L'Enfance du Christ

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L'Enfance du Christ (op. 25 = H 130) est une « trilogie sacrée pour solistes, chœur, orchestre et orgue » (oratorio) d'Hector Berlioz. La première audition a eu lieu à Paris le .

Genèse[modifier | modifier le code]

La genèse de l'œuvre est des plus curieuses. En 1850, Berlioz compose un soir chez des amis, parmi lesquels se trouve « un de [s]es anciens condisciples de l'Académie de Rome, le savant architecte Duc »[1], un chœur, « L'Adieu des bergers à la Sainte Famille », qu'il fait exécuter à Paris le 12 novembre 1850 sous le nom de Pierre Ducré, prétendument « maître de musique à la Sainte-Chapelle de Paris, 1679 » (« Ducré » venant de « Duc » auquel a été accolée la note ré)[2]. « C'était, déclare-t-il plaisamment, écrit sur parchemin en vieille notation que j'ai eu beaucoup de peine à déchiffrer ». Le succès est unanime. Berlioz révèle alors qu'il est en fait l'auteur de cette page. Par la suite, il compose la première partie (« Le Songe d'Hérode »), suivie de « La Fuite en Égypte » (où se trouve inclus « L'Adieu des bergers ») et de « L'Arrivée à Saïs », qui termine l'œuvre.

L'Enfance du Christ est créée dans son intégralité le 10 décembre 1854 sous la direction de Berlioz lui-même et remporte d'emblée le plus vif succès.

La partition complète a été publiée à Paris, chez Richault, en 1855. On utilise aujourd'hui l'édition critique procurée par David Lloyd-Jones[3].

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Un Récitant (ténor)
  • Sainte Marie (soprano ou mezzo-soprano)
  • Saint Joseph (baryton)
  • Hérode (basse)
  • Un Père de famille (basse)
  • Polydorus (basse)
  • Un Centurion (ténor)
  • Chœur mixte
  • Chœur à quatre voix de femmes derrière la scène

Argument[modifier | modifier le code]

Première partie 
Le Songe d'Hérode.

Le roi Hérode se lamente sur la grandeur et la solitude des monarques. Sujet à une vision nocturne récurrente, il convoque des devins juifs, qui lui déclarent qu'« un enfant vient de naître qui fera disparaître [son] trône et [son] pouvoir ». Pour se prémunir des maux qu'on lui annonce, il décide la mise à mort tous les premiers-nés.

(Indication de Berlioz : « Après un silence dont la durée devra représenter la valeur d'environ 8 ou 9 mesures, on passera, sans autre interruption, à la "Scène de la Crèche". »)

Dans une étable, la Vierge Marie prend soin de l'Enfant Jésus. Les anges informent la Sainte Famille qu'un danger la menace et qu'elle doit quitter au plus tôt la Judée.

Deuxième partie 
La Fuite en Égypte.

Réunis devant l'étable, les bergers disent adieu à la Sainte Famille, dont le périple commence.

Troisième partie 
L'Arrivée à Saïs.

Éconduits brutalement par les Romains puis par les Égyptiens, les fugitifs épuisés sont recueillis par un père de famille ismaélite, qui leur offre l'hospitalité sous son toit. Pour divertir leurs hôtes, ses enfants exécutent un trio pour deux flûtes et harpe. Le récitant, accompagné par un chœur a cappella, conclut l'œuvre après avoir annoncé le sacrifice de Jésus une fois devenu adulte.

Analyse[modifier | modifier le code]

Bien que l'œuvre soit destinée au concert, Berlioz attache une grande importance à la spatialisation sonore : « Pendant toute la première partie de la trilogie, les choristes hommes doivent seuls être en vue du public sur l'un des côtés de la scène. Les femmes, soprani et contralti, sont derrière le théâtre, groupées autour de l'orgue mélodium et du maître de chant. Au commencement de la seconde partie, elles viennent se placer sur la scène au côté opposé à celui qu'occupent les hommes, ne laissant au post-scenium que 4 soprani et 4 contralti qui doivent y rester jusqu'à la fin pour l'Alléluia et l'Amen. Si le chef d'orchestre n'a pas de métronome électrique, le maître de chant conduira le chœur invisible du post-scenium, et le chef d'orchestre suivra de l'oreille ses mouvements ».

