Germaine de Staël

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Staël.
Madame de Staël
Description de cette image, également commentée ci-après
Madame de Staël, portrait par Gérard,
Château de Versailles
Nom de naissance Anne-Louise Germaine Necker
Naissance
Paris, Royaume de France Royaume de France
Décès (à 51 ans)
Paris, Royaume de France Royaume de France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement romantisme
Genres

Œuvres principales

  • De la littérature, 1798-1800
  • Corinne ou l'Italie, 1807
  • De l'Allemagne, 1810-1813

Anne-Louise Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, connue sous le nom de Madame de Staël (/stal/[1]), née et morte à Paris ( - )[2], est une écrivaine et philosophe française[3] d'origine valdo-genevoise[4].

Issue d'une famille de protestants genevois richissimes, elle est élevée dans un milieu de gens de lettres. Elle épouse, en 1786, le baron Erik Magnus de Staël-Holstein, ambassadeur du roi Gustave III de Suède auprès de la cour de France à Versailles. Le couple se séparera en 1800. Devenue baronne de Staël, elle mène une vie sentimentale agitée et entretient en particulier une relation orageuse avec Benjamin Constant, écrivain et homme politique franco-vaudois rencontré en 1794.

Entre temps, sa réputation littéraire et intellectuelle s'est affirmée grâce à trois essais philosophiques que sont les Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau (1788), De l'influence des passions sur le bonheur de l'individu et des nations (1796) et De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales (1800)[5].

Favorable à la Révolution française et aux idéaux de 1789, elle adopte une position critique dès 1791 et ses idées d'une monarchie constitutionnelle la font considérer comme une opposante génante par les maîtres de la révolution. Elle doit à plusieurs reprises, malgré le statut de diplomate de son mari, se réfugier en Suisse auprès de son père. Interdite de séjour sur le sol français par Napoléon Bonaparte qui la considère comme un obstacle à sa politique, elle s'installe en Suisse dans le château familial de Coppet qui sert de lieu principal de rencontres au groupe du même nom, et d'où elle fait paraître Delphine (1802), Corinne ou l'Italie (1807) et De l'Allemagne (1810/1813[6]).

Veuve en 1802, elle se remarie en 1811 avec un jeune officier genevois, Albert de Rocca, et rouvre son salon parisien à la faveur de la Restauration de la maison de Bourbon.

Elle popularise en France, avec la publication de De l'Allemagne (1813-14), les œuvres des auteurs de langue allemande, jusqu'alors relativement méconnues dans ce pays. Elle ouvre ainsi la voie au romantisme français, directement inspiré des premiers romantismes allemand et anglais. Ses œuvres fictionnelles majeures, dans lesquelles elle représente des femmes victimes des contraintes sociales qui les enchaînent, sont Delphine (1802) et Corinne ou l'Italie (1807).

Elle meurt en 1817, peu de temps après une attaque de paralysie qui la terrasse au cours d'un bal que donnait le duc Decazes, laissant inachevées ses Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, ouvrage posthume publié en 1818, ainsi que ses Dix années d'exil, parues à titre posthume en 1821.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et mariage[modifier | modifier le code]

Germaine Necker naît à Paris, dans l'ancien hôtel d'Hallwyll, rue Michel-le-Comte, le 22 avril 1766. Élevée par sa mère Suzanne Curchod, fille d'un pasteur calviniste, aux conceptions religieuses dévotes, Germaine reçoit une éducation opposée au système de Rousseau, qui considérait que le développement moral devait suivre le perfectionnement des organes de perception, Mme Necker considérant qu'il faut exercer l'intelligence par un afflux précoce d'idées[7]. Elle lui donne une instruction encyclopédique et l'enfant suscite rapidement la curiosité des hôtes de ses parents par l'étendue de son érudition. Son père est le financier Jacques Necker qui a fait fortune comme banquier à Paris et qui sera ministre des finances du roi de France Louis XVI de 1776 à 1781.

