles-clef, celui de Jacob Gontard, époux de Susette.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Anciennes traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • La Mort d'Empédocle, traduction et introduction d'André Babelon, Paris, Gallimard, 1929[40].
  • Hypérion ou l'Ermite en Grèce, traduction de Joseph Delage, 2 vol., Paris et Neuchâtel, Victor Attinger, collection « Romantiques allemands », no 2, 1930.
  • Poèmes de la Folie de Hölderlin, traduction de Pierre Jean Jouve avec la collaboration de Pierre Klossowski, Fourcade, 1930, rééd. Gallimard, 1963
  • Poèmes, Version française de Gustave Roud, Lausanne, Mermod, 1942.
  • Hölderlin le Poète – Étude critique suivi d'un choix de poèmes, par Maxime Alexandre, Marseille, Robert Laffont, 1942.
  • Poèmes / Gedichte. Traduction de Geneviève Bianquis, Paris, Aubier, 1943.
  • Poèmes de Hœlderlin, traduction de Gustave Roud[41], dans les Cahiers du Sud, Le Romantisme allemand, N° spécial publié sous la direction de G. Camille, E. Jaloux, P. d'Exideuil, Ch. Du Bos, J. Cassou, M. Brion, A. Béguin et J. Ballard, mai-juin 1937. Traductions d'Armel Guerne et Gustave Roud, dans Le Romantisme allemand (2e édition), Textes et études publiés sous la direction d'Albert Béguin, Les Cahiers du Sud, 1949.
  • Hymnes et autres poèmes (1796-1804), Trad. d'Armel Guerne,Mercure de France, 1950 ; GF Flammarion, 1983.

Traductions plus récentes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres, Éd. de Philippe Jaccottet, traduction de Ph. Jaccottet, D. Naville, Gustave Roud, R. Rovini, François Fédier, Michel Deguy, André du Bouchet, Notes par P. Jaccottet, Bibliothèque de la Pléiade, 1967.
  • Hypérion ou l'Ermite de Grèce, trad. de Ph. Jaccottet, Mercure de France, Paris, 1965 ; réédition : Gallimard, coll. « Poésie », Paris, 1973
  • L'Antigone, de Sophocle, [texte de la trad. et adaptation en allemand d'Hölderlin, trad. en français] par Philippe Lacoue-Labarthe, suivi de [l'étude], La Césure du speculatif, par Philippe Lacoue-Labarthe, coll. Première livraison. Paris: C. Bourgois, 1978. ISBN 2-267-00122-5
  • Poèmes fluviaux, anthologie bilingue traduite de l'allemand, annotée et présentée par Nicolas Waquet, Éditions Laurence Teper, Paris, 2004, (ISBN 2-9520442-5-2).
  • Œuvre poétique complète, trad. de François Garrigue, bilingue, Éd. de la Différence, 2005
  • Fragments de poétique, Éd. bilingue de Jean-François Courtine, Paris, Imprimerie nationale Éditions, 2006, (ISBN 2-7427-5991-3)
  • Les chants de la terre natale, édition bilingue, choix, présentation et traduction de Ludwig Lehnen, coll. "Orphée", Éditions de la Différence, 2014.
  • Hymnes, traduits et présentés par Raoul de Varax,coll. L'Ombellie, Editions des Vanneaux, 2014.
  • Elégies - Chants nocturnes, présentés et traduits par Raoul de Varax, Editions de l"Atelier du Grand Tétras, 2016.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Heidegger, Approche de Hölderlin [Erläuterungen zu Hölderlins Dichtung], Trad. de l'allemand par Henry Corbin, Michel Deguy, François Fédier et Jean Launay, Nouvelle édition augmentée, Collection Classiques de la Philosophie, Paris, Gallimard, 1974.
  • Beda Allemann, Hölderlin et Heidegger : Recherche de la relation entre poésie et pensée, traduit par François Fédier, PUF, Épiméthée, Paris, 1959 (2e édition revue et corrigée 1987).
  • Jean Laplanche, Hölderlin et la question du père, Paris, PUF, 1961; rééd., Paris, PUF, 1984, coll. "Quadrige".
  • Roger Laporte, « Hölderlin ou le combat poétique » dans Quinze variations sur un thème biographique, Paris, Flammarion (essais / textes), 1975; Hölderlin une douleur éperdue, Seyssel (Ain), Éditions Comp'Act, 1986.
  • Pierre Bertaux, Hölderlin ou le temps d’un poète, Paris, Gallimard, 1983.
  • Gilles Jallet, Hölderlin, Paris, Seghers, 1985, coll. "Poètes d'aujourd'hui".
