Festival Berlioz

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Le Festival Berlioz est une manifestation estivale du département de l'Isère et plus largement de la Région Rhône-Alpes. Sa renommée nationale et internationale en fait l'un des grands rendez-vous de la saison des festivals de musique classique. C'est aussi l'un des rares festivals de musique symphonique en France. Il se déroule chaque été à la fin du mois d'août à La Côte-Saint-André, ville natale du compositeur romantique Hector Berlioz.

Principal lieu des concerts symphoniques, la cour du Château Louis XI est équipée le temps du festival d'une structure unique en France qui protège public et musiciens en cas d'intempéries, alliant la qualité acoustique d'une salle de concerts aux avantages du plein air. Les plus grands orchestres symphoniques nationaux et internationaux y donnent des œuvres majeures du répertoire romantique. Le Festival Berlioz donne aussi des concerts décentralisés dans les églises des communes voisines et du département de l'Isère avec des récitals, de la musique de chambre, des créations contemporaines, des déambulations, des formes théâtrales…

Pendant quinze jours, la ville de la Côte-Saint-André prend les couleurs du Festival Berlioz et vit au rythme des concerts de rue, sous la Halle, au Musée Hector Berlioz, au cinéma…

Une politique tarifaire volontariste permet à tous les publics de profiter de concerts classiques dans une ambiance conviviale et un esprit populaire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Hector Berlioz

À l'origine, Hector Berlioz et le Festival[modifier | modifier le code]

Une relation toute particulière lie le compositeur romantique à la notion de « festival » et ce qu'elle sous-entend de festif, populaire et rassembleur. Car parmi les entreprises du génie Berlioz, il y en a une qu'on a fini par oublier qu'il en fut sinon l'inventeur, au moins le promoteur dans cette forme et sous ce nom passés à la postérité : festival. Dès les années 1830, Berlioz organisait une série de manifestations musicales, autour d'un même lieu et d'une même idée, et nommait l'événement festival… Dans ses feuilletons et Mémoires, Berlioz raconte ces journées « festivalesques » (le drôle de mot est de lui) qui se terminent bien souvent en banquets…

L'épopée festivalière a donc commencé il y a 170 ans, dans une histoire initiée avec Berlioz.

1979-1994 : Serge Baudo, l'enfance du Festival[modifier | modifier le code]

La musique d'Hector Berlioz était déjà célébrée dans la région bien avant la création du Festival. En 1930, sous la Halle médiévale de la Côte-Saint-André, on joue la Damnation de Faust. Dans l'assistance, le Président Édouard Herriot, à l'époque Maire de Lyon, mais aussi le dramaturge et poète Paul Claudel… Dans les années 1950, des concerts consacrés au grand compositeur romantique sont régulièrement donnés à la Côte-Saint-André.

Le Festival Berlioz naît à Lyon en 1979, sous l'égide de Serge Baudo, à l'époque chef et directeur musical de l'Orchestre national de Lyon. Longtemps chef permanent à l'Opéra de Paris et successivement à la direction des grands orchestres internationaux, réputé pour son talent dans l'interprétation de la musique française, Serge Baudo donne un véritable élan à la connaissance de l’œuvre intégrale de Berlioz, surtout prisé à l'extérieur de son pays natal. Il réalise et dirige en 1987 une intégrale des Troyens qui marquera les mémoires et conduit cette aventure jusqu'en 1989.

Un nouveau projet de festival centré cette fois sur la ville natale du compositeur se profile. 1994 voit la 1re édition du Festival Berlioz à La Côte-Saint-André, organisé par l'Association du Festival Berlioz que préside alors le Sénateur Jean Boyer. À l'époque, les concerts du soir ont lieu sous la grande Halle médiévale au cœur de la ville. Alain Picard en assure la direction artistique de 1994 à 1996.

1997-2008 : Bernard Merlino, la maturité[modifier | modifier le code]

Le mandat de Bernard Merlino est marqué par la 10e édition du Festival, qui célèbre en 2003 le bicentenaire de la naissance d'Hector Berlioz.

À son initiative, le château Louis XI devient le haut lieu des concerts symphoniques du Festival et connaît une évolution technique. En 2003, la Cour se dote d'un gradinage de 1500 places, et d'une scène (20 m d'ouverture x 16 m de profondeur) habillée d'une conque acoustique modulaire pouvant désormais accueillir des formations orchestrales d'envergure. En 2005, une structure unique réalisée sur mesure, alliant les qualités acoustiques d'une salle de concert aux avantages du plein air, vient protéger spectateurs et musiciens en cas d’intempéries.

En 2004, l'organisation du Festival Berlioz est confiée à l'Agence Iséroise de Diffusion Artistique (A.i.d.a.), Établissement public de coopération culturelle (EPCC) mis en place et subventionné par le Conseil Général de l'Isère, la commune de La Côte-Saint-André et la Communauté de communes du Pays de Bièvre-Liers.