Elle est élevée dans un milieu de gens de lettres, qui fréquentent assidûment le salon de sa mère (Buffon, Marmontel, Grimm, Edward Gibbon, l'abbé Raynal et Jean-François de La Harpe).

Le goût de la vie sociale parisienne et l'intérêt de sa famille pour la politique la lie cependant davantage à la France. Très jeune, à quatorze ans à peine, elle tient son cercle et sait converser avec les hôtes du salon de sa mère. Elle a appris l'anglais et le latin, l'art de la danse et la musique, la récitation et la diction, est souvent allée au théâtre. Tout fait d'elle une jeune fille différente, par son érudition et sa culture, des jeunes filles de son milieu élevées de façon plus traditionnelle, qui étonne ses contemporains par la vivacité de son intelligence[8].

Erik de Staël vers 1782.
Germaine et sa fille Albertine en 1805, par Marguerite Gérard.

Le prestige de son père lui ouvre les portes de ce que l'Europe compte à la fois d'aristocrates et d'intellectuels éclairés. Ses parents ne veulent pas d'un gendre catholique, mais il y a fort peu de protestants dans la noblesse française, et les amis suisses qu'ils fréquentent sont tenus pour trop provinciaux. Elle rejette inlassablement ses nombreux prétendants : Axel de Fersen, ambassadeur de Suède, Monsieur de Mecklembourg, Louis de Narbonne qui devient un de ses amants par la suite, et même William Pitt, sont parmi les plus connus. Elle se marie finalement avec le baron de Staël-Holstein, ambassadeur de Suède, de dix-sept ans son aîné, en 1786[9]. S'étant porté candidat alors qu'elle n'a que treize ans, il sait attendre, et leur mariage est célébré le 17 janvier 1786 dans la chapelle luthérienne de l'ambassade de Suède. Le soir de son mariage, en changeant de nom, elle décide de changer aussi son prénom, devenant Germaine de Staël[10].

Monsieur et Madame de Staël auront quatre enfants :

De sa liaison avec Albert de Rocca qui deviendra son second époux, madame de Staël a un fils :

  • Louis-Alphonse Rocca (1812-1842).

Jeune femme[modifier | modifier le code]

Ce mariage arrangé n'est pas un mariage d'amour, pas même un mariage heureux, et la jeune femme cherche ailleurs un bonheur qu'elle n'a pas. Sa vie entière est d'ailleurs une quête perpétuelle d'un bonheur, qu'elle ne trouve guère. Son mari désargenté parvient à se faire nommer ambassadeur de Suède, ce qui lui procure une pension confortable de 25 000 livres alors que sa femme lui apporte une dot de 25 000 livres[12]. La fortune de son épouse permet au diplomate scandinave de mener un train de vie qui rehausse l'éclat de sa patrie aux yeux des Français.

À la suite de sa mère, elle ouvre un salon dans l'hôtel de Suède, rue du Bac, en 1795, où elle reçoit les représentants d'une nouvelle génération professant les idées neuves qui sont proches des siennes, contemporains de la guerre d'indépendance en Amérique, qui y ont participé parfois d'ailleurs – La Fayette, Noailles, Clermont-Tonnerre, Condorcet, François de Pange et les trois hommes qu'elle aime le plus à cette époque : Louis de Narbonne, sa première grande passion, Mathieu de Montmorency, l'ami de toute sa vie, Talleyrand, le traître à l'amitié. Elle favorisera notamment le retour d'exil aux États-Unis d'Amérique de ce dernier. Ils entretiendront une relation épistolaire fournie tout au long de leur vie.

La Révolution[modifier | modifier le code]

Voyant dans l'Angleterre la meilleure expression de la liberté, lectrice passionnée de Rousseau, marquée par les idées des Lumières, elle accueille favorablement la Révolution et, le 5 mai 1789, assiste à l'ouverture des États généraux. Son père doit démissionner en août 1790 contraint de laisser au Trésor royal deux millions de livres qu'il lui avait prêtés et que sa fille s'efforcera de réclamer toute sa vie. À partir de 1792, la situation devient difficile. Elle déploie une grande énergie dans les dernières semaines de la monarchie s'efforçant de sauver proches et amis. Soutenant l'idée d'une monarchie constitutionnelle, elle se coupe tant des partisans d'une République que des tenants de l'absolutisme, et doit s'exiler, en 1793, en Angleterre, où elle séjourne quelques mois avec les amis qui fréquentaient son salon. Sa vie est par la suite souvent marquée par l'exil.