  • Jean-François Courtine (dir.), Hölderlin, Cahiers de l'Herne, no 57, Paris, L'Herne, 1989, 358 p. (ISBN 9782851970640).
  • Lucien Calvié, Le Renard et les raisins. La Révolution française et les intellectuels allemands. 1789-1845, Paris, Études et Documentation Internationales(ÉDI),1989, (ISBN 2-85139-094-5).
  • André Alter, Hölderlin. Le chemin de lumière, Paris, Champ Vallon, 1992.
  • L'aède en exil, librement adapté par Michel Butor, illustrations par Bernard Dufour, Fata Morgana, 2000.
  • Jean-François Mattéi, Heidegger et Hölderlin. Le Quadriparti, Paris, PUF, 2001, coll. "Épiméthée".
  • Maxence Caron, Être et identité, Paris, Le Cerf, 2006.
  • Aude Therstappen, Friedrich Hölderlin. Présences du poète, Paris, Somogy, 2010.
  • Harald Bergmann, Hölderlin Edition, Buch- und DVD-Edition aller vier Hölderlin-Filme Bergmanns (Lyrische Suite/Das untergehende Vaterland, Hölderlin Comics, Scardanelli, Passion Hölderlin), Berlin 2012, ISBN 978-3-9815488-4-6. Homepage: http://www.bergmannfilm.de/films/hoelderlin-edition

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sainte-Beuve traduira la Goethezeit par le « siècle de Goethe ».
  2. cf. l’essai de Heinz Schlaffer, La Brève Histoire de la littérature allemande 2002, tr. fr. 2004.
  3. J. Chassard / G. Weil, Histoire de la littérature de langue allemande, Paris, Hachette, 1981, p. 120-130 (ISBN 2 01-005613-2)
  4. Lettre à Karl Gock, 1er janvier 1799, in : Sämtliche Werke, éditions F. Beißner, Stuttgart 1954, vol. 6.
  5. Cf. Jean Laplanche, Hölderlin et la Question du Père (1961).
  6. Notice Biographique, chapitre Années d'études, page XXIII-XXIV des Œuvres d'Hölderlin dans l'édition de la Pléiade, 1967
  7. page 15 des Œuvres d'Hölderlin dans l'édition de la Pléiade, 1967
  8. À l'appui de ce qui justifierait cet enthousiasme largement influencé, comme on peut le penser, par le courant Sturm und Drang où arrive la pièce de Schiller Les Brigands, Hölderlin aurait fondé en 1788, une Ligue des poètes, avec deux de ses amis, Magenau et Neuffer. Et avec Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) et Friedrich Wilhelm Joseph von Schelling il aurait écrit un texte intitulé Du communisme des esprits, important du point-de-vue historique puisqu'il s'agit d'une des toutes premières occurrences du terme de communisme.
  9. Cf. le texte attribué à Hölderlin « En bleu adorable », dans Hölderlin, Œuvres, p. 939 (Tr. A. du Bouchet): « mais poétiquement toujours, / Sur terre habite l'homme ».
  10. Friedrich Hölderlin enseigna en tant que précepteur aux enfants du consul de la république de Hambourg Daniel Christophe Meyer au Château de Fongravey (construit par Victor Louis), sur la commune de Blanquefort située au Nord de Bordeaux.
  11. D'après la thèse du germaniste français Pierre Bertaux, Hölderlin aurait appris la mort de Susette Gontard alors qu'il était encore à Bordeaux.
  12. Source : la chronologie établie par Michael Knaupp (de)
  13. Hölderlin, lettre du (n° 80 <81>, La Pléiade, éd. Gallimard, p. 308): « Ma seule lecture pour l'instant, c'est Kant. Cet esprit merveilleux se révèle à moi de mieux en mieux. », et lettre à Hegel du (n° 84 <85>, La Pléiade, p. 316): « Mes occupations sont maintenant assez concentrées. Kant et les Grecs sont à peu près ma seule lecture. J'essaie surtout de me familiariser avec la partie esthétique de la philosophie critique. », dans Hölderlin, Fragments de poétique, éd. bilingue de Jean-François Courtine, « Présentation » (par J.-F. Courtine), Paris, Imprimerie nationale éditions, 2006, p. 13-14.
  14. Texte du « Projet (Le plus ancien programme systématique de l'idéalisme allemand) » dans Hölderlin, Œuvres (dir. P.Jaccottet), Gallimard, La Pléiade, p. 1156-1158. Philippe Jaccottet écrit en note p. 1156: « Il s'agit d'un texte sans doute rédigé par Schelling sous l'influence directe de Hölderlin, à la suite de leurs rencontres de 1795, et copié de la main de Hegel au cours de l'été 1796 ».
