Louis Niedermeyer

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Louis Niedermeyer, ca. 1850, Bibliothèque nationale de France.

Abraham, Louis Niedermeyer ( Abraham-Louis de Niedermeyer d'Altenburg), né à Nyon (Suisse) le et mort le à Paris, est un compositeur et pédagogue suisse. La révolution de 1848 le contraint[1] à demander la citoyenneté française, ce qui lui permettra d'exercer ses droits d'électeur au début de la IIe République.

Biographie[modifier | modifier le code]

À Vienne, il est l'élève de Ignaz Moscheles[2] pour le piano et de Emmanuel Alois Förster[2] pour la composition. À Rome, il poursuit ses études avec Vincenzo Fioravanti[2] (1819) et Nicola Antonio Zingarelli[2] à Naples où il donne son premier opéra Il Reo per amore, "Le Coupable par amour" en 1820.

De retour en Suisse, il donne des leçons de pianoforte, et compose des "Fantaisies" pour cet instrument ainsi que des mélodies, dont "Le Lac" d'après Lamartine qui d'emblée fit sa célébrité. Il présente son deuxième opéra, "La Casa nel Bosco," le 28 mai 1828 à Paris mais revient très vite à Nyon au chevet de son père mourant. Là il se marie avec Charlotte des Vignes de Givrins. De cette union naîtra une fille, Eulalie, qui deviendra la future épouse de Gustave Lefèvre. Il quitte la Suisse en 1834 pour se fixer d'abord à Bruxelles, puis à Paris en 1836. Dans la biographie[3] qu'il consacra à son père son fils raconte avec force détails pittoresques son départ de Suisse[4].

À Paris il fait représenter encore trois opéras ( Stradella, 3 mars 1837 ; Marie Stuart, 6 décembre 1844 et La Fronde, 2 mai 1853) avec un certain succès[5]. En 1849 sa Messe solennelle représentée à l'Église St-Eustache suscite l'enthousiasme de Berlioz. Désormais il se détourne de la scène et se dirige vers la musique d'église. Il réorganise l'institut de musique religieuse d'Alexandre-Étienne Choron qui portera dès lors le nom d'École de musique religieuse et classique plus connue sous l'appellation d'École Niedermeyer de Paris et qui se développera très rapidement.

Il fonde, également, avec Joseph d'Ortigue un périodique La Maîtrise consacré à la musique religieuse et qui parut de 1857 à 1861[6]. Dans chaque numéro on trouve des œuvres vocales et chorales du XVIe au XVIIIe siècle, essentiellement de l'école initiée par Palestrina, et des pièces d'orgue du XVIIIe au XIXe siècle (du Bach mais aussi de sa propre composition). Avec d'Ortigue il publie en 1857 un Traité théorique et pratique du plain chant[6] et peu de temps avant sa mort, il écrit un volumineux ouvrage sur l'accompagnement pour orgue des offices de l'église.