En Suisse, elle s'éprend de François de Pange, qui a émigré dans des conditions difficiles et qui, devenu imprimeur pour survivre, publiera ses œuvres La Paix puis Zulma. Ami sincère, il se montrera un critique objectif et sévère. En revanche, nature délicate et droite, il ne répond pas aux sentiments passionnés de Germaine. Ayant appris que sa cousine Anne-Louise de Domangeville avait échappé de peu à la guillotine et avait été libérée après Thermidor, il retourne en France et l'épouse, au grand dam de Germaine. Il meurt quelques mois plus tard et, pour faire face à ses créanciers, Anne-Louise de Domangeville se résout à convoler pour la troisième fois, suscitant les remarques amères de Germaine.

Revenue à son tour en France, Germaine publie en septembre des Réflexions sur le procès de la Reine, plaidoyer en faveur de Marie-Antoinette à l'adresse des autres femmes[13] où elle dénonce les misères de la condition féminine. Désormais, elle fait publier elle-même ses œuvres littéraires, rejetant d'une part le merveilleux et l'allégorique des contes, ainsi que le roman historique et le décor antique, mettant en scène, d'une manière moderne pour l'époque, les caractères et les conditions sociales de son temps.

Le Directoire et Napoléon[modifier | modifier le code]

Plaque à l'hôtel de Gallifet (Paris)

« Un seul homme de moins et le monde serait en repos » (G. de Staël)[14]

Elle est de retour en France pendant le Directoire, elle parvient à se mettre à dos aussi bien royalistes que jacobins, ces derniers dénonçant l'aide qu'elle apporte aux émigrés et les deux partis étant agacés par la prétention de Germaine et de Benjamin Constant de devenir les mentors de la vie politique parisionne. Lorsque le Directoire envisage d'envahir les cantons suisses, elle s'efforce d'en dissuader Bonaparte par crainte que la France y abroge les droits féodaux dont jouit son père à Coppet.

Elle est fascinée par le jeune général mais celui-ci répond par une grande froideur à ses avances. Le 3 janvier 1798, Talleyrand lui ménage une entrevue avec Bonaparte, en qui elle voit un libéral appelé à faire triompher le véritable idéal de la Révolution ; elle le rencontre plusieurs fois par la suite. Impressionnée, elle l'assaille de questions : « — Général, quelle est pour vous la première des femmes ? — Celle qui fait le plus d'enfants, Madame » lui aurait-il répondu. C'est le début d'une longue animosité.

Madame de Staël achève de perdre ses illusions après le coup d'État du 18 brumaire et la promulgation de la Constitution de l'an VIII. Beaucoup doivent commencer à vivre dans la clandestinité, et c'est dans l'interdit qu'elle poursuit son œuvre de philosophie politique. Plutôt que se réfugier dans le silence, elle publie les romans qui lui valent une grande célébrité, mais ne tardent pas à lui valoir un exil - de Paris d'abord, puis de France.

L'exil[modifier | modifier le code]

En octobre 1803, l'exemple de Madame de Staël, chassée de Paris dont elle ne doit pas s'approcher de moins de « quarante lieues »[15], est représentatif du combat inégal que peuvent se livrer le pouvoir absolu et l'individualité d'un écrivain[16]. Avec la publication de Delphine, roman où se mêlent les questions politiques et sociales de son temps, l'anglophilie de l'époque, la supériorité du protestantisme sur le catholicisme, le divorce, qui dénonce ouvertement la régression à tous points de vue de la condition féminine, malgré la Révolution, les malheurs auxquels leur position dans la famille patriarcale condamne les femmes. Cela n'est évidemment pas pour plaire à Napoléon, devenu empereur, à qui on doit un Code civil français qui fait perdre aux femmes certains acquis de la Révolution qu'elles vont mettre plus d'un siècle à recouvrer.