Phonographie[modifier | modifier le code]

Ne figurent ci-après que les versions intégrales. Les enregistrements sont classés dans l'ordre alphabétique des chefs d'orchestre. Concernant les chanteurs, seuls sont mentionnés les interprètes des rôles principaux (Marie, le Récitant, Hérode, Joseph). Il a semblé utile de signaler la réédition en CD des gravures les plus anciennes, lorsqu'elle n'est pas le fait de l'éditeur d'origine.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Ne figurent ci-après que les versions intégrales. Les enregistrements sont classés dans l'ordre alphabétique des chefs d'orchestre. Concernant les chanteurs, seuls sont mentionnés les interprètes des rôles principaux (Marie, le Récitant, Hérode, Joseph).

  • Miyaghi Osada, Yves Saelens, André Cognet, Gérard Théruel, Coro della Radio svizzera, Orchestra della Svizzera italiana, dir. Serge Baudo [enregistrement de concert effectué en décembre 1998 et disponible aussi à l'origine en vidéocassette. Pour l'édition en CD, voir la rubrique Phonographie].
  • Helen Vanni, Charles Anthony, Giorgio Tozzi, Sherrill Milnes, Camerata Singers, CBS Orchestra, dir. Alfredo Antonini (CBS-TV) [spectacle conçu en 1964 pour la télévision et associant le chant et la danse[7],[8],[9],[10]].
  • Stéphanie d'Oustrac, Jeremy Ovenden, François Lis, Stéphane Degout, Chœur de Radio France, Orchestre national de France, dir. James Conlon [concert télévisé enregistré en mai 2013 et disponible sur Youtube[11]].
  • Blandine Staskiewitcz, Stanislas de Barbeyrac, Jean Teitgen, Thomas Oliemans, Groot Omroepkoor, Radio Filharmonisch Orkest, dir. James Gaffigan [concert télévisé enregistré en décembre 2014 et disponible sur Youtube[12]].
  • Fiona Kimm, Anthony Rolfe Johnson, Richard Van Allan, William Shimmel, John Alldis Choir, English Chamber Orchestra, dir. Philip Ledger (Thames Television) [spectacle conçu pour la télévision et associant le chant et la danse. Diffusé en décembre 1985, il été disponible en vidéocassette. L'enregistrement sonore a été édité en CD par ASV, comme indiqué dans la rubrique Phonographie].
  • Florence Kopleff, John McCollum, Donald Gramm, Theodor Uppman, Harvard Glee Club and Radcliffe Choral Society, Boston Symphony Orchestra, dir. Charles Munch (VAI) [concert télévisé enregistré en décembre 1966].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit de Joseph-Louis Duc (1802-1870). C'est lui qui fut chargé, sous Louis-Philippe, de la construction de la colonne de Juillet.
  2. Berlioz s'est expliqué en détail à ce sujet dans une lettre adressée le 15 mai 1852 à son ami anglais John Ella (Correspondance générale, tome IV, Paris, Flammarion, 1983, pages 156-159).
  3. Hector Berlioz, New edition of the complete works, volume XI, Kassel, Bärenreiter, 1998. La lettre de Berlioz à J. Ella y est reproduite à la page 227.
  4. https://www.youtube.com/watch?v=psfmcpLf9Co
  5. https://www.youtube.com/watch?v=0ND_XhgblQE
  6. https://www.youtube.com/watch?v=YVJNmT3G7Dk
  7. (en) L'Enfance du Christ (1964) sur l’Internet Movie Database
  8. (en) Charles Anthony sur l’Internet Movie Database
  9. (en) Sherrill Milnes sur l’Internet Movie Database
  10. (en) Alfredo Antonini sur l’Internet Movie Database
  11. https://www.youtube.com/watch?v=o7c-gGlC5kc
  12. https://www.youtube.com/watch?v=6h1OOsUE_HM

Liens externes[modifier | modifier le code]