Festival Berlioz

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Le Festival Berlioz est un festival de musique classique et plus particulièrement de musique symphonique. Créé en 1979 à Lyon, le festival se déroule depuis 1994 au mois d’août à La Côte-Saint-André, ville natale du compositeur romantique Hector Berlioz.

Les représentations données à l’origine sous la Halle médiévale de La Côte-Saint-André sont maintenant exécutées dans la cour du Château Louis XI..

Les plus grands orchestres nationaux et internationaux se succèdent sur la scène du Festival pour y donner des œuvres majeures du répertoire romantique.

Ancré au sein du Département de l’Isère et plus largement en région Auvergne-Rhône-Alpes, le Festival Berlioz propose de nombreux concerts dans différents lieux isérois (châteaux, abbayes, églises…).

Histoire[modifier | modifier le code]

Hector Berlioz

Hector Berlioz et le Festival[modifier | modifier le code]

Une relation particulière lie Berlioz à la notion de « festival » et ce qu’elle sous-entend de festif, populaire et rassembleur. Dès les années 1830, Berlioz organise une série de manifestations musicales, autour d’un même lieu et d’une même histoire et nomme l’événement « festival ». Dans ses Mémoires, il rend compte de ces journées « festivalesques » qui se terminent bien souvent en banquets.

La musique de Berlioz était déjà célébrée dans sa ville natale bien avant la création du Festival Berlioz. En 1930, on joue la Damnation de Faust sous la halle médiévale en présence d'Édouard Herriot, alors maire de Lyon, mais aussi du dramaturge et poète Paul Claudel.

Direction du Festival Berlioz[modifier | modifier le code]

1979-1994 : Serge Baudo, l'enfance du Festival[modifier | modifier le code]

Le Festival Berlioz nait à Lyon en 1979 sous l’égide de Serge Baudo, alors chef et directeur musical de l’Orchestre national de Lyon. Réputé pour son talent dans l’interprétation de la musique française, Serge Baudo donne un véritable élan à la connaissance de l’œuvre de Berlioz. Il dirige en 1987 une intégrale des Troyens.

Un nouveau projet de festival centré sur la ville natale du compositeur se profile. 1994 voit la première édition du Festival Berlioz à La Côte-Saint-André, organisé par l’Association du Festival Berlioz présidée par le Sénateur Jean Boyer. Les concerts du soir ont lieu sous la Halle médiévale au cœur de la ville. Alain Picard en assure la direction artistique de 1994 à 1996.

1997-2008 : Bernard Merlino[modifier | modifier le code]

Le mandat de Bernard Merlino est marqué par la célébration du bicentenaire de la naissance d’Hector Berlioz en 2003. Le château Louis XI devient à son initiative le haut lieu des concerts symphoniques du soir. En 2003, la cour se dote d’un gradin de 1 200 places et d’une scène pouvant désormais accueillir des formations orchestrales d’envergure.

En 2004, l’organisation du Festival Berlioz est confiée à l’Agence Iséroise de Diffusion Artistique, établissement public de coopération culturel (EPCC), mis en place et subventionné par le Département de l’Isère, la commune de La Côte-Saint-André et la communauté de communes de Bièvre Isère.

De Mstislav Rostropovitch à Michel Plasson en passant par Emmanuel Krivine, le Festival Berlioz accueille pendant 12 ans les maestros de la musique classique.

2009-2012 : Bruno Messina[modifier | modifier le code]

En 2009, Bruno Messina succède à Bernard Merlino à la direction artistique du Festival. Il nourrit le festival de sa passion pour les musiques traditionnelles du monde entier et crée des ponts entre musiques savantes et musiques populaires.

Avec la volonté de rendre la musique classique populaire et accessible à tous, Bruno Messina multiplie les formes de concerts et de rendez-vous. Il instaure le cycle de concerts « Sous le balcon d’Hector » dans les jardins du Musée Hector-Berlioz, la maison natale du compositeur à La Côte-Saint-André. Ces rendez-vous gratuits sont l’occasion de découvrir des artistes de qualité dans un cadre intimiste et familial.