Cela lui vaut, en revanche, un immense succès dans toute l'Europe — également des critiques, virulentes, attisées par l'hostilité de l'Empereur à son encontre.

Veuve en 1802, elle entretient une longue relation avec Benjamin Constant, rencontré en 1794, qui l'accompagne dans son exil. Vaudois comme elle, il est en définitive issu de la même région et protestant comme elle, mais il aime vivre seulement à Paris. Il ne parvient à se fixer ni auprès d'elle ni ailleurs. Cette liaison, longue et orageuse, est l'une des plus surprenantes que nous ait laissée l'histoire du monde littéraire. « Je n'avais rien vu de pareil au monde » écrit-il, « J'en devins passionnément amoureux ». Mais la volonté de tout régenter de Madame de Staël, et les tromperies de Benjamin Constant, font qu'ils se séparent après une demande en mariage que Madame de Staël refuse.

Madame de Staël en Corinne (1807), Firmin Massot, huile sur bois, 61 x 52 cm - Collection du château de Coppet (Suisse).

De la fin de l'année 1803 au printemps 1804, Madame de Staël fait avec Benjamin Constant un voyage de plusieurs mois en Allemagne, où elle est reçue dans les cours princières comme un chef d'État. Elle a appris l'allemand auprès du précepteur de ses enfants, ce qui est une curiosité originale à l'époque alors que la plupart de ses contemporains tiennent les États allemands pour des nations arrièrées. Elle rencontre Schiller, Goethe, et de façon générale la majeure partie de l'intelligentsia allemande. Elle y découvre une littérature inconnue en France, qu'elle révèle aux Français dans son ouvrage De l'Allemagne, où elle dépeint une Allemagne sentimentale et candide, image qui eut une grande influence sur le regard que les Français ont porté sur ce pays durant tout le XIXe siècle. Elle entreprend également un voyage en Italie à la fin de la même année : il faut, dit-elle, avoir « l'esprit européen » ; elle ne cessera, de sa vie, de défendre cette position.

Benjamin Constant s'éprend de Juliette Récamier, dans une passion malheureuse. Son ancienne amante écrit de lui : « Un homme qui n'aime que l'impossible ».

En 1805, de retour au château de Coppet[15], le seul endroit où elle peut vivre dans l'Europe napoléonienne, elle y commence Corinne ou l'Italie, roman dans lequel l'héroïne, à la recherche de son indépendance, meurt de cette recherche. Elle s'inspire du défunt François de Pange pour créer le personnage d'Oswald. En ce lieu, elle reçoit également nombre de personnalités et d'intellectuels européens gravitant autour du Groupe de Coppet.

Elle se remarie en 1811, avec Albert de Rocca, jeune officier d'origine suisse, de 22 ans son cadet, dont elle a un fils.

La parution de De l'Allemagne, en 1810, où elle appelle explicitement à l'unité allemande, est immédiatement saisi et mis au pilon[15] sur ordre de Napoléon. Elle marque pour Madame de Staël le début des années d'exil. Le 5 octobre 1810, le ministre de la police, Savary, duc de Rovigo, lui envoie un courrier : « Votre dernier ouvrage n’est point français. Il m’a paru que l’air de ce pays-ci ne vous convenait point, et nous n’en sommes pas encore réduits à chercher des modèles dans les peuples que vous admirez [17].. » L'assignant à résidence dans son château de Coppet, l'Empereur la fait espionner sans trêve, lui interdisant toute publication et punissant d'exil toutes les personnes ayant souhaité adoucir ses souffrances en lui rendant visite, parmi lesquelles Juliette Récamier. En mai 1812, elle quitte Coppet avec ses deux enfants et son époux, Albert de Rocca. Espérant rallier l'Angleterre, elle est contrainte de passer par la Russie et séjourne à Saint-Pétersbourg. Là, elle prend des notes pour le futur De la Russie et des royaumes du Nord — les futures Dix années d'exil. Elle rencontre aussi à Saint-Pétersbourg le baron vom Stein, fervent opposant de Napoléon. Elle parvient enfin à se réfugier à Stockholm, auprès de Bernadotte, devenu prince héritier du trône de Suède, où elle devient l'inspiratrice d'une alliance anti-napoléonienne, acquérant ainsi une stature politique plus marquée. Elle se rend en Angleterre en 1813, et rencontre à Londres le futur Louis XVIII, en qui elle souhaite voir un souverain capable de réaliser la monarchie constitutionnelle. Elle rentre en France au printemps 1814, après avoir publié outre-Manche Sapho, où reparaît le thème de la femme géniale et incomprise qui finit par mourir de douleur et d'amour, ainsi que ses Réflexions sur le suicide.