Son nom a été donné au Conservatoire à rayonnement départemental d'Issy-les-Moulineaux et un centre de documentation[7] consacré à la conservation et la valorisation de ses œuvres a été créé dans sa ville natale de Nyon en Suisse.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Louis Niedermeyer Abraham Louis, Baron de Niedermeyer d'Altenbourg (1802-1861) 
Directeur de l'École Niedermeyer (1852-1861)  
x  Jeanne Suzanne Charlotte des Vignes de Givrins (1803-1854)
│                           
│
├──> Suzanne Louise Eulalie de Niedermeyer d'Altenbourg (1832-1897)
│    x  Gustave Lefèvre (1831-1910) 
│    │  Directeur de l'École Niedermeyer (1865-1910)
│    │
│    ├──> Louise Lefèvre (1866-1898)
│    │    x Léon Boëllmann (1862-1897)
│    │    │
│    │    ├──> Marie-Louise Gigout-Boëllmann (1891-1977)
│    │    │    Organiste et professeur
│    │    │
│    │    ├──> Jean Boëllmann
│    │    │    ├──> Jean Boëllmann
│    │    │
│    │    ├──> Jeanne Boëllmann
│    │     
│    ├──> Marguerite Victoire Lefèvre (1867-1942)
│    │    Administrateur de l'École Niedermeyer
│    │    x  Henri Heurtel (1852-1928)
│    │    │  Directeur de l'École Niedermeyer (1910-1928) avec Albert Périlhou (jusqu'en 1914) puis Henri Busser
│    │    │
│    │    ├──> Hélène Heurtel (1898-)
│    │    │    x Louis Crombé
│    │    │    │
│    │    │    ├──> Suzanne Crombé
│    │    │
│    │    ├──> Madeleine Heurtel (1899-1971)
│    │    │    Organiste Notre-Dame de Versailles
│    │    │    x Raymond Petit (1904-1992)
│    │    │    │
│    │    │    ├──> Geneviève Petit
│    │    │    ├──> Jacques Petit
│    │    │
│    │    ├──> Henriette Heurtel (1900-1975)
│    │    │    Organiste Saint-Louis de Garches
│    │    │
│    │    ├──> Henri Heurtel (1900-1981) 
│    │    │    Organiste Basilique Saint-Denis (1936-1977) et Saint-Aspais de Melun (1925-1936)
│    │    │
│    │    ├──> Sonia Heurtel (1903-)
│    │    │
│    │    ├──> Gaston Heurtel (1904-)
│    │    │    Directeur de l'Ecole Niedermeyer (1928-1939) avec Henri Busser
│    │    │
│    │    ├──> Marie Heurtel (1905-1986) 
│    │    │    Organiste Saint-Aspais de Melun (1936-1981) 
│    │    │
│    │    ├──> Marguerite Heurtel (1907-1963)
│    │         x XXX More
│    │
│    │
│    ├──> Louis Gustave Henri Lefèvre (1868-1946)
│    │    x Eugénie Césarine Brisson(1862-1897)
│    │    │
│    │    ├──> Victor Lefèvre
│    │
│    ├──> Eulalie Eugénie Cécile Lefèvre (1869-1892)
│    ├──> Mathilde Lefèvre (1871-1892)
│
├──> Caroline Mathilde de Niedermeyer d'Altenbourg (1836-1904)
│    x Eugène Gigout (1844-1925)
│    adoptent leur neveu Léon Boëllmann
│
├──> Louis Alfred de Niedermeyer d'Altenbourg (1838-1904)
     Directeur de l'École Niedermeyer (1861-1865)
     x Jeanne Marie Catherine Soret de Boisbrunet (1831-1910)
     │
     ├──> Jeanne Marie Thérèse Armande de Niedermeyer d'Altenbourg (1883-1976)
     │    x le comte Ferdinand du Port de Pontcharra (1878-1978)
     │    dont postérité
     │  
     ├──> Marie Madeleine Jacqueline de Niedermeyer d'Altenbourg (1885-1961)
          x Fernand Mandosse (1880-1964)
          dont postérité

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La révolution de 1848 l'avait laissé sans ressources. Cf la lettre autographe du 19 juin 1848 adressée à Deschamps (Rmc 155, Bibliothèque du Conservatoire de Genève)
  2. a, b, c et d Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 793
  3. "Vie d’un Compositeur Moderne (1802-1861)", [Alfred Niedermeyer] publié sous le couvert de l’anonymat, édit. Fischbacher, Paris, 1893.
  4. Op. cit. p. 28 et 29.
  5. Op. cit. p. 50 et 51.
  6. a et b Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 968
  7. Centre de documentation de Nyon

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Niedermeyer, son œuvre et son école, de A. Niedermeyer (Paris, non daté),
  • Vie d'un compositeur moderne, par le fils de Niedermeyer (Fontainebleau, 1892 ; réédition Paris, 1893 avec une préface de Camille Saint-Saëns),
  • L'École Niedermeyer de Paris, de M. Galerne (Paris, 1928).

Liens externes[modifier | modifier le code]