  15. Roger Ayrault, La genèse du romantisme allemand — Situation spirituelle de l'Allemagne dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Tome I, Paris, Aubier / Éditions Montaigne, 1961, p. 56
  16. Dans : « Présentation » par J.F. Courtine de Hölderlin, Fragments de poétique, Paris, Imprimerie nationale, 2006, p.  14-15; J.-F. Courtine se réfère (note 10) à la traduction française par Alexis Philonenko, dans Fichte, Œuvres choisies de philosophie première, Paris, Vrin, 1964.
  17. Jacques Rivelaygue, Leçons de métaphysique allemande, tome I, « De Leibniz à Hegel », Paris, Grasset & Fasquelle, 1990, biblio Le Livre de Poche essais No 4341, p. 200-201.
  18. Jacques Rivelaygue, Leçons de métaphysique allemande, tome I, p.  205.
  19. Hölderlin, Œuvres, Pléiade, nrf/Gallimard, p.  35. Réf. donnée par J. Rivelaygue, qui commente longuement ce texte dans ses Leçons de métaphysique allemande, tome I, p.  208-209.
  20. J. Rivelaygue, Leçons de métaphysique allemande, tome I, p.  216.
  21. P. Jaccottet, « Avertissement », dans: Hölderlin, Œuvres, p. XIX
  22. P. Jaccottet, Rilke par lui-même, Seuil, p. 117-118.
  23. Cf. Friedrich Nietzsche, IIIe Considération inactuelle (« Schopenhauer éducateur »), éd. Gallimard, « Folio essais », 1990, p. 30-34.
  24. Martin Heidegger, Erläuterungen zu Hölderlins Dichtung, (éd. Friedrich-Wilhelm von Herrmann), 7e tirage, Klostermann, 2012 (ISBN 978-3-465-04140-5)
  25. Theodor W. Adorno, « Parataxe » dans: Hölderlin, hymnes, élégies et autres poèmes, Introduction par Philippe Lacoue-Labarthe, Paris, GF Flammarion, 1983.
  26. « Recension : Jean-François Mattéi Heidegger et Hölderlin. Le Quadriparti »
  27. « Recherche Google », sur books.google.fr (ISBN 2130638821, consulté le 4 août 2016)
  28. Pierre Bertaux, Hölderlin, Essai de biographie intérieure, Paris, Hachette, 1936.
  29. Voir aussi Lucien Calvié, Le Renard et les raisins. La Révolution française et les intellectuels allemands. 1789-1845, Paris, Études et Documentation Internationales(ÉDI),1989.
  30. Pierre Bertaux, Hölderlin ou le temps d'un poète, Paris, Gallimard, 1983.
  31. Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France. 2, Paris, Fayard, 1994, p. 396.
  32. Michel Foucault, « Le "non" du père », in Critique, mars 1962, 178, p. 195-209.
  33. Roger Laporte, "Hölderlin ou le combat poétique" dans Quinze variations sur un thème biographique, Paris, Flammarion, 1975, coll. "Textes" p. 85.
  34. Jean Laplanche, Hölderlin et la question du père, p. 133.
  35. Site consulté le : [1]/
  36. Site consulté le : [2]/
  37. Voir le compte-rendu bibliographique de: Montandon Alain. Internationale Holderlin-Bibliographie, 1995-1996. In: Romantisme, 1999, n°104. Penser avec l'histoire. p. 127.
  38. Site consulté le : [3]
  39. Portrait Romeo Castellucci, Festival d'automne à Paris, -9 janvier 2016, 44e édition, p. 12: « Romeo Castellucci, Ödipus der Tyrann de Friedrich Hölderlin, d'après Sophocle », Théâtre de la Ville, vendredi 20 au mardi 24 novembre 20h30, dimanche 22 novembre 15h. Durée 1h45. Spectacle en allemand surtitré en français.
  40. L'achevé d'imprimer : 14 décembre 1929
  41. Voir aussi : Lettres sur le Romantisme allemand, correspondance d'Albert Béguin et Gustave Roud, Édition Les Études de Lettres, Lausanne, 1974. Introduction de Pierre Grotzer, notes et choix de textes de Françoise Fornerod. À partir de 1936, nombreuses discussions sur Hölderlin et sa traduction. En particulier Albert Béguin propose des améliorations aux traductions de Gustave Roud pour les poèmes parus en revues, en vue de leur publication en volume (qui aura lieu chez Mermod en 1942)

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