La postérité[modifier | modifier le code]

De retour à Paris, elle reçoit rois, ministres et généraux. Dans une Europe qui n'a, en fait, connu de femme influente, que quelques souveraines et favorites (à l'image de la marquise de Pompadour). Madame de Staël se démarque par une réelle ambition politique ; combative et passée à l'opposition, elle est une propagandiste très active. Durant le premier exil de Napoléon, bien qu'alliée avec circonspection aux Bourbons[18], elle fait prévenir l'empereur d'une tentative d'assassinat[19], et celui-ci, pour la rallier à sa cause, lui fait promettre le remboursement d'une somme jadis prêtée par son père au trésor[20]. Elle visite Joséphine, très malade, au château de Malmaison pour lui demander ce qu'a été sa vie avec l'empereur.

Elle décède le 14 juillet 1817 d'une hémorragie cérébrale, s'écroulant dans les bras de son gendre Victor de Broglie. Elle est enterrée conformément à ses vœux, auprès de ses parents dans la chapelle d'un cimetière situé à une petite distance du château de Coppet[21].

L'histoire littéraire laisse d'elle l'image d'une femme curieuse de tout, à la conversation brillante et aux écrits avant-gardistes. Car Germaine de Staël est une pionnière dans bien des domaines, ayant touché dans ses écrits tant à l'histoire qu'à la théorie littéraire, en passant par le roman. Si on lui doit notamment (ainsi qu'à Chateaubriand) l'introduction du romantisme en littérature française, c'est également elle qui popularise en France le terme de « romantisme »[22], introduit par Pierre Letourneur[23], et celui de « littérature », qui se substitue dès lors à celui de « belles-lettres », achevant de consacrer l'émancipation de la littérature vis-à-vis des sciences normatives notamment. Dans ses romans, elle présente les femmes comme les victimes des contraintes sociales les empêchant d'affirmer leur personnalité, et ne pouvant vivre de leur talent qu'au prix de la renonciation à l'amour. Elle revendique le droit au bonheur pour toutes, et pour elle-même. Cette revendication de droit au bonheur (qui se confondait avec le droit d'aimer) sera reprise, bien que sous des modalités différentes, par George Sand. Égérie, par sa place centrale dans le Groupe de Coppet, d'un cosmopolitisme en avance sur son temps, Germaine de Staël est une femme moderne dans une Europe qu'elle parcourt en tous sens et décrit abondamment.