De Mstislav Rostropovitch à Michel Plasson en passant par Emmanuel Krivine, le Festival Berlioz a accueilli pendant 12 ans des maestros de la musique classique.

2009-2012 : Bruno Messina ou le renouveau du Festival Berlioz[modifier | modifier le code]

L'année 2009 marque un tournant dans l'histoire du Festival. Bruno Messina succède à Bernard Merlino à la direction artistique. Niçois d'origine et musicien de formation classique et jazz (CNSM de Paris), lauréat du Prix de la Villa Médicis, il fut le directeur de la Maison de la Musique de Nanterre, phare de la musique contemporaine. Explorateur et voyageur musical, Bruno Messina mène aujourd'hui conjointement une activité d’enseignant-chercheur en ethnomusicologie et histoire de la musique, et de directeur artistique du Festival Berlioz. Depuis l'édition 2009, il nourrit le Festival de sa passion pour les musiques traditionnelles du monde entier, et de sa manière toute personnelle de créer des ponts entre musiques savantes et musiques populaires. Une nouvelle dynamique est insufflée au Festival, qui s'inscrit dans une démarche créative ambitieuse et la volonté de donner une nouvelle vie dans notre siècle à l’œuvre de Berlioz.

Soucieux de rendre la musique classique populaire et appréciable par tous, Bruno Messina invente et multiplie les formes de concerts et de rendez-vous. Il instaure le cycle de concerts « Sous le Balcon d'Hector », en fin d'après-midi dans les jardins du Musée Hector-Berlioz, la maison natale du compositeur à la Côte-Saint-André. Ces rendez-vous gratuits sont l'occasion pour les festivaliers de découvrir des artistes de qualité dans un cadre intimiste et familial. Des séances de cinéma, des conférences et lectures, des « concerts en déambulation » et des fanfares itinérantes (en 2011, la « Fanfare de la touffe » avait réuni 50 musiciens débutants de 8 à 88 ans dans les rues de la Côte-Saint-André), mais aussi des expériences gastronomiques et musicales, avec des banquets comme au temps de Berlioz (l'Édition 2010 se souvient d'un grand banquet polyphonique dans la tradition géorgienne… 2012 réserve une soirée dans la tradition culinaire et musicale sarde)… Autant d'événements qui invitent à la curiosité musicale, au rassemblement populaire et festif qu'imaginait Berlioz.

Depuis son arrivée, Bruno Messina développe de nouvelles collaborations artistiques. Main dans la main avec l'orchestre Les Siècles et son chef François-Xavier Roth, il crée en 2010 l'Orchestre Européen Hector Berlioz. Dans une approche pédagogique, cet ensemble composé pour moitié de musiciens des Siècles et d'élèves de conservatoires supérieurs de musique œuvre à la promotion des jeunes talents, qui se produisent chaque année lors d'un concert symphonique du festival. Depuis 2009, le Festival Berlioz est également partenaire du Palazzetto Bru Zane (Centre de musique romantique française à Venise) qui a pour vocation de favoriser la redécouverte du patrimoine musical français du XIXe siècle. L'occasion d'approfondir la connaissance de Berlioz, son œuvre et ses contemporains par le biais de publications littéraires et musicales, dont Les Mémoires en 2010, Les Grostesques en 2011, et en 2012 Les Soirées de l'orchestre.

Les dernières éditions[modifier | modifier le code]

Bruno Messina place chaque édition sous le signe d'un thème venu explorer une des facettes du compositeur romantique.

L'édition 2009 célèbre Berlioz et ses compositions, ses inspirations, ses contemporains, sa postérité, ses écrits… Un hommage à Mendelssohn avec le violoniste Daniel Hope et le Kammerorchester Basel, la soprano Véronique Gens aux côtés de l'Orchestre de Bretagne,Roméo & Juliette par l'Orchestre symphonique national de la RAI, une soirée Beethoven (« roi des rois » selon Berlioz) proposée par le maître Emmanuel Krivine et La Chambre Philharmonique, et une production avec Les Siècles et les Chœurs et solistes de Lyon-Bernard Tétu sous la baguette du chef François-Xavier Roth, et en récitant le comédien Charles Berling.

En 2010, « Berlioz et les romantiques » invitent Nathalie Stutzmann pour une ouverture du Festival avec le maestro Marc Minkowski et les Musiciens du Louvre-Grenoble, et retrouvent avec émotion Serge Baudo à la direction de l'Orchestre national de Lyon autour du succès de Berlioz L'Enfance du Christ. Sous la direction de son chef Jacques Mercier, l'Orchestre national de Lorraine donne Envers Symphonie, une création mondiale du compositeur Philippe Leroux commandée par le Festival. L'Orchestre Européen Hector Berlioz, créé par le Festival, clôt cette édition avec le Te Deum de Berlioz.