Le mandat de Bruno Messina est marqué par de nouvelles collaborations artistiques, notamment avec l’Orchestre Les Siècles et son chef François-Xavier Roth, avec qui il crée en 2010 le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz. Cet orchestre-académie composé pour moitié de musiciens des Siècles et d’élèves issus des meilleurs conservatoires de musique européens, œuvre à la promotion des jeunes talents.

Depuis 2009, le Festival est également partenaire du Palazzetto Bru Zane (Centre de musique romantique française à Venise) qui a pour vocation de favoriser la redécouverte du patrimoine musical français du XIXe siècle.

Dernières éditions[modifier | modifier le code]

Chaque édition du Festival Berlioz est placée sous le signe d’un thème explorant l’une des facettes du compositeur.

2009[modifier | modifier le code]

L’édition permet d'entendre le violoniste Daniel Hope avec le Kammerorchester Basel pour un hommage à Mendelssohn, la soprano Véronique Gens aux côtés de l’Orchestre de Bretagne, Roméo & Juliette de Berlioz par l’Orchestre symphonique national de la RAI, une soirée autour de Beethoven proposée par le maestro Emanuel Krivine et La Chambre Philharmonique ainsi qu’une production avec Les Siècles et les Chœurs et solistes de Lyon de Bernard Tétu sous la baguette de François-Xavier Roth avec en tant que récitant, le comédien Charles Berling.

2010[modifier | modifier le code]

En 2010, sont invités lors de l’édition « Berlioz et les romantiques » Nathalie Stutzmann pour une ouverture du festival avec les Musiciens du Louvre sous la direction de Marc Minkowski, et Serge Baudo à la direction de l’Orchestre national de Lyon pour l’Enfance du Christ de Berlioz. Le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz clôt le festival avec le Te Deum de Berlioz.

2011[modifier | modifier le code]

L’édition 2011 « Berlioz, Liszt et le Diable » rend hommage à l’amitié entre les deux compositeurs, nouée autour de la figure du Faust de Goethe. Une année marquée par les Nuits d’été de la cantatrice Anna Caterina Antonacci sous la baguette d’Emmanuel Krivine, la version de la Symphonie fantastique pour piano sous les doigts du pianiste Roger Muraro, ou encore la Dante Symphonie de Liszt avec l’orchestre Les Siècles de François-Xavier Roth et le Chœur Britten de Nicole Corti.

2012[modifier | modifier le code]

« Berlioz en Italie – Un Carnaval romain » donne à entendre en 2012 de grands orchestres symphoniques et solistes français et italiens. Une parade de rue carnavalesque est également organisée aux couleurs de l’Italie, des sérénades de musiciens venus de Gênes, Sardaigne et Sicile se succèdent et un typique banquet musical sarde est donné pour une grande fête gastronomique et musicale.

2013[modifier | modifier le code]

L’édition 2013 « Berlioz l’homme-orchestre » célèbre les 20 ans du festival. De l’opéra Béatrice et Bénédict aux grandes œuvres symphoniques que sont la Symphonie fantastique et Harold en Italie, jusqu’au célèbre cycle des Nuits d’été donné dans sa version originale à trois voix, c’est la diversité de l’œuvre de Berlioz qui est donnée à entendre.

2014[modifier | modifier le code]

En 2014, le thème retenu est « Berlioz en Amérique, au temps des révolutions industrielles. » avec en temps-fort le « Concert monstre » réunissant comme au temps de Berlioz plus de 1 000 musiciens. Les soirées symphoniques sont menées par les plus grands orchestres (de l’Orchestre national de Lyon, au London Symphony Orchestra, en passant par l’Orchestre des jeunes de Sao Paulo et des musiciens venus du Nord comme du Sud de l’Amérique). Cette édition réunit de nombreuses célébrités de la musique classique : les divas Anna Caterina Antonacci et Kate Lindsey, les frères Renaud et Gautier Capuçon, les maestros Sir John Eliot Gardiner, Leonard Slatkin et François-Xavier Roth, les pianistes Roger Muraro et François-Frédéric Guy ainsi que le comédien Denis Podalydès.