À Paris, sa mémoire est honorée par une statue, donnant sur le jardin du côté sud de l'hôtel de ville. Une rue de Genève porte son nom depuis le 6 juillet 1988, la Rue Madame-De-Staël[24].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Delphine, par Madame de Staël, édition de 1803 en plusieurs volumes.
De l'Allemagne, édition de 1813 à Londres.
  • Journal de Jeunesse, 1785.
  • Sophie ou les sentiments secrets (pièce en trois actes et en vers), 1786 (publié en 1790).
  • Jane Gray (tragédie en cinq actes et en vers), 1787 (publié en 1790).
  • Lettres sur les ouvrages et le caractère de J.-J. Rousseau, 1788 (rééd. augmentée en 1789).
  • Éloge de M. de Guibert.
  • À quels signes peut-on reconnaître quelle est l'opinion de la majorité de la nation?
  • Réflexions sur le procès de la Reine, 1793.
  • Zulma : fragment d'un ouvrage, 1794.
  • Réflexions sur la paix adressées à M. Pitt et aux Français, 1795.
  • Réflexions sur la paix intérieure.
  • Recueil de morceaux détachés (comprenant : Épître au malheur ou Adèle et Édouard, Essai sur les fictions et trois nouvelles : Mirza ou lettre d'un voyageur, Adélaïde et Théodore et Histoire de Pauline), 1795.
  • De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations, 1796.
  • Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution et des principes qui doivent fonder la République en France.
  • De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, 1800.
  • Delphine, 1802.
  • Épîtres sur Naples.
  • Corinne ou l'Italie, 1807.
  • Agar dans le désert.
  • Geneviève de Brabant.
  • La Sunamite.
  • Le Capitaine Kernadec ou sept années en un jour (comédie en deux actes et en prose).
  • La Signora Fantastici.
  • Le Mannequin, comédie.
  • Sapho, 1811.
  • De l'Allemagne, publié à Londres en 1813 et à Paris en 1814 (pourtant le livre était déjà prêt en 1810 mais a eu ses épreuves détruites par ordre de Napoléon).
    André Lagarde, Laurent Michard, XIXe siècle (Les Grands auteurs du programme français - Anthologie et histoire littéraire). Bordas Maison d'Édition, Paris, 1985, p. 13.
  • Réflexions sur le suicide, 1813.
  • De l'esprit des traductions.
  • Considérations sur les principaux événements de la Révolution française, depuis son origine jusques et compris le 8 juillet 1815, 1818 (posthume).
  • Œuvres complètes de Mme la Bonne de Staël, publiées par son fils, précédées d'une notice sur le caractère et les écrits de Mme de Staël, par Mme Necker de Saussure, 1820-1821.
  • Dix années d'exil, 1821 (posthume).

Publications récentes[modifier | modifier le code]

  • Lettres de Madame de Staël à Madame de Récamier (première édition intégrale), présentées et annotées par Emmanuel Beau de Loménie, éditions Domat, Paris, 1952
  • Œuvres complètes de Madame de Staël, en cours de publication aux Éditions Honoré Champion :
    1. Série I. Œuvres critiques :
      • Tome I. Lettres sur les écrits et le caractère de J.-J. Rousseau. - De l'influence des passions sur le bonheur des individus et des nations. - De l'éducation de l'âme par la vie./Réflexions sur le suicide. - Sous la direction de Florence Lotterie. Textes établis et présentés par Florence Lotterie. Annotation par Anne Amend Söchting, Anne Brousteau, Florence Lotterie, Laurence Vanoflen. 2008. (ISBN 978-2-7453-1642-4).
      • Tome II. De la littérature et autres essais littéraires. En préparation
      • Tome III. De l'Allemagne. En préparation
    2. série II. Œuvres littéraires :
      • Tome I. Écrits autobiographiques. Nouvelles. Œuvres poétiques. En préparation
      • Tome II. Delphine. Texte établi par Lucia Omacini et annoté par Simone Balayé. 2004. (ISBN 978-2-7453-0957-0).
      • Tome III. Corinne ou l'Italie. Édition critique par Simone Balayé. Prix Chartier 2001. 2000. (ISBN 978-2-7453-0288-5).
      • Tome IV. Œuvres dramatiques. En préparation
    3. Série III. Œuvres historiques' :
      • Tome I. Des circonstances actuelles et autres essais politiques sous la Révolution. 2009. (ISBN 978-2-7453-1905-0).
      • Tome II. Considérations sur la Révolution française. En préparation
      • Tome III. Dix années d'exil et autres essais politiques sous l'Empire et le Restauration. En préparation
  • Correspondance générale. Texte établi et présenté par Béatrice W. Jasinski et Othenin d'Haussonville. Slatkine (Réimpression), 2008-2009.
    1. Tome I. 1777-1791. (ISBN 978-2-05-102081-7).
    2. Tome II. 1792-1794. (ISBN 978-2-05-102082-4).
    3. Tome III. 1794-1796. (ISBN 978-2-05-102083-1).
    4. Tome IV. 1796-1803. (ISBN 978-2-05-102084-8).
    5. Tome V. 1803-1805. (ISBN 978-2-05-102085-5).
    6. Tome VI. 1805-1809. (ISBN 978-2-05-102086-2).
    7. Tome VII. 15 mai 1809–23 mai 1812. (ISBN 978-2-05-102087-9).
  • La passion de la liberté, Préface de Michel Winock, Paris, Robert Laffont, 2017 (ISBN 9782221191996). Le livre contient:
    • De l'influence des passions sur le bonheur
    • Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution
    • Considérations sur la Révolution française
    • Dix années d'exil
  • Madame de Staël ou l'intelligence politique. Sa pensée, ses amis, ses amants, ses ennemis..., textes de présentation et de liaison de Michel Aubouin, Omnibus, 2017, 576 p.  (ISBN 978-2-258-14267-1)
    Lettres de Mme de Staël, extraits de ses textes politiques et de ses romans, textes et extraits de lettres de Chateaubriand, Talleyrand, Napoléon, Benjamin Constant...