L'édition 2011 « Berlioz, Liszt et le Diable », rend hommage à l'amitié de Berlioz et Liszt nouée autour de la figure de Faust de Goethe. Cette fête musicale fut marquée par les Nuits d'été de la cantatrice Anna Caterina Antonacci sous la baguette d'Emmanuel Krivine, la version de la Symphonie Fantastique pour piano sous les doigts du pianiste Roger Muraro en récital, ou encore la Dante Symphonie de Liszt avec l'orchestre Les Siècles de François-Xavier Roth et le Chœur Britten-Jeune chœur symphonique de Nicole Corti.

L'édition 2012 « Berlioz et l'Italie - Un Carnaval romain ». Au programme, de grands orchestres symphoniques et solistes français et italiens, une parade de rue carnavalesque aux couleurs de l'Italie, des sérénades avec des musiciens venus de Gênes, de Sardaigne, de Sicile et de Corse, un typique et musical banquet sarde et de nombreux autres rendez-vous.

L'édition 2013 « Berlioz l'homme orchestre » a fêté ses 20 ans. De l'opéra Béatrice et Bénédict aux grandes œuvres symphoniques que sont la Symphonie fantastique et Harold en Italie, des mélodies superbes, parfois peu connues ou adaptées (comme le Roi des Aulnes de Schubert), au célèbre cycle des Nuits d'été donné dans sa version originale à 3 voix, c'est la diversité de l'œuvre du compositeur Berlioz que nous souhaitons faire entendre. Comme nous souhaitons également faire connaître l'auteur du Traité d'instrumentation et d'orchestration, insister sur son apport considérable à ce « grand instrument capable de faire entendre à la fois ou successivement une multitude de sons de diverses natures » et interroger son legs avec quelques œuvres orchestrales extraordinaires – de Wagner, Moussorgski/Ravel, Strauss, Stravinskin et jusqu'à Pierre Boulez, homme-orchestre d'aujourd'hui.

L'édition 2014 : « Berlioz en Amérique, au temps des révolutions industrielles » du 21 au 31 août 2014.

Au programme : un « Concert monstre » en ouverture, réunissant - comme au temps de Berlioz - plus de 1000 musiciens ; des soirées symphoniques menées par les plus grands orchestres - de l'Orchestre national de Lyon au London Symphony Orchestra, en passant par l'incroyable Orchestre des Jeunes de São Paulo - et évidemment des musiciens venus du Nord comme du Sud de l'Amérique - États-Unis, Argentine, Chili, Brésil. Parmi les célébrités annoncées on entendra les divas Anna Caterina Antonacci et Kate Lindsey, les frères Renaud et Gautier Capuçon, les maestros Sir John Eliot Gardiner, Leonard Slatkin et François-Xavier Roth, les pianistes Roger Muraro et François-Frédéric Guy et même le comédien Denis Podalydès.

L'édition 2015 : "Sur les routes de Napoléon" du 20 au 30 août 2015.

L'édition 2016 : "Les Fleurs du mal ou Berlioz au bal des sorcières" du 19 au 30 août 2016.

L'édition 2017 : "Berlioz à Londres au temps des expositions universelles" qui aura lieu du 18 août au 3 septembre 2017.

Les lieux des concerts[modifier | modifier le code]

Au cours de l'histoire du Festival, les lieux des concerts ont changé et se sont multipliés. Année après année, le Festival rayonne depuis la Côte-Saint-André, du Nord au Sud de l'Isère, de Grenoble à Beaurepaire, de la Tour du Pin à Saint-Antoine l'Abbaye…

  • La Cour du Château Louis IX accueille les concerts symphoniques du soir
  • La Halle médiévale datant du XIIIe siècle est l'une des plus vastes de France[1],[2]. Jusqu'en 2003, tous les concerts du festival étaient donnés sous la Halle. Elle accueille aujourd'hui les concerts gratuits et déambulations de rue.
  • L'église romane de la Côte-Saint-André où fut baptisé Berlioz, la Chapelle de la Fondation d'Auteuil, les églises du Pays de Bièvre Liers (Marnans, Penol, Le Grand-Lemps, Le Mottier, Longechenal…), le cinéma "Le Club" ouvrent leurs portes aux récitals de musique de chambre ou aux formes musicales théâtrales
  • La Ferme Berlioz, le Musée Hector Berlioz, maison natale du compositeur, sont les lieux des concerts en extérieur, promenades et banquets musicaux, conférences et lectures.
  • Le château de Sassenage était le lieu de l'édition 2016 du festival[3].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]