2015[modifier | modifier le code]

L’édition 2015 « Sur les routes Napoléon » est composée en écho à la fascination que l’Empereur suscitait chez Berlioz et s’inscrit dans le cadre des célébrations du bicentenaire du retour de Napoléon de l’Ile d’Elbe. Tout au long du festival, les orchestres symphoniques illustrent batailles et grands idéaux. En journée, les récitals et concerts de musique de chambre dessinent la carte des ambitions de Napoléon : l’Italie de Paganini, la Pologne de Chopin, mais aussi la Russie, la Hongrie, l’Espagne, l’Egypte et la Corse.

Le Te Deum de Berlioz est donné par le Jeune Orchestre Européen Hector Berlioz, dans le respect de l’effectif souhaité par le compositeur. Les orchestres symphoniques se succèdent : Le Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet, l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique sous la baguette de Sir John Eliot Gardiner, l’Orchestre national de Lyon, l’Orchestre de Chambre de Paris, dirigé par François-Frédéric Guy depuis son piano…

2016[modifier | modifier le code]

Le festival 2016 « Les fleurs du mal ou Berlioz au bal des sorcières » s’ouvre par une grande fête populaire au château de Sassenage avec des concerts dans les parcs et jusque dans les grottes toute proches (lieu de résidence présumé de Mélusine, femme au corps de serpent et aux ailes de chauve-souris).

Les concerts symphoniques sont marqués par la présence de chefs de renom : Sir John Eliot Gardiner, Ingo Metzmacher, François-Xavier Roth… Temps fort de cette édition : le concert inédit reconstituant la participation de Berlioz au Prix de Rome de 1828. Sont représentés l’opéra Benvenuto Cellini en version concert avec 190 musiciens et choristes de l’Opéra de Cologne, mais aussi plusieurs créations mondiales.

2017[modifier | modifier le code]

L’édition 2017, « Berlioz à Londres au temps des expositions universelles » décline musicalement une des aventures les plus exaltantes de la vie du compositeur : l’accueil londonien lors de ses différents séjours (1847-48, 1851, 1853, 1855) dans cette ville où il marchait sur les pas de son ami Mendelssohn. Berlioz qui fut « foudroyé » par Shakespeare plus de 20 ans auparavant cherche alors en Angleterre le succès qui lui fait tant défaut en France.

L’occasion d’entendre le grand Concert Shakespearien (imaginé par Berlioz) par l’orchestre-académie du festival sous la direction de François-Xavier Roth, la Symphonie n °3 « Héroique » de Beethoven joué debout et par cœur par l’Aurora Orchestra de Nicholas Collon. Particulièrement attendu, le maestro Sir John Eliot Gardiner donne la Damnation de Faust avec les solistes Laurent Naouri, Michael Spyres, Ann Hallenberg, Ashley Riches… Pour la dernière soirée symphonique Sir Roger Norrington dirige l’Orchestre Philharmonique de Radio France pour la Symphonie fantastique.

Lieux des concerts[modifier | modifier le code]

Au cours de l’histoire du Festival, les lieux des concerts se sont multipliés :

  • La cour du château Louis XI à la Côte-Saint-André accueille les concerts symphoniques.
  • La Halle médiévale datant du XIIIe siècle - l’une des plus vastes de France - accueille les concerts gratuits et déambulations de rue.
  • L’église romane de La Côte-Saint-André où fut baptisé Berlioz, la Chapelle de la Fondation d’Auteuil, les églises du territoire de Bièvre Isère ouvrent leurs portes aux récitals de musique de chambre où aux formes musicales théâtrales.
  • Le Musée Hector-Berlioz, maison natale du compositeur, accueille des concerts en extérieur, promenades et banquets musicaux, conférences et lectures.

Le festival investit également des lieux emblématiques du territoire isérois :

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]