Inspirations et postérité[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Court métrage[modifier | modifier le code]

Toponyme[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Simone Balayé, Madame de Staël. lumières et liberté, Paris, Klincksieck, 1979.
  • Jean-Denis Bredin, Une singulière famille : Jacques Necker, Suzanne Necker et Germaine de Staël, Paris, Fayard, 1999, (ISBN 2-213-602-80-8).
  • Laurence de Cambronne, Madame de Staël, la femme qui faisait trembler Napoléon, Paris, Allary, 2015, 243 p., (ISBN 978-2-37073-045-9).
  • Ghislain de Diesbach, Madame de Staël. Perrin, 1983 (rééd. 2008). (ISBN 978-2-26200-284-8, 978-2-26601-426-7 et 978-2-26202-811-4).
  • Françoise d'Eaubonnes, Une femme témoin de son siècle, Germaine de Staël, Paris, Flammarion, 1966, 285 p..
  • (en) Maria Fairweather, Madame de Staël. Londres, Constable, 2005, xxii, 522 p., (ISBN 978-0-78671-339-4).
  • Claire Garry-Boussel, Statut et fonction du personnage masculin chez Madame de Staël, Paris, Honoré Champion, 2002. (ISBN 978-2-7453-0647-0).
  • Henri Guillemin, Madame de Staël et Napoléon, Bienne, Éditions du Panorama, 1966, 268 p.
  • J. Christopher Herold, Germaine Necker de Staël, Paris, Plon, 1962, 517 p..
  • André Lang, Une vie d'orages, Germaine de Staël, Paris, Calmann-Lévy, 1958, 320 p..
  • Marcel Laurent, Prosper de Barante et Madame de Staël, Saint-Laure, M. Laurent, 1972.
  • Maurice Levaillant, « Le grand amour de Madame de Staël », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  • Jacques Godechot, introduction, bibliographie, chronologie (reproduite de Simone Balayé) et notes dans Mme de Staël, Considérations sur la Révolution française, Paris, Collection In-Texte, Tallandier, 1983 (première réédition depuis 1881), p. 7-55.
  • Liesel Schiffer, Femmes remarquables au XIXe siècle (préface de Jean Tulard). Paris, Vuibert, 2008, 305 p. (ISBN 978-2-71174-442-8).
  • Georges Solovieff, Madame de Staël. Choix de textes. Thématique et actualité, Paris, Klincksieck, 278 p.
    Avec une notice biographique, un résumé de chaque ouvrage et des commentaires.
  • Henri Troyat, Alexandre Ier : le Sphinx du Nord, Flammarion, Paris, 1981, p. 208-209.
  • Michel Winock, Madame de Staël, Paris, Fayard, 2010.
  • Winfried Wehle, « Trauma et éruption. La Littérature comme mise en scène de l'inconscient ; réflexions sur Corinne ou l’Italie de Madame de Staël », Revue d'histoire littéraire de la France : revue trimestrielle, no 110, 2010, p. 35-64. PDF

Littérature jeunesse[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, 1994.
  2. « Germaine de Staël », sur BNF DATA
  3. Sa notice, sur le site larousse.fr.
  4. Etienne Hofmann, « Staël, Germaine de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  5. Dans l'essai De la littérature ..., elle présente Ossian comme « l'Homère du Nord ».
  6. Mais en octobre 1810, la censure ayant été renforcée en France napoléonienne, De l'Allemagne est pilonné avant sa parution. Un jeu d'épreuves est sauvé par A.W. Schlegel et mis en sûreté à Vienne en mai 1811, tandis que Madame de Staël commence les Dix années d'exil. De l'Allemagne paraît en français à Londres en 1813. Voir la « Chronologie » de Simone Balayé dans Madame de Staël, De l'Allemagne, Paris, GF-Flammarion, 1968.
  7. « Notice sur le caractère et les écrits de Madame de Staël », Œuvres complètes de Madame la baronne de Staël-Holstein, Paris, Firmin Didot frères, 1836, tome 2, p. 5.
  8. Béatrix d'Andlau, La jeunesse de Madame de Staël (de 1766 à 1786), Librairie Droz, , 165 p.
  9. Gustave Lanson, « Histoire de la Littérature Française », dans Madame de Stael, Hachette, 1920, p. 874. Sur Wikisource
  10. Laurence de Cambronne, Madame de Staël, la femme qui faisait trembler Napoléon, Allary Éditions, , p. 14.
  11. Bernard de Larquier Rochefort, Dictionnaire de Broglie et du Vaisseau "La Victoire", sans lieu, l'auteur, , 527 p., p. 1 à 527
  12. Charlotte Julia von Leyden Blennerhassett, Madame de Staël et son temps, Slatkine, , p. 236.
  13. Voir l'avertissement des Réflexions dans le volume des Œuvres de Madame la baronne de Staël-Holstein, Paris, Lefèvre, 1838, p. 50-51.
  14. Mme de Staël, lettre à James Galiffe, 20 mars 1813.
  15. a, b et c Gustave Lanson, « Histoire de la Littérature Française », dans Madame de Stael, Hachette, 1920, p. 875.Sur Wikisource
  16. Voir sur page de discussion Henri Guillemin une vue un peu différente.
  17. Simone Balayé, Madame de Staël: lumières et liberté, Paris, Klincksieck, , 271 p. (ISBN 9782252020821), p. 196
  18. Revue nationale et étrangère, politique, scientifique et littéraire, Paris, Bureau de la Revue nationale, 1862, t. 10, p. 65.
  19. Joseph Bonaparte, Albert Du Casse, Mémoires et correspondance politique et militaire du roi Joseph publiés, Paris, Perrotin, 1854, t. 10, p. 226-227.
  20. « Staël-Holstein (Anne-Louise-Germaine Necker, baronne de) » in Philippe Le Bas, Augustin François Lemaitre, France, dictionnaire encyclopédique, Paris, Firmin Didot frères, 1845, tome 12, p. 543.
  21. Claude Mossé, Ces belles en leur demeure. George Sand à Nohant, Mme de Sévigné à Grignan, Joséphine de Beauharnais à la Malmaison, Mme de Staël à Coppet, Agnès Sorel à Loches, Francine Weissweiller à "Santo-Sospir", Rocher, , p. 74
  22. Albert Sorel, Mme de Staël, Paris, Hachette, 1890, 216 pages, p. 171.
  23. Michel Brix, Le romantisme français : esthétique platonicienne et modernité littéraire, Éditions Peeters, 1999, 302 pages, introduction, p. 17 (ISBN 904290738X).
  24. Noms géographiques du canton de Genève
  25. Fiche de l'album, sur le site de l'éditeur, La Joie de lire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :